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France : Actes du colloque : La laïcité : une force et un bouclier pour les femmes

mercredi 16 décembre 2020, par siawi3

Source : https://www.partagider.com/index.php/post/Actes-du-colloque-%3A-La-la%C3%AFcit%C3%A9-%3A-une-force-et-un-bouclier-pour-les-femmes

Actes du colloque : La laïcité : une force et un bouclier pour les femmes

Par Admin

le mercredi, 19 novembre 2014
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« La laïcité : une force et un bouclier pour les femmes »

lundi 13 octobre 2013, mairie du 6e arrondissement de Lyon (58 rue de Sèze)

Ouverture du colloque - Michèle Vianès, Présidente de Regards de Femmes :

Monsieur le Maire, Cher-e-s ami-e-s,
Permettez-moi d’abord de remercier toutes celles et ceux qui ont rendu possible la réalisation de ce colloque.

• Evidemment le Conseil Régional Rhône-Alpes et plus spécifiquement la déléguée à l’égalité femmes-hommes, la sénatrice Cécile Cukierman et la vice-présidente déléguée à la coopération solidaire, Véronique Moreira ainsi que toutes leurs équipes. En raison du grand nombre d’évènements aujourd’hui dans toute la région, elles participent à d’autres manifestations, où nous aurions dû être également, je pense à celles concernant les femmes rurales.
• La mairie du 6e arrondissement de Lyon, et vous-même Monsieur le Maire, Pascal Blache, dès votre élection, nous avons débarqué à 3 dans votre bureau pour lui demander que ce colloque soit organisé dans la maison commune et nous avons eu immédiatement votre accord, je tiens à remercier également Nicole Graziani, adjointe aux associations pour la mairie du 6e qui répond toujours positivement à nos demandes de salles ainsi que toutes leurs collaboratrices et collaborateurs.
• Dominique Nachury, députée de l’arrondissement qui va nous rejoindre dans la matinée. C’est Dominique, maire de l’arrondissement à la fin du XXe siècle, qui avait accueilli Regards de femmes dans les bâtiments communaux.

Je tiens également à remercier Fiducial, partenaire financier indispensable de nos actions, en tant qu’ONG, en particulier pour le plaidoyer sur la déclaration des naissances de tous les enfants. Fiducial représenté ici par notre ami Jean-Claude Carquillat.

Evidemment je remercie chaque intervenante et intervenant, qui nous font l’honneur et le plaisir de partager avec nous leurs analyses et convictions ainsi que nos deux modératrices Christelle Monteagudo, journaliste à Lyon Capitale et Caroline Benoist, de Faire Sens. Elles vous présenteront les intervenant-e-s.

Evidemment nous regrettons que la situation supportée par Natalia Baleato ne lui ait pas permis d’être parmi nous. Voici le message qu’elle nous a adressé hier matin :

Bonjour Michèle, Ici le temps m’est compté et je n’ai aucun jour de repos pour me poser, je suis désolée de ne pas être avec vous, je dois faire au plus urgent et même remplacer le personnel absent car impossible de faire appel à du personnel externe pour remplacer celles qui sont absentes. Les enfants continuent à être accueillis, donc je me dois tout simplement d’avoir le personnel nécessaire. Si l’association ne peut pas payer les salaires à la fin du mois, il n’est pas question de leur demander de faire des heures en plus. Je te souhaite une belle journée de travail et encore une fois je regrette de ne pas pouvoir être des vôtres. Amitiés Natalia

Son message prouve, si besoin en était, la nécessité de la laïcité comme force et bouclier pour les femmes. Ce colloque repose sur toute l’équipe de regards de femmes, sans qui rien ne pourrait être réalisé. Je précise que nous sommes toutes et tous bénévoles, que nous consacrons beaucoup, beaucoup de temps à l’association qui nous coûte également financièrement, aussi votre adhésion ou vos dons sont les bienvenus, Nous sommes souvent interrogées pour savoir comment nous menons autant d’actions. Je suis persuadée que notre force est due au fait que nous sommes portées par nos convictions.

Après avoir eu le plaisir de remercier les unes et les autres, nous allons entrer dans le vif du sujet.

