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Mali : Macron menace de retirer les troupes françaises si le pays va « dans le sens » d’un islamisme radical

dimanche 30 mai 2021, par siawi3

Source : https://www.sudouest.fr/international/afrique/mali-macron-menace-de-retirer-les-troupes-francaises-si-le-pays-va-dans-le-sens-d-un-islamisme-radical-3424259.php

Mali : Macron menace de retirer les troupes françaises si le pays va « dans le sens » d’un islamisme radical

Photo : Le chef d’Etat français affirme également avoir « passé le message » aux dirigeants d’Afrique de l’Ouest qu’il « ne resterait pas aux côtés d’un pays où il n’y a plus de légitimité démocratique ni de transition ». © Crédit photo : AFP

Par SudOuest.fr avec AFP

Publié le 30/05/2021 à 7h39

Environ 5 100 soldats français sont présents au Mali dans le cadre de l’opération Barkhane. Mais Paris, comme l’UE, a dénoncé mardi « un coup d’Etat inacceptable » après l’arrestation du président et du Premier ministre

Emmanuel Macron a affirmé que la France retirerait ses troupes si le Mali allait « dans le sens » d’un islamisme radical, dans un entretien au « JDD » diffusé dimanche, après un deuxième coup d’Etat en neuf mois.

La France, avec environ 5 100 hommes au sein de Barkhane, soutient le Mali qui fait face depuis 2012 à une poussée jihadiste partie du Nord, ayant plongé le pays dans une crise sécuritaire avant de s’étendre au centre du pays. Mais Paris, comme l’UE, a dénoncé mardi un « coup d’Etat inacceptable » après l’arrestation du président Bah Ndaw et du Premier ministre Moctar Ouane décidée par l’homme fort du pays le colonel Assimi Goïta.

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« Au président malien Bah N’Daw, qui était très rigoureux sur l’étanchéité entre le pouvoir et les djihadistes, j’avais dit : ‘L’islamisme radical au Mali avec nos soldats sur place ? Jamais de la vie !’ Il y a aujourd’hui cette tentation au Mali. Mais si cela va dans ce sens, je me retirerais », a mis en garde le président français, dans un entretien au « JDD » à l’occasion d’un voyage au Rwanda et en Afrique du Sud.

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Le chef d’Etat français affirme également avoir « passé le message » aux dirigeants d’Afrique de l’Ouest qu’il « ne resterait pas aux côtés d’un pays où il n’y a plus de légitimité démocratique ni de transition ».

Il rappelle avoir dit depuis trois ans, « au sein de plusieurs Conseils de défense que nous devions penser à la sortie ».

Les dirigeants ouest-africains se réunissent dimanche pour trancher la question épineuse de leur réponse au double putsch des militaires maliens en neuf mois.

« J’ai préparé un chemin de sortie »

Au sommet du G5 Sahel à Pau en janvier 2020, « j’ai préparé un chemin de sortie. Je suis resté à la demande des États, parce que je pensais que la sortie était un point de déstabilisation. Mais la question se pose, et nous n’avons pas vocation à rester éternellement là-bas », a-t-il répété.

Concernant le Tchad, où un Conseil militaire de transition (CMT) présidé par l’un des fils d’Idriss Déby, Mahamat, après sa mort brutale en avril, Emmanuel Macron estime que « les choses sont claires ». « Nous venons au secours et en soutien d’un État souverain pour qu’il ne soit pas déstabilisé ou envahi par des groupements rebelles et armés. Mais nous demandons la transition et l’inclusivité politique », assure-t-il.

Il explique que lorsqu’il s’est rendu aux obsèques d’Idriss Déby, il a eu « un long échange » avec Mahamat Déby à la veille du G5 Sahel.

« On aura des comptes à rendre »

Emmanuel Macron met aussi en garde contre un échec d’une politique de développement. « Je le dis avec lucidité, si on est complices de l’échec de l’Afrique, on aura des comptes à rendre mais on le paiera cher aussi, notamment sur le plan migratoire », estime-t-il.

Il réaffirme qu’il faut donc « investir massivement » au sortir de la pandémie de Covid-19 « avec l’équivalent d’un plan Marshall » et que la communauté internationale doit avoir « la générosité de dire qu’on efface une partie de la dette pour aider les Africains à bâtir leur avenir ».