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Afghanistan : TÉMOIGNAGES. « Ce n’est qu’une question de survie » : le désespoir s’empare des habitants de Kaboul

mardi 24 août 2021, par siawi3

Source : https://www.ouest-france.fr/monde/afghanistan/temoignages-ce-n-est-qu-une-question-de-survie-le-desespoir-s-empare-des-habitants-de-kaboul-2b97be26-fea3-11eb-b25b-e686c75688fc

MOIGNAGES. « Ce n’est qu’une question de survie » : le désespoir s’empare des habitants de Kaboul

Dans la capitale afghane, tombée dimanche entre les mains des talibans, la population oscillait, ce lundi, entre désespoir et abattement. Ceux qui tentent encore de s’échapper et ceux qui n’y croient plus.

Photo : Des personnes courent vers l’aéroport de Kaboul (Afghanistan), lundi 16 août. | REUTERS

Ouest-France

Eva MASSY et Isabelle HAUTEFEUILLE
avec la rédaction de Nantes.

Publié le 16/08/2021 à 20h57

Craignant la répression des extrémistes islamistes entrés dimanche dans la capitale, une partie de la population tente de quitter le pays par les airs. Mais les vols commerciaux ont été annulés. Ce lundi, quelques avions militaires continuaient d’atterrir et de décoller avant d’être suspendus à leur tour en raison de l’irruption sur le tarmac d’une foule d’Afghans.

Dans l’espoir de quitter le pays, des milliers de civils ont forcé l’entrée des rampes d’accès aux avions ou occupaient les pistes. « Nous avons peur de vivre dans cette ville et nous tentons de fuir Kaboul », a dit à l’AFP un jeune de 25 ans, qui préfère taire son nom. Les rumeurs vont bon train. « J’ai lu sur Facebook que le Canada accepte des demandeurs d’asile d’Afghanistan. J’espère que je serai l’un d’eux », a-t-il expliqué.

Dans le centre-ville, le calme est revenu, lundi. La veille, c’était le chaos. Des milliers d’habitants se ruaient sur les bus et les taxis pour fuir ou se cacher au plus vite. « Certains chauffeurs refusaient de nous prendre à bord, pour ne pas endosser la responsabilité de transporter des femmes », témoigne une étudiante, citée par le Guardian, sous couvert d’anonymat.

Des policiers avaient déserté les commissariats. Des commerçants arrachaient à la va-vite les affiches représentant des femmes sur les devantures de leurs magasins. D’autres habitants s’impatientaient devant les distributeurs de billets de banque pour préparer un éventuel départ.

« Les femmes sont terrorisées »

Zohal Rahimi (1), fille d’Afghans restés à Kaboul et qui vit à Metz, jointe par Ouest-France, s’inquiète : « Ma mère ne met plus un pied dehors. Quand mon frère de 24 ans est sorti acheter du pain, il a vu un policier se faire tuer par un taliban sous ses yeux. »

Les « femmes sont terrorisées, on le voit sur leurs visages », décrit l’étudiante anonyme au Guardian. Les insurgés patrouillent dans les rues, les gens rasent les murs.

Aisha Kurram, 22 ans, a passé la nuit de dimanche à lundi sans fermer l’œil. Terrorisée par le bruit des balles et des avions évacuant des étrangers, elle n’oubliera pas, témoigne-t-elle auprès de l’AFP, cette journée qui « a brisé nos âmes et nos esprits ».

Exilé en France, à Nantes, Obaidullah Haidary s’inquiète pour ses proches restés en Afghanistan :« J’ai dit à mon frère de se laisser pousser la barbe pour ne pas attirer l’attention. Je lui ai aussi conseillé de refaire les passeports et demandes de visa pour le Pakistan. »

« J’ai perdu mon pays et mes rêves »

Hier, les rares voitures qui circulaient dans Kaboul étaient arrêtées et contrôlées. Les insurgés sont accusés de nombreuses atrocités dans les provinces conquises depuis juin : exécutions en pleine rue, enlèvements de filles pour les marier de force… Les armes des civils ont été confisquées et des scènes de pillage ont eu lieu dans certains quartiers de la capitale.

« J’ai perdu ma maison, mes affaires, mon pays et mes rêves », déplore une habitante de Kaboul, dans des enregistrements vocaux diffusés par le New York Times. Elle devait quitter le pays en hélicoptère, mais le vol a été annulé au dernier moment. « Maintenant, il ne s’agit plus que d’une question de survie », dit-elle, la voix tremblante. « C’est tellement désespérant d’assister à la mort de mon pays. Pendant ce temps, le monde nous regarde et personne ne fait rien. »