Regards de femmes a organisé lors de chaque quinzaine un colloque international,

• en 2011 à l’IEP de Lyon « Pas de gouvernance démocratique sans les femmes ». Des parlementaires et élues françaises mais également Awa N’Dao ministre du genre du Sénégal, Saida Dorra Draoui de Tunisie, et Juliette Mukabucyna du Rwanda
• en 2012 à Villeurbanne le système prostitueur violence machiste archaique Nous attendons que les sénateurs et sénatrices adoptent rapidement un texte analogue ou renforcé de celui adopté par l’Assemblée Nationale, incluant la pénalisation de l’auteur, du client. La tribune des maires et élu-e-s municipaux publiée hier dans le Journal du dimanche signée dans le Rhône par Michèle Picard, maire de Vénissieux et Pascale Crozon en tant que conseillère municipale de Villeurbanne et la marche de Rosen devraient utilement réveiller ou stimuler le train-train du pas de sénateur.
• en 2013 à Bourg-en-Bresse Enfants sans état-civil femmes sans droits 230 millions d’enfants de moins de 5 ans aujourd’hui dans le monde ne sont pas déclarés à la naissance. Depuis 3 ans avec nos partenaires africaines, nous avons pu développer des programmes pour permettre à de nombreux enfants de sortir de cet état de mort civile et nous poursuivons nos actions de plaidoyer pour que dans l’agenda post 2015, obligation soit faite à tous les Etats d’avoir un service d’état civil, gratuit, laïque et obligatoire. Leurs gouvernants ont tous les moyens d’une armée et d’une garde rapprochée.

Cette année, nous mettons en lumière la conviction fondamentale de l’association : l’indispensable laïcité. En 2005, lors du centenaire de la loi, Le Monde avait publié la tribune que je lui avais adressée « La laïcité : un bouclier pour les femmes ». Je ne cesse pas, en France et dans le monde, commis-voyageuse de ce magnifique outil d’émancipation pour chaque personne, de montrer à quel point la laïcité est nécessaire pour vivre ensemble par-delà les différences.

Notre colloque va approfondir la réflexion sur la laïcité principe universel et sur la laïcité et les droits des femmes.

1 Laïcité principe universel

Pour les adeptes de la « laïcité de la reconnaissance du religieux » (sic), ce serait un principe « franco-français ». Ceci proféré sur un ton assez méprisant, Lorsqu’au cours d’interventions, cette argutie est avancée, je réponds que la laïcité, principe universel d’émancipation issu des Lumières et de la Révolution Française, est une construction de la raison humaine. Les Français seraient-ils donc le seul peuple doué de raison ? Quel racisme !

Pour tordre le cou à cette idée reçue, deux exemples pris parmi tant d’autres :

La Canadienne Katherine Swinton considère que nos sociétés sont composées d’une collection de nombreuses pierres qui doivent être cimentées en un réseau de manière à construire une mosaïque harmonieuse. Pour elle le ciment c’est la laïcité qui permet de vivre ensemble par-delà les différences. Pour le Libanais Georges Corm dans Orient-Occident, la fracture imaginaire, 2002 « La laïcité est un instrument critique de tout ordre qui se fige dans l’invocation d’une transcendance « divine » ou « civile ». Refus de sacraliser toute doctrine qui serait érigée en absolu échappant à la critique de l’esprit humain, d’essentialiser toute différence entre citoyens. »

Elle et lui mettent en lumière deux caractères principaux de la laïcité : liberté de conscience et égalité entre les personnes, quel que soit leur sexe, leur couleur et leur religion (Condorcet). Auquel il convient d’ajouter l’aspect cher à Jaurès : l’impartialité du pouvoir politique. L’Etat profane – qui ne se réfère à aucune religion, qui ne prétend pas tenir sa légitimité d’une religion, qui ne professe aucune croyance religieuse, qui s’abstient donc au sujet des religions sans se mêler d’aucune, sans favoriser aucune, sans léser aucune. L’Etat laïque procure un pouvoir politique indépendant vis-à-vis des religions, et qui assure à chacune d’elles, mais aussi aux agnostiques et aux athées, une pleine liberté de conscience.

