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Mozambique : des djihadistes saccagent un village proche d’installations gazières

mercredi 9 décembre 2020, par siawi3

Source : https://www.leparisien.fr/international/mozambique-des-djihadistes-saccagent-un-village-proche-d-installations-gazieres-08-12-2020-8413191.php

Mozambique : des djihadistes saccagent un village proche d’installations gazières

Cette nouvelle attaque nourrit les inquiétudes des investisseurs étrangers, parmi lesquels Total mais aussi l’Américain Exxon et l’Italien Eni, selon un responsable militaire.

Un policier au Mozambique (illustration). AFP/Patrick Meinhardt

Par Le Parisien

Le 8 décembre 2020 à 19h35

Des combattants djihadistes ont attaqué lundi soir un village du nord du Mozambique à proximité d’installations gazières stratégiques, a appris l’AFP auprès de sources militaires dans la région. C’est dans cette même région que des dizaines de Mozambicains, souvent des adolescents, avaient été décapités par des djihadistes affiliés à l’Etat islamique le 7 novembre, des violences qu’Emmanuel Macron avait vivement dénoncées.

Cette fois c’est la commune de Mute qui a été visée, à une vingtaine de km de la péninsule d’Afungi, centre névralgique d’un projet qui représente l’un des plus gros investissements en Afrique et auquel participe notamment le groupe français Total. Début 2020, pour des raisons de protection de l’environnement, Paris avait mis fin au forage au large des îles Éparses, des îles françaises proches du Mozambique.

  • LIRE AUSSI > Qu’est-ce que l’archipel des îles Éparses, visité par Macron ?

Les djihadistes visaient un déploiement de militaires dans ce village au sud du port de Palma. Les violences se sont prolongées pendant la nuit. Les assaillants ont incendié des dizaines de maisons, selon un modus operandi bien connu dans la région aux prises avec cette insurrection depuis 2017.

« Après l’attaque des terroristes contre notre position, des renforts ont été envoyés pour les repousser », indique une source militaire à Palma ayant requis l’anonymat, précisant que les affrontements se poursuivaient mardi.
Une société privée appelée en renfort des militaires

Cette récente attaque nourrit les inquiétudes des investisseurs étrangers en vue de l’exploration gazière, parmi lesquels Total mais aussi l’Américain Exxon et l’Italien Eni, selon ce responsable militaire.

Mute a longtemps servi de zone tampon entre les installations de gaz naturel et le port stratégique pour l’acheminement des infrastructures, Mocimboa da Praia, contrôlé par les djihadistes depuis août.

Selon une autre source militaire, des renforts aériens de la société de sécurité privée sud-africaine Dyck Advisory Group ont été déployés depuis Pemba, capitale de la province de Cabo Delgado, afin d’aider les militaires à reprendre Mute.

Le gouvernement mozambicain est régulièrement interrogé sur ces attaques djihadistes mais ne les commente généralement pas. Elles montent en puissance dans cette province frontalière avec la Tanzanie depuis ces derniers mois. Elles ont déjà fait plus de 500 000 déplacés, selon les derniers chiffres gouvernementaux.

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Source : https://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/terrorisme-la-barbarie-djihadiste-au-mozambique-saisit-deffroi-la-communaute

Terrorisme.La barbarie djihadiste au Mozambique saisit d’effroi la communauté internationale

Vincent Barros

Publié le 12/11/2020 - 20:06

Dans le village d’Aldeia da Paz, après une attaque, le 24 août 2019. PHOTO / MARCO LONGARI / AFP

Le patron de l’ONU s’est dit “choqué” par la “brutalité gratuite” des dernières attaques rapportées cette semaine. Le nombre de villageois tués et décapités pourrait être bien plus important qu’annoncé.

Les récits du Cabo Delgado, toujours plus effrayants, arrivent seulement au compte-gouttes. Mais le récit des dernières attaques djihadistes dans cette région riche en gaz du nord-est du Mozambique semble néanmoins avoir trouvé un écho international.

Cette semaine, plusieurs médias nationaux et internationaux ont annoncé qu’une cinquantaine de villageois avaient récemment été rassemblés sur un terrain de foot, avant d’être décapités, certains démembrés, des jeunes pour la plupart.

À lire aussi : Djihadisme. L’horreur sur un terrain de foot au Mozambique : une cinquantaine de civils décapités

L’ONU demande une enquête

Cette barbarie a fait réagir le secrétaire général de l’ONU, selon des propos rapportés par le site du journal mozambicain Notícias, qui accorde pourtant très peu de place dans ses pages au conflit presque à huis clos que se livrent les terroristes et l’armée du pays. António Guterres s’est dit “choqué” par leur “brutalité gratuite”, mais aussi par l’enlèvement de femmes et d’enfants. Aussi exhorte-t-il les autorités mozambicaines à mener une enquête.
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D’autant que l’avancée djihadiste se poursuit, après avoir, depuis octobre 2017, contraint plus de 425 ?000 Mozambicains à s’enfuir, notamment vers la Tanzanie, pays voisin, où ils sont refoulés, rapporte ce jeudi l’hebdomadaire Preto e Branco. Le bulletin MediaFax rapporte, de son côté, que les insurgés proches du groupe État islamique contrôlent désormais 10 des 12 municipalités qui composent le district de Muidumbe, où ils ont commis leurs derniers massacres. Ils avancent désormais vers la ville de Mueda, où se trouve une base militaire et où vivent 20 ?000 réfugiés mozambicains d’autres districts alentour.

Un bilan humain qui serait bien plus lourd

Un habitant de la région témoigne auprès du site mozambicain Zitamar News que les insurgés sont grimpés en haut de poteaux téléphoniques, qu’ils ont endommagés pour couper le réseau et contrôler les mouvements dans leur zone d’influence.

Un reportage du journal Carta de Moçambique annonce par ailleurs qu’au-delà de la cinquantaine de décapitations rapportées cette semaine par Pinnacle News (site bien informé, qui dispose de plusieurs correspondants dans tout le Cabo Delgado) les djihadistes auraient tué en réalité des centaines de villageois depuis le 31 octobre.