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La communauté LGBTQ+ sud-africaine sous le choc après une série de meurtres brutaux

dimanche 9 mai 2021, par siawi3

Source : https://www.courrierinternational.com/article/homophobie-la-communaute-lgbtq-sud-africaine-sous-le-choc-apres-une-serie-de-meurtres

La communauté LGBTQ+ sud-africaine sous le choc après une série de meurtres brutaux

vendredi 23 avril 2021,

par Mathilde BOUSSION

En moins d’un mois, quatre jeunes hommes ont été tués en raison de leur orientation sexuelle. L’Afrique du Sud apparaît pourtant comme une oasis de tolérance.

Lonwabo Jack a été brutalement violé et assassiné le 18 avril. Il venait de passer la soirée à fêter son vingt-deuxième anniversaire avec des amis. Un suspect âgé de 17 ans a été arrêté. Pour la quatrième fois en moins d’un mois, la communauté homosexuelle sud-africaine est sous le choc. Deux jours plus tôt, un rassemblement avait été organisé devant le Parlement au Cap afin d’exiger une réaction des autorités.

“Nous avons travaillé tellement dur pour que les gens aient confiance en eux et se sentent libres de marcher dans la rue. Je suis en colère parce que nous avons le sentiment d’avoir été abandonnés”, confie l’activiste Thami Kotlolo au magazine Drum après l’annonce de la mort du jeune homme. Face à la série de meurtres qui frappe l’Afrique du Sud, il estime que “les crimes de haine sont aussi une pandémie” et demande “un plan d’action pour protéger la communauté queer”.

#JusticeForSpha #JusticeForLulu

Fin mars, c’est le corps de Sphamandla Khosa, un homme de 34 ans, qui avait été retrouvé près d’une école. Les meurtriers ont abandonné ses chaussures sur le pas de sa porte, “comme un trophée”, a commenté un cousin dans un post sur les réseaux sociaux. Interrogé lui aussi par Drum, il raconte que “Spha”, comme il était surnommé, a été vu pour la dernière fois dans un bar où il se serait disputé avec “quelqu’un qui ne voulait pas boire avec lui parce qu’il était gay”.

Sur Twitter, la mort du jeune homme a donné naissance au hashtag #JusticeForSpha. Moins de quinze jours plus tard, le mot-clé cède la place à #JusticeForLulu après la découverte du corps mutilé et brûlé d’Andile “Lulu” Nthuthela, enterré sommairement dans le jardin de son meurtrier présumé. “La communauté LGBTQIA+ sud-africaine choquée après un nouveau meurtre [commis contre un] gay en moins de deux semaines”, titre Eyewitness News.

La série d’attaques intervient dans un pays qui passe pourtant pour une oasis de tolérance en Afrique. Alors que les relations homosexuelles sont punies de peines pouvant aller jusqu’à la mort dans plusieurs pays du continent, le mariage entre personnes du même sexe est légal en Afrique du Sud depuis 2006. L’une des plus célèbres figures queer du pays, l’athlète Caster Semenya, a accueilli un enfant avec sa femme en juillet 2020. Un événement salué avec bienveillance par la presse locale.

Silence des autorités

Mais l’homosexualité est loin d’être acceptée dans toutes les communautés. “Les personnes queer noires vivent à la marge du respect dans ce pays et sont réduites à des caricatures divertissantes chaque fois qu’elles sont représentées”, explique l’activiste Thami Kotlolo au magazine Drum. “Aujourd’hui encore, nous vivons dans la peur d’être nous-mêmes, de nous habiller comme nous le souhaitons et de s’enlacer – pas seulement en public, mais également au milieu de ceux qui sont parfois nos amis et nos voisins. Ils sont aussi des meurtriers, parfois âgés d’à peine 14 ans”, a commenté la Gay and Lesbian Alliance of South Africa après l’annonce du meurtre d’Andile Nthuthela.

“Les townships sont des pièges mortels”, soulignait encore un internaute après la mort de Sphamandla Khosa. Il s’inquiétait notamment d’un lien présumé entre la violence contre les homosexuels et la consommation d’alcool dans les tavernes populaires. À l’heure où il écrivait ses lignes, on ignorait encore qu’un homosexuel de 39 ans avait été assassiné deux jours après Sphamandla Khosa, cette fois dans la province du Gauteng, à la suite d’une altercation dans un bar précisément.

Les autorités sud-africaines sont restées silencieuses face à cette vague de meurtres. “Encore une fois, nous attendons toujours un mot du gouvernement. Le président est silencieux, le ministère de la Justice est silencieux, et la police est incroyablement silencieuse face à ces cas”, explique le militant Kamva Gwana, du mouvement Queer Lives Matter, à Eyewitness News. Dans un communiqué, une coalition d’activistes appelle le président, Cyril Ramaphosa, à condamner publiquement les crimes de haine.