La laïcité organise donc une société dont tous les membres sont juridiquement et politiquement égaux, indépendamment de l’origine, du sexe, des options philosophiques ou religieuses. Elle définit un ensemble de droits et de devoirs réciproques. Le citoyen réclame de l’Etat le respect de ses droits parce que l’Etat réclame légitimement du citoyen l’accomplissement de certains devoirs.

2 Laïcité et droits des femmes

La laïcité est également indispensable pour l’émancipation des femmes par rapport au patriarcat théocratique. Ce qui inclut les droits des femmes, leur autonomie et leur émancipation, la capacité à choisir de leur propre chef sans se laisser dominer par certaines tendances naturelles ou collectives, ni de façon servile par une autorité extérieure.

Partout, dans l’espace et dans le temps, on observe les rapports de hiérarchie patriarcale et d’assujettissement des femmes. Quel est le poids des religions, clé du symbolique, dans la formation et le maintien de cette hiérarchie ?

Les religions ont été fixées par des hommes, les êtres humains de sexe masculin, pour les hommes. Les textes sacrés, transcrits, étudiés, commentés le furent aussi par ces mêmes hommes qui pendant des siècles eurent le monopole de l’accès à la culture. Dans toutes les religions, on retrouve les constantes misogynes qui ont abouti à la discrimination des femmes : elles ont été utilisées par les hommes et les Etats pour posséder le corps et l’esprit des femmes.

Les extrémismes religieux utilisent, encore aujourd’hui, les religions pour posséder le corps et l’esprit des femmes afin de conserver le pouvoir politique.

Orientation sociale décisive, l’émancipation féminine a largement infléchi le rapport des femmes à la religion. Son incidence a pris des formes variées, voire opposées, entre progressisme et intégrisme qui troublent profondément l’ordre ancestral, supposé naturel et surnaturel.

Toutes les religions voient se diviser les femmes qui s’y réfèrent : les traditionalistes, gardiennes de l’orthodoxie, se considérant comme les seules conformes aux prescriptions de leur Dieu, fidèles et fécondes pour transmettre aux nouvelles générations la foi des anciens jours. Et un courant libéral, pro-choice, admettant les mariages interconfessionnels, la maîtrise du désir d’enfant, la prêtrise, les sexualités différentes.

Partout dans le monde, en suivant des cheminements différents, les femmes vont s’affranchir du poids des religions par les revendications de disposer librement de leur corps, de leur esprit et d’avoir la maîtrise de leur désir d’enfant. Au 2/3 du xx° siècle, l’avancée des droits des femmes était visible dans tous les pays du monde.

Panique chez les machocrates qui ont appelé à leur secours les religions.

Pour convaincre des femmes de revenir aux schémas patriarcaux théocratiques, la soumission à dieu se matérialisant sur terre par la soumission aux hommes, ils utilisent deux types de discours. Un discours hypocrite de protection des femmes et un discours d’intimidation : la menace de punition sur terre ou au ciel, c’est-à-dire éternelle, si les femmes n’obéissent pas aux traditions.

Chaque fois qu’une femme n’est pas sujet de droit, chaque fois que l’égalité entre les femmes et les hommes n’’est pas respecté, cela s’appuie sur des traditions et coutumes religieuses.

La mainmise sur la fécondité et la sexualité des femmes a été et reste le moteur de l’oppression. Tous les extrémismes religieux se soutiennent. Les votes conjoints du Saint Siège, de la Pologne, Hongrie, Malte, des fondamentalistes protestants américains et des Etats musulmans dans les conférences internationales contre l’accès des femmes aux droits à disposer de leur corps en sont la preuve.

Leur champ d’action est très vaste. L’intrusion des religions dans l’espace temporel est d’autant mieux acceptée qu’elles en viennent à accomplir les fonctions de solidarité délaissées par les Etats qu’elles ont elles-mêmes affaiblis.

Voici donc les enjeux sur lesquels il faut être très vigilant et que nous allons développer tout le long de la journée. Bien sur les droits reproductifs et sexuels, mais aussi le droit à l’héritage, à la possession de la terre, l’âge légal du mariage, la liberté de choix du mari, la possibilité de mariage exogamique, de reconnaitre ses enfants nés hors mariage, de lui donner sa nationalité, etc.

