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Israël souhaite mettre les haredim au travail

jeudi 30 septembre 2021, par siawi3

Source : https://www.lefigaro.fr/international/israel-souhaite-mettre-les-haredim-au-travail-20210727

Israël souhaite mettre les haredim au travail

Par Marc Henry

Publié le 27/07/2021 à 17:06, mis à jour le 27/07/2021 à 22:30

Photo : Les haredim, qui appliquent à la lettre les préceptes du judaïsme, représentent 10 à 12 % de la population en Israël. Nina Mikryukova/Nina Mikryukova - stock.adobe.com

Avigdor Lieberman, ministre des Finances, veut supprimer des allocations dont dépendent les ultraorthodoxes.

En bon laïc pur et dur, Avigdor Lieberman est déterminé à contraindre les jeunes ultraorthodoxes juifs à travailler. Le ministre israélien des Finances a décidé de supprimer les allocations versées aux familles pour les frais de crèche pour chaque enfant de moins de 3 ans à 20.000 foyers, dont le père n’exerce aucun emploi. Cette mesure drastique a provoqué un tollé. Certains rabbins allant jusqu’à promettre l’enfer à tous ceux qui oseraient la soutenir.

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L’enjeu est symbolique et économique. Les haredim, ou « craignant Dieu », qui appliquent à la lettre les préceptes du judaïsme, représentent 10 à 12 % de la population. Seule la moitié des hommes travaillent. Les autres étudient la Torah, la loi juive, dans des yechivot, les séminaires talmudiques. Les trois quarts des femmes, qui ne sont pas astreintes à la lecture incessante des textes sacrés, exercent un emploi. Les familles de plus de six enfants sont légion. Résultat : la plupart des foyers dépendent en grande partie des allocations publiques, souvent assez maigres, si bien que la communauté a le taux de pauvreté le plus élevé chez les juifs. Cette tendance risque de perdurer en raison d’une natalité galopante bien supérieure à celle des laïcs.

Contestation forte

Comme le souligne la Banque d’Israël, convaincre le maximum d’ultraorthodoxes d’entrer dans le monde du travail constitue une« question d’une importance stratégique ». Rien n’a bougé sur ce front jusqu’en mai. Les partis religieux Shas et Liste unifiée de la Torah, fidèles alliés pendant douze ans de Benyamin Netanyahou, ont fait barrage à toutes velléités de réformes. Pour eux, l’étude de la Torah et le respect de la vie traditionnelle religieuse passent avant tout.

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Mais les règles du jeu ont changé. Les deux formations ultraorthodoxes n’ont pas rallié la nouvelle majorité dirigée par Naftali Bennett, le premier ministre, laissant le champ libre à Avigdor Lieberman. « Où est-il écrit dans la Torah qu’il est interdit de travailler ? Il y a des haredim qui, à 18 ans, ne connaissent pas les tables de multiplication, ce n’est plus possible », a proclamé le ministre en se présentant comme le défenseur« des gens qui travaillent et paient des impôts ». Une allusion aux programmes scolaires ultraorthodoxes qui excluent la plupart du temps l’enseignement de l’anglais et des maths, confinant les jeunes désireux de travailler à des emplois sous-qualifiés et sous-payés.

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Lieberman n’en a cure. Il entend réserver les allocations mensuelles d’un montant moyen de 260 euros par enfant aux foyers dans lesquels le père travaille au moins 24 heures par semaine ou suit une formation professionnelle. Seule petite concession : l’application de la mesure a été reportée au 1er novembre. Mais ce geste n’a pas calmé les esprits. Pour le député ultraorthodoxe Moshe Gafni, la reprise récente de l’épidémie de Covid est le résultat direct « de ces terribles accords de coalition qui ont provoqué l’arrêt de l’assistance divine ». Le très influent rabbin Chaim Kanievsky a prévenu : « Il n’y aura pas de pardon pour quiconque fait du mal aux enfants d’Israël. »

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