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SPÉCIAL SOLIDARITÉ FEMMES AFGHANES

dimanche 5 septembre 2021, par siawi3

Source : Le Courrier de la Marche Mondiale des Femmes contre les Violences et la Pauvreté- N° 392–3 septembre 2021

Bonjour, voici quelques textes, rendez-vous et communiqués concernant les droits des femmes, en espérant qu’ils vous seront utiles. Ceci est un bulletin de collecte d’informations, ce qui veut dire que nous ne sommes pas obligatoirement d’accord avec tout ce qui est écrit (sauf pour les communiqués signés Marche mondiale des Femmes).
Faites passer à vos réseaux et ami-es.
Blog : http://marchemondialedesfemmesfrance.org/
Facebook ; www.facebook.com/marchemondialedesfemmes2015


SPÉCIAL SOLIDARITÉ FEMMES AFGHANES

SOMMAIRE

1 -Informations utiles – Gisti–
2 -Faire un don à Afghanistan libre–
3-Déclaration féministe de soutien aux femmes afghanes–
4 -Pétition : Pour que la France accueille les défenseuses des droits des femmes afghanes–
4-Mardi de la CLEF : « Afghanes, sœurs de sang »- 7 septembre–
5 -Appel de Negar : Soutien aux femmes d’Afghanistan–
6 -Les Afghanes et l’introuvable diplomatie féministe–
7 -Solidarité féministe internationale avec les femmes et le peuple d’Afghanistan : Non aux talibans Non aux impérialistes !–Marche Mondiale des Femmes–
8 -Femmes afghanes, ne vous résignez jamais– Femmes Solidaires–
9 -Pour un accueil immédiat et inconditionnel de la France des femmes et minorités de genre afghanes– Planning Famillial–
10 -Droits des femmes en Afghanistan, chronique d’une mort annoncée– Osez le féminisme !
11 -Pour l’ouverture de voies légales d’accès pour la protection des Afghan·e·s– Cimade–
12 -« Pas d’autre choix que d’offrir l’asile sans conditions »–Tribune collective -leparisien.fr
13 -Rassemblement en « solidarité avec les femmes afghanes » à Paris- AFP
14 -Rassemblement en « solidarité avec les femmes afghanes » à Paris- afp – La Croix–

°

1 -Informations utiles – Gisti–
Cette page est destinée à fournir une base d’informations utiles aux Afghanes et aux Afghans qui souhaitent trouver asile en France ou permettre à leur famille de les y rejoindre.Elle est donc conçue à destination de ces personnes mais aussi des proches et militants qui leur viennent en aide.

2 -Faire un don à Afghanistan libre : https://www.helloasso.com/associations/afghanistan-libre/formulaires/1

3-Déclaration féministe de soutien aux femmes afghanes : https://www.youtube.com/watch?v=I3AMs0YiKjA

4 -Pétition : Pour que la France accueille les défenseuses des droits des femmes afghanes

Pourvoir Féministe a lancé cette pétition adressée à Emmanuel Macron (Président de la République française.)A Emmanuel Macron, président de la République française, chef de la diplomatie.

Monsieur le président,Avec la victoire des Talibans en Afghanistan, la vie des activistes qui ont tenté d’améliorer les conditions de vie des femmes, des filles et des minorités est particulièrement menacée.
Qu’adviendra-t-il des Mary Akrami, des Suraya Pakzad et de toutes celles qui, comme elles, œuvrent pour les droits des femmes et des filles en Afghanistan ?Devront-elles subir le sort de Sitara Achakzaï et de toutes celles que les Talibans ont exécutées car elles avaient eu l’audace d’ouvrir des écoles ou de s’élever contre les viols conjugaux ?Qu’elles soient militantes féministes, juges, journalistes, toutes disent craindre particulièrement pour leur vie, convaincues que les Talibans n’hésiteront pas à les exécuter si elles étaient rattrapées.
Dans un communiqué en date du 15 août, le ministre des affaires étrangères s’est engagé à assurer la protection des « personnalités de la société civile afghane, défenseurs des droits, artistes et journalistes particulièrement menacés ». Comment expliquer que le mot « femmes » n’apparaisse pas une seule fois dans ce texte ? Femmes et enfants représentent pourtant d’après l’ONU 80% des personnes fuyant l’avancée des talibans. Ce sont elles que les talibans vont marier de force, elles qu’ils vont priver de scolarité, elles qu’ils vont punir d’avoir voulu y accéder.
En 2017, vous annonciez consacrer votre mandat aux droits des femmes, et faire de cette cause “la grande cause” de votre quinquennat. Depuis, nous, représentantes d’associations et collectifs féministes, n’avons eu de cesse de réclamer que vous vous rendiez digne de cette promesse. Nous nous adressons aujourd’hui à vous non plus en tant qu’associatives, mais en tant que citoyennes, de France ou du monde. Non plus pour réclamer. Mais pour exiger. Exiger de vous des mesures d’urgence dignes d’un chef d’une diplomatie véritablement féministe.Organisez l’accueil en France des défenseuses et défenseurs afghans des droits humains. Organisez l’accueil des femmes et minorités de genre qui souhaiteront trouver en France un refuge. Et organisez-le sans plus attendre.
https://www.change.org/p/emmanuel-macron-pour-que-la-france-accueille-les-d%C3%A9fenseuses-des-droits-des-femmes-afghanes?fbclid=IwAR2di3LeNkBQzZm2kDRWLH7JMi1oHvFdEDPsdJY80Q3Tepm0o0KI9aHewS

4-1 -Mardi de la CLEF : « Afghanes, sœurs de sang »- 7 septembre
Après une trêve estivale, les Mardi de la CLEF sont de retour ! La CLEF et ses 80 associations membres poursuivent leur mobilisation de soutien aux afghanes dont les droits sont gravement menacés.
Plusieurs collectifs et associations féministes seront partenaires, car « plus nous serons nombreuses plus nous avons des chances d’être entendues au-delà de nos cercles habituels et d’apporter une aide efficace à nos sœurs afghanes ».
Le programme ainsi que les modalités d’inscription seront communiqués prochainement. A suivre sur les réseaux sociaux de la CLEF.Mardi 7 septembre, 18h – 20h, Cité Audacieuse, 9 rue de Vaugirard 75006 Paris.