Mais tout d’abord Gérard Biard, rédacteur en chef de Charlie hebdo, qui a participé il y a 2 ans au colloque sur le système prostitueur violence machiste archaïque. Je vous confirme que Charlie hebdo est connu dans le monde entier, il y a 2 ans une discussion très vive avec un chauffeur de taxi new yorkais, africain anglophone, qui considérait que vous n’avez pas à critiquer les religions.

Peut-il y avoir liberté et égalité sans laïcité ? [intervention de Gérard Briard]

1re table ronde - Laïcité contre l’oppression des religions sur le corps et l’esprit des femmes
Modératrice : Christelle MONTEAGUDO, journaliste, Lyon Capitale

Religion et psychiatrie, une relation dangereuse ? Saida Douki Dedieu, Professeure émérite de psychiatrie, Université de Tunis, Administratrice de Regards de femmes
Laïcité et Identité – Femmes et Laïcité, Bernard Lamizet, Professeur émérite, Institut d’Etudes Politiques de Lyon
tre fille à l’école en France aujourd’hui, Ghislaine Durand, professeure des écoles en ZEP, présidente de Regards de Femmes tsiganes et conseillère auprès du CESE pour la scolarisation des enfants roms
Les habits neufs de la réaction, Laure Caille, secrétaire générale de Libres MarianneS
La laïcité à l’épreuve du multiculturalisme, Yolène Dilas-Rocherieux, sociologue du politique, maitre de conférences en sociologie politique à l’Université Paris Ouest-La défense

Débat

La laïcité principe universel émancipateur pour chaque personne, Jean-Paul Scot, historien

2e table ronde - Laïcité principe universel, force et bouclier pour TOUTES les femmes
Modératrice : Caroline BENOIST, directrice de Faire Sens

Droits sexuels et reproductifs : les responsables du blocage au niveau international, Annie Sugier, présidente de la Ligue du Droit International des femmes
L’instrumentalisation politique des religions : un danger majeur pour les femmes, André Gerin, maire-honoraire de Vénissieux, député du Rhône (1992-2012)
Laïcité, égalité de sexes, les enjeux actuels au niveau international : leçons de l’expérience iranienne, Chahla Chafiq, écrivaine, sociologue,
25 ans à l’ombre de l’église en Pologne, Nina Sankari, La Coalition Athée
Les droits des femmes au Mali, entre droits positifs et droits coutumiers, Toure Yaba Tamboura, Coordinatrice Genre, Ministère de la Famille, de la femme et de l’enfant, Mali
La lutte des femmes iraniennes pour la laïcité de 1905 à nos jours, Jamileh Nedai, cinéaste

Débat

Conclusion - Michèle Vianès

En conclusion, il est important de mettre en lumière les différences entre Etats laïques et non-laïques ainsi que les actions à mettre en œuvre pour les femmes en s’appuyant sur le principe universel de laïcité.

Etats laïques et non-laïques

La laïcité organise l’espace politique qui repose sur la liberté de penser et d’expression, sur l’égalité en droit et en dignité des options philosophiques ou croyances religieuses et sur la neutralité de l’action publique.

L’impartialité dans la garantie de pouvoir croire, de ne pas croire ou de douter et pour toutes les confessions de pouvoir exercer librement leur culte, sous réserve de ne pas attenter aux libertés d’autrui, ni troubler l’ordre public impose à l’Etat et aux collectivités territoriales, aux agents des services publics et à leurs usagers, la neutralité vis-à-vis de toutes les religions et surtout l’indifférence.

Moyen de faire coexister des femmes et des hommes qui ne partagent pas forcément les mêmes convictions, mais émancipés par une éducation à l’autonomie rationnelle de jugement, l’exigence laïque demande à chacun un effort sur soi. Le lien civique a la prééminence sur tous les particularismes historiques ou religieux, sur les solidarités domestiques locales ou claniques. La loi est la même pour tous et toutes. Pas de droits différenciés selon le sexe, l’appartenance à une religion ou une idéologie, à une profession.

