Subscribe to Secularism is a Womens Issue

Secularism is a Women’s Issue

Accueil > fundamentalism / shrinking secular space > France : À Bagnolet, des habitants s’inquiètent de l’implantation d’une (...)

France : À Bagnolet, des habitants s’inquiètent de l’implantation d’une association indigéniste

dimanche 14 novembre 2021, par siawi3

Source : https://www.marianne.net/societe/laicite-et-religions/a-bagnolet-des-habitants-tres-inquiets-de-limplantation-dune-association-indigeniste?utm_source=nl_quotidienne&utm_medium=email&utm_campaign=20211111&xtor=EPR-1&_ope=eyJndWlkIjoiZWU1YTU1MWQyNmQzMmYxMmE0MzMyZDY4NmJjYmFiMmUifQ%3D%3D

À Bagnolet, des habitants s’inquiètent de l’implantation d’une association indigéniste

Fracture

Par Jean-Loup Adenor

Publié le 11/11/2021 à 6:00

Photo : Fatima Ouassak en compagnie de Marwan Muhammad, de feu le Collectif Contre « l’islamophobie » en France, lors de la 4e édition du forum Vivre Ensemble "Faire face aux inégalités Femmes - Hommes.
PHOTOPQR/L’EST REPUBLICAIN/MAXPP

Des habitants de Bagnolet ont publié une lettre ouverte au maire PS Tony di Martino dans laquelle ils déplorent l’octroi de près de 1 000 m2 de locaux à une association indigéniste. Front de mères a été créée par Fatima Ouassak, qui y diffuse des thèses selon lesquelles l’école publique est « islamophobe » et la France « hiérarchisée racialement ». Alors qu’elle ne faisait pas partie du projet, Fatima Ouassak serait aujourd’hui aux commandes du lieu, dénoncent ces habitants.

Que se passe-t-il vraiment à la Maison de l’écologie populaire de Bagnolet ? « L’heure est grave », alerte une lettre ouverte adressée au maire de la commune et signée par plus d’une centaine d’habitants, « citoyennes et citoyens engagés au quotidien pour une société plus juste ». En cause : l’ouverture d’un lieu de 963 m2 géré par le mouvement citoyen Alternatiba et un « syndicat de parents », Front de Mères, coprésidé par la militante indigéniste Fatima Ouassak*. Selon les signataires de cette lettre, la création de ce lieu dans l’ex-Centre social et culturel Guy-Toffoletti, 14 rue de l’Épine à Bagnolet, serait une initiative servant de « coquille pour héberger bien autre chose que la cause qu’elle prétend défendre, poursuivent ces habitants. Derrière la vitrine avenante de la cause écologique [...] est installé très officiellement Front de mères, une entité militante politique qui diffuse une idéologie racialiste, indigéniste et par conséquent anti-républicaine. »

À LIRE AUSSI : Municipales : en banlieue parisienne, la ceinture rouge continue de se disloquer

Pourquoi une telle fronde contre cette association ? La lettre ouverte de ces citoyens engagés pointe le texte fondateur de Front de mères. « Parents noirs, arabes et musulmans, parents habitant les quartiers populaires, êtes-vous sereins quand vous confiez vos enfants à l’école le matin ? Êtes-vous rassurés à l’idée qu’ils y passent l’essentiel de leur vie ? », lance le texte, avant d’évoquer des enfants « traumatisés par des conflits d’autorité », à qui l’école impose de manger de la viande, ou contraints à ne plus « respecter les valeurs que nous essayons de leur transmettre ». Selon Front de mères, les parents sont « humiliés » par l’école républicaine et « les enfants apprennent à l’école à avoir honte de leurs mamans ».