5 -Appel de Negar : Soutien aux femmes d’Afghanistan

Le bureau et la présidente de NEGAR, Shoukria Haidar, appellent solennellement les activistes féministes de France, d’Europe, d’Asie, d’Amérique et d’Australie, mais aussi tous et toutes les défenseurs et défenseuses des droits humains, à la mobilisation au secours de l’Afghanistan et de ses populations les plus menacées, les femmes et les enfants.

Vous qui, depuis 1996, après la prise de Kaboul par les talibans, avez soutenu le combat et l’action de notre association en faveur des droits des femmes en Afghanistan, totalement supprimés par les décrets officiels de ce régime,

Vous qui dès le début, dans l’indifférence des médias, avez accordé foi à la dénonciation par Shoukria HAIDAR du régime barbare des talibans qui s’installait à Kaboul,

Vous qui avez participé aux combats et aux actions d’éducation et de formation menés par NEGAR en France, en Europe, à l’international et en Afghanistan, entre autres :- La Conférence de Dushambé (2000) et l’élaboration de la Charte des droits fondamentaux de la femme afghane, reprise officiellement par la suite, en 2004, dans l’article 22 de la Constitution d’ Afghanistan qui exprime l’égalité des droits des femmes et des hommes ;- L’organisation des classes clandestines à Kaboul (1997-2001) sous le régime taliban ;- Le parrainage des jeunes filles et des jeunes femmes qui se poursuit aujourd’hui,Vous qui nous avez encore accompagnées en 2010, lors de la Conférence de Londres organisée à l’initiative de l’Angleterre et de M. Karzaï, avec l’accord des Américains, invitant les représentants de haut niveau de 70 pays, lançant officiellement le processus de paix avec les groupes terroristes talibans (des milices pakistanaises), et donnant de cette manière une représentation officielle internationale à ce groupe barbare.

C’était là le début de la situation que nous vivons aujourd’hui : bureau officiel au Qatar, rencontres officielles avec différents États, avec les Nations Unies, et l’apogée, en 2020, les accords de paix américains – talibans, puis, aujourd’hui, la fuite des Américains soi-disant devant les talibans.

Nous avons à nouveau besoin de compter sur vous.

Aujourd’hui, la dégradation de la situation depuis le retrait des troupes américaines, accompli à 90% et qui devrait se terminer fin août – ce que la représentante des Nations Unies à Kaboul qualifie d’« onde sismique » - est terrifiante. Rien ne semble arrêter la marche des milices pakistanaises « talibans terroristes » qui se sont déjà emparés de 5 des 34 capitales provinciales, tant dans le nord que dans le sud du pays, semant la terreur, tentant d’effrayer par des actions sauvages -décapitations, massacres de masse, destructions et incendies de bâtiments publics, de maisons privées et de bazars, mariages forcés de jeunes filles avec des miliciens (auxquels on les avait promises au Pakistan pour qu’ils viennent combattre en Afghanistan, comme on leur avait promis le pillage des biens publics et privés).

Les femmes afghanes sont une nouvelle fois en péril, menacées de perdre leurs libertés, comme durant les années de plomb (1996 - 2001).Déjà des directives talibanes dans les zones qu’ils contrôlent, interdisent aux femmes de sortir de leur maison sans être accompagnées d’un homme membre de leur famille, ordonnant aux communautés de fournir la liste des jeunes filles de plus de quinze ans et des veuves de moins de 45 ans, pour « récompenser les combattants », par de soi-disant « mariages forcés » pour qu’ils viennent combattre en Afghanistan.

Tout ceci se passe sous le regard des États-Unis qui, dans leurs accords de paix avec les talibans, ne cessent de répéter que les talibans ne doivent pas toucher aux intérêts des Américains, ni à ceux de leurs alliés et de leurs amis. Et donc l’Afghanistan et les femmes afghanes ne sont ni du nombre de leurs alliés ni de leurs amis ; ils ne figurent pas non plus dans les intérêts des valeurs des Américains ?

C’est ainsi qu’avance la situation en Afghanistan avec la décision unilatérale de retrait des Etats-Unis, sans qu’une situation convenable pour l’Afghanistan ait été trouvée.

Les femmes afghanes après la chute des talibans en 2001 ont retrouvé leurs droits et leur vie habituelle. Durant ces 20 dernières années, elles ont travaillé d’arrache-pied, développant leurs droits dans tous les domaines, elles ont gagné des espaces de plus en plus significatifs (éducatif, politique, social, sportif, associatif...).

Dans cette situation terrible, la jeunesse, filles et garçons, prend les armes pour se défendre, défendre son pays, défendre ses droits. Avec quels moyens ? Que va-t-il advenir d’eux ? Aujourd’hui, la presse et les médias occidentaux nous tiennent au courant jour après jour - et merci aux journalistes - de l’épouvantable situation locale : outre les exactions des talibans, les assassinats, et la 3è vague du COVID-19.

Que va devenir l’Afghanistan ? Qui viendra en aide à l’Afghanistan ?

