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Helen Joyce sur la dérive du mouvement transgenre

dimanche 15 août 2021, par siawi3

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Source : https://tradfem.wordpress.com/2021/08/12/interview-dhelen-joyce-par-brendan-oneill/

Interview d’Helen Joyce par Brendan O’Neill

12.08.21

Le mouvement transgenre devient de plus en plus dogmatique. L’affirmation selon laquelle « les transfemmes sont des femmes » s’affiche partout. Parallèlement, la menace que l’auto-déclaration du sexe fait peser sur les droits des femmes fondés sur le sexe est également devenue omniprésente. Aujourd’hui, des écrivain.e.s et penseur.e.s ont commencé à riposter. Helen Joyce est l’auteure de Trans : When Ideology Meets Reality (Onlyworld, 2021). Elle participe ici avec le rédacteur-en-chef de Spiked au plus récent épisode du Brendan O’Neill Show. Ce qui suit est un extrait abrégé de leur conversation. TRADFEM vous suggère d’écouter l’ensemble de cette fascinante conversation ici.

Brendan O’Neill : Parlons de votre livre. Il fait partie d’un mouvement intellectuel plus large contre les excès du transactivisme. Qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser à cette question et vous a fait penser qu’il était nécessaire d’en faire une critique ? Y a-t-il eu un moment où vous avez été poussée à bout ?

Helen Joyce : Il y a eu deux moments. Je fais une distinction très nette entre les personnes transgenres et le transactivisme. Je n’ai aucune objection à l’égard des personnes qui éprouvent des difficultés à vivre dans le monde en se présentant comme des membres de leur sexe. Toute société décente devrait essayer d’accueillir toutes sortes de personnes différentes.

Cependant, j’ai un énorme problème avec les revendications de vérité du transactivisme, à savoir que notre sexe biologique n’a pas d’importance ou n’est pas réel, et que nous devrions être autorisé.e.s à le remplacer. Cela me dérange depuis longtemps. Si vous abandonnez la réalité matérielle des corps sexués, en particulier des corps sexués des femmes, vous ne disposez d’aucune base pour défendre les espaces dédiés aux femmes.

Cette question m’a intéressée, mais elle ne m’a pas suffi à me pousser à la rédaction d’un livre. Ce qui m’a poussée à le faire, c’est la rencontre avec des personnes en processus de détransition. Il s’agit de personnes qui ont été trompées par cette idéologie en pensant qu’elles devaient transitionner pour être heureuses. On leur a dit qu’elles avaient cette âme intérieure bizarre, une âme du sexe opposé au leur, qui expliquait tout ce qui allait mal dans leur vie. Cela arrive souvent aux adolescentes de nos jours, car il est très difficile d’être une adolescente. Quelqu’un arrive et leur dit que la raison pour laquelle elles trouvent cela si difficile est qu’elles sont en réalité un garçon. Elles prennent de la testostérone, subissent une mastectomie et peut-être même une hystérectomie. Et puis elles réalisent que tout cela n’était qu’une chimère. Cela me semble être un scandale médical grotesque et un cas de maltraitance d’enfants. C’est ce qui m’a poussée à écrire ce livre.

Brendan O’Neill  : Je partage tout à fait votre désir de distinguer entre les personnes trans et le transactivisme. Ce sont des choses très différentes. La grande majorité des gens veulent que les trans puissent vivre librement, sans discrimination ni persécution, et qu’ils et elles connasissent autant de bonheur que possible. Mais il y a aussi le mouvement transgenriste, qui prétend parler au nom des personnes trans. Comme vous l’avez très bien expliqué (dans votre livre), ce mouvement défend souvent un programme qui va à l’encontre des droits des femmes et des intérêts des personnes transgenres elles-mêmes.

Le mouvement trans se présente comme le nouveau mouvement des droits civiques. Nous entendons souvent des gens dire que les personnes comme vous sont « du mauvais côté de l’histoire » – le genre de personnes qui auraient fait des reproches à Rosa Parks lorsqu’elle a refusé de céder sa place dans un autobus. Comment qualifieriez-vous ce mouvement ? Pourquoi pensez-vous qu’il est important que nous démêlions l’affirmation selon laquelle il s’agit d’un mouvement de droits civiques, et que nous l’identifions omme étant tout à fait autre chose ?

