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Droits humains.“10 jours pour signer” : les dix cas défendus par Amnesty International

mardi 15 décembre 2020, par siawi3

Source : https://www.courrierinternational.com/article/droits-humains-10-jours-pour-signer-les-dix-cas-defendus-par-amnesty-international-0?utm_source=batch-notif&utm_medium=push-notification&utm_campaign=batch-notif#xtor=CS5-32-[siteweb]-[pushweb]

Droits humains.“10 jours pour signer” : les dix cas défendus par Amnesty International

Politique
Courrier international - Paris

Publié le 04/12/2020 - 10:16

Dessin de Beppe Giacobbe/Italie

Cette année encore, Courrier international s’associe à Amnesty International et à sa campagne “10 jours pour signer”, qui met en avant dix cas emblématiques dans lesquels les droits humains sont bafoués. Les voici.

Détentions arbitraires, procès iniques, accusations biaisées… Que ce soit en Algérie, en Arabie Saoudite, au Chili ou en Afrique du Sud, les tribunaux sont parfois au service des systèmes qui brisent l’opposition, oppressent les militants des droits humains ou les minorités. Amnesty International a choisi de mettre en avant dix cas, dans dix pays différents. Ils sont focalisés sur des histoires individuelles, mais reflètent à chaque fois une problématique bien plus large. L’objectif : mobiliser l’opinion publique sur ces sujets. Une campagne qui commence le 4 décembre, en amont de la Journée internationale des droits de l’homme, le 10 décembre.

Colombie

Jani Silva

Qui est-elle ?

Jani Silva a consacré sa vie à la défense de l’environnement et des petits paysans du Putumayo, dans le sud de la Colombie. Elle lutte contre l’extraction pétrolière, l’accaparement des terres et la déforestation dans cette zone à la biodiversité hors du commun, et pour le respect des accords de paix signés en 2016 qui prévoient des compensations pour la reconversion des planteurs de coca en cultivateurs de plantes légales. Autant d’activités qui lui valent des menaces de mort.

Que demande Amnesty ?

Des mesures de protection efficaces pour Jani Silva et certains paysans de la région.

À lire aussi : Violences. En Colombie, une tragédie sans fin malgré les accords de paix

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Pakistan

Idris Khattak

Qui est-il ?

Lui qui documentait les disparitions forcées dans son pays, notamment pour Amnesty International et d’autres organisations de défense des droits humains, a rejoint les milliers de Pakistanais disparus. Ou ? est-il de ?tenu ? Que lui reproche-t-on ? Comment se porte-t-il, lui qui est diabétique et particulièrement vulnérable au Covid-19 ? Autant de questions qui restent sans réponses. Tout ce que savent ses proches, c’est qu’Idris Khattak est soupçonné d’avoir enfreint la loi sur les secrets d’État. S’il est juge ?, ce sera par un tribunal militaire, dans le plus grand secret. Il risque une longue réclusion, voire la peine de mort.

Que demande Amnesty ?

Sa libération immédiate et une enquête sur sa disparition forcée.

À lire aussi : Défenseur des droits. La douloureuse quête de la jeune Pakistanaise Talia Khattak pour retrouver son père

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Turquie

Le groupe Solidarité LGBTI+ de l’ODTÜ

Qui sont-ils ?

Melike Balkan et Özgür Gür animent le groupe Solidarité LGBTI+ à l’université technique du Moyen-Orient (ODTÜ), à Ankara, et multiplient les événements : projections de films, groupes de parole, rassemblements, campagnes de sensibilisation… Ils risquent trois ans de prison pour avoir organisé un sit-in en mai 2019 à la place de la Marche des fiertés, interdite par le président de l’université. Face à une “LGBTIphobie” de ?complexe ?e, les étudiants doivent souvent jouer au chat et à la souris avec l’administration de l’université, qui leur coupe parfois l’électricité ou de ?clenche le système d’arrosage des pelouses pour les en chasser.

Que demande Amnesty ?

L’acquittement du groupe d’activistes et une enquête impartiale sur l’usage disproportionné de la force par la police ayant dispersé le sit-in.

À lire aussi  : Répression. En Turquie, le combat des militants LGBT continue

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Birmanie

Paing Phyo Min

Qui est-il ?

Pour avoir pris part à un spectacle brocardant l’arme ?e, Paing Phyo Min est arrêté en avril 2019 à Rangoon avec plusieurs autres comédiens. Le leader étudiant de 23 ans et sa troupe, Peacock Generation, sont poursuivis pour toutes leurs représentations ironiques contre les militaires. Paing Phyo Min est condamné à six ans de prison.

Que demande Amnesty ?

La libération de Paing Phyo Min et des membres de Peacock Generation, et la modification des lois qui restreignent la liberté d’expression.

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Chili

Gustavo Gatica

Qui est-il ?

Le 8 novembre 2019, cet étudiant en psychologie de 21 ans se joint aux manifestations contre la vie chère et les inégalités à Santiago. Lors de la violente dispersion du rassemblement, un policier tire sur les manifestants a ? faible distance, a ? hauteur de visage. Des projectiles atteignent Gustavo Gatica aux yeux. C’est le trou noir. Il faudra de longs mois de mobilisation pour que le tireur présumé, un haut grade ? des forces spéciales, déjà identifié par Amnesty International sous le code “G-3”, soit en arrêté et inculpe ? pour ces faits.

