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Le nombre des détenus politiques a dépassé la barre des 260 en Algérie : 54 incarcérations rien que depuis le début du mois de juin

samedi 19 juin 2021, par siawi3

Source : https://www.algeriepartplus.com/le-nombre-des-detenus-politiques-a-depasse-la-barre-des-260-en-algerie-54-incarcerations-rien-que-depuis-le-debut-du-mois-de-juin/


Le nombre des détenus politiques a dépassé la barre des 260 en Algérie : 54 incarcérations rien que depuis le début du mois de juin

Algeriepart Plus

18 juin 2021

Le nombre des détenus politiques est encore monté en flèche. Jusqu’à ce vendredi 18 juin, l’Algérie compte pas moins de 262 détenus politiques. L’Algérie a donc franchi une nouvelle barre symbolique, celle des 260 prisonniers politiques. Rien que depuis le début de ce mois de juin, pas moins de 54 militants et activistes pacifiques ont été incarcérés arbitrairement pour leurs opinions ou leur participation à des activités politiques totalement pacifiques, mais hostiles au régime algérien, a appris Algérie Part de plusieurs sources judiciaires et sécuritaires concordantes.

Depuis le début du mois de juin, pas moins de 121 personnes ont été placées en garde-à-vue à la suite de leurs arrestations par des services de sécurité. Beaucoup de ces personnes sont poursuivies devant les tribunaux pour divers délits politiques et certains demeurent encore sous contrôle judiciaire. Pendant le mois de mai passé, pas moins de 85 activistes et militants du Hirak ou de collectifs citoyens ou de mouvements politiques qui lui sont proches ont été incarcérés à la suite de procès arbitraires et expéditifs.

Certains ont été tout bonnement placés sous mandat de dépôt et attendent toujours leur comparution pour être jugés. Au cours du mois de mai dernier, ils sont au moins 306 algériennes et algériens qui ont été présentés devant des Procureurs de la République pour être jugés ou auditionnés dans le cadre de leur militantisme encore une fois pacifique contre le pouvoir en place.

Selon diverses sources judiciaires et sécuritaires, depuis la reprise des marches du Hirak le 22 février 2021, pas moins de 242 militants et activistes ou simples manifestants pacifiques ont été emprisonnés à travers l’ensemble du territoire national. Au cours de ces 20 dernières années, l’Algérie n’a jamais connu une aussi grande et alarmante répression des droits civiques et des libertés publiques. L’ère du Président Abdelmadjid Tebboune est sans doute l’une des pires périodes pour les Droits de l’Homme et la Démocratie en Algérie. C’est l’une des ères les plus cauchemardesques pour les aspirations démocratiques du peuple algérien.

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Source : https://www.algeriepartplus.com/document-repression-des-droits-de-lhomme-la-lettre-des-82-ong-algeriennes-et-internationales-qui-demandent-une-action-urgente-contre-le-regime-algerien/

Document. Répression des Droits de l’Homme : la lettre des 82 ONG algériennes et internationales qui demandent une « action urgente » contre le régime algérien

Algeriepart Plus

18 juin 2021

Mesdames, Messieurs,

Nous, organisations non gouvernementales algériennes, régionales et internationales soussignées, exhortons votre gouvernement, individuellement et conjointement avec d’autres États, à adresser la répression alarmante contre les manifestant-e-s pacifiques, journalistes, la société civile, les défenseur-e-s des droits humains et syndicalistes algérien-ne-s lors du 47e Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies (CDH).

Le niveau de répression a augmenté drastiquement et une position publique plus affirmée de la part des États est cruciale pour protéger les Algérien-ne-s exerçant leur droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion.

Nous vous exhortons, dans les points pertinents de l’ordre du jour tels que le dialogue interactif avec la Haute-Commissaire au point 2 ou les débats interactifs avec les Rapporteurs Spéciaux sur la liberté d’expression et la liberté d’association et de réunion pacifique au point 3, à :

 ? Condamner l’escalade de la répression contre les manifestant(e)s pacifiques, les journalistes et les défenseur(e)s des droits humains, notamment le recours excessif à la force, la dispersion forcée, l’intimidation des manifestant(e)s et les poursuites arbitraires incessantes, y compris pour de accusations fabriquées liées au terrorisme ;

 ? Exhorter les autorités à mettre fin à toutes les arrestations et poursuites arbitraires et à libérer toutes les personnes détenues arbitrairement ;

 ? Exiger des enquêtes rapides, indépendantes, impartiales et efficace sur les allégations de torture et autres mauvais traitements, y compris les allégations de violences physiques, sexuelles et psychologiques en détention et d’agressions physiques pendant les manifestations – pour garantir que les auteurs présumés soient tenus pour responsables dans le cadre de procès civils équitables ;

 ? Exhorter les autorités algériennes à modifier ou abroger les dispositions trop larges du Code pénal et autres lois utilisées pour réprimer les droits et libertés fondamentaux, notamment la loi 12-06 relative aux associations et la loi 91-19 sur les réunions et manifestations publiques, conformément au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP).

