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France : Il voulait décapiter un gendarme : un Marocain expulsé en urgence

dimanche 6 juin 2021, par siawi3

Source : https://www.marianne.net/societe/terrorisme/un-marocain-expulse-en-urgence-apres-des-menaces-terroristes

Il voulait décapiter un gendarme : un Marocain expulsé en urgence

Par Rachel Binhas

Publié le 04/06/2021 à 8:00

En mai dernier, un marocain résidant dans le Var a été expulsé de France, manu militari. Une procédure pas si fréquente liée au danger représenté par l’individu. Après avoir déploré les us et coutumes françaises, celui-ci avait notamment menacé de décapiter un policier. Récit.

Une procédure rare à la hauteur du danger. En mai dernier, Khouya, un Marocain de 31 ans, a été expulsé du territoire français en urgence après avoir proféré des menaces à caractère terroriste. Sa radicalisation semble être survenue en plusieurs étapes.

Domicilié à Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes), sans emploi, Khouya affirme être arrivé en France, où réside une partie de sa famille, à l’âge de 15 ans dans le cadre d’un regroupement familial. Problème : il a toujours été en situation irrégulière, ce qui contredit cette déclaration.

Prêche sur le toit d’une voiture

L’homme fait d’abord parler de lui en 2019 dans la région de Cannes, en décidant d’organiser un prêche, en djellaba, sur le toit de sa voiture. Son public ? Les employés de Thalès, entreprise spécialisée dans les armements. Une initiative qui ne rencontre pas un franc succès, et bientôt interrompue par les forces de l’ordre.

Quelques mois plus tard, tandis qu’il est convoqué par la préfecture de Nice pour régulariser sa situation, le jeune homme explique que la mentalité des Français n’est pas satisfaisante…

« La France est un pays de mécréants »

En septembre 2019, Khouya est contrôlé dans les rues de Saint Raphaël (Var), un couteau à cran d’arrêt et une boite de lames dans les poches. « La France est un pays de mécréants qui ne méritent pas le respect dans le monde », déclare-t-il une fois arrivé au commissariat. Il aurait aussi ajouté que les femmes se comportent mal comme en attestent leurs jeans et leurs décolletés… Les policiers le laissent repartir.

En novembre de la même année, second contrôle. Cette fois, c’est un cutter et du cannabis que les forces de l’ordre trouvent dans ses affaires. Il écope alors d’un rappel à la loi.

« Je vais décapiter la tête d’un gendarme »

Mais c’est en avril 2021 qu’il franchit une étape supplémentaire : dans un supermarché de Mandelieu-la-Napoule, il promet à voix haute : « Je vais foutre le feu au magasins, les gendarmes et les policiers sont corrompus ! » Et de poursuivre : « Je vais décapiter la tête d’un gendarme et je vais la poser devant le magasin ou devant une gendarmerie ! »

Khouya est alors interpellé et placé en garde à vue. Entre deux « Allah akbar », le jeune homme précise aux forces de l’ordre que sa mort sera « le plus beau jour de [sa] vie ». Il le répète, il veut mourir en martyr.

Pour cet épisode particulièrement inquiétant, il sera condamné par le tribunal judiciaire de Grasse (Alpes-Maritimes) à quatre mois de prison dont deux mois avec sursis, reconnu coupable de menaces contre personne dépositaire de l’autorité publique et menaces réitérées de commettre une destruction dangereuse pour les personnes.

« Les autorités craignaient qu’il ne prépare un attentat »

Mais entre temps, la DGSI a décidé de se pencher sur son cas. Dans son ordinateur, on trouve ainsi des recherches en lien avec le terrorisme : « Ben Laden », « Comment faire sauter un tribunal »… Son intérêt pour le jihadisme et les armes blanches ne fait pas de doute.

« Les autorités craignaient qu’il ne prépare un attentat », explique un responsable de l’enquête souhaitant garder l’anonymat. Utilisant une procédure lourde, l’administration préfectorale, avec l’aide du ministère de l’Intérieur Gérald Darmanin, signe un arrêté d’expulsion, pris en urgence, à l’encontre de Khouya.

Les policiers le cueillent à sa sortie de prison pour le coller en centre de rétention administrative (CRA), à Nice. Aidé par des associations soutenant les retenus, le trentenaire décide de faire appel de sa détention qu’il estime arbitraire. Mais le juge des libertés et de la détention refuse d’accéder à sa requête et le maintient en CRA. La suite ? « On l’a placé dans le premier vol disponible en direction du Maroc », poursuit l’enquêteur.

Cumul de dangers

Une procédure rare. Les expulsions en urgence absolue relevant uniquement du ministère ne dépassent pas quelques dizaines par an. « Des hommes apparemment dérangés, en situation illégale, se promenant avec un couteau ne sont pas automatiquement expulsés », confie l’enquêteur. « Cette procédure administrative est peu commune ou alors, c’est que les individus présentent un casier très lourd, bien plus que celui-ci. » L’enquêteur complète : « On a vu ici un cumul des dangers particulièrement préoccupant pour l’ordre public. Et puis il y a la demande de Beauvau de donner des réponses fortes, d’expulser… »

Ces derniers temps, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a décidé de réunir de manière hebdomadaire les préfets afin de faire un point sur les expulsions d’étrangers au profil dangereux. « L’objectif du ministre de l’Intérieur, à l’approche des élections, est de présenter de bons chiffres en matière de reconduites aux frontières. », confie un préfet du sud de la France, sous couvert d’anonymat.

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