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Analyse réaliste des prétentions « égalitaires » du lobby des pères pour ce qui est des pensions et prestations dues aux enfants

dimanche 1er août 2021, par siawi3

Source : https://tradfem.wordpress.com/2021/07/18/analyse-realiste-des-pretentions-egalitaires-du-lobby-des-peres-pour-ce-qui-est-des-pensions-et-prestations-dues-aux-enfants/

Analyse réaliste des prétentions « égalitaires » du lobby des pères pour ce qui est des pensions et prestations dues aux enfants

TRADFEM

18.O7.21

Morticia Colwell est une féministe écossaise.

(Sur la page Facebook de l’autrice)

J’ai remarqué que les hommes qui écrivent ici, et en particulier les groupes de défense des « droits des pères », expriment beaucoup de ressentiment à l’égard des femmes qui bénéficient de certaines prestations gouvernementales destinées à répondre aux besoins des enfants.

Lorsque les « allocations familiales » (maintenant connues sous le nom de prestations pour enfants) ont été introduites pour la première fois, des militantes féministes ont réussi à faire en sorte qu’elles soient versées directement aux mères, car celles-ci formaient la majorité des pourvoyeuses principales de soins aux enfants dans les ménages. La plupart des gens ne réalisent pas que cela a provoqué une certaine consternation chez les hommes ou que le gouvernement avait sérieusement envisagé de verser cet argent aux pères (généralement considérés comme « le soutien du ménage »). Les militantes ont fait valoir que ces modalités de paiement garantiraient que l’argent soit réellement dépensé pour subvenir aux besoins des enfants et non pour ajouter aux revenus des hommes. La plupart des mères n’avaient alors pas de revenus indépendants de ceux de leur partenaire masculin, et de nombreuses personnes qui ont grandi à cette époque m’ont raconté qu’elles vivaient dans la pauvreté malgré le fait que leur père travaillait à plein temps, y compris dans des professions de classe moyenne, car celui-ci refusait de donner à leur mère une somme raisonnable pour le « ménage ». Bien que la majorité des femmes aient été contraintes de dépendre presque totalement des hommes sur le plan économique, il n’existait aucun mécanisme juridique ni aucune pression sociétale pour obliger les hommes à subvenir adéquatement aux besoins des femmes et des enfants à partir de leurs revenus.

Je sais que l’un des objectifs déclarés des organisations masculinistes « Fathers 4 Justice » et « Fathers Need Families » (qui s’appellent maintenant « Shared Parenting UK ») est non seulement d’abolir les pensions alimentaires pour enfants, mais aussi de forcer le gouvernement à répartir « équitablement » entre les deux parents les prestations comme les allocations familiales et les crédits d’impôt pour enfants. Ils affirment qu’il est injuste que les parents non résidents (principalement les pères) ne reçoivent aucune « aide » du gouvernement pour subvenir financièrement aux besoins de leurs enfants après la séparation. J’ai lu des articles sur la paternité qualifiant d’injuste le fait que ces prestations soient automatiquement versées aux mères.

Bien que des études aient confirmé la thèse féministe initiale selon laquelle les mères consacrent une plus grande partie de leur revenu, quelle qu’en soit la source, aux besoins des enfants, le fait de verser cet argent aux femmes sert d’autres objectifs, tout aussi importants. Tout d’abord, les femmes sont plus nombreuses à vivre dans la pauvreté que les hommes, et les femmes qui ont des enfants sont beaucoup plus susceptibles que les hommes de vivre dans la pauvreté, d’y passer deux fois plus de temps et de subir des revers importants dans leur carrière en raison de leur charge d’enfants (ce qui affecte leur capacité de gain). En fait, il a été démontré que le revenu des hommes augmente lorsqu’ils ont des enfants, et qu’il continue d’augmenter à l’arrivée de chaque nouvel enfant. De toute évidence, les hommes n’ont pas besoin de compléter leur revenu pour subvenir aux besoins de leurs enfants, que ce soit au sein d’un couple ou en tant que parent non résident (c’est-à-dire le parent censé payer une pension alimentaire). En outre, plus une femme est dépendante économiquement d’un homme, plus elle risque d’être victime de violence conjugale. Le fait de verser cet argent directement aux mères garantit à la fois qu’il sera effectivement dépensé pour les besoins des enfants et que la mère dispose d’un tampon crucial pour éviter de devenir totalement dépendante au plan économique d’un partenaire masculin.

Le mouvement croissant visant à répartir ces paiements de manière égale entre les deux parents ou du moins à mettre fin à l’hypothèse d’un paiement à la personne qui s’occupe principalement de l’enfant (dont 90% sont des femmes au Royaume-Uni) n’est pas un mouvement favorable à l’équité ou à une vision plus moderne de l’éducation des enfants. Il s’agit d’un mouvement visant à renvoyer les femmes à la dépendance d’un homme si elles souhaitent nourrir et loger leurs enfants et à faire en sorte que les hommes aient le contrôle total des dépenses du ménage et du style de vie dévolu aux femmes et aux enfants, même après une séparation. Les hommes n’apprécient pas l’hypothèse d’un paiement aux femmes, car cela réduit ou sape le pouvoir qu’ils ont sur une femme, surtout s’ils ont des enfants ensemble. Les mères célibataires constituent déjà la majorité des parents qui a) dépendent uniquement des allocations pour leur revenu, et b) vivent dans la pauvreté du fait d’avoir des enfants. Les hommes ne sont pas réduits à la pauvreté du fait de ne pas recevoir un montant égal d’allocations familiales et de crédits d’impôt. Les hommes qui paient une pension alimentaire ne sont pas réduits à la pauvreté du fait de la payer. Les hommes qui bénéficient d’une attention et d’une sympathie démesurée sont toujours les hommes que l’on force à payer cette pension, et l’on voit les groupes de « défense des droits des pères » s’essouffler à monter en épingle des cas particuliers d’hommes dont on allègue qu’ils « se retrouvent avec seulement 16 livres sterling après avoir payé la pension alimentaire », malgré le fait que moins de 50% des pères non résidents paient quoi que ce soit pour leurs enfants. Cette catégorie d’hommes a montré à maintes reprises pourquoi ils ne sont pas aptes à recevoir une aide financière de l’État pour subvenir aux besoins des enfants ; en effet, les hommes ne consacreront tout simplement pas les revenus qu’ils ont déjà aux besoins de leurs enfants et ils se réjouissent publiquement à l’idée d’enfoncer la mère de leurs enfants encore plus profondément dans la pauvreté lorsqu’ils insistent pour que la moitié de ses allocations leur reviennent par souci de « justice » ou d’ »égalité ».

Le gouvernement tente déjà de faire marche arrière dans ce dossier en prétendant avec insistance que le crédit universel pour enfants ne peut être versé qu’à un seul membre du ménage, et qu’il doit s’agir de la personne disponible pour travailler (le père, dans la majorité des cas), privant ainsi des millions de mères des familles les plus pauvres du crédit d’impôt pour enfant. Encore une fois, l’État applique cette politique sans aucune disposition pour garantir que l’argent soit réellement dépensé pour les enfants et en sachant que les hommes sont moins susceptibles de dépenser cet argent pour les enfants et plus portés à en dépenser beaucoup moins pour eux. L’objectif en cause est de renforcer le pouvoir des hommes sur les femmes. L’accent devrait être mis, à juste titre, sur la réduction de la pauvreté des mères, et non sur des mesures « d’équité » arbitraires qui ne feraient que renforcer l’inégalité dont souffrent déjà les femmes.

Morticia Colwell, Écosse