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Nigeria : plus de 340 élèves libérés six jours après leur enlèvement

samedi 19 décembre 2020, par siawi3

Source : https://www.youtube.com/watch?v=xgpAFh78ldY

Nigeria : plus de 340 élèves libérés six jours après leur enlèvement

17 déc. 2020

Video ici 1:44

FRANCE 24

Les forces de sécurité nigérianes ont réussi à libérer plus de 340 adolescents, enlevés le 11 décembre dans un établissement scolaire du nord du pays et conduits dans une vaste forêt de la région, a annoncé jeudi le gouverneur de l’État de Katsina.

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Source : https://www.liberation.fr/planete/2020/12/18/rapt-revendique-par-boko-haram-au-nigeria-300-lyceens-liberes_1809023

Terrorisme
Rapt revendiqué par Boko Haram au Nigeria : 300 lycéens libérés

Par LIBERATION, Avec AFP

18 décembre 2020 à 10:48

Plus de 300 adolescents avaient kidnappés le 10 décembre dans leur lycée, à l’ouest du Nigeria. Photo Sunday Alamba. AP

Les adolescents avaient été enlevés la semaine dernière dans leur lycée pour garçons de Kankara, dans l’Etat de Katsina, à l’ouest du pays. Selon une source sécuritaire, « personne ne peut donner le nombre exact » de jeunes libérés.

Rapt revendiqué par Boko Haram au Nigeria : 300 lycéens libérés

« C’est un énorme soulagement pour tout le pays et la communauté internationale ». Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, s’est réjoui jeudi soir sur Twitter de la libération d’environ 300 adolescents kidnappés le 10 décembre dans leur lycée, à Kankara, une ville de l’Etat de Katsina, à l’ouest du pays. Le rapt avait été revendiqué lundi par l’organisation terroriste Boko Haram. « 344 d’entre eux sont entre les mains des forces de sécurité. […] Ils vont bénéficier de soins avant d’être rendus à leurs familles », a déclaré Aminu Bello Masari, le gouverneur de Katsina. Mais selon une source sécuritaire locale, « personne ne peut donner le nombre exact » de lycéens libérés. Ils sont actuellement regroupés dans la ville de Tsafe, dans l’Etat de Zamfara, et dans la localité voisine de Yankara, dans l’Etat de Katsina. « Nous aurons le chiffre précis quand ils seront arrivés et comptabilisés à Katsina (capitale de l’Etat éponyme) », a ajouté la même source sécuritaire.

A lire aussi : Decryptage. Que sait-on de l’enlèvement de 300 lycéens revendiqué par Boko Haram au Nigeria ?

Jeudi, les jihadistes de Boko Haram avaient diffusé une vidéo des lycéens enlevés. Le visage couvert de poussière et griffé, un jeune garçon expliquait faire partie de 520 élèves enlevés par « le gang de Shekau », du nom du chef historique de Boko Haram. Leur nombre exact restait flou, les autorités annonçant tantôt 333 élèves portés disparus, puis 400 jeudi matin. Dans cette vidéo, Boko Haram affirmait, par la voix de ce jeune garçon d’environ 14 ans, qu’ils étaient 520 entre leurs mains, et que certains avaient été tués. Les enfants, pour la plupart très jeunes, apparaissaient à bout de forces.

Des bandits locaux au service de Boko Haram

Bien que revendiqué par Shekau ; ce kidnapping aurait été orchestré par des « bandits locaux », qui terrorisent la région depuis des années à travers des enlèvements contre rançon et vols de bétail. En août 2019, le gouverneur de Katsina a tenté de limiter les affrontements en signant avec eux un accord de paix. Mais si une partie a accepté de renouer avec une vie plus paisible, une autre a rejeté l’accord et a rejoint les rangs de Boko Haram, habituellement actif dans la partie nord-est du pays, à des centaines de kilomètres plus à l’est. Selon des informations de l’AFP, ce rapt de masse a ainsi été coordonné par le chef de gang Awwalun Daudawa en collaboration avec deux autres bandits renommés, Idi Minoriti et Dankarami. Selon Corentin Cohen, chercheur post-doctoral au CNRS et à l’université d’Oxford, spécialiste du Nigeria et de Boko Haram, interrogé lundi par Libération, Boko Haram et les bandits souhaitaient à travers ce kidnaping de masse, « exister dans l’actualité internationale ». En 2014, l’enlèvement de 276 adolescentes par des bandits à Chibok, avait ému la communauté internationale. Elle s’était largement mobilisée à la fois contre le terrorisme et en faveur de la scolarisation des jeunes filles sous le hashtag #BringBackOurGirls.

