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France : École musulmane privée d’Albertville : le maire retire le permis de construire - Bras de fer

vendredi 30 juillet 2021, par siawi3

Source : https://www.marianne.net/societe/laicite-et-religions/ecole-musulmane-privee-dalbertville-le-maire-retire-le-permis-de-construire?utm_source=nl_quotidienne&utm_medium=email&utm_campaign=20210729&xtor=EPR-1&_ope=eyJndWlkIjoiZWU1YTU1MWQyNmQzMmYxMmE0MzMyZDY4NmJjYmFiMmUifQ%3D%3D

Photo : Le président de la Confédération islamique Millî Görüs, Fatih Sarikir, le 6 avril 2021. FREDERICK FLORIN / AFP

École musulmane privée d’Albertville : le maire retire le permis de construire
Bras de fer

Par Magazine Marianne

Publié le 29/07/2021 à 11:58

Frédéric Burnier Framboret, le maire d’Albertville, en Savoie, a retiré le permis de construire accordé à la confédération islamique Millî Görüs pour la construction d’une école musulmane privée hors contrat dans cette commune de 20 000 habitants. Le 6 avril, le tribunal administratif de Grenoble l’avait enjoint de valider le permis déposé en 2019 par l’association. Mais l’élu juge le projet « séparatiste » et rappelle les liens de Millî Görüs avec le gouvernement turc de Recep Tayyip Erdogan.

Ce 28 juillet, le maire d’Albertville, en Savoie, a retiré le permis de construire qu’il avait été contraint d’accorder sur décision judiciaire pour la construction d’une école musulmane, a-t-il indiqué à l’AFP, confirmant une information du quotidien Le Dauphiné libéré. La décision de Frédéric Burnier Framboret, l’élu divers droite à la tête de la ville depuis 2020, intervient après le recours gracieux déposé le 18 juin par le préfet de Savoie contre l’injonction du tribunal. « Le jugement était susceptible d’un recours et l’État l’a formulé, comme il en a le droit, pour des raisons de sécurité » liées au lieu d’implantation du projet, a précisé le maire.

« L’affaire suit son cours. Elle est entre les mains de notre conseil », a commenté Fatih Sarikir, le président de la Confédération islamique Millî Görüs (CIMG), qui porte le projet. L’association, qui déplore un geste politique, a deux mois pour contester la décision de l’édile. Le 6 avril, le tribunal administratif de Grenoble avait enjoint le maire d’Albertville de valider le permis de construire déposé en 2019 par cette association. Le tribunal avait estimé que les motifs avancés par la municipalité, portant notamment sur des places de stationnement, n’étaient pas recevables.

Cette école primaire devrait compter 16 classes, soit environ 400 élèves, ce qui correspondrait à un quart des 1 200 élèves de cette commune qui ne compte que 20 000 habitants. Frédéric Burnier Framboret s’est inquiété, dans les colonnes du Figaro, de l’ampleur de ce projet, craignant que la création de cette école ne conduise à la fermeture de plusieurs classes voire, à terme, d’une école publique. Il dénonce également le recul de l’enseignement républicain au profit d’établissements confessionnels. Une stratégie gagnante pour Millî Görüs, estime-t-il, arguant que cette association nourrit « la crainte de l’assimilation de la jeunesse turque aux valeurs républicaines de la France ».

Crainte d’une « cristallisation identitaire »

Opposée à ce projet d’école primaire pour la proximité de la CIMG avec le gouvernement turc de Recep Tayyip Erdogan, la ville a fait appel de la décision devant la cour administrative d’appel de Lyon, soutenue par le préfet de Savoie qui juge ce projet « séparatiste ». Dans sa tribune, Frédéric Burnier Framboret s’était estimé « démuni » pour « contrer l’installation d’associations ou d’entreprises pilotées par des puissances étrangères, qui favorisent une cristallisation identitaire au cœur de nos territoires ».

De son côté, Engin Seller, le représentant local de Millî Görüs, s’était défendu de vouloir bâtir autre chose qu’une « école confessionnelle, comme ont les catholiques ou les juifs ». Le 12 avril, le gouvernement avait fait adopter un amendement de dernière minute au projet de loi sur le séparatisme pour permettre au préfet de s’opposer à l’ouverture d’écoles soutenues par un État étranger « hostile » à la République. Cinq jours plus tard, une manifestation à l’appel du Rassemblement national (RN) avait réuni à Albertville une centaine de personnes opposées à la construction de l’école.

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