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Tunisie: les islamistes gagnent les élections neuf mois après la révolution

Friday 28 October 2011, by siawi3

Source: AFP, 28/10/2011 à00:39

Le parti islamiste Ennahda a remporté les élections du 23 octobre en Tunisie avec 41,47% des suffrages, neuf mois après la chute de l’ex-président Ben Ali, selon le résultat final provisoire annoncé jeudi soir par la commission électorale (Isie).

Ennahda obtient 90 sièges dans l’assemblée constituante de 217 élus, un score plus qu’espéré par les islamistes eux-mêmes.

Le parti Ennahda, durement réprimé sous l’ancien régime de Ben Ali, et légalisé après la révolution, fait ainsi une entrée par la grande porte sur la scène politique tunisienne et pèsera sur toutes les grandes décisions concernant l’avenir du pays.

Il devance le Congrès pour la République (CPR, gauche nationaliste) avec 30 sièges (13,82%) et Ettakatol (gauche), avec 21 sièges (9,68%), a précisé le président de la Commission M. Kamel Jendoubi, quatre jours après les premières élections libres dans l’histoire du pays.

Un concert d’avertisseurs a salué la victoire d’Ennahda et se poursuivait peu avant minuit dans les rues de Tunis.

Selon l’Isie, les formations politiques disposent désormais d’un délai de deux jours pour introduire, si elles le souhaitent, un recours contre le résultat du scrutin.

La liste surprise de ces élections, “La pétition populaire pour la justice et le développement” d’Hechmi Haadmi, un richissime homme d’affaires tunisien basé àLondres, se positionne en quatrième position avec 19 sièges malgré son invalidation dans six circonscriptions pour “irrégularité de financement”.

Toutefois, en raison de cette mesure, M. Haamdi a annoncé àl’AFP qu’il se retirait de l’assemblée.

L’annonce de cette mesure a également provoqué une vague de violences àSidi Bouzid, ville du centre de la Tunisie où avait commencé la révolution en décembre 2010. Des groupes de jeunes ont notamment mis àsac le local d’Ennahda et jeté des pierres sur les forces de l’ordre.

“Une protestation violente est en cours, les forces de l’ordre essaient de la contenir”, a confirmé àl’AFP un porte-parole du ministère de l’Intérieur.

Peu après le scrutin de dimanche dernier, les islamistes et les principaux partis de gauche ont engagé des tractations pour la mise en place d’un gouvernement d’union nationale souhaité par Ennahda.

Le numéro deux du parti islamiste, Hamadi Jebali, 62 ans, a indiqué qu’il se porterait candidat àla direction du prochain gouvernement et fait part de son intention de composer avec les principales formations de gauche.

Toutefois, le nouveau chef du gouvernement ne pourra être désigné que par le prochain président de la république par intérim, qui, lui-même, sera élu par la future assemblée constituante. L’ensemble du processus devrait s’étaler sur plusieurs semaines.

Dans une interview accordée àl’agence tunisienne de presse (Tap), M. Jebali a en revanche rejeté toute alliance avec “la Pétition populaire” d’Hechmi Haadmi.

Ennahda reproche notamment àM. Haamadi, l’un des fondateurs du mouvement des étudiants islamistes en Tunisie dans les années 70, d’avoir renié ses convictions.
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