Des habitants inquiets

« À la lecture de ce texte, on est très inquiets, parce que c’est d’abord une attaque en règle de l’école publique. Et puis, s’adresser aux parents de la ville par le biais de leur couleur de peau, de leur religion… Ça met en péril le pacte républicain », fustige l’une des signataires de la tribune, Sarah Guerlais. Cette mère de famille, habitante de Bagnolet, se dit « révoltée ». « On est des parents d’élèves des écoles de Seine-Saint-Denis, on vit la Seine-Saint-Denis. Ça me révolte car au lieu de nous unir, ce type d’associations contribue à fragiliser davantage la cohésion sur le territoire. »

À LIRE AUSSI  : « Liberté-Egalité-Fraternité-Laïcité, voilà le combat ! » : rendez-vous le 20 septembre place de la République

La cofondatrice de Front de mères, Fatima Ouassak, qui vient de rejoindre le conseil citoyen du nouvel observatoire des discriminations – associé au conseil départemental de Seine-Saint-Denis –, est connue pour ses positions extrêmement critiques des institutions de la République. Cette militante dépeint la France en pays « islamophobe » et « hiérarchisé racialement », qui produit selon elle une école publique n’ayant pour autre fonction que de préserver le privilège blanc et le système de domination qui oppresse les « Non-Blancs », ainsi qu’elle l’écrit dans son ouvrage publié aux Éditions de La Découverte, La Puissance des mères (2020). « Lorsque le système dominant regarde nos enfants, il ne voit pas des enfants, il voit des menaces pour sa survie. [...] Il n’est donc pas si grave de les tuer », y estime-t-elle, tout en nuance.

« Dans les faits, c’est Fatima Ouassak qui gère le lieu »

« Fatima Ouassak vient des « Indigènes de la République », qu’elle a quittés en 2012. Elle les trouvait trop théoriques et voulait passer à l’action. C’est là qu’elle a commencé à s’intéresser au végétarisme et à l’écologie. Sa stratégie c’est : « On infiltre et on prend le pouvoir » », analyse pour Marianne un bon connaisseur du dossier, habitant de Bagnolet.

« Le combat de Front de mères n’a rien à voir avec l’écologie, estime Sarah Guerlais. Il accentue les divisions, sépare les gens les uns des autres en renforçant des souffrances préexistantes. » Autant de raisons pour lesquelles les habitants signataires ont décidé de se mobiliser. « Avant, Front de mères n’était qu’une association, comme il en existe d’autres. Mais là, la mairie contribue à leur donner une tribune politique, et un lieu pour se structurer et leur permettre de mener des actions plus importantes. C’est inacceptable. »

« Tout sauf un non-événement »

Au départ, Front de mères n’était pas associé au projet, la mairie ayant signé une convention pour l’attribution du local avec Alternatiba*, un collectif citoyen écologiste. « Le Front de Mères et Alternatiba se sont finalement rassemblés pour créer « Verdragon, la maison de l’écologie populaire », une façon pour Fatima Ouassak de s’incruster dans le projet, déplore Sarah Guerlais. Dans les faits, c’est elle qui gère le lieu, y organise des rendez-vous et des événements. » Interrogée par nos confrères du Parisien, la mairie* évoque un « non-événement » et assure ne traiter qu’avec Alternatiba.

« Qu’une association pareille obtienne près de 1 000 m2 de locaux en défendant les thèses qu’ils défendent, c’est tout sauf un non-événement. On est extrêmement heurtés par l’octroi de ce local et nous attendons une réponse publique », déclare Sarah Guerlais. « La mairie se défausse sur Alternatiba, mais elle ne peut ignorer l’implication de Fatima Ouassak aujourd’hui dans ce projet. Derrière ce local, c’est la mise en oeuvre de la stratégie des indigénistes, racialistes, antirépublicains qui sont en train de prendre la ville », s’inquiète un fin connaisseur de la politique locale à Marianne.

*Sollicités par Marianne, ni Fatima Ouassak, ni Alternatiba, ni la mairie n’étaient disponibles pour nous répondre.

À LIRE AUSSI  : À Aubervilliers, une candidature communautaire défie la mairie communiste