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Turquie : Erdogan dit souhaiter de meilleures relations avec Israël

lundi 4 janvier 2021, par siawi3

Source : https://fr.timesofisrael.com/erdogan-envisage-de-meilleures-relations-avec-israel/

Erdogan dit souhaiter de meilleures relations avec Israël

Dans le contexte de négociations secrètes entre pays, des analystes pensent qu’Ankara souhaite démarrer du bon pied les relations avec la nouvelle administration américaine

Par Times of Israel Staff

25 décembre 2020, 16:46 0

Photo : Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime devant les députés de son parti à Ankara, en Turquie, le 23 décembre 2020. (Crédit : Présidence turque via l’AP, Pool)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré qu’il souhaitait améliorer les relations avec Israël, après de longues années de commentaires belliqueux répétés envers l’État juif.

« Nos relations avec Israël en ce qui concerne les échanges sur le renseignement n’ont jamais cessé », a affirmé Erdogan lors d’une conférence de presse. « Nous avons des problèmes avec les gens au gouvernement. »

Il a souligné qu’Ankara « ne pouvait accepter l’attitude d’Israël dans les Territoires palestiniens » et que « nous différons d’Israël quant à notre appréhension de la justice et de l’intégrité territoriale des pays ».

Mais, a-t-il ajouté : « À part ça, notre cœur souhaite l’amélioration de nos relations avec eux. »

La Turquie, autrefois un allié important d’Israël dans le monde musulman, est devenue sous Erdogan un ennemi géopolitique. Le dirigeant turc, ardent défenseur de la cause palestinienne et critique acerbe d’Israël, s’est souvent lancé dans des diatribes contre Israël, y compris très récemment en septembre lors d’un discours à l’Assemblée générale des Nations unies.

Cependant, Ankara a maintenu des relations directes avec l’État juif, notamment en ce qui concerne le tourisme et le commerce.

Photo : Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d’un discours de cérémonie de la remise des prix présidentiels de la culture et des arts à Ankara, en Turquie, le 19 décembre 2018. (Crédit : Adem Altan/AFP)

Les commentaires d’Erdogan interviennent après qu’un reportage récent sur al-Monitor a annoncé que la Turquie avait enfin choisi son nouvel ambassadeur en Israël, afin de pourvoir ce poste diplomatique resté vacant depuis plus de deux ans.

Certains analystes considèrent qu’avec le changement imminent d’administration aux États-Unis et l’arrivée de Joe Biden, dont on s’attend à ce qu’il soit bien moins amical envers Erdogan que le président sortant Donald Trump, Ankara espère gagner les faveurs de Washington par des gestes envers Israël.

Axios a rapporté jeudi que l’Azerbaïdjan essayait de se positionner comme médiateur pour aider les deux pays à améliorer leurs relations. Selon cet article, des conseillers du président azéri Ilham Aliyev auraient annoncé aux responsables israéliens qu’Erdogan était favorable à l’amélioration des relations.

Les conseillers ont affirmé qu’Erdogan n’était pas lui-même anti-israélien, mais avait simplement été sous l’influence de collaborateurs qui n’étaient plus en poste.

Il y a quelques jours, Mesut Casin, un conseiller en politique étrangère d’Erdogan, a déclaré à Voice of America : « Si Israël fait un geste, la Turquie pourrait bien en faire deux… Si nous voyons que la voie est libre, la Turquie rouvrira l’ambassade et renverra un ambassadeur. Peut-être que d’ici au mois de mars, nous pourrions rétablir des relations diplomatiques complètes. Pourquoi pas. »

Mesut Casin en novembre 2020. (Capture d’écran CNN Turk)

Il a ajouté : « L’établissement de la paix et de la sécurité est très important pour Israël et pour la Turquie. »

Un analyste des relations turco-israéliennes a déclaré à VOA que le changement d’attitude soudain d’Ankara pourrait être le résultat de la future passation de pouvoir dans l’administration américaine.

« Les relations turco-américaines pourraient entrer dans une période difficile, du moins à court terme, compte tenu de l’importance accordée par l’administration Biden aux questions de démocratie et de droits de l’homme », a déclaré Selin Nasi. « Compte tenu du sentiment anti-turc qui prévaut au Congrès américain, il se peut que la Turquie compte sur Israël pour neutraliser l’opposition et aider la Turquie à faire entendre sa voix à Washington. »

Al-Monitor a rapporté fin novembre que la Turquie avait récemment ouvert un canal discret de communication avec Jérusalem dans le but de rétablir les relations diplomatiques. Il a indiqué que Hakan Fidan, le chef de l’Organisation nationale du renseignement de Turquie, avait tenu un certain nombre de réunions avec de hauts responsables de la défense israélienne, notamment le chef du Mossad Yossi Cohen.

Les commentaires d’Erdogan interviennent également dans le contexte du développement des relations entre Israël et plusieurs pays arabes, Jérusalem ayant récemment établi des relations complètes avec les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le Soudan et le Maroc. Erdogan a condamné ces accords de normalisation.

Erdogan et le Premier ministre Benjamin Netanyahu échangent régulièrement des insultes, se qualifiant mutuellement de terroristes et d’assassins de masse.

Israël et la Turquie avaient rompu leurs relations diplomatiques depuis six ans, quand les deux pays ont rétabli la communication en 2016. La rupture avait été consommée en 2010 lorsque des commandos navals israéliens avaient abattu 10 militants turcs lors une violente confrontation à bord du navire Mavi Marmara, qui essayait de briser le blocus naval israélien sur la bande de Gaza. Israël a déclaré que les soldats avaient été violemment attaqués par les personnes à bord.

Puis, en mai 2018, après de violentes manifestations à la frontière de Gaza au cours desquelles plus de 60 Palestiniens, pour la plupart membres du Hamas et d’autres groupes terroristes, ont été tués, Erdogan a imputé la responsabilité des morts à Israël, le qualifiant d’« État terroriste » qui commet un « génocide ».

La Turquie a ensuite rappelé son ambassadeur et expulsé l’ambassadeur d’Israël et consul d’Istanbul Eitan Na’eh.