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France : « Le Canada doit être pour nous un contre-modèle absolu. »

mardi 9 novembre 2021, par siawi3

Source : https://www.revuedesdeuxmondes.fr/la-france-canada-dry/

La France Canada Dry

Par Fatiha Agag-Boudjahlat

Oct 29, 2021

Drôle de pays que le Canada. En pleine campagne électorale et au lendemain de la reprise de Kaboul par les Talibans, la ministre fédérale canadienne en charge des Femmes et de l’Égalité des genres, Maryam Monsef, a lu – pas improvisé, lu – une allocution dans laquelle elle s’adressait à « nos frères les Talibans », les exhortant à permettre l’évacuation des civils. Face à la bronca soulevée par cette expression de « fraternité », elle a expliqué que les Talibans restaient un régime au ban des nations, mais que s’adresser à eux de cette manière était, je cite : « une référence culturelle » pour elle. Ajoutons que cette ministre est d’origine afghane et le trouble se renforce. Dans le pays du multiculturalisme constitutionnalisé, forcené, obsessionnel, on peut se demander pourquoi l’identité afghane, musulmane, commande l’expression politique d’une ministre du Canada… en plus en charge des droits des femmes, et des minorités. La double nationalité, oui. La double allégeance qu’elle manifeste ainsi à deux régimes politiques aussi diamétralement opposés en termes de développement et de droits humains est-elle seulement possible, ou souhaitable ? Jusqu’où peut-on se dire et se vivre canadienne tout en continuant à s’inscrire dans la culture, obscurantiste, anti-occidentale, homicide, misogyne d’extrémistes que sont les Talibans ? Le Canada est devenu un État Canada Dry. Ça ressemble à un État, ça en a les symboles, mais ce n’en est plus un : c’est un McDo de très grande dimension. Venez-y comme vous êtes, avec vos références culturelles que vous pourrez conserver. Même en devenant canadienne. Même en devenant ministre.

« Le Canada doit être pour nous un contre-modèle absolu. »

Le Canada se flatte de son parti pris pour la diversité, dans la célébration de laquelle résiderait sa singularité. Admettons que la personnalité, l’identité d’un pays, qui devrait être commune, partagée, ne réside pas dans les références culturelles de sa population, ni dans ses vêtements (le boubou valant le jean) pas plus que dans sa langue (obliger les demandeurs d’asile ou les candidats à la naturalisation à maîtriser les rudiments du français est une violence insupportable de pays postcolonisateur), ni dans sa gastronomie. Mais alors, qu’est-ce qui fait d’une population un peuple ? Une nation ? Qu’est-ce qui la différencie d’une autre ? Quelle appartenance ? Quelle identification pour les nouveaux venus ? La consommation de services et les opportunités économiques dans un espace limité ? Le Canada doit être pour nous un contre-modèle absolu.

L’identité, on y est jusqu’au cou et jusqu’aux prochaines élections. Jean-Luc Mélenchon s’est moqué d’Éric Zemmour le nationaliste, au patronyme « arabe » (non, berbère, Jean-Luc, un peuple que les Arabes ont soumis et voulu effacer). Et il a célébré sa nouvelle marotte, la créolisation, concept très complexe forgé par Édouard Glissant, qu’il a simplifié à l’extrême, le réduisant au « Bal masqué » de la Compagnie Créole. Il parlait avant de métissage, mais la mixtion manquait encore trop de mélange, on reconnaissait sans doute trop des morceaux d’identité nationale. Horreur ! En situation de créolisation à la sauce France insoumise, les identités fusionnent et se froncent, s’agencent idéalement et avec bonheur, se transforment, tout en ne renonçant à rien de ce qui les constituait auparavant… De la pure alchimie. […] LIRE LA SUITE