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France : Pancarte antisémite lors d’une manifestations anti-passe sanitaire : une enseignante interpellée

lundi 9 août 2021, par siawi3

Source : https://www.marianne.net/societe/police-et-justice/manifestations-anti-passe-sanitaire-enquete-ouverte-apres-une-pancarte-antisemite?utm_source=nl_quotidienne&utm_medium=email&utm_campaign=20210809&xtor=EPR-1&_ope=eyJndWlkIjoiZWU1YTU1MWQyNmQzMmYxMmE0MzMyZDY4NmJjYmFiMmUifQ%3D%3D

Pancarte antisémite lors d’une manifestations anti-passe sanitaire : une enseignante interpellée

Obsession

Par Magazine Marianne

Publié le 09/08/2021 à 12:08

Une pancarte antisémite brandie lors d’un rassemblement anti-passe sanitaire à Metz ce samedi 7 août a provoqué l’indignation générale. Dès le lendemain, le parquet a décidé d’ouvrir une enquête. Une jeune femme a été interpellée ce lundi.

Quel est le point commun entre Patrick Drahi, propriétaire de plusieurs médias français, le financier George Soros, le président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius et le philosophe Bernard-Henri Lévy ? Tous sont de confession juive. Et tous ont été ciblés sur une pancarte brandie samedi 7 août lors d’une manifestation anti-passe sanitaire à Metz, en Moselle.

Sur l’écriteau, on retrouvait aussi les noms du directeur général de la Santé Jérôme Salomon ainsi que de l’économiste allemand Klaus Schwab. Le tout accompagné de l’énigmatique slogan « mais qui ? », assimilé à l’extrême droite antisémite depuis l’interview, en juin, du général à la retraite Daniel Delawarde, sur CNews. À la question : « Qui contrôle la meute médiatique ? », et après plusieurs relances, l’homme avait répondu « la communauté que vous connaissez bien », avant d’être coupé par l’animateur Jean-Marc Morandini.

Après avoir condamné ladite pancarte « avec la plus grande fermeté », la préfecture de Moselle a procédé à un signalement auprès du procureur de la République de Metz. Dimanche, le paquet a finalement ouvert une enquête de flagrance, a annoncé le préfet Laurent Touvet. Ce lundi midi, le ministre de l’Intérieur a annoncé sur Twitter qu’une jeune femme avait été interpellée par les services de police. Selon l’AFP, l’arrestation a eu lieu à Hombourg-Haut, une petite commune de Moselle.

Selon l’AFP, la suspecte est une enseignante. Le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé qu’elle sera « suspendue en attendant les suites disciplinaires ». Selon la préfecture de la Moselle, son domicile a été perquisitionné ce lundi matin. « La police regarde si l’on trouve dans son logement de quoi expliquer ou conforter la présomption d’antisémitisme », a précisé la préfecture, interrogée par l’AFP.

Au cours du week-end, Gérald Darmanin avait fustigé une pancarte « abjecte ». « L’antisémitisme est un délit, en aucun cas une opinion. De tels propos ne resteront pas impunis », a-t-il promis. Le maire de Metz, François Grosdidier (LR), s’est dit « outré, scandalisé, mais hélas pas surpris ». Il a également dénoncé un « mélange de tous les refus dans une convergence des extrêmes et dans un magma populiste et antisémite ». « J’espère que la personne qui porte la pancarte sera sanctionnée », a-t-il ajouté.

Ancienne candidate RN

De même, plusieurs associations antiracistes ont pris la parole. La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), qui estime que l’on est « très clairement en présence d’une pancarte à l’antisémitisme assumé », a fait part de son intention de porter plainte. Il « faut être intraitable », a-t-elle martelé.

SOS Racisme est en train d’« étudier » la possibilité de poursuites judiciaires. Son président, Dominique Sopo, a publié un communiqué incendiaire, sur Facebook, où il évoque l’identité potentielle de la femme qui tenait la pancarte. Tout en comparant deux photographies, Dominique Sopo en arrive à la conclusion qu’il pourrait s’agir de Cassandre Fristot, une « ancienne candidate aux élections législatives pour le Rassemblement Bleu Marine à Sarrebourg et ancienne collaboratrice de Louis Aliot, vice-président du RN/FN et actuel maire de Perpignan ».

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Même si l’intéressée n’est plus adhérente au Rassemblement national, « il sera aisé de remarquer que maints antisémites et racistes ont une relation plus ou moins ténue avec ce parti », note encore le président de SOS Racisme qui a même qualifié de « salaud » tout manifestant qui « marche à côté d’une telle pancarte sans réagir ».

« Elle a été mon assistante pendant deux mois, a confirmé Louis Aliot auprès de l’Indépendant, quotidien basé à Perpignan. Le temps que je l’embauche et que je la débauche… C’était une fille présentée par l’équipe de Philippot dans l’Est. Ça ne m’étonne pas qu’on la retrouve là. Ces dingueries ne me font pas rire du tout… C’est honteux. »

Dans des termes moins virulents, Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants, a jugé un tel acte « consternant et révoltant ». Pour la ministre déléguée à l’Égalité, Élisabeth Moreno, « l’antisémitisme a tué hier et tue encore aujourd’hui. L’antisémitisme n’est pas une opinion. C’est un délit, qui doit être condamné systématiquement ». Enfin, l’ambassade d’Israël en France s’est dite « épouvantée d’une telle expression de la haine antisémite la plus abjecte ».

La manifestation de Metz a réuni, selon les autorités, 3 800 personnes. Dans la capitale, 17 000 ont pris part au rassemblement. À l’échelle nationale, les manifestants étaient officiellement 237 000, toujours selon les informations du ministère de l’Intérieur. Des chiffres en hausse pour ce quatrième samedi de manifestations contre le passe sanitaire et l’obligation vaccinale de certaines professions.

Pourtant, le mouvement ne jouit pas d’un appui très important de la population, comme c’était le cas pour les gilets jaunes. Selon une étude de Harris Interactive pour TF1/LCI parue fin juillet, si un Français sur deux comprend les revendications des manifestants, ils ne sont que 40 % à soutenir le mouvement.

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