Subscribe to Secularism is a Womens Issue

Secularism is a Women’s Issue

Accueil > fundamentalism / shrinking secular space > France : « Mais qui ? » : que signifie ce slogan antisémite écrit sur les (...)

France : « Mais qui ? » : que signifie ce slogan antisémite écrit sur les pancartes de manifestants anti-passe sanitaire ?

La manifestante jugée le 8 septembre pour « provocation à la haine raciale »

mardi 10 août 2021, par siawi3

Source : https://www.lefigaro.fr/actualite-france/mais-qui-que-signifie-ce-slogan-antisemite-ecrit-sur-les-pancartes-de-manifestants-anti-passe-sanitaire-20210809

« Mais qui ? » : que signifie ce slogan antisémite écrit sur les pancartes de manifestants anti-passe sanitaire ?

FOCUS - Une jeune femme qui brandissait une telle pancarte lors de la manifestation anti-passe sanitaire à Metz samedi dernier a été interpellée ce lundi 9 août.

Par Le Figaro

Publié le 9 août 21, il y a 7 heures, Mis à jour il y a 6 heures

Ce lundi matin, une jeune femme a été interpellée pour avoir brandi une pancarte avec marqué « Mais qui ? » en rouge lors de la manifestation contre le passe-sanitaire samedi 7 août dernier. La photo a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, suscitant l’indignation de la classe politique et médiatique du fait de son caractère jugé antisémite.

En effet, il est possible de lire à la suite de slogan « Mais qui ? » plusieurs noms de personnalités de la sphère politique et médiatique qualifiés de « traîtres » : « Fabius, Attali, Buzyn, Attal, Véran, BFM Drahi, Macron, Salomon, Sorhos, K. Schwab, BHL, Ferguson... » Que signifie réellement cette pancarte ? D’où vient ce slogan et pourquoi le qualifie-t-on d’antisémite ? Le Figaro fait le point.

D’où vient le slogan « Mais qui » ?

Ce slogan trouve vraisemblablement son origine dans une interview sur CNEWS du général à la retraite Dominique Delawarde - un des signataires de la tribune « des généraux ». Le 18 juin dernier, l’ancien général était interrogé par Claude Posternak, membre du bureau politique de LREM, également invité de l’émission. Ce dernier lui demandait « qui », selon lui, contrôlait « la meute médiatique ». Ce à quoi Dominique Delawarde avait répondu : « C’est la communauté que vous connaissez bien », sous-entendant la communauté juive.

Sur Twitter, la Licra, l’association SOS Racisme et l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) avaient dénoncé les propos de l’ancien militaire, qui aurait ainsi montré « son visage, raciste et antisémite ».

À VOIR AUSSI - Qui sont les anti-passe sanitaire ?

Comment ce slogan est-il arrivé dans les cortèges anti-passe sanitaire ?

À la suite de cette polémique, de nombreux comptes sur les réseaux sociaux ont commencé à reprendre cette vidéo sous le hashtag « #qui ». Des comptes radicaux ont ensuite commencé à publier de fausses infographies du paysage médiatique français mettant en scène les responsables « juifs » ou supposés juifs, comme l’a expliqué le journal Libération le 31 juillet dernier.

Conséquence dans la vie réelle, ces dernières semaines il a été possible d’observer quelques pancartes avec écrit « Qui ? » dans les mains de certains manifestants anti-passe sanitaire.

Pourquoi ce slogan est-il jugé antisémite ?

Le 24 juillet dernier, après une manifestation qui a réuni plus de 160.000 personnes dans toute la France, des manifestants ont été aperçus brandissant cette pancarte. Certains ont été interrogés par une chaîne YouTube d’extrême droite au Trocadéro à Paris, comme le rapporte le journal Libération . Ceux-là prononcent alors des clichés antisémites en tout genre, dénonçant des « empoisonneurs de puits » ou encore un « appât du gain ».

Devant la caméra, une jeune femme s’exprime : « Ils ont beaucoup de ressentiment par rapport aux blancs, ils ont un mauvais fond, ils nous considèrent comme des bêtes, c’est écrit dans le Talmud et ils veulent absolument nous métisser avec des [mot bipé] inférieurs intrinsèquement », poursuit la jeune femme. Et de scander : « Il aurait mieux valu qu’ils n’existent pas », relève le quotidien. Difficile de ne pas comprendre le sens de ces pancartes.

