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USA : Aux Etats-Unis, la bataille pour le droit à l’avortement descend dans la rue

samedi 2 octobre 2021, par siawi3

Source : https://www.lemonde.fr/international/article/2021/10/02/aux-etats-unis-la-bataille-pour-le-droit-a-l-avortement-descend-dans-la-rue_6096834_3210.html

Aux Etats-Unis, la bataille pour le droit à l’avortement descend dans la rue

Selon les organisatrices, plus de 240 000 personnes sont attendues dans tous les Etats-Unis pour protester contre une loi texane qui interdit quasiment tous les avortements dans l’Etat.

Le Monde avec AFP

Publié aujourd’hui à 06h19, mis à jour à 18h55

Photo : Des manifestants rassemblés pour défendre le droit à l’avortement, le 4 mars 2020, devant la Cour suprême à Washington, aux Etats-Unis. SAUL LOEB / AFP

La « Marche des femmes » revient en force en 2021 pour contrer une offensive conservatrice sans précédent. La bataille pour le droit à l’avortement se joue, samedi 2 octobre, aux Etats-Unis, où des centaines de manifestations sont prévues. Des milliers de manifestants ont commencé à descendre dans les rues américaines pour défendre le droit à l’avortement, visé par une offensive conservatrice sans précédent.

L’entrée en vigueur le 1er septembre d’une loi du Texas, qui interdit quasiment tous les avortements dans ce vaste Etat, a déclenché une véritable guérilla judiciaire et une contre-attaque au Congrès, mais peu de cortèges de manifestants jusqu’ici.

A deux jours de la reprise des audiences à la Cour suprême des Etats-Unis, qui sera l’arbitre du combat, près de deux cents organisations ont finalement appelé les défenseurs du droit à l’avortement à se faire entendre dans tout le pays.

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Plus de 240 000 personnes attendues dans le pays

L’événement-phare se tient à Washington, où des milliers de personnes marchent jusqu’à la haute cour qui, près de cinquante ans après avoir reconnu le droit des Américaines à avorter dans son arrêt historique Roe vs Wade, semble prête à enclencher la marche arrière.

« Les femmes sont des êtres humains à part entière, et nous devons être traitées en tant que telles. On devrait pouvoir décider de ce qu’on veut faire de nos propres corps, point à la ligne », lance Laura Bushwitz, enseignante retraitée de 66 ans venue manifester à Washington. « J’en ai marre qu’on me dise ce que je peux ou ne peux pas faire (...). Tu entends ça, la Cour suprême ? », lâche-t-elle.

La haute juridiction, profondément remaniée par l’ancien président Donald Trump, a en effet refusé d’intervenir en urgence pour bloquer la loi du Texas et pourrait profiter de l’examen d’une loi restrictive du Mississippi pour infléchir sa jurisprudence.

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Des rassemblements sont également prévus dans les capitales de ces deux Etats conservateurs, Austin et Jackson, ainsi que dans plus de six cents villes à travers le pays. Selon les organisatrices, plus de 240 000 personnes sont attendues dans tous les Etats-Unis.

« Nous nous battons pour que l’avortement ne soit pas simplement légal, mais aussi accessible, abordable et sans stigmatisation », écrivent-elles dans un communiqué, en demandant au Congrès d’inscrire dans la loi fédérale le droit à l’avortement, afin de le protéger d’un éventuel revirement de la Cour suprême.

Une proposition de loi en ce sens a été adoptée il y a une semaine à la Chambre des représentants, aux mains des démocrates, mais n’a aucune chance d’aboutir au Sénat où les républicains disposent d’une minorité de blocage.

Lire notre analyse : Comment le Parti républicain fragilise la démocratie américaine

Première « Marche des femmes » de l’ère Biden

En 2017, une première « Marche des femmes » avait été organisée juste après l’investiture de Donald Trump et avait rassemblé des millions d’opposants au milliardaire républicain accusé de sexisme. Les éditions suivantes avaient connu moins de succès, en partie à cause de dissensions internes liées à des accusations d’antisémitisme contre une de ses responsables.

Cette page semble tournée : « Cette année, nous sommes unies », assure l’organisation, qui rassemble une large coalition comprenant aussi bien de petites associations féministes, locales ou communautaires, que le géant du planning familial Planned Parenthood.

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« On va descendre dans les rues pour la première fois de l’ère Biden, parce que le changement dans le bureau Ovale n’a pas mis un terme au désir politisé, pervers et patriarcal, de contrôler nos corps », ajoute-t-elle en référence à l’élection du démocrate Joe Biden en 2020 à la Maison Blanche, qui n’a pas changé la dynamique au niveau des Etats.

Au contraire, galvanisés par l’entrée au sein de la Cour suprême de trois magistrats choisis par Donald Trump, les élus locaux conservateurs se sont lancés dans une véritable offensive anti-avortement : depuis le 1er janvier, dix-neuf Etats ont adopté soixante-trois lois restreignant l’accès aux IVG. Si la Cour devait invalider l’arrêt Roe vs Wade, chaque Etat serait libre d’interdire ou d’autoriser les avortements.

Le Monde avec AFP