Nous lancerons prochainement une mobilisation des ami.es de NEGAR et nous espérons pouvoir compter sur vous toutes et tous et sur le réseau d’amitié qui lie entre elles et eux, partout dans le monde, les féministes. N’hésitez pas à prendre contact avec nous. Nous comptons sur vous !

Shoukria Haïdar et le bureau de NEGAR-Soutien aux femmes d’Afghanistan

Site : https://www.negar-afghanwomen.org/2/
Contacts : negarafghanwomen yahoo.fr
genevieve.couraud wanadoo.fr
sh.haidar yahoo.com

6 -Les Afghanes et l’introuvable diplomatie féministe

Depuis que les talibans ont repris Kaboul, les féministes s’activent pour aider les Afghanes persécutées. Et les antiféministes de service s’activent pour les décrédibiliser.
Les féministes sont en boucle sur le sujet : comment aider les Afghanes dont la vie sociale va s’arrêter, quand ce n’est pas la vie tout court ? La condition des femmes avait progressé après la chute du régime Taliban qui avait duré cinq « années de plomb » il y a 20 ans. Mais depuis que ces fondamentalistes musulmans ont repris Kaboul le 15 août, elles sont en danger. « C’est la charia, un point c’est tout » a annoncé à l’agence Reuters l’un des cadres du mouvement, Waheedullah Hashimi en dépit de quelques déclarations se voulant plus légères.
La presse relaie les signaux de détresse envoyés par les Afghanes : des signes noirs sur les maisons dans lesquelles vivent des femmes journalistes ou militantes des droits des femmes, la maire d’une ville proche de Kaboul disant « Je sais qu’ils vont me tuer. Je vais m’asseoir et attendre qu’ils viennent. Je ne peux pas abandonner ma famille », une femme juge affirmant qu’elle allait être exécutée, des femmes journalistes renvoyées de la télévision nationale afghane, des affiches et photos de femmes couvertes de peinture dans les rues de Kaboul... Et la liste macabre de tout ce qui sera désormais interdit et imposé aux femmes -Burqa obligatoire, interdiction de sortir sans être accompagnée d’un homme, interdiction d’étudier, de travailler, mariages forcés, lapidation en cas d’adultère...- est déroulée à l’envi par des talibans bien décidés à faire régner la terreur...

Que pouvons-nous faire ? En appeler à la diplomatie féministe annoncée avec de grands effets de manche lors des derniers sommets internationaux ? En France, une première déclaration du président de la République a jeté un froid. Emmanuel Macron semblait davantage préoccupé par le souci de « nous protéger contre des flux migratoires irréguliers » que par le sort de la population Afghane menacée. Même si « en même temps », le président a précisé que la France « n’oubliera pas son devoir de protection des personnes en danger », sa posture en forme d’œillade aux électeurs d’extrême droite a paru déplacée. Quelques jours plus tard, le ministre des affaires étrangères semblait accorder du crédit aux talibans parlant de constituer un « gouvernement inclusif. »

« Les femmes afghanes sont une nouvelle fois en péril » : Alors les pétitions et appels se sont multipliés. Sans attendre le 15 août, l’association féministe, Negar demandait de l’aide « pour les femmes d’Afghanistan » à celles et ceux qui les soutiennent depuis 1996. « Les femmes afghanes sont une nouvelle fois en péril, menacées de perdre leurs libertés, comme durant les années de plomb (1996 – 2001). » alertait l’association présidée par Shoukria Haïdar et dont Geneviève Couraud est secrétaire générale.
L’association Pourvoir féministe a aussi lancé une pétition « Pour que la France accueille les défenseuses des droits des femmes afghanes ». Pétition qui a été très largement signée. Elle déplore l’absence d’engagement féministe du gouvernement : « dans un communiqué en date du 15 août, le ministre des affaires étrangères s’est engagé à assurer la protection des ‘personnalités de la société civile afghane, défenseurs des droits, artistes et journalistes particulièrement menacés’.
Comment expliquer que le mot « femmes » n’apparaisse pas une seule fois dans ce texte ? Femmes et enfants représentent pourtant, d’après l’ONU, 80% des personnes fuyant l’avancée des talibans. Ce sont elles que les talibans vont marier de force, elles qu’ils vont priver de scolarité, elles qu’ils vont punir d’avoir voulu y accéder » s’interroge la pétition. Quelques jours après, Pouvoir féministe annonçait avoir réussi à accueillir trois femmes et une fillette et soulignait le « travail remarquable » de l’ambassade de France qui « nous honore tous et toutes. »
Un autre appel très remarqué d’artistes et femmes politiques françaises, publié dans le Parisien,réclame un « accueil inconditionnel des femmes afghanes »
Au-delà de ces pétitions comment aider les femmes afghanes ? En allant prêter main forte aux associations qui les ont lancées, en faisant des dons, et en aidant à l’accueil de ces réfugié.es. France Inter a recensé ces associations et les organismes qui peuvent mettre les réfugié.es à l’abri chez des personnes pouvant les héberger.
Et pendant que les militantes s’activent, quelques tristes sires tentent de faire parler d’eux en accablant les féministes. Ils minimisent ainsi le combat pour une vraie diplomatie féministe. Les combats pour aider les femmes opprimées partout dans le monde sont infiniment moins médiatisés que les polémiques montées à coup de procès d’intention. Ce qui entache l’image du féminisme et éloigne la possibilité d’une diplomatie féministe.
La journaliste du très droitier quotidien l’Opinion Emmanuelle Ducros a posté, dès le 15 août : « Quand je vois ce qui se passe à #Kaboul, je me demande ce que ça provoque chez nos intersectionnels. Une prise de conscience ou l’envie d’un communiqué en écriture inclusive pour suggérer aux opprimé.e.s de se réjouir de ce moment décolonial ? » Comme elle, un autre journaliste, Brice Teinturier, se trouve très spirituel en postant une photo d’une rue déserte de Paris avec cette mention : « Les femmes afghanes, retombées sous la coupe des islamistes talibans, remercient les féministes intersectionnelles pour la grande manifestation de solidarité, organisée à Paris afin de les soutenir dans leur lutte pour l’égalité des droits. »
L’historien Jean Garrigues joue la désinformation : « On attend en vain les manifestations de soutien des #EELV , #LFI, #PS, @alicecoffin et autres #feministes en faveur des #FemmesAfghanes »
Et Geneviève Couraud (Negar) remet les idées en place : « Pardon ? Et vous M. Garrigues où étiez-vous en 97, 98, 99 quand nous recueillions des fonds pour les classes clandestines, et toutes les années qui ont suivi ? Les féministes étaient bien là, massivement présentes. Et elles sont toujours présentes aux côtés de leurs amies afghanes. » Mais les conservateurs ignorent ces batailles et préfèrent taper sur les féministes ...Comme l’a fait remarquer un enseignant chercheur, Flavien B, sur twitter le 16 août : « ça fait une semaine que je vois les féministes parler et interpeller sur la situation en Afghanistan. ça fait 2 jours que je vois la droite reprocher aux féministes de ne rien dire. ? »
La sénatrice Laurence Rossignol, ex-ministre en charge des Droits des femmes a fait une mise au point sur twitter : « Je rappelle aux crétin.e.s qui profitent de la victoire des talibans pour déverser leur aigreur antiféministe, que les féministes n’ont pas d’Etat, pas d’armée, pas d’argent. Et que nous ne les avons pas attendus pour mettre en place des réseaux de solidarité avec les Afghanes. »

