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Iran : l’opposant Rouhollah Zam, réfugié deux ans à Montauban avant son arrestation, a été exécuté

samedi 12 décembre 2020, par siawi3

Source : https://www.ladepeche.fr/2020/12/12/iran-lopposant-rouhollah-zam-refugie-deux-ans-a-montauban-avant-son-arrestation-a-ete-execute-9253992.php

Iran : l’opposant Rouhollah Zam, réfugié deux ans à Montauban avant son arrestation, a été exécuté

Ruhollah Zam s’est rendu coupable pour les autorités iraniennes d’avoir été à l’origine des émeutes de l’hiver 2017-2018 dans le pays.

Photo : Ruhollah Zam s’est rendu coupable pour les autorités iraniennes d’avoir été à l’origine des émeutes de l’hiver 2017-2018 dans le pays. MIZAN NEWS AGENCY - ALI SHIRBAND

International, Montauban, Tarn-et-Garonne
Publié le 12/12/2020 à 14:14 , mis à jour à 14:15

Rouhollah Zam, journaliste « dissident » iranien opposant au régime, a été exécuté ce samedi à l’âge de 41 ans par l’État iranien. Il avait pendant deux ans été réfugié en France, à Montauban.

L’opposant iranien Rouhollah Zam, un temps exilé en France, a été exécuté ce samedi 12 décembre au matin en Iran, rapidement après la confirmation de sa condamnation à mort pour son rôle dans la vague de contestation de l’hiver 2017-2018. Le « contre-révolutionnaire » a été pendu, a annoncé la télévision d’État, rappelant que la Cour suprême avait confirmé sa condamnation à mort en raison de la « gravité [de ses] crimes » contre la République islamique.

Le porte-parole de l’Autorité judiciaire, Gholamhossein Esmaïli, avait indiqué mardi, que cette institution avait statué « il y a plus d’un mois » sur le cas de Zam et confirmé « le verdict [rendu en juin par le] tribunal révolutionnaire » de Téhéran.

Qualifiant Zam de « journaliste et dissident », l’organisation de défense des droits humains Amnesty International, avait rapidement réagi à cette annonce, jugeant que cette confirmation marquait « une escalade choquante dans le recours de l’Iran à la peine de mort comme arme de répression ». L’ONG demandait aussi à l’Union européenne d’intervenir rapidement auprès du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, « pour qu’il annule ce verdict cruel ».

« Reporters sans frontières » s’est dit choquée par l’annonce de l’exécution du dissident iranien.

Photo : « Reporters sans frontières » s’est dit choquée par l’annonce de l’exécution du dissident iranien. MIZAN NEWS AGENCY - ALI SHIRBAND

L’organisation de défense de la presse Reporters sans frontières (RSF), qui avait accusé l’Iran d’avoir enlevé Zam alors qu’il se trouvait en Irak afin de le juger au pays, a dit ce samedi être « choquée que [les autorités iraniennes] aient mis à exécution leur sentence ».

Zam avait vécu en exil plusieurs années en France avant d’être arrêté par les Gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique, dans des circonstances obscures.

« Sédition »

Son arrestation avait été annoncée en octobre 2019, mais l’Iran n’a pas précisé le lieu ni la date des faits, accusant l’opposant quadragénaire d’être « dirigé par le renseignement français et soutenu » par les services secrets des États-Unis et d’Israël.

Zam, qui disposait du statut de réfugié en France, a dirigé une chaîne (Amadnews) sur la plateforme de messagerie cryptée Telegram, et a été reconnu coupable d’avoir joué un rôle actif, par l’intermédiaire de ce média, dans la contestation de l’hiver 2017-2018.

Au moins 25 personnes ont été tuées dans ces troubles ayant touché plusieurs dizaines de villes iraniennes entre le 28 décembre 2017 et le 3 janvier 2018. Téhéran avait qualifié de « sédition » ce mouvement de protestation contre la vie chère ayant rapidement pris un tour politique.

À la demande des autorités iraniennes, Telegram avait accepté de fermer Amadnews - qui comptait alors près de 1,4 million d’abonnés - en reprochant à ce canal d’avoir incité à la « violence ».

Le procès de Zam s’était ouvert en février. Selon l’acte d’accusation, l’opposant avait comparu pour « corruption sur terre », un des chefs d’accusations les plus graves en République islamique d’Iran, passible de la peine capitale. Il était poursuivi également pour « des délits contre la sécurité intérieure et extérieure du pays », « espionnage au profit du service de renseignement français », et insulte au « caractère sacré de l’islam ». L’Autorité judiciaire avait indiqué en juin qu’il avait été jugé coupable de l’ensemble des chefs d’accusation retenus contre lui.

À l’ouverture du procès, la télévision d’État iranienne avait diffusé un « documentaire » au sujet des « relations de Rouhollah Zam ».

« Aveux télévisés »

Dans une autre « interview » avec la télévision d’État, le détenu Zam apparaît déclarant avoir cru aux idées réformatrices jusqu’à son emprisonnement pendant près de trois mois lors du grand mouvement de contestation contre la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad en 2009, mais nie avoir incité à la violence.

Amnesty International appelle régulièrement les autorités iraniennes à cesser la diffusion d’« aveux télévisés » de suspects jugeant que ces méthodes « violent les droits de la défense ».

