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Législatives en Islande : plus de 47 % de femmes parmi les nouveaux élus

mercredi 29 septembre 2021, par siawi3

Source :https://www.lemonde.fr/international/article/2021/09/26/legislatives-en-islande-la-premiere-ministre-sur-un-fil_6096040_3210.html

Législatives en Islande : plus de 47 % de femmes parmi les nouveaux élus

La place du mouvement de gauche écologiste de la première ministre, Katrin Jakobsdottir, ressort fragilisée par rapport à ses deux alliés de droite.

Le Monde avec AFP

Publié hier à 02h32, mis à jour à 01h02

Photo : La première ministre islandaise, Katrin Jakobsdottir, lors de son vote aux législatives, à Reykjavik, le 25 septembre 2021. HALLDOR KOLBEINS / AFP

L’Islande a brièvement cru être devenue le premier pays en Europe avec une majorité absolue de femmes au parlement, mais un recomptage dimanche soir des résultats finaux des élections les a finalement fait repasser sous la barre des 50 %.

A la suite de ce nouveau comptage qui a changé quelques voix dans une des six circonscriptions du pays, du fait du très complexe système électoral islandais, trois femmes ont perdu le siège qui leur était promis et la part des députées dans l’Althing, le Parlement islandais, est retombée de 33 à 30, soit 47,6 % des sièges, a fait savoir Ingi Tryggvason, le président de la commission électorale locale.

Ce dernier recomptage reste un record en Europe : selon des données compilées par la Banque mondiale, la Suède occupait jusqu’ici la première place avec 47 % de députées. Dans le reste du monde, cinq pays ont actuellement au moins une moitié de femmes au parlement, selon l’Union interparlementaire internationale : le Rwanda (61 %), Cuba (53 %), le Nicaragua (51 %) ainsi que le Mexique et les Emirats arabes unis (50 %).

Si plusieurs partis réservent d’eux-mêmes une part minimale de femmes parmi leurs candidats, aucune loi n’impose de quota de femmes pour les législatives en Islande, selon l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale (Idea). Le pays nordique est régulièrement à l’avant-garde en matière de féminisme et en tête depuis douze ans du classement du Forum économique mondial en matière d’égalité femmes-hommes.

La coalition garde sa majorité

La coalition gauche-droite au pouvoir en Islande va garder sa majorité au terme des élections législatives samedi, mais la place du mouvement de gauche écologiste de la première ministre, Katrin Jakobsdottir, ressort fragilisée par rapport à ses deux alliés de droite. L’alliance remporte trente-sept des soixante-trois sièges du Parlement.

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Même s’il n’est pas certain que les trois partis continueront à gouverner ensemble et sachant que les tractations sont traditionnellement longues, l’Islande semble s’éloigner d’un scénario de blocage politique que laissaient redouter les sondages. Depuis la faillite spectaculaire des banques islandaises en 2008 et la grave crise qui s’était ensuivie, aucun gouvernement islandais sortant n’avait conservé sa majorité.

Avec plus de 17 % des voix, le grand vainqueur de la soirée est le Parti du progrès (centre droit). Il ravit au Mouvement des Verts et de gauche de Mme Jakobsdottir (environ 13 %) le rang de deuxième parti d’Islande, derrière l’indéboulonnable Parti de l’indépendance (conservateur) de l’ex-premier ministre Bjarni Benediktsson, autour de 24 %.

Ce dernier obtient seize des soixante-trois sièges de l’Althing, le Parlement monocaméral de l’Islande, considéré comme le plus ancien au monde. Les progressistes de Sigurdur Ingi Johannsson gagnent treize sièges, cinq de plus que lors des élections précédentes de 2017. Le Mouvement des Verts et de gauche recule, pour sa part, à huit sièges, trois de moins qu’il y a quatre ans.

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Fragilisation

Si l’avenir de la coalition reste incertain, les trois chefs de parti avaient acté d’entamer des discussions s’ils parvenaient à maintenir la majorité gouvernementale, qui était menacée selon les sondages. La fragilisation de la première ministre soulève toutefois la question de son avenir à Stjornarradid, siège officiel du gouvernement de la République d’Islande.

« Vu le recul que nous observons, les Gauche-Verts pourraient devoir réévaluer leur position au sein du gouvernement », souligne Eva Onnudottir, professeure de sciences politiques à l’université d’Islande.

« Nous allons devoir regarder combien les partis du gouvernement vont faire au total et quel résultat nous allons faire. Selon ces résultats préliminaires, nous perdons un peu de terrain et les progressistes augmentent », avait commenté Mme Jakobsdottir auprès de l’Agence France-Presse plus tôt dans la soirée.

Depuis 2017, cette dernière a rendu les impôts plus progressifs, investi dans le logement social et étendu le congé parental. Sa gestion du Covid-19 – 33 morts seulement – a été saluée. Mais cette rare écologiste de gauche au pouvoir a aussi dû faire des concessions pour sauvegarder sa coalition, comme renoncer à sa promesse de créer un parc national dans le centre du pays.

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« Pas de basculement à gauche »

La liesse, elle, régnait au quartier général du Parti du progrès. Le mouvement « est de retour au premier plan de la scène politique », a lancé son dirigeant Sigurdur Ingi Johannsson devant ses militants. « Je ne vois pas de basculement à gauche », a constaté, de son côté, son dirigeant, Bjarni Benediktsson, ex-premier ministre et actuel ministre des finances. Survivant de plusieurs scandales, dont celui des « Panama Papers » en 2016, il a finalement consolidé ses positions, alors que les sondages lui promettaient un recul.

Après une décennie de crise et de scandales, la coalition sortante avait marqué le retour de la stabilité politique en Islande. C’est la deuxième fois seulement depuis la crise financière de 2008, qui avait ruiné les banques et de nombreux Islandais, qu’un gouvernement va au terme de son mandat.

Sur fond de défiance à l’égard de la classe politique héritée de l’effondrement financier et de scandales à répétition, cinq élections législatives avaient eu lieu entre 2007 et 2017 dans le pays, non membre de l’Union européenne. Cette période avait aussi vu s’accroître l’éparpillement électoral.
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Mise à jour le 26 septembre à 22 h 50  : les femmes ne sont plus majoritaires au Parlement après un recomptage, contrairement à ce qui avait été annoncé précédemment

Le Monde avec AFP