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Caricature du prophète et assassinat de Paty : le Pakistan cède aux islamistes anti-français

mardi 9 novembre 2021, par siawi3

Source :https://www.marianne.net/monde/asie/caricature-du-prophete-et-assassinat-de-paty-le-pakistan-cede-aux-islamistes-anti-francais

Caricature du prophète et assassinat de Paty : le Pakistan cède aux islamistes anti-français

Montée de l’extrême

Par Stéphane Aubouard

Publié le 08/11/2021 à 18:00

Ce 7 novembre au soir, Islamabad a accepté le retour du parti islamiste TLP dans l’arène politique pakistanaise. Depuis un an, la formation extrémiste n’a cessé de mettre sous pression les autorités locales par le truchement de manifestations violentes et répétées au cours desquelles sept policiers pakistanais ont perdu la vie. Les raisons de sa colère ? Les déclarations de la France en faveur du droit à la caricature après le meurtre de Samuel Paty.

La victoire est cette fois totale pour le Tehreek-e-Labbaik Pakistan (TLP). Dimanche 7 novembre au soir, une semaine après avoir libéré plus de 800 de ses membres, les autorités pakistanaises ont annoncé que le parti islamiste était officiellement de retour dans l’arène politique du pays, sept mois après son interdiction. Dans un communiqué, le gouvernement explique avoir pris cette décision dans « l’intérêt national » après des mois de manifestations violentes dans les rues pakistanaises. ​​​​​​Depuis 2020, le TLP s’est fait remarquer pour ses virulentes positions anti-françaises au sujet des caricatures du prophète Mahomet.

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À l’origine de ces marches et attroupements qui secouent le pays depuis un an ? Les déclarations d’Emmanuel Macron. Après le meurtre de Samuel Paty, le président français avait affirmé l’attachement de son pays au droit à la caricature. Rien d’étonnant dès lors, à ce que le TLP adopte cette position. Créée en août 2015, la formation barelvie – un courant de l’islam sunnite proche du soufisme – s’est constituée autour d’une cause, le combat contre le blasphème, et une lutte : la libération sans condition de l’assassin du gouverneur du Pendjab, Salman Taseer. Ce dernier s’était opposé à la législation pakistanaise contre le blasphème dans le cadre de l’affaire Asia Bibi. Condamnée à mort en 2010 pour blasphème envers l’islam, cette chrétienne avait finalement été acquittée en 2018.

Forts dans la rue, pas dans les urnes

Depuis, le poids de cette quasi-confrérie se fait sentir dans la rue bien plus que dans les urnes. Lors des législatives de 2018, le TLP a recueilli 4,2 % des voix. Soit tout de même 2,2 millions d’électeurs et autant de manifestants potentiels dont Islamabad craint en vérité de ne pouvoir contenir la violence. Il y a un an, déjà, le Premier ministre pakistanais, Imran Khan – qui trouvait insultant la position de la France sur les caricatures du prophète – avait conclu un accord pour amadouer l’organisation islamiste. Au menu : boycott des produits français, libération de militants du TLP interpellés lors des manifestations et même expulsion de l’ambassadeur de France au Pakistan. Ce qui n’a pas calmé la colère des fanatiques de la lutte anti-blasphème.

Depuis, les relations entre le TLP et le gouvernement islamo-militaire se sont détériorées lors du premier semestre 2021. Les manifestations se sont suivies. Des dizaines de milliers de personnes ont pris la rue, bloqué les routes et les transports des grandes villes à plusieurs reprises. En avril, Saad Rizvi, le chef du mouvement barelvi, a été arrêté et l’organisation déclarée terroriste. Loin d’être affaiblie, l’hydre est encore montée en puissance en ce début d’automne. Des manifestations monstres ont été organisées et un appel à une marche sur Islamabad a été lancé. La suite est connue : Imran Khan a finalement cédé au TLP et peut-être plus encore.

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