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France : Procès du 13-Novembre. Une cellule spéciale de Daech préparait les attentats à l’étranger

vendredi 12 novembre 2021, par siawi3

Source : https://www.ouest-france.fr/faits-divers/attentats-paris/proces/proces-du-13-novembre-une-cellule-speciale-de-daech-preparait-les-attentats-a-l-etranger-e19ea142-418a-11ec-adb3-903d234724d0

Procès du 13-Novembre. Une cellule spéciale de Daech préparait les attentats à l’étranger

Au procès des attentats du 13 novembre, deux cadres des services de renseignement intérieurs ont détaillé comment Daech préparait les attentats en Europe depuis la zone irako-syrienne.

Photo : Deux cadres de la DGSI ont témoigné anonymement ce mardi, au procès des attentats du 13 novembre 2015. | OUEST-FRANCE/FRANCK DUBRAY.

Ouest-France
Pierrick BAUDAIS.

Modifié le 09/11/2021 à 21h43 Publié le 09/11/2021 à 21h10

Aussi sanglants furent-ils, les attentats du 13 novembre 2015 (131 morts, plus de 400 blessés) n’ont pas constitué un but ultime pour le groupe État islamique (EI). Daech avait projeté bien d’autres attentats avant et après ceux qui sont devenus les plus meurtriers en France.

Ce mardi, deux cadres de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) sont venus rappeler le contexte dans lequel ont été perpétrés ces attaques.

En septembre 2014, un haut cadre de l’EI, Abou Mohammed al-Adnani appelle à s’en prendre à la France et aux Occidentaux : « La meilleure chose que vous puissiez faire est de vous efforcer de tuer tout infidèle, qu’il soit Français, Américain ou d’un de leurs pays », menace-t-il.

Retrouvez notre directde ce mardi 9 novembre consacré au procès des attentats du 13 novembre 2015

1467 Français partis rejoindre Daech

En mars 2015, un haut gradé français de l’État islamique est tout aussi explicite : « Tuez n’importe qui. Tous les mécréants sont des cibles pour nous. Ne te fatigue pas à chercher des cibles. Tu tues n’importe quel mécréant. »

Pour réaliser ces attaques terroristes, Daech s’adresse aux djihadistes potentiels qui résident déjà en Europe. Mais aussi à ces Européens qui se sont rendus dans la zone irako-syrienne pour renforcer les rangs de l’État islamique. Et ce, pour des séjours plus au moins longs. De 2012 à 2019, 1 467 Français sont partis sur place dont 34 % de femmes. Au total, 30000 à 40 000 étrangers ont rejoint l’EI dont 6 000 Européens.

« Pouvaient-ils se rendre dans cette zone en pensant faire de l’humanitaire ? », interrogent successivement l’un des avocats généraux et Me Chemla, avocat de nombreuses parties civiles. « Si quelqu’un est persuadé faire de l’humanitaire en brûlant des gens à petit feu ou en décapitant des têtes, que voulez-vous, c’est son interprétation… Daech, dans sa propagande, mettait en avant la barbarie », rappelle ce commissaire de la DGSI qui témoigne anonymement sous le sigle 562 SI.

« Comment pouvez-vous dire qu’ils sont tous partis avec du sang dans la bouche, pour casser du chiite ? », s’agace Me Xavier Nogueras, avocat d’un des accusés, Mohammed Amri. Réponse du commissaire de la DGSI : « Tout le monde n’a pas coupé des têtes en Syrie. Mais tous ont participé à cette organisation qui coupait des têtes. » À leur arrivée au sein de Daech, les nouveaux djihadistes devaient en outre remplir une fiche d’incorporation dans laquelle, entre autres options, ils précisaient s’ils voulaient être de simples combattants ou se faire exploser... »

Une cellule pour les attentats extérieurs

Pour mener à bien ses attentats, Daech avait créé une cellule des opérations extérieures supervisée par Abou Mohamed al-Adnani et dirigée par le djihadiste belge Oussama Atar. Ses missions étaient à la fois de recruter des djihadistes prêts à mener ces attaques. De les financer : les exécutants « partaient généralement avec environ 2 000 € sur eux », indique le cadre de la DGSI. Une somme qui s’ajoutait aux recherches logistiques menées par ailleurs (planques, armes…). Autre objectif de cette cellule : assurer l’acheminement des terroristes en Europe. Une mission délicate.

Le 2 juillet 2015, le djihadiste français est en effet arrêté à l’aéroport d’Istanbul (Turquie) avec un passeport suédois. « A partir de ce moment, les djihadistes sont envoyés en Europe en infiltrant les flux migratoires », précise l’agent 562 SI. Avant de préciser : « 2015, c’est l’année où se sont multipliés les retours offensifs. Et pour les attentats du 13 novembre, ce sont les gens les plus aguerris qui ont été envoyés. » Autrement dit, ceux qui ne se sont pas « « contentés » » d’un séjour d’une semaine ou de moins d’un mois en zone irako-syrienne.

Et après 2015 ?

Après ces attentats, le groupe État islamique continue de cibler la France qu’il considère depuis 2014 « comme une terre de guerre. En raison de ses engagements militaires dans la coalition internationale, de son passé colonial, des valeurs qu’elle porte, de la loi contre le voile islamique », rappelle l’agent 565 SI.

Les attaques d’envergure étant plus difficiles à organiser, les responsables de Daech appellent à des « actions simples » visant « toujours des endroits fréquentés ». Et le résultat ne s’est pas fait attendre. Entre 2017 et 2019, 48 projets terroristes ont été enregistrés en France : trente et un ont été déjoués, dix ont échoué, sept ont abouti. Et quelques-uns d’entre eux n’émanaient pas de djihadistes français mais de personnes extérieures. Le 20 janvier 2020, sept individus ont ainsi été interpellés à Brest, « animé par un ancien membre de Daech qui était en France depuis 2015. Ils avaient pour cibles le Nouvel an chinois à Paris ou une base navale », indique l’agent 562 SI.