Que demande Amnesty ?

Des conclusions à l’enquête et la mise en lumière des responsabilités au sein de la chaîne de commandement, une compensation pour la cécité de Gustavo Gatica et l’arrêt d’un usage disproportionné de la force par la police.

À lire aussi Violences policières. Au Chili, les graves séquelles des manifestations de 2019

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Algérie

Khaled Drareni

Qui est-il ?

Dès le début du Hirak, le mouvement de contestation, en février 2019, impossible de manquer la haute silhouette de Khaled Drareni : le journaliste couvre en direct tous les rassemblements. Cela lui vaut interpellations et menaces. Mais accroît sa popularité. Car le directeur du site Casbah Tribune, correspondant de TV5 Monde et de Reporters sans frontières a déjà une longue carrière et est très suivi sur les réseaux sociaux. C’en est trop pour le régime algérien : Khaled Drareni est arrêté en mars 2020, puis est condamné à deux ans de prison ferme pour “incitation à un attroupement non armé”. À la barre, amaigri mais combatif, Drareni a toujours asséné qu’il n’avait fait “que [son] travail”.

Que demande Amnesty ?

Sa libération immédiate et sans conditions.

À lire aussi Tribune. Affaire Drareni : en Algérie, “vider les caisses du pays vaut mieux qu’être journaliste”

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Burundi

Germain Rukuki

Qui est-il ?

Un matin de juillet 2017, à l’aube, des dizaines de policiers font irruption au domicile de Germain Rukuki, à Bujumbura. Détenu au secret, il est reconnu coupable d’une cascade d’accusations absurdes, comme “atteinte à sûreté de l’État”, et est condamné à trente-deux ans de prison en 2019. En réalité, Germain Rukuki est l’une des victimes de l’impitoyable répression des voix critiques du régime ces dernières années. Il est mis en cause pour avoir travaillé avec la branche nationale de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat), qui documentait les atteintes aux droits de l’homme avant d’être interdite. Pour le régime, cette ONG “ternissait l’image du pays”. Avec la mort du président Pierre Nkurunziza, en juin 2020, le moment est venu de clore ce sombre chapitre de l’histoire burundaise.

Que demande Amnesty ?

Sa libération immédiate et sans conditions.

À lire aussi : Droits humains. Au Burundi, un nouveau président, la même répression

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Afrique du Sud

Popi Qwabe et Bongeka Phungula

Qui sont-elles ?

Popi Qwabe, 24 ans, et Bongeka Phungula, 28 ans, s’étaient rencontrées en cours d’art dramatique et vivaient ensemble à Soweto dans l’espoir de percer. Un rêve anéanti un soir de mai 2017, lorsque les deux amies ont disparu. Leur corps ont été retrouvés criblés de balles. Des traces de sang ont été trouvées dans un taxi et deux chauffeurs ont été arrêtés en possession de certaines de leurs affaires. Mais, faute de preuves selon le magistrat chargé de l’affaire, ils ont rapidement été remis en liberté. Selon les statistiques officielles, une femme est tuée toutes les trois heures en Afrique du Sud.

Que demande Amnesty ?

Une enquête exhaustive et impartiale.

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Arabie Saoudite

Nassima Al-Sada

Qui est-elle ?

Au moment même où l’Arabie Saoudite mettait fin à l’interdiction honteuse faite aux femmes de conduire, le régime saoudien jetait en prison toutes celles qui s’étaient battues pendant des années pour obtenir ce droit. C’est le cas de Nassima Al-Sada comme d’une douzaine d’autres militantes, arrêtées en 2018. Cette femme, qui s’est présentée en 2015 aux premières élections ouvertes aux femmes, écrivait : “Pourquoi n’y a-t-il pas un âge auquel une femme est considérée comme une adulte responsable de ses décisions et de sa vie ?”

Que demande Amnesty ?

Sa libération immédiate et sans conditions, ainsi que celles des autres militants des droits de l’homme.

À lire aussi Droits humains. En Arabie Saoudite, une justice inique au service des puissants

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Malte

Les trois jeunes du “El Hiblu 1”

Qui sont-ils ?

En mars 2019, un canot pneumatique tente de traverser la Méditerranée avec une centaine de personnes à bord, dont un jeune Ivoirien de 15 ans et deux Guinéens de 16 et 19 ans. L’embarcation est secourue par un pétrolier, le El Hiblu 1. Celui-ci cherche à ramener les passagers en Libye, mais, devant les protestations, il finit par mettre le cap sur Malte. Les trois garçons ont joué le rôle d’interprètes et de médiateurs, contribuant à calmer la situation. Pourtant, sitôt arrivés, ils sont accusés d’infractions graves. Remis en liberté conditionnelle, les trois jeunes risquent toujours la prison à vie.

Que demande Amnesty ?

L’abandon de toutes les charges retenues contre eux.

À lire aussi Immigration. À Malte, la “légitime défense” sur le banc des accusés

Pour en savoir plus sur cette campagne, toutes les informations sont disponibles sur le site d’Amnesty international : www.amnesty.fr

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