7 -Solidarité féministe internationale avec les femmes et le peuple d’Afghanistan : Non aux talibans Non aux impérialistes !–Marche Mondiale des Femmes

Nous, femmes de la Marche Mondiale des Femmes, mouvement féministe, internationaliste et anticapitaliste, nous solidarisons et nous faisons écho de nos voix en rejetant la situation que vivent les peuples et les femmes d’Afghanistan.Nous compatissons avec nos sœurs afghanes qui voient aujourd’hui leur vie encore plus menacée par l’incertitude et la violence perpétrées par des États et des groupes fondamentalistes comme les Talibans. Après avoir financé des groupes comme les talibans pour leurs propres intérêts en occupant le territoire au cours des 20 dernières années, les États-Unis évacuent le pays sans tenir compte de la sécurité et de la vie du peuple afghan, qui est au bord de la guerre civile.
Tous les derniers présidents des États-Unis, depuis George W. Bush, qui a commencé l’occupation de l’Afghanistan par des mensonges, jusqu’à Biden, méritent de répondre de leurs crimes devant un tribunal international. La destruction qu’ils ont créée est incommensurable, elle montre que pour l’impérialisme les peuples et nos modes de vie de nos territoires sont superflus.Nous savons que, pendant des décennies, le pays a été le théâtre d’innombrables guerres et luttes de pouvoir et qu’il est aujourd’hui évident qu’il a été l’objet d’une nouvelle manipulation. En 2001, juste après les attentats de Washington, la MMM a souligné les contradictions des positions de pays interventionnistes comme les États-Unis concernant le discours de « lutte contre le terrorisme ». Ce qui se passe aujourd’hui en Afghanistan est le reflet de ces hypocrisies.
Nous, les femmes, réaffirmons notre opposition à toutes les formes de violence et d’actes terroristes commis dans le monde, y compris les pratiques de pays tels que les guerres dites humanitaires ou de faible intensité, leurs attaques contre la démocratie et la souveraineté des peuples, les blocus économiques, les occupations colonialistes, les politiques sionistes, l’oppression raciste et patriarcale.Nous savons par expérience que les femmes et les filles sont les premières victimes, avec les populations pauvres et les communautés racialisées, de tout conflit armé. Nous avons subi les conséquences des interventions militaires des forces de l’OTAN et maintenant, le retrait irresponsable des troupes américaines montre que le peuple afghan vit dans une terrible pauvreté.
Il n’y a jamais eu de véritable intérêt à défendre la démocratie et les droits de l’homme, mais l’intérêt politique et économique d’utiliser des pays comme l’Afghanistan comme outils pour mettre en œuvre leurs intérêts, en finançant des groupes extrémistes et fondamentalistes.En 2000, nous nous sommes adressés aux instances internationales pour dénoncer les multiples violations que ces conflits provoquent dans la vie des femmes et des peuples, en identifiant les responsables et leurs véritables intérêts. Des intérêts bien articulés depuis le capitalisme colonialiste et patriarcal pratiqué par les sociétés transnationales, l’industrie de l’armement, les gouvernements corrompus et autoritaires, les secteurs religieux fondamentalistes et le crime organisé.
Nous, femmes de la Marche Mondiale, dénonçons la violence et les injustices auxquelles sont confrontées aujourd’hui les femmes d’Afghanistan et du monde à cause de ces conflits : nous exigeons le respect de nos corps et territoires ! Assez de porter les conflits du monde sur nos épaules.
Nous exigeons une plus grande responsabilisation de l’ensemble des gouvernements, y compris dans le sens d’éviter toute intervention militaire après la crise actuelle, de mettre fin à toutes les agressions ou occupations militaires en cours, garantir le droit d’asile et garantir le droit des réfugiés de retourner dans leur pays d’origine.
Nous exigeons également l’interdiction de la production et de la vente d’armes et exigeons des États qu’ils adoptent des politiques de désarmement dans le domaine des armes classiques, nucléaires et biologiques.