En septembre, l’exécution d’un jeune lutteur iranien, Navid Afkari, pour le meurtre d’un fonctionnaire lors de manifestations antigouvernementales en 2018 avait suscité un tollé à l’étranger et sur les réseaux sociaux. De nombreuses voix s’étaient élevées pour dénoncer ce qu’elles avaient qualifié d’empressement des autorités à exécuter un verdict, prononcé, selon les soutiens d’Afkari, sur la base d’aveux extorqués sous la torture.

Avec au moins 251 exécutions en 2019, l’Iran est, après la Chine, le pays qui a le plus recours à la peine capitale, selon le dernier rapport mondial sur la peine de mort d’Amnesty International.

La rédaction avec AFP

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Source : https://www.lemonde.fr/international/article/2020/12/12/l-iran-execute-l-opposant-rouhollah-zam-qui-avait-vecu-en-exil-en-france-avant-d-etre-enleve-par-teheran_6063138_3210.html

Iran

L’Union européenne et plusieurs ONG condamnent l’exécution de l’opposant iranien Rouhollah Zam

Reconnu coupable d’avoir joué un rôle actif dans la contestation de 2017, le dirigeant de la chaîne Amadnews a été pendu.

Le Monde avec AFP

Publié aujourd’hui 12.12.20 à 08h41, mis à jour à 19h16

Photo : Rouhollah Zam lors de son procès, le 30 juin, à Téhéran (Iran). ALI SHIRBAND / AFP

L’opposant iranien Rouhollah Zam, un temps exilé en France, a été exécuté samedi 12 décembre au matin, après la confirmation de sa condamnation à mort pour son rôle dans la vague de contestation de l’hiver 2017-2018, selon la télévision d’Etat iranienne.

Le « contre-révolutionnaire » Rouhollah Zam a été pendu dans la matinée quelques jours après l’annonce de la confirmation de sa peine par la Cour suprême, en raison de la « sévérité des crimes » commis contre le République islamique d’Iran.

Enlevé dans des circonstances obscures

Rouhollah Zam avait vécu en exil plusieurs années en France, à Montauban, avec sa femme et ses enfants. Il bénéficiait du statut de réfugié sous protection asilaire et était protégé par les services de sécurité français.
Récit : Enlèvement d’un opposant iranien protégé par la France

Mais en octobre 2019, alors qu’il se rendait en Irak, il avait été arrêté par les gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique, dans des circonstances obscures. L’Iran n’a pas précisé le lieu ni la date des faits, accusant l’opposant quadragénaire d’être « dirigé par le renseignement français et soutenu » par les services secrets des Etats-Unis et d’Israël.

Rouhollah Zam a dirigé une chaîne (Amadnews) sur la plate-forme de messagerie cryptée Telegram et a été reconnu coupable d’avoir joué un rôle actif, par l’intermédiaire de ce média, dans la contestation de l’hiver 2017-2018. Le tribunal révolutionnaire de Téhéran avait prononcé la peine de mort en première instance au mois de juin.

Au moins 25 personnes ont été tuées dans les troubles qui ont touché plusieurs dizaines de villes iraniennes entre le 28 décembre 2017 et le 3 janvier 2018. Téhéran avait qualifié de « sédition » ce mouvement de protestation contre la vie chère ayant rapidement pris un tour politique.

Reporters sans frontières condamne cette exécution

L’Union européenne (UE) a condamné samedi « dans les termes les plus forts » l’exécution de l’opposant iranien, rappelant son opposition à la peine de mort « quelles que soient les circonstances ». Elle juge aussi « impératif que les autorités iraniennes respectent les droits des accusés et cessent d’avoir recours à des aveux télévisés pour établir et démontrer leur culpabilité », souligne le communiqué d’une porte-parole du chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell.

Le ministère des affaires étrangères français a qualifié cette exécution d’« acte barbare et inacceptable ». « La France condamne avec la plus grande fermeté cette atteinte grave à la liberté d’expression et à la liberté de la presse en Iran », selon la porte-parole du ministère, citée dans un communiqué.

Diana Eltahawy, vice-directrice pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient à Amnesty International, s’est dite « choquée et horrifiée » par l’exécution. Qualifiant Rouhollah Zam de « journaliste et dissident », Amnesty avait jugé que la confirmation de sa peine marquait « une escalade choquante dans le recours de l’Iran à la peine de mort comme arme de répression ». L’ONG avait aussi demandé à l’UE d’intervenir rapidement auprès du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, « pour qu’il annule ce verdict cruel ».

L’organisation non gouvernementale Reporters sans frontières (RSF) a aussi vivement réagi samedi à l’exécution de Rouhollah Zam. Dans un Tweet, RSF, qui suivait particulièrement le cas de cet opposant, a déclaré être « choquée que la justice iranienne et le commanditaire de cet acte, Ali Khamenei, aient mis à exécution leur sentence ».

En septembre, l’exécution d’un jeune lutteur iranien, Navid Afkari, pour le meurtre d’un fonctionnaire lors de manifestations antigouvernementales en 2018, avait suscité un tollé à l’étranger et sur les réseaux sociaux.

De nombreuses voix s’étaient élevées pour dénoncer ce qu’elles avaient qualifié d’empressement des autorités à exécuter un verdict, prononcé, selon les soutiens d’Afkari, sur la base d’aveux extorqués sous la torture.

Avec au moins 251 exécutions en 2019, l’Iran est, après la Chine, le pays qui a le plus recours à la peine capitale, selon le dernier rapport mondial sur la peine de mort d’Amnesty International.

Récit  : En Iran, les manifestants bravent la menace d’une répression implacable

Le Monde avec AFP