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En Ethiopie, plus de cent personnes tuées dans une attaque par des hommes armés

dimanche 27 décembre 2020, par siawi3

Source : https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/12/23/en-ethiopie-plus-de-cent-personnes-tuees-dans-une-attaque-par-des-hommes-armes_6064370_3212.html

En Ethiopie, plus de cent personnes tuées dans une attaque par des hommes armés

La Commission éthiopienne des droits de l’homme a déclaré avoir reçu de la part de rescapés « des preuves photographiques inquiétantes » de cette attaque perpétrée mercredi dans l’ouest du pays.

Le Monde avec AFP

Publié le 23 décembre 2020 à 21h31 - Mis à jour le 23 décembre 2020 à 22h19

Des hommes armés ont tué plus de cent personnes dans une attaque, mercredi 23 décembre, dans l’ouest de l’Ethiopie, a fait savoir la Commission éthiopienne des droits de l’homme (EHRC). Cet organisme indépendant, rattaché au gouvernement, a signalé dans un communiqué que « plus de cent personnes [avaient] été tuées par des tirs perpétrés par des hommes armés », dans la région de Benishangul-Gumuz.

L’EHRC a déclaré avoir reçu, de la part de rescapés, « des preuves photographiques inquiétantes » de cette attaque perpétrée avant l’aube contre des « habitants en train de dormir » dans la zone de Metekel et qui s’est poursuivie jusque dans l’après-midi mercredi.

Lire aussi : En Ethiopie, le miracle économique menacé par le conflit au Tigré

« Ni police ni forces de sécurité »

Au moins trente-six personnes ont été traitées pour des blessures, notamment par balles, dans un hôpital de Bulen, situé à environ 90 kilomètres du lieu de l’attaque. « Outre les dommages infligés à la vie des gens et à leur corps, les cultures ont été incendiées. Une victime nous a dit avoir vu dix-huit incendies », a souligné l’organisme. Il n’y avait « ni police ni forces de sécurité » stationnées dans la zone à ce moment-là. Des forces armées avaient été envoyées dans la zone mardi pour calmer des tensions mais elles étaient reparties peu après.

Certaines des victimes de l’attaque ont rapporté qu’elles connaissaient les assaillants, a ajouté la commission, précisant qu’une aide humanitaire serait envoyée dans la région pour aider les personnes déplacées et blessées.
Série d’attaques

Cette attaque est la dernière d’une série sanglante ces derniers mois. En octobre, douze civils avaient été tués dans la même région. Et l’EHRC avait déjà rapporté la mort, le 25 septembre, de quinze civils, dans cette même zone de Metekel, qualifiant les violences d’« assassinats ciblés ».

En octobre, le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, avait attribué les récentes violences dans l’ouest à des combattants entraînés au Soudan, et avait appelé Khartoum à stabiliser la région frontalière soudanaise du Nil Bleu, où ces combattants seraient entraînés et armés selon lui.

Jusqu’ici, les autorités d’Addis-Abeba s’étaient peu exprimées sur les moteurs de la violence dans l’Etat de Benishangul-Gumuz, que des dirigeants de l’opposition ont attribuée à des facteurs ethniques. La région abrite en effet des habitants des ethnies shinasha, oromo et amhara, d’après l’EHRC. L’ethnie amhara est la deuxième plus nombreuse du pays.

Des hommes politiques d’opposition, surtout issus de la communauté amahra, alertent depuis des semaines sur ce qu’ils qualifient de campagne ciblée menée par des milices ethniques gumuz contre les Amhara et les Agäw vivant dans la zone de Metekel. Selon eux, plus de cent cinquante civils ont péri dans ces attaques, des chiffres qui n’ont pu être confirmés de manière indépendante.

Ces violences montrent que l’ouverture prônée par le premier ministre a libéré des ambitions territoriales locales et d’anciens différends intercommunautaires, qui ont débouché sur des violences meurtrières dans de nombreuses régions du pays.

M. Ahmed, Prix Nobel de la paix en 2019, a par ailleurs lancé début novembre une offensive militaire dans la région dissidente du Tigré. Aucun bilan précis du conflit dans le Tigré n’est disponible, mais les combats ont poussé plus de cinquante mille personnes à trouver refuge au Soudan voisin et en ont déplacé plus de soixante-trois mille à l’intérieur de la région, selon l’Organisation des Nations unies (ONU).

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