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France : Quand des « antifas » s’en prennent à des féministes lors d’une manifestation

lundi 19 avril 2021, par siawi3

Source : https://charliehebdo.fr/2021/03/societe/feminisme/quand-des-antifas-en-prennent-a-des-feministes-lors-une-manifestation/?fbclid=IwAR3Ztuqe8AUaNOuEd6E1VITAAT5fayO1O7UcghpB9LmXul9zQOa6i04Mv3s

Quand des « antifas » s’en prennent à des féministes lors d’une manifestation

mars 21

C’est une scène absurde à laquelle on pouvait assister lors d’une manif à l’occasion du 8 mars, hier, sur la place de la République. Un groupe qui se présente comme « antifa », pro-prostitution, pro-voile et militant de la cause trans, s’en est pris à plusieurs féministes qui luttent notamment contre la prostitution.

« Depuis 50 ans que je participe à des manifs féministes, c’est la première fois que je suis traitée de « facho ». » Florence Montreynaud, fondatrice des Chiennes de garde, militante féministe et anti-prostitution n’en revient toujours pas. Un groupe d’une centaine de personnes, âgées d’une vingtaine d’années, en majorité des filles mais aussi quelques garçons, qui se présentent comme « antifascistes », s’en sont pris à plusieurs féministes. « Putophobe », ou même… « clitophobe », ce sont les insultes lunaires que la militante a pu entendre, postée devant sa banderole « Encore féministes ?! ».

Le groupe s’en est pris notamment à une quinzaine de filles membre du CAPP (Collectif pour l’abolition de la prostitution et de la pornographie) qui avait grimpé sur la statue place de la République et déployait les banderoles : « Derrière les volontaires, les proxénètes » ? ; ainsi que : « Nous voulons des moyens pour que les femmes puissent sortir de la prostitution. » Parmi elles, se trouvaient d’ailleurs d’anciennes prostituées, qui militent maintenant pour l’abolition du « système prostitueur ». L’objectif de ces « antifas » ne fait pas de doute : ils étaient là pour s’en prendre directement à ces féministes. Ils sont venus en effet « armés » d’une centaine d’œufs qu’ils ont balancé sur les filles perchées sur la statue. « C’est une violence préméditée », déplore Florence Montreynaud. « Le groupe s’est dirigé vers nous également, d’un air menaçant en criant « fachos », et j’ai fui, consternée, atterrée », poursuit-elle.

Dans plusieurs messages postés sur des comptes Twitter, on peut voir ces images d’agressions :

Le Collectif Féministes anti-fascistes contre « l’islamophobie »… Dans toute sa splendeur. La violence et la haine personnifiées lors de notre action @CAPP_Radfem
#abolition #listentosurvivors #SexMatters pic.twitter.com/ZtGBS4nOeM
— I. Betty LACHGAR (@IbtissameBetty) March 7, 2021

Voila, des femmes qui jettent des œufs sur d’autres femmes, parce qu’elles ne sont pas d’accord avec leurs idées abolitionnistes.
Noues précisons que parmi le CAPP qui a organisé cette action, se trouvent des survivantes de la prostitution. pic.twitter.com/A58VIlD9yM
— L’Amazone (@l_amazone_) March 7, 2021

Sur place, on a pu constater en fin d’après-midi qu’un des membres de ce groupe menaçait même d’envoyer une bouteille de verre sur les militantes.

Ce ne serait pas drôle sans un gloubi-boulga idéologique. Les « antifas » accusent aussi les militantes présentes d’être transphobes. Marguerite Stern, ancienne Femen connue pour ses propos parfois controversés sur les trans, et qui tenait une pancarte « Vive le sexe féminin », a été l’objet d’attaques. Elle a même reçu en message privé ce genre de menaces : « Ne te pointe pas à la manif si tu ne veux pas recevoir du sperme de meuf trans dans la tronche . »

Du grand féminisme.

Un peu plus tôt dans l’après-midi, ce sont les Femen qui ont été pris à partie. Tara, une des militantes Femen présente, raconte : « Un groupe est arrivé avec une grande banderole : « Collectif féministe anti-fasciste contre l’islamophobie », il s’est mis face à nous en brandissant la banderole et en criant « Femen transphobe » et « Femen islamophobe ». Certains ont arraché nos couronnes. » On rappelle tout de même que les Femen luttent contre tous les extrémistes religieux et contre l’extrême-droite. « Ils ne comprennent pas nos critiques envers le sexisme du voile », déplore la militante.

[THREAD] #InternationalWomensDay
Si cette journée a encore un sens, c’est pour rendre le m féministe plus visible et mieux compris. N’est-ce pas ? C’est aussi le jour où nous lançons un appel à toutes les femmes pour qu’elles s’unissent autour d’une cause commune.N’est-ce pas ?
— inna shevchenko (@femeninna) March 8, 2021

On résume : des « antifas » auto-proclamés sont donc venus défendre l’industrie de la prostitution, la religion, et s’en prendre physiquement à des féministes. Et d’ailleurs, ils assument cette stratégie dans un thread sur Twitter que l’on peut lire sur le compte « Action Antifasciste Paris-Banlieue ». « Terfs, swerf, islamophobes, hors de nos luttes », écrivent-ils. Traduisons : les Terfs, (pour Trans-exclusionary Radical Feminist), c’est le nom qu’ils donnent à celles et ceux qu’ils considèrent comme transphobes, et Swerf (Sex Worker Exclusionary Radical Feminist) à celles et ceux qui s’opposent à la prostitution. « Nous avons décidé de nous attaquer frontalement aux formes de féminismes qui puisent leurs sources théoriques dans des idéologies identitaires réactionnaires et civilisationnistes et se réinventent dans une forme de fémo-nationalisme qui ne remet pas en cause les structures sociales oppressives et nourrit les oppressions », expliquent-ils. Par une inversion assez surprenante, ce sont les féministes anti-prostitution et qui luttent contre l’extrémisme religieux qui se retrouvent pour eux classées à l’extrême-droite.

Le débat sur la prostitution et sur le voile a toujours été très virulent au sein du féminisme. Mais il semble qu’il atteint désormais un niveau supplémentaire, avec un groupe qui vient directement s’en prendre à d’autres féministes. D’ailleurs, dans d’autres villes, plusieurs militantes abolitionnistes témoignent également d’intimidations. « À chaque fois que l’on fait une action, ils s’en prennent à nous. J’ai peur maintenant de me dire abolitionniste », nous confie une militante à Marseille. À Montpellier, une personne qui portait un drapeau de l’amicale du Nid (anti-prostitution) se l’ait fait arracher. Une chose est sûre, ce qui s’est passé ce 7 mars est un beau cadeau pour le patriarcat. Sur la statue place de la République, on peut voir maintenant ce slogan : « Sauve un trans, bute une terf. » Ça se passe de commentaire.