Suite à la reprise des manifestations pacifiques appelant à une véritable réforme démocratique (le « Hirak ») en février 2021 , le gouvernement a lancé une nouvelle campagne d’arrestations et de harcèlement judiciaire. Selon des activistes locaux qui surveillent la situation sur le terrain, au 26 mai, au moins 183 personnes sont détenues pour avoir exprimé leur point de vue en ligne ou pour avoir manifesté pacifiquement. 86 d’entre eux ont été condamné(e)s à des peines de prison entre le 16 et le 24 mai. Des vidéos ont également montré que la police battait des manifestant-e-s.

Malgré l’annonce d’une grâce présidentielle pour une trentaine de détenus du Hirak le 18 février 2021, aucun décret de grâce présidentielle n’a été publié à ce jour.

Au cours des deux derniers mois, des organisations algériennes et internationales ont condamné le recours à la force illégale contre les manifestant-e-s et leur intimidation, le harcèlement et les mauvais traitements des défenseur-e-s des droits, la poursuite de la détention arbitraire et le ciblage des journalistes, la criminalisation du débat sur les questions religieuses, et l’absence d’enquêtes sur les allégations de violences physiques et sexuelles en détention, notamment sur un mineur séparé de ses parents.

Les accusations de terrorisme portées contre 15 défenseur-e-s des droits humains, journalistes et manifestants pacifiques le 29 avril constituent une nouvelle et dangereuse escalade. Si elles sont poursuivies par le tribunal, elles pourraient créer un précédent inquiétant pour cibler les Algérien-ne-s appelant à des réformes.

L’année passée a vu une reconnaissance croissante de l’aggravation de la situation des droits humains en Algérie, y compris par le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme (HCDH) en mars et en mai 2021, le Parlement européen et la Chambre des communes du Canada. Lors du 45e CDH, la Belgique a condamné le harcèlement judiciaire contre les journalistes et a appelé les autorités à garantir la liberté d’expression. Au cours du 46e HRC, l’Islande a exprimé sa préoccupation concernant les fermetures forcées d’églises protestantes et l’application arbitraire des restrictions liées au COVID-19.

Le moment est venu pour les États membres des Nations-Unies d’adresser la criminalisation croissante des libertés d’association, de réunion pacifique et d’expression en Algérie. Nous pensons que cette répression qui s’intensifie répond aux critères qui justifient une action urgente au sein du CDH, tel qu’établis par l’Irlande en 2016.

Nous vous appelons donc à adresser ces développements individuellement et conjointement avec d’autres États lors de la prochaine 47e session du CDH, afin de protéger les manifestant-e-s pacifiques, les défenseur-e-s des droits et les journalistes qui luttent pour la démocratie.

Nous vous remercions d’avoir pris en compte notre demande et sommes dans l’attente de votre réponse.
Cordialement,

Organisations algériennes signataires

1. Action pour le Changement et la Démocratie (ACDA)
2. Ligue Algérienne pour la Défense des Droits Humains (LADDH)
3. Syndicat National Autonome des Personnels de l’Administration Publique (SNAPAP)
4. Assirem N’Yellis N’Djerdjer
5. Collectif des Familles de Disparus en Algérie (CFDA)
6. Comité Canadien pour les Droits de la Personnes en Algérie
7. Coordination FreeAlgeria
8. Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie (CGATA)
9. Feminicides-DZ
10. Comité National pour la Libération des Détenus (CNLD)
11. Riposte Internationale
12. SHOAA for Human Rights
13. Tharwa N’Fadhma N’Soumer

