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France : Sous la pression de collègues et syndicats de gauche, l’enseignante Fatiha Agag-Boudjahlat ne fera pas sa rentrée

vendredi 9 juillet 2021, par siawi3

Source : https://www.valeursactuelles.com/societe/sous-la-pression-de-collegues-et-syndicats-de-gauche-lenseignante-fatiha-agag-boudjahlat-ne-fera-pas-sa-rentree/


Sous la pression de collègues et syndicats de gauche, l’enseignante Fatiha Agag-Boudjahlat ne fera pas sa rentrée

L’essayiste dit avoir été “la cible d’une campagne de harcèlement implacable, motivée politiquement“, instituant un “climat de terreur” dans son collège.

Par valeursactuelles.com

Publié le 8 juillet 2021 à 19h35

« Un climat de terreur s’est abattu sur mon collège. » Voici l’alarmant constat de Fatiha Agag-Boudjahlat. Dans une série de messages publiés sur Twitter, ce jeudi 8 juillet, ce professeur d’histoire-géographie, essayiste et militante a annoncé qu’elle n’effectuera pas sa rentrée des classes en septembre prochain. Et ce, « pour la première fois depuis 17 ans ». Elle a expliqué : « On m’a octroyé avec une grande générosité un congé de formation qu’il ne m’était pas venu à l’esprit de solliciter… » Mais cette formation serait en partie due aux tensions auxquelles fait face Fatiha Agag-Boudjahlat de la part de certains de ses collègues et des syndicats, notamment « la CGT Educ’action ». « J’ai été la cible depuis novembre dernier d’une campagne de harcèlement implacable, motivée politiquement, orchestrée par un commissaire politique syndicaliste », a dénoncé l’enseignante sur son compte Twitter. Ce harcèlement aurait été permis, selon elle, « par la passivité de personnes avec qui (elle) travaillait depuis dix ans mais qui, d’un coup, (la) trouvaient infréquentable ».

Une défiance qui montait crescendo

Fatiha Agag-Boudjahlat a expliqué que tout a commencé « par une lettre ouverte » contre elle. « Puis une demande formulée auprès du recteur pour m’imposer de ne plus m’exprimer dans les médias et sur les réseaux. » L’enseignante est en effet une essayiste féministe engagée pour la laïcité, et ne cesse de réagir à l’actualité. Elle est aussi l’auteure d’un nouvel ouvrage intitulé « Les Nostalgériades – Nostalgie, Algérie, Jérémiades », paru en avril dernier, qui pointe notamment la « difficulté des professeurs à enseigner la colonisation, la guerre d’Algérie ou la Shoah ». Fatiha Agag-Boudjalhat est aussi la cofondatrice du mouvement politique Viv(r)e la République. Autant d’engagements et d’initiatives qui font tiquer certains de ses collègues et les syndicats de gauche. « Un marquage à la culotte pour déduire que ce que je disais visait spécifiquement mes collègues », a renchéri Fatiha Agag-Boudjahlat sur Twitter. « Et enfin, le plus odieux, le plus crade, le plus mensonger : ne pouvant s’appuyer sur les élèves et leurs parents, avec qui je m’entends extraordinairement bien, le lyncheur a coaché une collègue à qui j’ai adressé la parole trois fois en quatre ans, pour qu’elle m’accuse de harcèlement. » Cette enseignante lui attribuerait « ses dizaines d’arrêts maladie » et serait devenue « très populaire après sa plainte », a affirmé l’essayiste.

De « fausses accusations »

Fatiha Agag-Boudjahlat s’est ensuite adressée aux parents d’élèves dans sa série de tweets : « Vous avez raison de mettre vos enfants dans le privé dans lequel ces syndicats gauchistes ne font pas passer leurs intérêts avant ceux de vos enfants. » D’après l’enseignante d’histoire-géographie, la fuite des parents et de leurs enfants vers les écoles privées arrangerait « les affaires des hauts fonctionnaires inamovibles qui appliquent les exigences de l’OCDE », Organisation de coopération et de développement économiques. « L’école est un marché. Et l’école publique ne doit s’occuper que des élèves les plus difficiles, pardon les plus en difficulté. Cela coûtera moins cher », a-t-elle asséné. Elle a enfin dénoncé cette formation qu’elle entreprendra en septembre, une « prime à la casserole dans l’éducation nationale », selon elle. « Je ne dois mon salut qu’au soutien du ministre Jean-Michel Blanquer. Sans lui, j’aurais été mise à pied, sur de fausses accusations », a-t-elle terminé.