A lire aussi : Boko Haram : dix ans après, le Nigeria toujours dans une « impasse »

Pour le président Muhammadu Buhari, cette attaque apparaît comme un camouflet. Elu pour la première fois en 2015, puis réélu en 2019, il avait fait de la lutte contre le terrorisme sa priorité. Mais Boko Haram et sa branche dissidente, le groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), continuent de terrifier la population nigériane. Principalement actives dans le nord-est du pays, les deux organisations terroristes ont fait plus de 36 000 morts en dix ans de conflit. Quelque deux millions de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer.

LIBERATION Avec AFP

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Source : https://www.jeuneafrique.com/1092718/politique/boko-haram-au-nigeria-abubakar-shekau-revient-sur-le-devant-de-la-scene/

Boko Haram au Nigeria : « Abubakar Shekau revient sur le devant de la scène »

18 décembre 2020 à 14h12

Par Aïssatou Diallo

Mis à jour le 18 décembre 2020 à 16h31

Abubakar Shekau, ici en 2014 dans une vidéo de propagande de Boko Haram.

Les autorités nigérianes ont annoncé jeudi la libération de la majeure partie des élèves enlevés une semaine plus tôt dans le nord-ouest du pays. Pour le chercheur Vincent Foucher, cet épisode n’en marque pas moins le retour de la faction de Boko Haram restée fidèle à Abubakar Shekau, qui était en perte de vitesse depuis 2016.

« C’est un énorme soulagement pour tout le pays et la communauté internationale ». En annonçant, jeudi, la libération des élèves kidnappés une semaine plus tôt dans un établissement scolaire de Kankara, dans le nord-ouest du pays, Muhammadu Buhari a également appelé ses concitoyens à se montrer « patients » et « justes » vis-à-vis des autorités nigérianes.

Six ans après l’enlèvement en avril 2014 des 200 lycéennes de Chibok, qui avait donné naissance au mouvement « Bring Back Our Girls », ce nouveau kidnapping de masse a en effet provoqué un choc sein de l’opinion publique nigériane. Vendredi 11 décembre, un commando d’hommes armés a pris d’assaut un internat, enlevant plus de 300 lycéens avant de prendre la fuite.

L’indignation face à ces faits a encore été renforcée par la publication d’une vidéo montrant Muhammadu Buhari visitant un ranch, le lendemain de l’enlèvement, dans l’État de Katsina, fief du président nigérian où se situe également Kankara… Dans son message annonçant la libération des jeunes pris en otage, le chef de l’État nigérian n’a donc pas manqué de saluer l’implication des agences de renseignement, de l’armée, de la police et du gouverneur de l’État de Kankara, Aminu Bello Masari, qui a conduit l’opération.

à lire : Jacob Zenn : « Ben Laden a inspiré et financé Boko Haram »

Lors de celle-ci, les forces de sécurité ont encerclé la zone où les jeunes otages étaient détenus, et avaient pour instruction de ne pas utiliser la force. « Nous avions établi un contact indirect [avec les ravisseurs] pour nous assurer que nous pourrions procéder à la libération sans faire de mal aux enfants », a expliqué le gouverneur à l’issue de l’opération lors de laquelle « la plupart des garçons, mais pas tous » ont pu être récupérés.

Si les autorités nigérianes accusent des « bandits » locaux d’avoir commis cet enlèvement massif, celui-ci a cependant été revendiqué par Boko Haram dans une vidéo publiée jeudi 17 par Abubakar Shekau, qui dirige le Jamaat Ahl Al-Sunnah Lil Dawa Wal Jihad (JAS), l’une des deux factions du groupe jihadiste, l’autre étant l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWA). Début décembre, le JAS de Shekau avait déjà revendiqué l’attaque meurtrière menée près de Maiduguri, dans le nord-est du pays : 76 paysans avaient été froidement assassinés alors qu’ils travaillaient dans les rizières.

Pour Vincent Foucher, chercheur au CNRS et spécialiste de Boko Haram au Nigeria, ces derniers développements prouvent que, malgré les dissensions au sein du groupe terroriste, le leader emblématique de Boko Haram y reste influent.

