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Afghanistan : les talibans dispersent une manifestation contre le Pakistan à Kaboul avec des coups de feu

Une autre réprimée dans le sang à Herat

jeudi 9 septembre 2021, par siawi3

Source : https://www.lemonde.fr/international/article/2021/09/07/en-afghanistan-les-talibans-tirent-en-l-air-pour-disperser-une-manifestation-contre-le-pakistan-a-kaboul_6093698_3210.html

Afghanistan : les talibans dispersent une manifestation contre le Pakistan à Kaboul avec des coups de feu

Près d’une centaine de manifestants, en majorité des femmes, s’étaient rassemblés mardi devant l’ambassade du Pakistan, brandissant des pancartes et criant des slogans hostiles à Islamabad.

Le Monde avec AFP
Publié aujourd’hui 7 septembre 2021 à 10h09, mis à jour à 13h42

Photo : Lors d’un rassemblement de protestation anti-Pakistan, près de l’ambassade du Pakistan, à Kaboul, le 7 septembre 2021. HOSHANG HASHIMI / AFP

Les talibans ont tiré plusieurs coups de feu en l’air, mardi 7 septembre, à Kaboul pour disperser de nouvelles manifestations dénonçant notamment leur violente répression dans le Panchir, après avoir averti la veille qu’ils ne toléreraient plus aucune contestation de leur pouvoir.

Ces manifestations surviennent alors que les talibans, revenus au pouvoir le 15 août à la faveur du retrait des forces américaines, s’apprêtent à dévoiler la composition d’un gouvernement de transition chargé de stabiliser le pays et relancer une économie sinistrée.

Rassemblement dispersé à Kaboul

Près d’une centaine de manifestants, en majorité des femmes, s’étaient rassemblés devant l’ambassade du Pakistan dénonçant, outre la situation dans le Panchir, l’ingérence du Pakistan, accusé de vouloir contrôler le pays à travers les talibans dont il est très proche. Ils ont été rapidement dispersés par les tirs en l’air de talibans déployés sur place.

Des images vidéo ont été relayées sur les réseaux sociaux montrant des dizaines de personnes courir alors qu’on entend des coups de feu.

Plusieurs journalistes qui couvraient les manifestations ont expliqué avoir été arrêtés, molestés ou avoir vu leur matériel confisqué par ces combattants. Parmi les manifestants figuraient nombre de femmes, qui craignent de voir les talibans les exclure de la vie publique comme lors de leur précédent régime, entre 1996 et 2001.

« Les femmes afghanes veulent que leur pays soit libre (…). Nous sommes fatigués. Nous sommes fatigués que le Pakistan bombarde le Panchir, nous sommes fatigués d’attendre à l’aéroport, a déclaré à l’Agence France-Presse l’une des manifestantes, Sarah Fahim, originaire de la province de Kapisa, proche du Panchir. Combien de temps cela va-t-il durer, quand nos voix seront-elles entendues ? Pourquoi la communauté internationale reste-t-elle silencieuse en voyant tant de gens se faire tuer ? »

Video ici

Les talibans continuent à consulter en vue de former leur gouvernement, après leur reprise du pouvoir, le 15 août. Plusieurs petites manifestations contre eux ont eu lieu depuis dans des villes comme Kaboul, Mazar-e-Charif ou Herat. Elles ont notamment rassemblé des femmes réclamant de ne pas être exclues de l’espace public par les talibans, qui leur avaient interdit d’étudier et de sortir seules lors du régime qu’ils avaient mis en place dans les années 1990.

Lire aussi Afghanistan : la résistance brisée de la vallée du Panchir, après l’assaut des talibans

Nouvel engagement des talibans aux Américains sur les évacuations

Les talibans ont de nouveau promis aux Etats-Unis qu’ils laisseraient les Afghans qui le souhaitent quitter librement le pays, a expliqué mardi le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, en visite au Qatar. « Nous les attendrons sur cette question », a-t-il précisé.

L’administration de Joe Biden est sous pression face à des informations parfois confuses concernant plusieurs centaines de personnes, dont des citoyens etatsuniens, bloquées à l’aéroport de Mazar-e-Charif, selon une ONG américaine. « La communauté internationale tout entière attend que les talibans respectent cet engagement », a ajouté Antony Blinken, accompagné du secrétaire à la défense, Lloyd Austin.

Le Qatar a, de son côté, réaffirmé que l’aéroport de Kaboul, fermé depuis le départ des derniers Américains, à la fin d’août, allait rouvrir bientôt, sans pour autant donner de date.

C’est le premier voyage dans la région de hauts responsables américains depuis la prise de pouvoir des talibans, le 15 août, et le départ, deux semaines plus tard, des derniers soldats américains présents à Kaboul.

Les combattants islamistes ont pris le pouvoir dans les dernières provinces qui leur échappaient sans avoir à mener d’intenses combats, à l’exception de la province enclavée du Panchir. Mais les talibans ont affirmé lundi qu’il avait repris la province, où le chef de la résistance locale, Ahmad Massoud, fils du défunt commandant Ahmed Chah Massoud, a appelé à se soulever contre eux.