Organisations internationales signataires

14. Abductees’ Mothers Association – Yemen
15. Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT) – France
16. Adil Soz
17. Africa Freedom of Information Centre (AFIC)
18. AfricanDefenders (Pan African Human Rights Defenders Network)
19. Al Haq human rights foundation – Iraq
20. Aman organisation against Racial Discrimination – Libya
21. Americans for Democracy & Human Rights in Bahrain (ADHRB)
22. Amnesty International
23. Article 19
24. Association Arts et Culture des Deux Rives
25. Association Citoyenneté, Développement, Cultures et Migration des Deux Rives
26. Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM)
27. Association de Solidarité Civique – Tunisia
28. Association Le Pont Genève
29. Association Marocaine des Droits Humains (AMDH)
30. Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD)
31. Association Tunisienne pour la Défense des Libertés Individuelles (ADLI)
32. Association Vigilance pour la Démocratie et l’État Civique
33. Beity organisation – Tunisia
34. Belaady Organization for Human Rights – Libya
35. Bytes for All, Pakistan
36. Cairo Institute for Human Rights Studies (CIHRS)
37. Canadiens pour la Justice et la Paix au Moyen-Orient (CJPMO)
38. Cartoonist Rights Network (CRNI)
39. Center for Media Freedom & Responsibility (CMFR)
40. Centre Tunisien pour la Liberté de la Presse
41. CIVICUS : World Alliance for Citizen Participation
42. Coordination Maghrébine des Organisations des Droits Humains (CMODH)
43. Dhameer for Rights and freedom – Yemen
44. Egyptian Front for Human Rights (EFHR)
45. Euromed Rights
46. Front Line Defenders
47. Global voices
48. Globe International Center
49. Growth foundation for development & improvement – Iraq
50. Gulf Centre for Human Rights (GCHR)
51. Hadramout Foundation For Legal Support and Training- Yemen
52. Hassan Saadaoui Foundation for Democracy and Equality – Tunisia
53. Human Rights Watch
54. Index on Censorship
55. Initiative for Freedom of Expression- Turkey
56. International Federation for Human Rights (FIDH), within the framework of the Observatory for the Protection of Human Rights Defenders
57. International Service For Human Rights (ISHR)
58. IPYS Venezuela
59. Justice without Chains – Libya
60. Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH)
61. Media Foundation for West Africa (MFWA)
62. Media Institute of Southern Africa, Zimbabwe (MISA)
63. MENA Rights Group
64. National Center for Development Cooperation (CNCD 11.11.11)
65. National Syndicate of Tunisian Journalists (SNJT)
66. Nas Development and Human Rights Center – Yemen
67. Organisation Contre la Torture en Tunisie (OCTT)
68. PEN International
69. Project on Middle East Democracy (POMED)
70. Reporters without Borders (RSF)
71. Sam for freedom and rights – Yemen
72. Social Peace Promoting and Legal Protection – Yemen
73. South East Europe Media Organisation (SEEMO)
74. Syrian Network for Human Rights (SNHR)
75. Syrian Center for Media and Freedom of Expression (SCM)
76. The Pacific Islands News Association (PINA)
77. Together We Raise (social association) – Yemen
78. Tunisian Forum for Youth Empowerment
79. Watch for Human Rights – Yemen
80. World Association of Newspapers and News Publishers (WAN-IFRA)
81. World Organisation Against Torture (OMCT), within the framework of the Observatory for the Protection of Human Rights Defenders
82. Yemeni Observatory for Human Rights – Yemen

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Source : https://www.algeriepartplus.com/enquete-pourquoi-lalgerie-est-classee-officiellement-comme-une-anocratie-totalement-instable/

Enquête. Pourquoi l’Algérie est classée officiellement comme une « anocratie » totalement instable

Algeriepart Plus

18 juin 2021

Un rapport international explique savamment que l’Algérie est devenue depuis peu une « anocratie », à savoir un régime politique qui n’est ni complètement une démocratie, ni complètement une dictature. Il s’un régime instable qui subit des transformations en permanence sans apporter une véritable possibilité de développement au pays où il est implanté. Enquête.

« L’élection du 12 décembre 2019 se déroula dans des conditions lamentables et fut largement boycottée. Tous les candidats étaient vus comme des membres du même système politique, ce qui provoqua de nouveau le mécontentement des manifestants. L’ancien Premier ministre Abdelmadjid Tebboune, perçu comme un partisan du président déchu, remporta le scrutin présidentiel avec le plus faible taux de participation de
l’histoire du pays », c’est avec ces mots qu’un rapport international a lancé une sévère mise en garde concernant les perspectives très inquiétantes de l’Algérie d’ici 2040. En effet, un nouveau rapport international vient de paraître pour analyser le plus objectivement possible la trajectoire du développement de l’Algérie à l’horizon 2040. Ce rapport a été réalisé par deux experts de l’Institut d’études de sécurité (ISS).

Les deux auteurs de ce rapport international sont Stellah Kwasi, chercheuse dans le programme Futurs africains et Innovation au bureau de Pretoria de l’ISS. Avant de rejoindre l’ISS, elle était adjointe de recherche au Centre Frederick S Pardee for International Futures à l’Université de Denver, au Colorado. Et Jakkie Cilliers, fondateur de l’ISS et président du conseil d’administration, dirige actuellement le programme Futurs africains et Innovation, au bureau de Pretoria de l’Institut. Il a démissionné de son poste de Directeur général en 2015.

