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Syrie : Une Française de 28 ans détenue dans un camp de familles de djihadistes est décédée

samedi 18 décembre 2021, par siawi3

Source : https://www.20minutes.fr/monde/3198483-20211215-syrie-francaise-28-ans-detenue-camp-familles-djihadistes-decedee

Syrie : Une Française de 28 ans détenue dans un camp de familles de djihadistes est décédée

RAPATRIEMENT Son avocate réclamait depuis 2019 le rapatriement de la jeune femme, diabétique et mère d’une petite fille

20 Minutes avec AFP

Publié le 15/12/21 à 15h04 — Mis à jour le 15/12/21 à 15h14

Photo : La Française était détenue depuis 2019 dans le camp de Roj, au nord-est de la Syrie, sous contrôle kurde. — Asaad Al-Asaad/SIPA

Une Française de 28 ans est décédée mardi dans un camp sous contrôle kurde dans le nord-est de la Syrie où sont détenues des milliers de familles de djihadistes, a indiqué mercredi son avocate Marie Dosé, exhortant la France à rapatrier ses ressortissants. La jeune femme avait quitté la France pour la Syrie en 2014 et faisait partie des 80 Françaises qui s’étaient rendues aux forces kurdes ou avaient été emmenées dans les camps d’Al Hol et Roj à la chute du « califat » de l’ organisation Etat islamique en 2019 à Baghouz, a-t-elle ajouté devant la presse.

Enfermée dans le camp de Roj depuis février 2019 avec sa fille aujourd’hui âgée de six ans, elle était notamment diabétique et insulino-dépendante, selon la même source. Mardi matin, selon des messages envoyés à des proches en France par d’autres femmes détenues, la Française avait « extrêmement mal » et avait été transportée dans un hôpital hors du camp où elle est finalement décédée, a expliqué l’avocate dans un récit corroboré par deux membres également présents du collectif « Familles unies » qui représente une grande partie des quelque 80 femmes de djihadistes et 200 enfants français prisonniers en Syrie.


« La France a fabriqué une orpheline »

Depuis 2019, « le gouvernement a été informé de l’état de santé catastrophique » de cette femme et du « caractère d’urgence absolue » de son rapatriement dans de nombreux courriels adressés à l’Elysée et au Quai d’Orsay et qui n’ont « jamais reçu aucune réponse », accuse Marie Dosé. « La France a fabriqué une orpheline », le père de l’enfant étant mort. « Je ne sais pas si elle va la rapatrier maintenant que sa mère est morte », a déploré l’avocate, qui indique vouloir saisir dans les prochains jours, et ce pour la troisième fois, la Cour de Justice de la République (CJR) pour « omission de porter secours ».

« Aujourd’hui, c’est cette femme, demain ça sera un enfant, c’est inévitablement ce qui va se passer si on ne les rapatrie pas, qu’on laisse agoniser ces femmes et qu’on maintient des enfants en cage pendant des années », a pour sa part critiqué le grand-père, ayant requis l’anonymat, de quatre enfants prisonniers à Roj et qui fait valoir les récents retours en Europe organisés par des pays tiers. Début octobre, l’Allemagne et le Danemark ont rapatrié 11 femmes et 37 enfants dans une vaste opération humanitaire conjointe, alors que la Suisse a ramené sur son sol deux enfants le 7 décembre.

35 enfants déjà rapatriés, une politique de cas par cas

« La question du rapatriement de nos ressortissants, notamment des femmes et des enfants est extrêmement sensible, a commenté le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal à l’issue du Conseil des ministres. Nous avons un examen de ces situations qui est fait au cas par cas, en coopération avec les autorités locales, et avec toujours en tête, la sécurité des Français ».

Jusqu’à présent, 35 enfants, majoritairement des orphelins, ont été rapatriés par Paris qui estime que les adultes doivent être jugés sur place. En décembre 2019, la CJR a classé sans suite les plaintes déposées contre le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian par des familles de djihadistes français retenus en Syrie. Deux couples ont saisi la Cour européenne des droits de l’Homme.

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Source : https://www.francetvinfo.fr/france/jihadistes-francais/syrie-une-francaise-est-morte-du-diabete-laissant-sa-fillette-de-6-ans-dans-le-camp-de-roj_4881853.html


Syrie : une Française est morte du diabète, laissant sa fillette de 6 ans dans le camp de Roj

Le jeune femme, diabétique et insulino-dépendante, est décédée mardi. Son avocate avait alerté plusieurs fois l’État sur sa santé. Sa fille de six ans reste seule dans le camp.

Article rédigé par
franceinfo
Radio France

Publié le 15/12/2021 11:55 Mis à jour le 15/12/2021 14:04

Photo : Des réfugiés dans le camp de Roj en Syrie. Photo d’illustration. (MURTAJA LATEEF / EPA)

Une Française de 28 ans est morte mardi 14 décembre du diabète en Syrie et laisse derrière elle sa fille de six ans dans le camp de Roj, a annoncé l’avocate Marie Dosé mercredi 15 décembre lors d’une conférence de presse. L’avocate demandait son rapatriement sanitaire depuis le 30 mars 2019. Elle va déposer une nouvelle plainte contre l’Etat français pour réclamer notamment le retour des enfants de jihadistes.

« La France a fait de Sarah [l’enfant] une orpheline. On en est arrivés là », dénonce l’avocate, qui a envoyé trois courriels à l’Élysée et au Quai d’Orsay depuis mardi 14 décembre, toujours sans réponse. La fillette n’a aucune prise en charge psychologique, elle est seule et sans soutien dans le camp de Roj alors que sa mère a été enterrée.

Cette jeune femme est partie en Syrie en 2014 et a accouché d’une fillette dans ce pays en 2015. En février 2019, elle s’est rendue dans le camp de Roj. Marie Dosé a demandé son rapatriement une première fois un mois plus tard en adressant plusieurs courriers à l’Élysée et au Quai d’Orsay qui sont restés sans réponse. Après plusieurs relances, l’avocate a déposé une plainte auprès de la Cour de justice de la République en avril 2021, mais sa requête a été jugée irrecevable.

« Elle aurait pu être sauvée si elle avait été rapatriée »

Pendant ce temps, l’état de santé de la jeune femme, diabétique et insulino-dépendante, a empiré. Elle a perdu 10 kg en quelques mois. « Les autorités françaises ne pouvaient pas être plus informées que cette femme allait mourir si elle n’était pas rapatriée », estime Marie Dosé, dénonçant la venue d’une délégation pour voir les enfants et qui « l’a laissée crever sur place ». Alors que cette femme était sous le coup d’un mandat d’arrêt, « elle aurait pu être sauvée si elle avait été rapatriée. La France a fait le choix de prendre ce risque », dénonce-t-elle.

Selon Marie Dosé, moins de 200 enfants et 80 femmes françaises sont dans le camp de Roj et pourraient être rapatriés. « Je rappelle qu’aucun enfant n’a été rapatrié depuis janvier 2021 ».