Mardi, Ahmad Wali Massoud, le frère du commandant, a assuré que les talibans « n’[avaie]nt pas pris le Panchir ». « Nous avons encore des milliers de combattants dans la vallée qui peuvent revenir à tout moment », a-t-il ajouté. « Nous avons été touchés, mais nous ne sommes pas morts, nous sommes toujours vivants. »

Lire aussi En Afghanistan, les raisons de l’effondrement de l’armée

L’ONU appelle à augmenter l’aide

Les Nations unies ont lancé mardi un appel pour 193 millions de dollars supplémentaires (162 millions d’euros) d’aide destinée à des millions d’Afghans, portant à 606 millions de dollars au total la demande d’aide jusqu’à la fin de l’année pour ce pays ravagé par la guerre. Avec le retour au pouvoir des talibans à Kaboul à la mi-août, de nouveaux besoins ont émergé, souligne le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).

La question devrait être abordée lundi lors d’une réunion ministérielle des Etats membres à Genève sur l’aide humanitaire à l’Afghanistan, organisée par le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Le pays « fait face à une catastrophe humanitaire imminente », avait averti vendredi le porte-parole de M. Guterres, Stéphane Dujarric, en annonçant la tenue de cette réunion.

L’OCHA exprime l’espoir que les pays prendront des engagements généreux lors de la conférence, estimant que l’aide de 606 millions de dollars est nécessaire pour fournir nourriture et soutien à près de 11 millions de personnes ainsi que des soins de santé essentiels à 3,4 millions de personnes. Les fonds seront également utilisés pour traiter la malnutrition aiguë dont souffre plus d’un million d’enfants et de femmes, pour des opérations liées à l’assainissement et l’hygiène ainsi que pour la protection des enfants et des survivants de la violence genrée.

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Source : https://www.leparisien.fr/international/afghanistan-les-talibans-empechent-une-manifestation-a-kaboul-07-09-2021-YEGVE6JPHBD6JPIQLWGSSOY2OY.php


Afghanistan : une manifestation dispersée par des tirs à Kaboul, une autre réprimée dans le sang à Herat

Plusieurs centaines de personnes, majoritairement des femmes, ont crié les mots « liberté » et « mort au Pakistan » dans les rues de la capitale afghane.

Photo : Des manifestantes ont bravé la peur ce mardi pour dénoncer le pouvoir taliban et la main-mise pakistanaise sur les affaires du pays. REUTERS

Par J.Cl.

Le 7 septembre 2021 à 13h33

Plus de 300 Afghans, dont une majorité de femmes, se sont rassemblés ce mardi devant l’ambassade du Pakistan, à Kaboul, brandissant des pancartes et criant des slogans hostiles à Islamabad. « Liberté, liberté », « Résistance » et « Mort au Pakistan » - dont ils rejettent l’influence -, criaient-ils. Après avoir passé plusieurs barrages de talibans, sur le côté de la chaussée, sans encombre, leur progression a été interrompue par des hommes armés qui ont tiré en l’air, battu les manifestants avec des bâtons, vandalisé un véhicule qui les conduisait et arraché les appareils photos et caméras des journalistes. Un cameraman de TOLO News a été interpellé.

3 videos ici

Plusieurs dizaines de femmes ont été cantonnées dans le parking d’une banque, pour les éloigner de l’ambassade.

« Les femmes afghanes veulent que leur pays soit libre (….) Nous sommes fatiguées. Nous sommes fatiguées que le Pakistan bombarde le Panshir, nous sommes fatigués d’attendre à l’aéroport », a déclaré à l’AFP l’une des manifestantes, Sarah Fahim, originaire de la province de Kapisa, proche du Panshir, au nord-est de Kaboul, où la résistance du fils du commandant Massoud est incertaine.

« Combien de temps cela va-t-il durer, quand nos voix seront-elles entendues ? Pourquoi la communauté internationale reste-t-elle silencieuse en voyant tant de gens se faire tuer ? », a-t-elle ajouté. Le soudain retour au pouvoir des talibans a provoqué ces dernières semaines un afflux de réfugiés dans la capitale puis, à partir du 15 août à l’aéroport de Kaboul, d’où des dizaines de milliers d’Afghans ont fui leur pays, laissant des milliers d’autres dans l’attente.

À lire aussi : Afghanistan : les talibans forment leur gouvernement, dirigé par Mohammad Hassan Akhund

De petites manifestations contre les talibans ont été organisées à Kaboul, Mazar-i-Sharif ou Hérat depuis qu’ils ont pris le pouvoir. Elles ont notamment rassemblé des femmes réclamant de ne pas être exclues de l’espace public par les talibans, qui leur avaient interdit d’étudier et de sortir seules lors de leur brutal régime des années 90. Ce mardi, à Hérat, la grande ville de l’ouest afghan, deux personnes ont été tuées et huit blessées par balles lors d’une nouvelle manifestation contre le régime.

Les manifestants ont dénoncent l’influence du Pakistan sur les talibans. Le très politique Inter-Services Intelligence (ISI) pakistanais a été suspecté à plusieurs reprises de soutenir le réseau Haqqani. En septembre 2011, les États-Unis avaient accusé le réseau afghan d’avoir attaqué son ambassade à Kaboul et le quartier général de l’Otan avec le soutien de l’ISI, considéré comme un « État dans l’État ». Dans la foulée, l’armée pakistanaise avait reconnu que ses services secrets étaient bien en contact avec les Haqqani mais uniquement pour recueillir des informations. Le réseau islamiste n’a toutefois jamais été empêché de se replier au Pakistan.