Nous élevons notre voix dans cet appel à la construction d’une société pour la défense de la vie et de la solidarité. Assez d’oppression et de répression à l’égard des femmes afghanes, nous exigeons le rétablissement des droits de l’homme minimaux visant à la participation et au développement de leur vie avec le peuple afghan.
Nous continuerons à marcher jusqu’à ce que nous soyons toutes libres !

Marche Mondiale des Femmes Août 2021

8 -Femmes afghanes, ne vous résignez jamais– Femmes Solidaires

Femmes solidaires, mouvement féministe et laïque d’éducation populaire, a toujours été, de tous les temps, aux côtés des femmes de la planète qui se battent pour leurs droits fondamentaux et donc pour tous les droits humains.

Ainsi dans la fin des années 90, aux côtés de notre amie Shoukria Haidar, Présidente de l’association NEGAR-Soutien aux femmes d’Afghanistan, nous organisions la tenue de classes clandestines alors que les Talibans privaient les femmes et les fillettes de toute instruction. Nous sommes fières d’avoir participé à créer une génération de femmes qui ont eu accès à l’emploi durant ces vingt dernières années. Nous avons continué à travailler et lutter avec les femmes afghanes notamment lors de la création du Réseau international féministe et laïque dont Shoukria Haidar est une des cofondatrices.
Aujourd’hui, vingt ans après la chute des Talibans, leur retour à Kaboul et dans la majeure partie du pays plongent les femmes solidaires dans une grande tristesse, mêlée d’effroi et de colère. Comment pouvons-nous assister à un tel retour en arrière ?
Au lendemain de l’intervention d’Emmanuel Macron, nous souhaitons interpeller le Président de la République et exprimer notre colère quant aux positions prises par et pour notre pays.
Quelle diplomatie féministe ? : Quelques semaines après le Forum Génération Egalité, il est amer de constater que la France adopte une posture comptable et parle de « se protéger des flux migratoires » quand on connaît les atrocités qui attendent les femmes et les enfants afghan.e.s. La France se félicitait de conduire une diplomatie féministe qui pourrait faire une vraie différence pour les droits des femmes. Que reste-t-il de cet engagement ? Va-t-on trier, sauver une poignée de personnes et tant pis pour les autres ? Nous demandons l’accueil de toutes les femmes, des activistes, des défenseur.e.s des droits humains et de ceux et celles qui ont participé à la construction de la vie démocratique afghane et que nous n’avons pas su protéger. Notre dette est immense.
Les Talibans sont-ils vraiment légitimes aux yeux de la France ? : Les Talibans n’ont pas changé. Ils vont asservir, torturer, violer des femmes et des enfants. Ils l’ont déjà fait. Ils peuvent se présenter comme des modérés sur le champ de la diplomatie mais, sur le terrain, les crimes ont déjà commencé. Ils enlèveront des enfants de douze ans pour servir “d’épouse” à leurs soldats. La France est un des pays les plus riches au monde, bénéficiant d’un réseau diplomatique et d’infrastructures lui permettant de coordonner une action de solidarité beaucoup plus massive que le discours choquant d’Emmanuel Macron ne laisse à comprendre. N’organisons pas le rejet des Afghan.e.s mais leur accueil dans la dignité et la sécurité pour tous et toutes. Le président doit être clair, la France ne peut reconnaître les Talibans comme légitimes à l’échelle internationale.
L’OTAN peut-elle encore être crédible ? Nous, femmes féministes et pacifistes, demandons des comptes à notre gouvernement sur l’OTAN qui, une fois de plus, montre qu’elle n’est qu’une machine de guerre. Un débat parlementaire doit s’ouvrir sur cette question. Cette organisation qui plie sous le poids des USA et ne sert qu’aux intérêts des plus riches et des forts, doit être dissoute pour revenir à des relations internationales basées sur le respect des peuples et des engagements. De ce point de vue, le discours de Joe Biden est intolérable, avouant aux yeux du monde avoir donné les clés de l’Afghanistan aux Talibans pour protéger l’Amérique et ses intérêts à travers le monde. Ainsi les femmes, les enfants et le peuple afghans ne pèsent pas lourd dans les choix du président américain. La France doit être leader d’une nouvelle diplomatie.
Dans ce contexte douloureux pour les femmes afghanes, Femmes solidaires reste mobilisée. Dans les semaines, les mois qui viennent, nous allons nous mobiliser pour peser sur la diplomatie française et créer à nouveau une chaîne de solidarité envers les femmes afghanes. Ce combat n’est pas seulement celui des femmes afghanes, c’est un combat de toutes les femmes de la planète car quand les droits des unes reculent ce sont nos droits à toutes qui sont en péril.
Comme l’aurait crié Gisèle Halimi à nos sœurs afghanes, « Ne vous résignez jamais ! » Nous sommes là, nous sommes à vos côtés, nous ne vous oublions pas.