Helen Joyce : Les mouvements de droits civiques dénoncent les distinctions non fondées sur des différences réelles. Par exemple, il n’y a aucune raison de ne pas laisser les femmes voter, à part les préjugés. Il n’y a aucune raison pour l’esclavage, si ce n’est les préjugés. Un mouvement pour les droits civiques ne dirait pas que, par exemple, les petits enfants devraient avoir le droit de prendre le genre de décisions que prennent les adultes, parce que la distinction entre les enfants et les adultes est basée sur des différences réelles. Nous disons que les enfants de cinq ans ont besoin que leurs parents donnent leur consentement pour toutes sortes de choses, parce que les enfants ne sont pas identiques à des adultes.

De même, en ce qui concerne les hommes et les femmes, il existe des distinctions fondées sur des différences réelles. Homme et femme représentent vraiment des réalités différentes à bien des égards. Lorsqu’il s’agit du corps des femmes et de savoir qui tombe enceinte, qui est plus fort, qui commet la plupart des crimes violents et des délits sexuels, il est clair qu’il y a une différence. Donc, le transgenrisme exige que nous ignorions une distinction qui est fondée sur une différence.

Pourquoi devrions-nous nous en soucier ? Parce que nous sommes tous sexués. Nous sommes tous soit des hommes, soit des femmes. Si quelqu’un dit que cela n’a pas d’importance, il ne parle pas seulement des personnes transgenres. Il dit quelque chose à propos de nous toustes.

Brendan O’Neill : Je voudrais aborder la question des « droits des trans », une expression qui me pose problème. Bien sûr, si vous dites que vous avez un problème avec ce terme, les gens vont penser que vous voulez refuser des droits aux personnes trans. Mais je pense que les trans devraient avoir exactement les mêmes droits que tout le monde : le droit de vote, le droit à la liberté d’expression, le droit à la liberté de religion, etc. Mais le terme « droits des trans » est devenu problématique, car il signifie en fait autre chose. C’est presque devenu un mantra religieux : « les droits des trans sont des droits humains ». Nous sommes invités à accepter les droits des trans comme étant similaires aux droits des femmes et à d’autres droits qui ont joué un rôle important dans l’avancement de l’humanité au cours des dernières décennies. Mais une chose dont vous parlez dans votre travail est que l’idée des droits des trans est devenue complètement et totalement liée à l’auto-déclaration du sexe. En quoi est-ce un problème ?

Helen Joyce : Il existe des droits fondamentaux que tout être humain devrait avoir. Ce sont des choses comme la liberté d’expression et la liberté de ne pas être soumis à la violence de l’État. Il existe également des droits collectifs, comme les droits liés à la maternité, qui ne concernent que les femmes. En principe, il pourrait y avoir des droits des transgenres qui s’ajoutent aux droits de l’homme. On pourrait dire que si une personne ne s’identifie pas à son propre sexe, elle devrait avoir des droits spéciaux pour l’aider à jouer un rôle à part entière dans la société. Mais ce n’est pas ce qui se passe.

Au lieu de cela, tout tourne autour de l’auto-déclaration du sexe, c’est-à-dire de l’idée que nous avons tous une chose innée en nous, une sorte d’âme sexuée. Ce serait ce facteur, et non notre biologie, qui ferait de nous un homme ou une femme, ou peut-être quelque chose d’autre – non binaire ou fluide. Si c’est ce que vous croyez, vous allez devoir réorganiser les droits de toutes et chacun, car certains de nos droits sont fondés sur le sexe, comme le droit à un hébergemernt non mixte ou à des compétitions sportives dédiées à votre catégorie sexenon mixtes. Si vous réorganisez le monde pour que tout soit fait en fonction de ce que les gens disent être, vous enlevez des droits aux personnes qui veulent que ces activités reflètent leur corps sexué.

Traduction : TRADFEM

Helen Joyce s’est entretenue avec Brendan O’Neill dans le dernier épisode de la Brendan O’Neill Show. Écoutez l’intégralité de la conversation ici : https://www.spiked-online.com/2021/08/03/the-trans-movement-wants-to-take-away-womens-rights/

Vous pouvez acheter le livre d’Helen Joyce, Trans : When Ideology Meets Reality, auprès de l’éditeur Onlyworld Publications ou au https://www.amazon.co.uk/Trans-When-Ideology-Meets-Reality/dp/0861540492/