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Afghanistan : les talibans ont pris possession de deux capitales régionales

samedi 7 août 2021, par siawi3

Source : https://www.lemonde.fr/international/article/2021/08/07/afghanistan-les-talibans-prennent-possession-d-une-premiere-capitale-regionale_6090821_3210.html


Afghanistan : les talibans ont pris possession de deux capitales régionales

La situation a conduit le Royaume-Uni à demander à ses ressortissants de quitter immédiatement le pays au vu d’une « situation sécuritaire qui empire ».

Le Monde avec AFP

Publié aujourd’hui à 09h04, mis à jour à 16h09

Photo : Les forces de sécurité afghanes surveillent un point de contrôle dans la province de Herat, le 9 juillet 2021. JALIL AHMAD / REUTERS

La victoire est très symbolique pour les talibans et elle pourrait avoir un effet psychologique dévastateur pour l’armée afghane, dont le moral est déjà au plus bas. Les insurgés se sont emparés de deux villes : Zaranj et Sheberghan. Ce sont les premières capitales provinciales à tomber entre leurs mains depuis le début de leur offensive, en mai.

Les talibans ont pénétré à Zaranj, vendredi 6 août, la capitale de la province de Nimroz, dans le sud-ouest de l’Afghanistan, sans rencontrer « aucune résistance », a déclaré Roh Gul Khairzad, la gouverneure adjointe de la province. Petite ville située à la frontière avec l’Iran, Zaranj vaut surtout pour son importance économique. Sa prise permet également aux insurgés de contrôler une nouvelle partie des frontières afghanes.

Les talibans avaient auparavant déjà fait main basse sur plusieurs postes-frontières cruciaux avec l’Iran, le Tadjikistan, le Turkménistan et le Pakistan. Tous sont une source vitale de revenus tirés des droits de douane.

Samedi, les insurgés se sont également emparés de la ville de Sheberghan, dans le nord-ouest du pays, a annoncé à l’Agence France-Presse (AFP) Qader Malia, vice-gouverneur de la province de Djozdjan, dont Sheberghan est la capitale. « Les forces [afghanes] et les responsables ont fui vers l’aéroport », a-t-il ajouté.

La province de Djozdjan est le bastion du maréchal Dostom, puissant dirigeant de milice, réputé pour sa loyauté versatile et sa barbarie. Si Sheberghan devait rester aux mains des talibans, ce serait un nouveau revers pour le gouvernement, qui a récemment fait appel aux anciens chefs de guerre et à diverses milices pour tenter de juguler l’avancée des insurgés.

Lire aussi En Afghanistan, l’offensive des talibans s’intensifie, Kaboul résiste

Les ressortissants britanniques appelés à quitter le pays

Le président de la république du Tadjikistan, Emomali Rahmon, a affirmé vendredi que les talibans contrôlaient la totalité de la frontière entre l’Afghanistan et son pays, soit près de 1 300 kilomètres, lors d’un sommet réunissant les chefs d’Etat des cinq ex-républiques soviétiques d’Asie centrale – Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan, Kirghizistan et Kazakhstan.

Les insurgés se sont emparés depuis trois mois de vastes territoires ruraux lors d’une offensive éclair lancée à la faveur du retrait des forces internationales, qui doit être complètement achevé d’ici au 31 août. Après avoir rencontré une faible résistance dans les campagnes, ils dirigent depuis quelques jours leurs offensives contre les grandes villes, encerclant plusieurs capitales provinciales.

La situation a conduit le Royaume-Uni à demander à ses ressortissants de quitter immédiatement l’Afghanistan au vu d’une « situation sécuritaire qui empire ». « Il est conseillé à tous les ressortissants britanniques en Afghanistan de partir dès maintenant via des moyens [de transport] commerciaux », a écrit vendredi le ministère des affaires étrangères britannique sur son site Internet. Les autorités britanniques déconseillent tout voyage dans le pays et préviennent qu’elles ne sont en mesure de fournir qu’une assistance « extrêmement limitée ».