9 -Pour un accueil immédiat et inconditionnel de la France des femmes et minorités de genre afghanes– Planning Famillial

Alors que les talibans se sont emparés du pouvoir en Afghanistan, des milliers de personnes tentent désespérément de fuir le pays. Le Planning Familial s’inquiète et alerte sur les risques de détérioration drastiques des conditions de vie des femmes et des personnes LGBTQI+ dans le pays.Selon l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, 80% des personnes déplacées à l’intérieur du pays depuis la fin du mois de mai sont des femmes et des enfants. Celles-ci sont également particulièrement touchées par les violences et la misère.
Durant les années de plomb (1996 – 2001), période pendant laquelle les talibans dirigeaient l’Afghanistan, les femmes n’avaient pas le droit de s’instruire, de sortir dans les espaces publics sans la présence d’un homme et étaient victimes de violences sexistes et sexuelles telles que la lapidation et le mariage forcé.
Aujourd’hui leurs vies se retrouvent de nouveau en danger et leurs droits, menacés. Un gouvernement “taliban inclusif et représentatif” (pour reprendre les propos de Monsieur Jean-Yves Le Drian), ne saurait suffire à garantir la santé et la sécurité des femmes et des minorités de genre afghanes, ni à garantir au bon fonctionnement démocratique de ce gouvernement.
Depuis le début du conflit, dans les provinces déjà administrées par le groupe islamique, des directives talibanes ont été données pour fermer des écoles, interdire aux femmes de sortir de leur maison sans être accompagnées d’un homme, et ordonner aux communautés de fournir la liste des jeunes filles de plus de quinze ans et des veuves de moins de 45 ans, pour « récompenser » les combattants, selon l’appel de l’association Negar.
Face aux dangers réels et imminents qui pèsent sur ces populations, la France doit apporter des réponses urgentes et concrètes et s’engager à accueillir et protéger toute personne qui fuit l’Afghanistan, notamment les femmes, les filles, les personnes LGBTQI+ et défenseur.ses des droits, conformément à ses engagements internationaux relatifs aux droits humains fondamentaux, au droit d’asile et à sa diplomatie féministe. Cela implique d’assurer une sortie sécurisée du pays, d’accélérer les procédures de visas, d’assurer que ces personnes soient relogées et réinstallées et d’interrompre toutes les expulsions et les renvois forcés vers le pays. De plus, il est nécessaire d’apporter un soutien aux associations et ONG qui sont mobilisées sur l’accueil des réfugié.e.s de ce pays. La France doit donc impulser une politique d’accueil digne de ces personnes au sein de l’Europe et y prendre toute sa part !

10 -Droits des femmes en Afghanistan, chronique d’une mort annoncée– Osez le féminisme !

Le triste bilan des années au cours desquelles les Talibans ont été au pouvoir en Afghanistan est bien connu : de 1996 à 2001, l’horreur le disputait à l’insoutenable, lorsqu’ayant imposé la charia (loi religieuse respectant à la lettre l’islam rigoriste), les Talibans ont interdit aux femmes l‘accès à l’éducation et à l’emploi. Il fût imposé aux femmes d’Afghanistan de porter la burqa (voile intégral disposant d’un grillage pour masquer les yeux) et de ne se déplacer hors de leur domicile qu’avec un homme de leur famille.
Le non-respect de ces règles était sanctionné par le fouet voire l’amputation d’un membre. Celles qui étaient jugées adultères par le régime étaient lapidées, c’est-à-dire qu’elles étaient enterrées jusqu’au cou puis étaient tuées à coups de pierre à la tête.
Depuis leur retour au pouvoir, les Talibans se veulent rassurants et multiplient les promesses de respect des droits humains. Cette stratégie pour être mieux acceptée sur la scène internationale semble faire le jeu de l’Union Européenne qui s’en saisit pour se dédouaner de sa responsabilité de solidarité envers le peuple, et surtout les femmes d’Afghanistan. Tout est prétexte à éviter les “flux migratoires incontrôlés” dont parle le Président Emmanuel Macron.
Or, en Afghanistan, la situation est grave. Depuis le début de l’année, le nombre de décès de civils a augmenté de 50%. Loin des discours consensuels destinés à rassurer l’opinion internationale, les Talibans mettent déjà en œuvre leur projet mortifère : faisant du porte à porte, ils constituent des listes de femmes et de filles de 12 à 45 ans à marier de force avec des islamistes. Les femmes ne peuvent déjà plus circuler hors de chez elles sans être accompagnées d’un homme de leur famille. Elles se voient également interdire de travailler ou de poursuivre leurs études et imposer leur tenue vestimentaire
Osez Le Féminisme affirme toute sa solidarité aux femmes afghanes et rappelle que La France a ratifié la convention relative au statut des réfugiés dite « de Genève » (3), selon celle-ci, peut être considérée comme réfugiée toute personne « Qui (...) craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays. » (4). Toutes les filles et les femmes sont particulièrement en danger à l’heure actuelle en Afghanistan du fait de leur sexe.
Comme en Afghanistan, il existe aujourd’hui de nombreux pays où les femmes sont persécutées parce qu’elles sont femmes. L’asile du fait de leur appartenance à un groupe social opprimé doit être généralisé.
L’opinion internationale doit cesser de détourner le regard et condamner les Talibans. En aucun cas le pouvoir de ce groupe violent et profondément misogyne ne peut être reconnu comme légitime.

11 -Pour l’ouverture de voies légales d’accès pour la protection des Afghan·e·s- Cimade

Nous exigeons l’ouverture de voies légales et effectives d’accès à la France pour la protection des Afghanes et Afghans victimes de persécutions. Les propos d’Emmanuel Macron appelant à « anticiper et nous protéger contre des flux migratoires irréguliers importants » après la chute de Kaboul entre les mains des Talibans sont indignes de la tradition française de l’accueil et de l’asile.Indigne comme l’abandon des Afghanes et Afghans qui ont servi comme personnel civil de l’armée française de 2001 à 2014, accueillis au compte-gouttes par la France malgré les déclarations et promesses de François Hollande et d’Emmanuel Macron et à qui la France refusait encore il y a quelques semaines la délivrance de visas malgré leurs cris d’alerte. Indigne comme les atermoiements pendant des années pour accorder des visas aux milliers de membres de familles des Afghanes et Afghans à qui la France a accordé la protection. Indigne comme le harcèlement par la police dont sont victimes les exilé·es afghan·es dans les rues de nos villes. Indigne comme les campements de la honte régulièrement détruits par les forces de l’ordre. Indigne comme les renvois forcés de plus de 6000 Afghans par la France entre 2004 et 2020.

