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Afghanistan : La France évacue 258 Afghans de Kaboul

Inquiétudes autour d’« exécutions sommaires » d’anciens policiers par les talibans

mercredi 8 décembre 2021, par siawi3

Source : https://www.lemonde.fr/international/article/2021/12/04/la-france-evacue-258-afghans-de-kaboul_6104662_3210.html

Afghanistan

La France évacue 258 Afghans de Kaboul

Ces personnes faisaient l’objet de menaces en raison de leurs engagements ou de leur lien avec la France, a expliqué le ministère des affaires étrangères. Ils ont été transportés à Doha, au Qatar, en attendant d’être rapatriés en France.

Le Monde avec AFP

Publié le 04 décembre 2021 à 00h05 - Mis à jour le 04 décembre 2021 à 09h11

La France a fait évacuer 258 Afghans de Kaboul vers Doha, au Qatar, a annoncé, vendredi 3 décembre, la diplomatie française, sans préciser quand a eu lieu cette opération. Il s’agit de personnes « particulièrement menacé(e)s en raison de leurs engagements, notamment des journalistes, ou de leur lien avec la France, y compris des anciens personnels civils de recrutement local de nos armées (PCRL) », a précisé un communiqué du ministère des affaires étrangères. Ils seront prochainement rapatriés en France.

« Je remercie le Qatar pour le rôle qu’il joue depuis le début de la crise et qui a permis d’organiser plusieurs évacuations », a déclaré Emmanuel Macron, qui s’est entretenu vendredi soir avec le chef de l’Etat qatari, Cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani, au second jour de sa tournée dans le Golfe.

Onze Français et une soixantaine de Néerlandais et leurs ayants droit ont également été évacués par le vol affrété par Paris. « Depuis le 10 septembre, 110 Français et leurs ayants droit ainsi que 396 Afghanes et Afghans à mettre en protection ont été évacués sur dix vols distincts organisés par le Qatar », ajoute le communiqué, où l’émirat est « vivement » remercié pour son « aide déterminante dans la planification et la réalisation de ces opérations complexes ».
Lire aussi : A Doha, les talibans en quête de dialogue avec les Occidentaux

Du matériel médical et des vivres acheminés à Kaboul

Depuis la prise de Kaboul, en août, par les talibans et le départ des Américains, de nombreux pays ont évacué leurs ressortissants, ainsi que des Afghans particulièrement menacés pour avoir servi les intérêts étrangers ces dernières années.

Le président français a par ailleurs précisé qu’une réflexion était en cours pour que plusieurs pays européens ouvrent en commun un site de représentation à Kaboul après le départ des ambassadeurs.

Le sort des employés de l’armée française pendant ses opérations dans le pays fait d’ailleurs l’objet depuis des années de nombreuses polémiques. Certaines voix accusent la France d’avoir failli à son devoir de protection en refusant de leur accorder des visas. De 2001 à 2014, 770 PCRL ont collaboré avec l’armée française en tant qu’interprètes, chauffeurs ou employés de maison en Afghanistan.

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Par ailleurs, dans un communiqué commun avec les autorités de Doha, Paris dit avoir acheminé quelque « quarante tonnes d’équipement médical, de nourriture et de fournitures pour l’hiver destinés aux organisations internationales en Afghanistan ».

L’aide française, constituée majoritairement d’équipements médicaux destinés à l’Institut médical français pour la mère et l’enfant, à Kaboul, a été transportée en Afghanistan via un vol militaire assuré par le Qatar.

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Le Monde avec AFP

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Source : https://www.lemonde.fr/international/article/2021/12/05/afghanistan-inquietudes-autour-d-executions-sommaires-d-ex-policiers-par-les-talibans_6104772_3210.html

Afghanistan : inquiétudes autour d’« exécutions sommaires » d’anciens policiers par les talibans

Washington et ses alliées – dont la France – demandent l’ouverture rapide d’enquêtes après que l’ONG Human Rights Watch a fait état « des meurtres ou des disparitions dont ont été victimes 47 anciens membres des Forces nationales de sécurité afghanes » par les talibans entre août et la fin d’octobre.

Le Monde avec AFP

Publié le 05 décembre 2021 à 04h36 - Mis à jour le 05 décembre 2021 à 17h36

Photo : L’arme d’un soldat taliban qui y a accroché une rose, le 4 décembre 2021 à Kaboul. Les dirigeants talibans désirent acquérir une respectabilité internationale, mais un rapport d’ONG dénonce des « exécutions sommaires » d’anciens membres des forces de sécurités afghanes. PETROS GIANNAKOURIS / AP

S’appuyant sur des révélations d’organisations de défense des droits de l’homme, les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux s’inquiètent du traitement réservé par le régime taliban, en Afghanistan, aux anciens membres des forces de sécurités afghanes.