Des responsables gouvernementaux ciblés

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, l’émissaire de l’ONU en Afghanistan, Deborah Lyons, a appelé les talibans à « cesser » leurs « attaques contre les villes », demandant au Conseil d’adresser un avertissement « sans ambiguïté ».

Quelques heures auparavant, les talibans avaient tué Dawa Khan Menapal, un ancien porte-parole adjoint du président afghan, Ashraf Ghani, selon le ministère de l’intérieur du pays. Les insurgés ont ainsi mis leur menace à exécution, après avoir promis, mercredi, de mener de nouvelles opérations de « représailles » contre de hauts responsables gouvernementaux en réponse à la campagne de bombardements aériens de l’armée afghane. Les armées afghane et américaine ont procédé ces derniers jours à de multiples frappes aériennes pour tenter de freiner l’avancée des talibans sur plusieurs centres urbains majeurs.

Lire notre enquête : En Afghanistan, les talibans aux portes du pouvoir

M. Menapal était une figure bien connue de la communauté des médias à Kaboul. Cet ex-journaliste s’en prenait régulièrement aux talibans sur les réseaux sociaux, souvent avec ironie. Sediq Sediqqi, ancien porte-parole du chef de l’Etat, s’est dit « profondément choqué et bouleversé d’apprendre que [son] ami et ancien collègue avait été tué par les ennemis de [leur] pays ».

Les talibans, qui avaient déjà ciblé, mardi, à Kaboul le ministre de la défense, le général Bismillah Mohammadi, sorti sain et sauf de cette attaque qui a fait huit morts, n’ont pas tardé à revendiquer cet assassinat.

Aucun endroit sûr où se réfugier

Photo : Les forces afghanes, le 3 août 2021, dans une rue déserte de Lashkar Gah, où les combats avec les talibans continuent. ABDUL KHALIQ / AP

Vendredi, les combats se sont par ailleurs poursuivis à Lashkar Gah, capitale de la province du Helmand, dans le sud du pays, où l’armée a lancé une contre-attaque mercredi soir.

Les bureaux de l’ONG Action contre la faim ont été touchés, jeudi, par un « bombardement aérien ». « Le bâtiment était clairement identifié comme appartenant à une organisation humanitaire, que ce soit de la rue ou du toit de l’immeuble. Par ailleurs, son emplacement a été communiqué à plusieurs reprises aux parties au conflit », a souligné l’ONG.

Les civils continuent de tenter de fuir les zones de combat, comme l’armée les y a invités, mais sans avoir aucun endroit sûr où se réfugier. Mohammad Qaim, 35 ans, a fui Lashkar Gah pour se rendre à Kaboul. « Les talibans pourront peut-être prendre plus de villes », s’est-il inquiété, affirmant que la situation dépendait de l’interférence de pays tiers. « La guerre est imposée aux Afghans, et les Afghans brûlent », a-t-il fustigé.

De Kunduz, ville du Nord assiégée par les talibans depuis plusieurs semaines, l’activiste Rasikh Marof a raconté à l’AFP que les combats avaient fait rage, la nuit dernière, près du centre-ville, sans que les talibans puissent gagner du terrain. Les forces gouvernementales ont « sérieusement défendu » la ville pour empêcher les talibans d’entrer, a-t-il expliqué, précisant que ces derniers utilisaient « des mortiers et des armes lourdes ». Les forces afghanes ont eu recours à des frappes aériennes, selon M. Marof et un responsable local.

Le docteur Fazli, responsable de la santé pour la province de Kunduz, a recensé 38 blessés et 11 morts civils, emmenés à l’hôpital principal de la ville depuis la reprise des violences la nuit dernière. « Les ambulances ne peuvent pas se déplacer à cause des combats », a-t-il ajouté, précisant que ces chiffres pourraient augmenter dans la journée.

Écouter aussi Les talibans peuvent-ils reprendre le pouvoir en Afghanistan ?