Angela Merkel a annoncé le rapatriement de 10 000 Afghanes et Afghans, ne se limitant pas au personnel ayant travaillé pour les autorités allemandes en Afghanistan. Le Royaume-Uni a annoncé qu’il n’exigerait pas de passeport pour permettre aux demandeurs d’asile afghans de rejoindre le sol britannique. Deux avions militaires sont la seule mesure annoncée par la France. L’insuffisance des moyens que le gouvernement français entend déployer est insupportable, tout comme l’annonce de la fermeture des frontières européennes aux exilé·es afghan·es et la sous-traitance de l’asile aux pays limitrophes.
Nous, juristes, défenseurs des droits fondamentaux et des libertés, membres de la société civile, rappelons l’obligation du respect absolu et inconditionnel de la Convention de Genève sur l’asile et des textes de l’Union européenne de protection des populations persécutées. Le personnel civil ayant travaillé pour les autorités françaises et les magistrat·es et avocat·es afghan·es ne sont pas les seul·es que le France doit rapatrier. Contrairement à ce qui a été jugé il y a quelques mois par la Cour nationale du droit d’asile, il y a pour chaque Afghan ou Afghane un risque réel de menace grave contre sa vie et sa personne : il est impératif et urgent de renoncer aux décisions indignes aboutissant à l’expulsion de milliers d’Afghans.
Nous exigeons l’ouverture de voies légales afin que tou·tes les Afghanes et Afghans persécuté·es qui le sollicitent, ainsi que les familles de ceux qui sont déjà bénéficiaires de la protection internationale accordée par la France, puissent rejoindre rapidement le sol français directement depuis Kaboul.
Nous exigeons l’arrêt des procédures issues du règlement Dublin, le retrait de toute mesure d’éloignement à l’encontre de demandeurs d’asile afghans et l’accord accéléré de la protection qu’ils doivent recevoir en France afin de leur permettre d’accéder à l’emploi et à un hébergement dignes. Le gouvernement d’Emmanuel Macron doit cesser de s’engager dans des politiques et discours empruntés à l’extrême droite. Sixième puissance économique mondiale, la France a les moyens d’accueillir les exilé·es d’Afghanistan. Surtout, nous en avons le devoir historique !

12 -« Pas d’autre choix que d’offrir l’asile sans conditions »–Tribune collective -leparisien.fr

De l’actrice et réalisatrice Agnès Jaoui, en passant par la femme de lettres Virginie Despentes pour les plus connues, ou encore des femmes au RSA, toutes ont paraphé le texte d’un collectif monté en 48 heures sur Facebook : « Urgence pour les femmes afghanes et leurs proches ».
La tribune : « Nous, féministes et femmes de tous les genres, de toutes les divergences, de toutes les écoles, de toutes les sphères sociales et politiques, nous décidons aujourd’hui d’enterrer la hache de guerre et la géopolitique et de faire front dans un seul objectif : la vie et la liberté pour les Afghanes, l’ouverture de nos frontières et l’accueil inconditionnel de nos sœurs et de leurs familles.
Nous décidons, ensemble, de fermer nos oreilles à tous les arguments de la realpolitik, à tous les hommes — à commencer par notre président — qui trouveront toujours mille raisons de ne rien faire et de ne pas être le pays des droits des femmes, eux qui ont toujours trouvé des excuses pour ne pas être celui des droits de l’homme.
Nous décidons, ensemble, de clamer haut et fort : le cœur a ses raisons que la raison connaît. Nous affirmons que face au danger absolu du viol, de la soumission et de la mort, pour un pays qui se réclame des Lumières et de la démocratie, il n’y a pas d’autre choix que d’offrir l’asile sans conditions.
Nous décidons, ensemble, de faire front, car ce que nous voulons pour nous, la liberté et l’égalité, ne peut être gagné que si toutes le gagnent, sans distinction d’origine, de religion ni de frontières. Nous décidons que les mots des hommes qui veulent fermer la porte aux femmes afghanes ne nous font pas peur. Nous décidons qu’Emmanuel Macron ne parle pas en notre nom lorsqu’il évoque les Français qui s’inquiètent d’un nouveau flux migratoire : nous nous inquiétons, au contraire, qu’il n’ait pas lieu et que nos sœurs afghanes, et leurs proches, meurent égorgées, violées, massacrées en Afghanistan. Ou noyées ou d’épuisement sur les routes dangereuses de l’exil. Ou ici, finalement, dans un bidonville.
Cela arrive déjà, et depuis des années, car, même avant la victoire des talibans, chaque rejet de demande d’asile pour les Afghanes et Afghans qui en faisaient la requête, sous prétexte qu’ils n’étaient pas en danger, était déjà un mensonge et un déni de droits. Cela arrive déjà, parce que notre pays a préféré financer des soldats, des armes et une occupation, plutôt que des initiatives de développement des droits humains et l’accueil ici des personnes en exil.
Vingt ans après l’intervention militaire en Afghanistan, tous ceux qui ont eu le pouvoir en France sont au moins d’accord sur un point : la guerre a coûté très cher et n’a servi à rien. Pourtant, alors que ce constat unanimement partagé devrait les amener à revoir leurs copies, les messieurs qui nous gouvernent n’ont de nouveau que la guerre contre le terrorisme à proposer. Une guerre au nom de laquelle il faudrait faire taire tous les bons sentiments et se calfeutrer derrière les barbelés de Frontex pour faire face au terrible flux migratoire.
Voilà comment, en dépit des droits humains, l’Europe et la France, si fières de leurs valeurs démocratiques, considèrent ces femmes qui viennent vers nous, précisément parce qu’elles y croient, chercher refuge pour leurs familles, leur liberté et leurs projets de vie. Un flux d’eau sale, ces femmes en quête d’un avenir pour elles et pour leurs petites filles qui rêvent de bancs d’école ? Une menace, ces femmes qui affrontent depuis toujours un obscurantisme que nos dirigeants prétendent combattre en agitant la peur, qui fait le jeu à son tour d’un autre obscurantisme, celui de l’extrême droite ?
Nous, féministes et femmes, ne voyons pas un flux mais un afflux d’espoir. Nous ne sommes pas en guerre. Aux talibans et à leur violence, nous exigeons que l’on oppose les seules armes qui vaillent, celles que certains n’appellent valeurs de la République que pour mieux les trahir. Le réalisme, c’est la devise inscrite au fronton des écoles mixtes : Liberté, égalité, fraternité.
Et si nos hommes politiques ne veulent pas s’emparer de la fraternité, s’ils ne sont pas capables de mettre de côté leurs oppositions comme l’avaient fait Sartre et Aron, alors c’est à nous de faire vivre la sororité internationale, de lancer de nouveau une vague solidaire, comparable à celle qu’a été #metoo, pour nos sœurs afghanes.
Ce que nous voulons, nous le voulons pour toutes. Mobilisons-nous pour l’accueil en urgence absolue des femmes afghanes, de leurs proches et des personnes des minorités de genre et d’orientation sexuelle. Pour des visas humanitaires en urgence absolue, et autant qu’il en sera demandé, pour l’assouplissement immédiat des conditions nécessaires au regroupement familial, pour la suspension immédiate des accords de Dublin et pour la délivrance de titres de séjour pour toutes celles qui sont déjà en France.
Puisque la comparaison avec la guerre du Vietnam est utilisée par tous les commentateurs politiques, alors le temps est revenu du réalisme en mouvement, celui qui a gagné en disant L’amour, pas la guerre.
L’accueil inconditionnel, pas la géopolitique mortifère et ses frontières. »