L’ISS est une organisation africaine à but non-lucratif. Ses bureaux sont situés en Afrique du Sud, au Kenya, en Éthiopie et au Sénégal. Ses domaines de compétence sont la criminalité transnationale, la migration, la sécurité maritime et le développement, le maintien et la consolidation de la paix, la prévention de la criminalité et la justice pénale, l’analyse des conflits et la gouvernance. L’ISS fournit de des analyses opportunes et fiables, des formations pratiques et de l’assistance technique aux gouvernements et à la société civile. Le rapport portant sur la trajectoire de développement de l’Algérie à l’horizon 2040 a été financé, nous apprend l’ISS, par le Gouvernement des Pays-Bas, la Fondation Hanns Seidel et l’Agence suédoise de coopération internationale au développement.

Ce rapport de l’ISS estime que l’Algérie « l’ampleur des mouvements contre le gouvernement », en l’occurence le Hirak du 22 février 2019, ont « suscité d’autres revendications que celle de changement des dirigeants ».

« Elle a réduit les divisions religieuses, ethniques et tribales et a rapproché leurs protagonistes dans une démonstration sans précédent d’objectifs communs », souligne ainsi les deux experts de l’ISS qui ont beaucoup planché sur les particularités du Hirak.

« Les revendications, qui sont très diverses, concernent notamment le renouvellement général du contrat social, la mise à l’écart de l’élite dirigeante et la suppression de son contrôle sur l’économie ainsi que la fin du rôle dominant de l’armée dans les affaires politiques et économiques », souligne encore le même rapport d’après lequel « les manifestants revendiquent aussi plus de démocratie, d’état de droit, de liberté individuelle et d’égalité des chances. Toutefois, les moyens pour y parvenir sont moins clairs ».

« Jusqu’à présent, les manifestations ont généralement été non violentes, mais l’impact de la COVID-19 augmentera inévitablement le sentiment de désespoir chez les Algériens, dont beaucoup ont une grande méfiance envers le gouvernement. Le risque de violence est donc élevé », a analysé encore ce rapport de l’ISS qui prévoit ainsi une forte détérioration de la situation politique en Algérie si les autorités demeurent encore vigoureusement contestées.

En face de ces contestations populaires réprimées durement par les autorités algériennes, le pays sombre entre les mains d’un régime politique très complexe qui apparaît comme un mélange inquiétant et dangereux entre autoritarisme absolu et autoritarisme relatif, préviennent les deux experts auteurs de ce rapport de l’ISS.

« Dans le système IFs, la gouvernance se compose de trois dimensions, à savoir la sécurité, les capacités et l’inclusion. Chacune est établie à partir d’une série de données et d’indices subsidiaires », explique ainsi cette source qui utilise l’indice composite Polity IV du Center for Systemic Peace (CSP) pour identifier la nature politique du pouvoir algérien.

Cet indice « classe les États en fonction des caractéristiques de leur régime. Il fournit une gamme de types d’autorités dirigeantes, allant des autocraties totales aux systèmes mixtes ou « anocraties », en passant par les démocraties pleinement institutionnalisées ».

Et partant de ces éléments très concrets, le rapport de l’ISS « classe actuellement l’Algérie comme une « anocratie » (ou régime hybride) avec une note de 2,7, soit environ 3,6 points (ou 57 %) en dessous de l’indice moyen des APRITI sur une échelle allant de –10 à +1013 ».

« L’Algérie a donc un déficit démocratique important par rapport à ses pairs, et les derniers événements sociopolitiques soulignent à quel point la plupart des Algériens ordinaires sont conscients de cet écart », indiquent les auteurs de ce rapport international.

« L’Algérie est considérée comme ayant un type de régime « anocrate », mixte ou hybride (les pays qui obtiennent une note comprise entre –5 et +5). Les régimes « anocrates » sont intrinsèquement instables puisqu’ils contiennent des éléments d’une démocratie (tels que des élections régulières) qui suscitent des attentes à l’égard du pouvoir et de la participation des citoyens, mais coexistent avec des éléments d’autocratie (tels que des pouvoirs législatifs limités), comme en Algérie », conclut enfin ce rapport de l’ISS qui résume parfaitement la complexité des tensions politiques qui règnent aujourd’hui en Algérie et qui risquent de durer, malheureusement, encore longtemps faute d’un pouvoir stable et concentré sur une feuille de route rationnelle.