Jeune Afrique : Depuis début décembre, il y a eu le massacre de Zabarmari, dans le nord-est du Nigeria, l’enlèvement de lycéens à Kankara, dans le nord-ouest, et, au Niger voisin, la tuerie de Toumour, dans la région de Diffa, lors de laquelle 27 personnes ont été tuées… Assiste-t-on à un retour en force de la faction de Boko Haram restée fidèle à Abubakar Shekau ?

Vincent Foucher : En 2016, Boko Haram a connu une scission qui a donné naissance à l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWA) et à la faction fidèle à Shekau. Depuis, toutes les attaques importantes, comme celles de bases militaires, étaient le fait de l’ISWA. Shekau, lui, a continué de son côté à mener des opérations de banditisme, de pillage, de captures, etc. Il y a également eu quelques tentatives d’attentats suicides observées à Maiduguri.

Mais il est évident que, ces derniers temps, il se passe quelque chose. Cela est probablement lié aux tensions au sein de la branche État islamique, qui a connu des purges internes. On a l’impression que certains de ses membres ont rebasculé vers Shekau, et que ce dernier a dans le même temps appris de ses erreurs.

L’EI avait encouragé l’ISWA à effectuer des réformes et cela a été un des facteurs de leurs « réussites » des années 2017-2018. Les mécontents de cette faction, qui ont ensuite rejoint Shekau, pourraient lui avoir apporté leur expertise et leurs idées. L’un des signes est l’intense activité « média » que l’on observe désormais au sein de la branche Shekau.

Quelles sont les raisons des tensions au sein de ISWA ?

L’exécution de Mamman Nur, en 2018, a créé des tensions. Il était une figure idéologique très influente. Mais certains membres radicaux du groupe lui reprochaient d’être trop modéré et même proche des autorités nigérianes.

Dans toute organisation se posent les mêmes questions. Qui commande ? Comment répartir l’argent ? Qui contrôle les armes ? Comment traiter les combattants qui commettent des abus contre les civils ? Quel degré de violence peut-on avoir envers les populations ? Que faire lorsqu’un chef militaire important se livre à des actes de banditisme ?

Ces questions importantes avaient abouti à la scission de 2016, et cela se reproduit désormais au sein de l’ISWAP. Il pourrait y avoir également une dimension communautaire qui a fragilisé l’organisation.

à lire Boko Haram : c’est qui le patron ??

Photo : Quelques uns des 300 élèves nigérians libérés le 17 décembre, après avoir été enlevés par Boko Haram une semaine auparavant.

Kankara ne se situe pas dans la zone d’action habituelle du groupe jihadiste. Certains évoquent une sous-traitance à des bandits locaux. Est-ce un procédé courant pour Boko Haram ?

Kankara est à 600 km de Maiduguri, ce qui est effectivement très loin de leur zone habituelle. Beaucoup d’informations, y compris celles délivrées par le gouverneur du Katsina, confirment que ce seraient des bandits notoires de la région qui étaient en première ligne sur cet enlèvement. Il est donc plausible que Shekau ait envoyé quelques hommes comme « conseillers », pour aider ces hommes à « monter en gamme ». Mais on n’avait, jusqu’ici, jamais vu un tel modus operandi en dehors de l’État de Borno.

Pendant sa phase de croissance, entre 2011 et 2014, Boko Haram a incorporé un certain nombre de petits criminels et trafiquants qui opéraient dans cet État. On peut imaginer que, soit ce sont des bandits de Kankara qui ont envie de rejoindre une « cause » politique, soit il y a eu un accord financier avec Shekau. Nous y verrons plus clair dans les semaines à venir.

Les autorités locales ont décidé de la fermeture de plusieurs internats dans la région de Sokoto. Faut-il effectivement craindre de nouvelles attaques ?

Shekau a atteint son objectif, qui est de revenir au devant de la scène. Il a mis le gouvernement fédéral dans une situation embarrassante et a envoyé aux différentes composantes de la nébuleuse jihadiste nigériane le signal qu’il fallait encore compter avec lui. Ce n’est pas illogique de fermer les internats, lorsque l’on n’est pas capable de les protéger… Le fond du problème, c’est que l’État n’est pas capable d’assurer la sécurité.