13 -Rassemblement en « solidarité avec les femmes afghanes » à Paris- AFP

Une centaine de personnes, rassemblées à l’appel d’associations féministes, syndicats et partis politiques, ont exprimé samedi à Paris leur « solidarité » envers les femmes afghanes, « cibles privilégiées » des talibans, ont constaté des journalistes de l’AFP sur place.
« Solidarité indéfectible avec les femmes afghanes », « Debout avec les femmes afghanes contre les talibans », « Droit d’asile pour toute personne menacée », « Droit d’asile, accueil, hospitalité pour les femmes afghanes », proclamaient des pancartes, tandis que les manifestants ont chanté « Solidarité avec les femmes du monde entier ».
En Afghanistan, « le spectre des années de plomb ressurgit. En cible privilégiée : les femmes », s’inquiètent la trentaine d’associations organisatrices dans leur appel à manifester à proximité du ministère des Affaires étrangères. « La France doit accueillir en extrême urgence sur son sol toute personne rendue vulnérable par l’accession au pouvoir des talibans », réclament-elles.

14 -Rassemblement en « solidarité avec les femmes afghanes » à Paris- afp – La Croix

Une centaine de personnes, rassemblées à l’appel d’associations féministes, syndicats et partis politiques, ont exprimé samedi à Paris leur « solidarité » envers les femmes afghanes, « cibles privilégiées » des talibans, ont constaté des journalistes de l’AFP sur place.« Solidarité indéfectible avec les femmes afghanes », « Debout avec les femmes afghanes contre les talibans », « Droit d’asile pour toute personne menacée », « Droit d’asile, accueil, hospitalité pour les femmes afghanes », proclamaient des pancartes, tandis que les manifestants ont chanté « Solidarité avec les femmes du monde entier ».
En Afghanistan, « le spectre des années de plomb ressurgit. En cible privilégiée : les femmes », s’inquiètent la trentaine d’associations organisatrices dans leur appel à manifester à proximité du ministère des Affaires étrangères. « La France doit accueillir en extrême urgence sur son sol toute personne rendue vulnérable par l’accession au pouvoir des talibans », réclament-elles. « On se souvient de ce qui s’est passé entre 1996 et 2001, où les femmes notamment n’avaient plus le droit de sortir sans être accompagnées d’un mâle, n’avaient plus le droit de travailler, étaient obligées de porter une burqa, etc. », a déclaré à l’AFP Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes, l’une des associations organisatrices.
Pour les personnes évacuées en France, « nous voudrions » qu’elles bénéficient « du droit d’asile sans aucun problème » et que « toute personne menacée qui demande à venir en France puisse le faire, que des personnes déjà là qui demandent le regroupement familial puissent l’obtenir », a-t-elle ajouté.
Parmi les manifestants, Sandrine (prénom modifié) a jugé « important de venir ». « On est là pour défendre les femmes, mais il y a aussi beaucoup d’hommes qui vont subir là-bas le fait qu’on les a lâchés », regrette-elle auprès de l’AFP. Ruth, étudiante de 24 ans et « militante pour les droits humains en général », voit « un scandale » dans la situation en Afghanistan et « l’indifférence de la communauté internationale ».