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Source : https://www.lci.fr/international/afghanistan-les-etats-unis-et-le-royaume-uni-appellent-leurs-ressortissants-a-quitter-le-territoire-immediatement-2193304.html

Afghanistan : les États-Unis et le Royaume-Uni appellent leurs ressortissants à quitter le territoire immédiatement

Photo : Un soldat de l’armée afghane à la frontière à Chaman, le 7 août 2021, après que les Talibans ont pris le contrôle de cette zone frontalière − Asghar ACHAKZAI / AFP

GUERRE - Après la prise de deux capitales de province par les Talibans, les ressortissants des États-Unis et du Royaume-Uni sont appelés à quitter le pays, faute de pouvoir garantir leur sécurité.

FS avec AFP - Publié aujourd’hui à 14h20

Après Londres, c’est Washington qui s’inquiète du sort de ses citoyens. « Compte tenu des conditions de sécurité et des effectifs réduits » en Afghanistan, l’ambassade des États-Unis à Kaboul a exhorté ce samedi 7 août tous ses ressortissants à quitter le pays immédiatement en utilisant les options de vol commercial disponibles.

Une « situation sécuritaire qui empire »

Dans cette communication, l’ambassade a argué que compte tenu de la situation, ses capacités à « aider les citoyens américains en Afghanistan » sont devenues « extrêmement limitées ». Une explication similaire à celle donnée la veille par le ministère britannique des Affaires étrangères. Sur son site internet, il a appelé ses citoyens ressortissants à quitter immédiatement l’Afghanistan à cause de la « situation sécuritaire qui empire » à mesure que les combats avec les talibans s’intensifient dans le pays.

Car depuis trois mois, les Talibans ont repris des forces. Profitant du retrait des forces internationales – quoi doit être complètement achevé d’ici au 31 août – et d’une armée afghane dont le moral est au plus bas, ils s’emparent de zones de plus en plus larges. Après avoir conquis de vastes territoires ruraux dans la campagne afghane, c’est désormais aux grandes villes qu’ils s’attaquent.

La capitale provinciale de Jawzan, Sheberghan, est tombée entre leurs mains ce samedi, selon Qader Malia, vice-gouverneur de cette province. Selon son témoignage auprès de l’AFP, « les forces (afghanes) et les responsables ont fui vers l’aéroport ». Une prise qui signe un nouveau revers pour le gouvernement qui a récemment fait appel aux anciens chefs de guerre et à diverses milices pour tenter d’endiguer l’avancée des insurgés.

Aucun endroit sûr

Car celle-ci est très rapide. Cette prise représente en effet la seconde capitale provinciale à être capturée par les Talibans en moins de 24 heures. Ils se sont ainsi rendus maîtres, vendredi, d’une première capitale provinciale, Zaranj. C’était la première fois qu’ils emportaient une capitale depuis le début de leur offensive en mai. Une prise qui s’est faite là aussi sans rencontrer « aucune résistance », selon le témoignage auprès de l’AFP de Roh Gul Khairzad, la gouverneure adjointe de la province de Nimroz.

Pourquoi si peu de résistance ? Car les forces afghanes étaient déjà occupées à défendre plusieurs autres capitales provinciales à travers le pays. Et parce que le moral est absent. « Les forces de sécurités afghanes perdent le moral à cause de la propagande incessante des talibans », a ainsi expliqué à l’AFP un haut responsable de Nimroz, qui a demandé l’anonymat. « Même avant les attaques talibanes, beaucoup de forces afghanes ont baissé les armes, enlevé leurs uniformes, quitté leurs unités et fui », a-t-il raconté.

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En s’emparant de cette petite ville située à la frontière avec l’Iran, les insurgés continuent de saper le moral des troupes ... Et d’augmenter leur contrôle à la frontière. Les talibans avaient en effet déjà mis la main sur plusieurs postes-frontières clés, proches de l’Iran, le Tadjikistan, le Turkménistan et le Pakistan. Des sources vitales de revenus. Les insurgés ont également assassiné le chef du service de communication du gouvernement, dans la capitale. Signe, comme l’écrit l’ambassade américaine, que les conditions de sécurité sont « extrêmement limitées », même à Kaboul.

FS avec AFP