Réactions de la classe politique

Le ministre de l’Intérieur a tout de suite condamné la pancarte brandie à Metz, rappelant que l’antisémitisme est « un délit, en aucun cas une opinion ». Il a affirmé que ces « propos ne resteront pas impunis ».

L’ancien premier ministre Manuel Valls a rappelé qu’il fallait combattre « avec une fermeté implacable » l’antisémitisme, qui, selon lui, est souvent « annonciateur du pire ». Nathalie Loiseau, eurodéputée LREM, a demandé que toute la classe politique dénonce « sans attendre et sans calcul » : « Ceux qui se tairont, s’il y en a, signeront leur indignité. Il n’y a rien à comprendre, seulement à combattre cette haine immonde. » « Il y a chez ces manifestants un antisémitisme assumé. Odieux. Insupportable », a-t-elle écrit sur Twitter.

D’autres personnalités ont répondu, dont Bernard-Henri Lévy qui appelle à ce que « ceux qui, sincèrement, défendent les libertés ouvrent les yeux. Qu’ils cessent de grossir les rangs de factieux qui, plutôt que le vaccin, administreraient bien à la France une double dose de populisme et de haine. »

La Licra a quant à elle annoncé saisir sa commission juridique afin d’examiner si des poursuites pénales sont envisageables.

°°°

Source : https://www.leparisien.fr/faits-divers/pancarte-antisemite-lors-dun-rassemblement-anti-pass-sanitaire-cassandre-fristot-jugee-le-8-septembre-pour-provocation-a-la-haine-raciale-10-08-2021-PUEUXP6YF5B7XNGP6EZIWLQEGI.php

Pancarte antisémite : la manifestante Cassandre Fristot jugée le 8 septembre pour « provocation à la haine raciale »

Le parquet de Metz avait ouvert dimanche une enquête de flagrance sur cette « pancarte au message manifestement antisémite », selon la préfecture. Cassandre Fristot était en garde à vue depuis lundi.

L’image, qui a fait le tour des réseaux sociaux, a suscité de vives condamnations de la classe politique de tous bords. Stock

Par Le Parisien

Le 10 août 2021 à 17h10

On l’avait vue brandir une pancarte antisémite lors d’une manifestation contre le pass sanitaire à Metz. Cassandre Fristot, enseignante et ex-membre du Front national, sera jugée le 8 septembre pour « provocation à la haine raciale », a annoncé ce mardi le parquet de Metz. La jeune femme de 33 ans avait été interpellée lundi à Hombourg-Haut en Moselle. Son domicile avait également été perquisitionné dans la matinée.

La veille, le parquet de Metz avait ouvert une enquête de flagrance sur cette « pancarte au message manifestement antisémite », selon la préfecture. Les noms de plusieurs responsables politiques, hommes d’affaires et intellectuels, dont la plupart sont juifs, y étaient ciblés.

À lire aussi : Qui est Cassandre Fristot, la manifestante qui a brandi une pancarte antisémite à Metz ?

Elue d’opposition au conseil municipal de Hombourg-Haut de 2014 à 2020 et ex-candidate FN aux législatives de 2012, Cassandre Fristot avait été brièvement cheffe de cabinet en 2013 de Louis Aliot, alors vice-président du Front national (devenu RN), avant d’être remerciée et de quitter le parti. Confirmant son statut d’enseignante, le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé qu’elle sera « suspendue en attendant les suites disciplinaires ».

Un « magma populiste et antisémite »

La diffusion d’une photo de la pancarte, brandie fièrement par son auteure, a suscité un immense tollé dans la classe politique et les organisations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Francis Kalifat, avait indiqué avoir demandé à l’avocat de l’organisation de déposer plainte contre la jeune enseignante.

À lire aussi : Manifestations anti-pass sanitaire : le slogan « Qui ? », nouvelle marque de l’antisémitisme dans les milieux complotistes et extrémistes

De même, la Licra avait annoncé dès dimanche son intention de porter plainte et SOS Racisme a dit « étudier » la possibilité de poursuites judiciaires. Le maire de Metz, François Grosdidier (LR), s’est dit « outré, scandalisé, mais hélas pas surpris », dénonçant un « mélange de tous les refus dans une convergence des extrêmes et dans un magma populiste et antisémite ».