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France : Justice Attentat de la rue des Rosiers : le suspect extradé mis en examen

quarante ans après l’attentat...

dimanche 6 décembre 2020, par siawi3

Source : https://www.lepoint.fr/justice/attentat-de-la-rue-des-rosiers-le-suspect-extrade-par-la-norvege-est-arrive-en-france-04-12-2020-2404298_2386.php

Justice
Attentat de la rue des Rosiers : le suspect extradé mis en examen

L’individu de 62 ans est arrivé peu après 20 heures, vendredi, à l’aéroport de Roissy. La Norvège a autorisé son extradition le 27 novembre.

Source AFP

Modifié le 05/12/2020 à 19:55 - Publié le 04/12/2020 à 21:14 | Le Point.fr

Photo : La France avait émis le 20 février 2015 un mandat d’arrêt international contre ce Palestinien né en 1958 en Cisjordanie et naturalisé norvégien en 1997, soupçonné d’avoir participé à l’attentat. © JACQUES DEMARTHON / AFP

Walid Abdulrahman Abou Zayed, l’un des suspects de l’attentat de la rue des Rosiers en 1982 à Paris, qui avait fait six morts, est arrivé en France vendredi 4 décembre, un peu avant 20 heures, après avoir été extradé par la Norvège, a-t-on appris de source aéroportuaire. Il a été mis en examen samedi pour « assassinats » et « tentatives d’assassinats » puis placé en détention provisoire. La circonstance aggravante « en relation avec une entreprise terroriste » date de 1986, soit quatre ans après les faits, et ne peut donc pas figurer parmi les chefs de mise en examen, a précisé une source judiciaire.

« J’ai pu mesurer à quel point mes clients étaient soulagés » par l’extradition d’Abou Zayed, relate Me Pauline Manesse, avocate d’une famille de victimes de l’attentat. Si les magistrats décident de le renvoyer devant les assises, « on ne pourra pas avoir un procès avant deux ans », soit quarante ans après l’attentat, estime Me Manesse. « Ce ne sont que des délais théoriques, en matière de terrorisme, il est illusoire d’espérer de moindres délais », reconnait-elle. Mais, « peu importe le temps qui passe, le nombre d’années, il est important de rendre justice aux victimes », insiste-t-elle.

Un procès est important pour les victimes

La famille qu’elle défend était dans une voiture qui a été criblée de balles devant le restaurant. La grand-mère avait été grièvement blessée. A l’arrière, il y avait un bébé d’un mois. « Cet enfant a grandi avec ce traumatisme qui a fortement imprégné la mémoire familiale. Un procès représente l’attente d’une vie », souligne Me Manesse. Même quarante ans après, « un procès est important pour les victimes et pour montrer qu’il n’y a pas d’impunité pour les terroristes », souligne Guillaume Denoix de Saint-Marc pour l’Association française des victimes du terrorisme.

Lire aussi  : Attentat de la rue des Rosiers : un pacte conclu entre les renseignements et les terroristes

« Il n’y a pas de sanctuaire dans le monde pour le terrorisme » a dit Guy Benarousse, alors étudiant de 16 ans blessé gravement dans l’attentat, selon des propos rapportés par l’un de ses avocats, Me Ariel Goldman. « Il a été frappé que le roi de Jordanie et (le président palestinien) Mahmoud Abbas soient présents à la manifestation en janvier 2015 après les attentats (à Paris), alors qu’ils n’ont qu’une chose à faire pour aider la justice dans une affaire majeure de terrorisme », a rappelé Me Goldman.

« On ne se fait pas d’illusions, il n’y aura pas d’autres suspects dans le box », regrette Me Avi Bitton, avocat de plusieurs victimes. « C’est un pis-aller, ça permet au moins à un procès de se tenir plutôt que d’avoir un procès fantôme en l’absence de tout accusé avec des condamnations qui ne seront jamais exécutées », ajoute-t-il. Me Manesse pense au contraire qu’en acceptant d’extrader Abou Zayed, « la Norvège a envoyé un message très important qui peut amener d’autres Etats à répondre de manière positive » aux demandes de la justice française.

« ?Je n’aime pas la France »

La France avait lancé le 20 février 2015 un mandat d’arrêt international contre Abou Zayed, Palestinien né en 1958 en Cisjordanie et naturalisé norvégien en 1997, soupçonné d’avoir participé à l’attentat qui avait fait 6 morts et 22 blessés le 9 août 1982 dans le quartier juif historique du Marais, dans le 4e arrondissement de Paris. Ce jour-là, un commando de trois à cinq hommes avait lancé une grenade dans le restaurant Jo Goldenberg dans le « ?Pletzl ? » le quartier juif de Paris, puis mitraillé l’intérieur de l’établissement ainsi que des passants. L’opération avait rapidement été attribuée au Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR) d’Abou Nidal, groupe palestinien dissident de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

La justice française soupçonne Abou Zayed, père de quatre enfants, d’avoir été « ?l’un des tireurs de l’attentat ? ». « ?Je n’aime pas la France. Je ne veux pas aller en prison en France ? », avait déclaré Abou Zayed, connu sous le nom d’Osman en Norvège, lors d’une comparution devant la justice norvégienne en septembre. L’homme, qui clame son innocence, assurant qu’il était à Monte-Carlo au moment de l’attentat, s’opposait à une extradition vers la France. Son extradition, près de quatre décennies après les faits, ouvre la voie à un procès devant une cour d’assises spéciale, attendu de longue date par les victimes.