« Nous sommes profondément préoccupés par les informations faisant état d’exécutions sommaires et de disparitions forcées d’anciens membres des forces de sécurité afghanes, comme l’ont documenté Human Rights Watch et d’autres », assurent une vingtaine de pays, dont la Grande-Bretagne et le Japon, ainsi que l’Union européenne (UE) dans un communiqué publié par le département d’Etat américain.

« Nous soulignons que les actions présumées constituent de graves violations des droits humains et contreviennent à l’amnistie annoncée par les talibans », a déclaré le groupe d’alliés, appelant par ailleurs les nouveaux dirigeants afghans à garantir que l’amnistie soit appliquée et « maintenue dans tout le pays et dans tous leurs rangs ».

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Cette semaine, l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch (HRW) a publié un rapport qui, selon elle, documente « des meurtres ou des disparitions dont ont été victimes 47 anciens membres des Forces nationales de sécurité afghanes qui se sont rendus ou étaient détenus par les forces talibanes entre le 15 août et le 31 octobre ».

« Parmi les victimes figurent des membres du personnel militaire, des policiers, des agents des services de renseignement et des miliciens », précise HRW.

«  Enquêtes rapides et transparentes »

Les talibans ont rejeté ces accusations, jugées « injustes ». « Ces informations ne sont fondées sur aucune preuve », a déclaré le porte-parole du ministère taliban de l’intérieur, Qari Sayed Khosti, dans un message vidéo envoyé à la presse. « Il y a eu des cas de meurtres d’anciens membres des forces de sécurité » du gouvernement renversé l’été dernier, « mais à cause de rivalités ou inimitiés personnelles », a-t-il affirmé. « S’ils ont des documents et preuves, ils devraient nous les montrer », a-t-il ajouté à l’adresse des Occidentaux.

Pour Washington et ses alliés, « les cas signalés doivent faire l’objet d’enquêtes rapides et transparentes, les responsables doivent pouvoir rendre des comptes et ces étapes doivent être clairement annoncées pour agir comme moyen de dissuasion immédiat de nouveaux meurtres et disparitions ». « Nous continuerons de juger les talibans sur leurs actes », ont-ils rappelé.

Outre les Etats-Unis et l’Union européenne, les signataires du communiqué sont la France, l’Allemagne, l’Australie, la Belgique, la Bulgarie, le Canada, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, le Japon, la Macédoine du Nord, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, le Royaume-Uni, la Suède, la Suisse et l’Ukraine.

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Les talibans ont pris le pouvoir en Afghanistan en août, alors que le gouvernement soutenu par les Etats-Unis à Kaboul et l’armée du pays s’effondraient. Leur retour aux commandes du pays est survenu vingt ans après qu’ils en ont été chassés par les forces américaines mettant fin à leur régime fondamentaliste, leur valant l’opprobre international en raison notamment du traitement brutal des femmes, de l’irrespect des droits humains et de l’interprétation rigoriste de l’islam.

« Allégations crédibles »

Les dirigeants talibans d’aujourd’hui, désireux d’acquérir une respectabilité internationale, ont promis que leur régime serait différent. Mais le nouveau gouvernement a continué à appliquer des punitions violentes, et les Nations unies (ONU) ont exprimé leur inquiétude face aux « allégations crédibles » selon lesquelles les talibans auraient commis des meurtres en représailles depuis leur victoire, malgré les promesses d’amnistie pour les troupes du gouvernement déchu.

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Selon HRW, « les dirigeants talibans ont ordonné aux membres des unités de forces de sécurité s’étant rendues de venir s’inscrire pour obtenir une lettre garantissant leur sécurité. Cependant, les forces talibanes ont exploité ces listes de noms pour procéder à la détention et à l’exécution sommaire ou à la disparition forcée de ces personnes quelques jours après leur inscription ».

Des responsables américains se sont entretenus avec les autorités afghanes plus tôt cette semaine et ont exhorté le mouvement islamiste à donner accès à l’éducation aux femmes et aux filles dans tout le pays. Les Etats-Unis ont également « exprimé leur profonde préoccupation concernant les allégations de violations des droits humains », a déclaré un porte-parole américain.

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Le Monde avec AFP