La laïcité est donc garante de l’égalité en droits, devoirs et dignité des femmes et des hommes. Contraception, avortement, refus des violences ethnicistes, de l’oppression religieuse et/ou communautariste en sont les applications.

Si l’Etat n’est pas laïque

Soit une religion est obligatoire ou privilégiée, donc imposée, la liberté de penser n’est plus possible. La religion assujettissant à son profit la puissance publique, il n’y a plus d’égalité. Ceux qui ne croient pas en cette religion ou qui l’interprètent différemment subissent une altération ou un anéantissement de leurs droits fondamentaux en tant que personne humaine.

L’unicité est de façade. Comme la diversité des opinions et l’égalité en droit ne sont pas respectées, les conflits et « guerres des dieux » se développent.

Soit toutes les religions sont « reconnues », chaque groupe va pouvoir exiger de respecter ses propres règles de vie communautaire. L’intérêt et la surenchère de chaque groupe prime sur le bien commun. Cette diversité cristallise les différences et érige des murs entre les groupes. L’espace public est morcelé. Il n’y a plus émergence de principes communs supérieurs aux valeurs individuelles, plus de mixité entre les groupes, les mariages endogamiques restent la règle. Des éducations particulières divisent les enfants et les jeunes avant d’opposer les adultes.

En cas de conflits entre les groupes, pour arbitrer au nom de l’intérêt général, l’Etat qui n’a pas l’outil de la laïcité – laquelle connaît toutes les religions, mais n’en reconnaît aucune- est désarmé. Ainsi lorsque l’égalité en droits, devoirs et dignité des femmes et des hommes n’est pas respecté dans des groupes ethniques au nom de traditions ou de religions, les pays communautaristes ou multiculturalistes rencontrent des conflits évidents. Le multiculturalisme exacerbe l’ethnicisation des rapports sociaux et provoque l’enfermement « identitaire » qui dresse des murs au lieu de favoriser lien social et projet politique commun.

Les actions à poursuivre La Convention pour l’élimination des discriminations envers les femmes Cedaw et la plate-forme d’Action de Pékin affirment « Aucun prétexte de traditions, de coutumes ou de religions ne peut être évoqué pour justifier des violations des droits des femmes ». Ce sera l’objet de l’atelier que nous organiserons en mars prochain à l’ONU pendant la commission du statut des femmes où les Etats devront présenter l’application de ces conventions.

Pour que toutes les femmes aient accès aux droits fondamentaux universels, à leur autonomie et émancipation, la laïcité, la séparation entre le religieux et le politique, est indispensable.

« La loi pour tous, la foi pour soi » comme disent nos amies de NPNS.

Ne soyons ni dupes ni complices du discours englobant des fondamentalistes religieux, négation de l’autonomie de l’individu. Pour cela :

Affirmer les principes universels d’égale dignité des hommes et des femmes.
Refuser toute justification religieuse d’atteinte aux droits des femmes. Toutes les femmes et jeunes filles dans un pays ont les mêmes droits.
Dénoncer l’argument du relativisme culturel qui permet aux fondamentalistes religieux d’opprimer leurs coreligionnaires, à commencer par les femmes.

Nous sommes bien dans le combat entre traditions archaïques et théocratiques patriarcales et l’idée moderne de laïcité, héritière des Lumières (« Nous avons besoin des lumières, nous avons besoin de la laïcité » Taslima Nasreen) : reconnaître à chacun la même dignité, n’exiger nulle dévotion en contrepartie mais l’adhésion librement consentie à un contrat et à des devoirs de la part de consciences autonomes et libres, c’est-à-dire éclairées, aptes à juger et capable de vouloir.

Particularismes, individualismes, corporatismes, communautarismes, ethnicismes, colorismes, séparatismes qui ignorent le bien commun relèvent de la même logique. Ils créent des tensions qui ne peuvent conduire qu’à des conflits, des exclusions et entraîner perte du sens civique et danger pour la paix civile.

Aussi je vous invite à suivre les conseils de Voltaire à M. le Marquis de Villevieille, 20 décembre 1768 « Je brave le diable qui n’existe point et les vrais diables fanatiques qui n’existent que trop.  »