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Algérie : les incendies mortels révélateurs des violences du pays et des failles de l’État

dimanche 15 août 2021, par siawi3

Source : https://www.marianne.net/monde/afrique/algerie-les-incendies-mortels-revelateurs-des-violences-du-pays-et-des-failles-de-letat?utm_source=nl_quotidienne&utm_medium=email&utm_campaign=20210812&xtor=EPR-1&_ope=eyJndWlkIjoiZWU1YTU1MWQyNmQzMmYxMmE0MzMyZDY4NmJjYmFiMmUifQ%3D%3D

Algérie : les incendies mortels révélateurs des violences du pays et des failles de l’État

Désastre

Par Pierre Coudurier

Publié le 12/08/2021 à 15:32

Le pays subit de plein fouet l’expansion de gigantesques feux. Au moins 41 civils et 28 militaires sont morts. Dépourvu de flotte aérienne pour lutter contre les flammes, l’État accuse des pyromanes d’être à l’origine des incendies. Ce mercredi, une foule chauffée à blanc a lynché à mort un présumé criminel.

Végétation calcinée, bétail agonisant et villages assiégés : les feux sèment la désolation en Kabylie, à l’est d’Alger. En 2020 déjà 44 000 hectares de taillis étaient partis en fumée. Si le phénomène s’observe chaque année, celle-ci est particulièrement intense sur fond de réchauffement climatique planétaire. Au moins 69 personnes sont mortes dans le nord du pays, tandis que pompiers, militaires et volontaires tentent désespérément de lutter contre des dizaines de feux, avivés par la chaleur extrême. Mardi soir, le président Abdelmadjid Tebboune a rendu hommage aux soldats du feu.« C’est avec une grande tristesse que j’ai appris la mort en martyrs de 25 militaires [Le bilan est monté à 28 depuis, N.D.L.R.] après qu’ils aient réussi à secourir plus d’une centaine de citoyens des flammes, dans les montagnes de Bejaïa et Tizi-Ouzou », a écrit le chef de l’État algérien.

Pendant ce temps, le ministère de l’Intérieur qualifie de « criminelle » l’origine des foyers. « Cinquante départs de feu en même temps, c’est impossible. Ces incendies sont d’origine criminelle » a-t-il affirmé.
Lynché dans la cour du commissariat

Cette dialectique pourrait cependant répondre à un objectif : « détourner l’attention de la population », indique à Marianne, un observateur avisé de l’Algérie sous couvert d’anonymat. « L’Était fait cela pour camoufler son incapacité à constituer une flotte aérienne anti incendies. À la place, le gouvernement préfère acheter du matériel militaire très onéreux qui, même s’il demeure inutile, permet aux élites corrompues de récupérer de l’argent dans les appels d’offres » reprend-il.

Alors que le gouvernement incite à débusquer les pyromanes, la population de Larbaâ Nath Irathen sur les hauteurs de Tizi-Ouzou, a arrêté un individu qui aurait été surpris en train d’allumer un feu, rapporte le média TSA Algérie ce mercredi. Selon des sources locales, le pyromane présumé a été poursuivi par un groupe de jeunes qui l’a appréhendé et remis à la police. Une foule nombreuse aurait accompagné le fourgon de police jusque dans la cour du commissariat. L’homme s’est alors retrouvé entre les mains d’une foule qui l’a lynché à mort. La complicité de la police n’est pas à exclure. « La propagande du pouvoir chauffe à blanc la population » relève notre observateur.
L’aide de la France

Dans la nuit de mercredi à jeudi, de nombreux témoignages ont été diffusés sur les réseaux sociaux affirmant qu’il était venu de Miliana pour participer aux opérations de lutte contre les incendies. Aurait-il été injustement tué par une foule déchaînée ?

Pendant ce temps, la France a décidé d’aider l’Algérie dans sa lutte contre les flammes. Emmanuel Macron a annoncé mercredi l’envoi de Canadairs sur place dans un message Twitter. Le Maroc a fait de même.

À LIRE AUSSI : Algérie, Tunisie, Maroc : les islamistes prêts à reprendre le Maghreb

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Source : https://www.algeriepartplus.com/il-est-parti-en-kabylie-pour-preter-main-forte-aux-victimes-des-incendies-il-finit-lynche-en-public-et-brule-vif/

Il est parti en Kabylie pour prêter main forte aux victimes des incendies, il finit lynché en public et brûlé vif

redaction

12 août 2021

Son visage sera pour toujours le symbole de la folie algérienne, de la déraison nationale qui s’est emparée d’un pays désespérée qui voit le complot partout et recherche toujours des boucs émissaires. Ce visage est celui du jeune Djamel Bensmail, âgé de la trentaine, originaire de la ville de Miliana dans la wilaya d’Ain Defla. Cet artiste amoureux de la musique andalouse est un bénévole convaincu qui avait l’habitude participer à de nombreuses opérations de solidarité nationale lorsque son pays tant aimé était meurtri par des drames ou des sinistres naturels.

Amoureux également du dessin et des beaux-arts, Djamel Ben Smail a des liens familiaux avec Tizi-Ouzou et porte énormément la Kabylie dans son coeur. Lorsque les incendies ravageurs ont décimé cette wilaya et région qui la chérit depuis sa tendre enfance, Djamel a pris ses affaires pour accourir rapidement à l’aide de la population locale ébranlée par cette catastrophe tragique et son bilan très lourd en pertes humaines et matérielles.

Comme de nombreux autres algériens originaires des quatre coins du pays, Djamel s’est déplacé jusqu’à en Kabylie pour participer à des opérations de bénévolat et de solidarité dans le but de soulager les souffrances des sinistrées. Mais son destin basculera dans l’horreur absolue et le généreux Djamel sera confondu avec des pyromanes suspectés de déclencher des incendies criminels dans les forêts de cette Kabylie qu’il voulait d’abord et avant tout secourir. Ce mercredi 11 août, il a été appréhendé violemment sans aucune forme de procès équitable, sans que personne ne daigne écouter ses arguments, sa version des faits. Il a été remis aux policiers qui ont essayé de le transférer vers le commissariat central de la ville de Larbaâ Nath Irathen, la région dans laquelle il s’était déplacé pour prêter main forte aux bénévoles engagés dans la lutte contre les incendies.

L’artiste, le dessinateur ne sera jamais écouté, entendu et il n’aura droit à aucune audition. Une foule déchaînée, aveuglée par sa soif de vengeance, haineuse et revancharde l’arrache violemment aux policiers et le lynche sauvagement en public. Roué de coups, le jeune bénévole s’effondre, s’évanouit et perd connaissance. Il est ensuite lynché et finit… brûlé vif sous les yeux de ses policiers impuissants et incapables de le protéger. Djamel a été sacrifié par la bête immonde de la vengeance et de la folie collective qui transforme des sinistrés infortunés en barbares assoiffés de sang. Honteux !