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France : Une œuvre de street art en hommage aux victimes algériennes du 17 octobre 1961 dégradée à Ivry

dimanche 26 décembre 2021, par siawi3

Source : https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/12/25/une-uvre-de-street-art-en-hommage-aux-victimes-algeriennes-du-17-octobre-1961-degradee-a-ivry_6107304_3246.html

Une œuvre de street art en hommage aux victimes algériennes du 17 octobre 1961 dégradée à Ivry

Il y a deux mois, à l’occasion des 60 ans du massacre de manifestants algériens, C215 avait peint au pochoir sur un mur de garage un portrait d’une des victimes, Ahmad Khalfi.

Le Monde avec AFP

Publié hier à 22h36, mis à jour à 18h44

Une œuvre de street art du pochoiriste français C215, en hommage aux victimes algériennes du massacre du 17 octobre 1961, a été dégradée à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) de « manière manifestement raciste », a dénoncé, samedi 25 décembre, l’artiste.

Il y a deux mois, à l’occasion des 60 ans du massacre de manifestants algériens sous l’autorité du préfet de police de Paris de l’époque, Maurice Papon, C215, de son vrai nom Christian Guémy, avait peint au pochoir sur un mur de garage d’Ivry un portrait d’une des victimes de cette répression, Ahmad Khalfi, avec l’inscription « Jeté dans la Seine le 17.10.1961 ».

Aspergé d’une peinture rouge sang

Comme le montre une photo publiée samedi par l’artiste sur les réseaux sociaux, cette inscription a été effacée au burin et le portrait a été aspergé d’une peinture rouge couleur sang. Un pénis a également été gravé sur l’œuvre.

« C’est très violent pour tous les Maghrébins et les gens qui peuvent s’identifier vraiment à lui [Ahmad Khalfi]. Ce n’est pas un personnage politique, c’est juste une victime d’un massacre qui a été commis dans des circonstances de racisme ordinaire. Et là, on perpétue tout ça », a regretté C215. « C’est très triste. C’est une offense jetée au visage non seulement de la victime mais également des gens du présent », a-t-il ajouté.

« Je m’en suis aperçu aujourd’hui mais ne sais pas quand ça a été fait. C’est dans une petite rue, il n’y a pas beaucoup de passage », a-t-il expliqué. « J’ai essayé de rendre son portrait le plus vivant et le plus humain possible. Il est peint à hauteur d’homme, dans un quartier où il y a beaucoup de diversité en plus. » « A une époque où on parle de diversifier la représentation mémorielle dans l’espace public, on n’est pas sorti de l’auberge… », a-t-il déploré.

Image : Le portrait du policier Ahmed Merabet dégradé en novembre

En novembre, un autre portrait au pochoir de C215, celui du policier Ahmed Merabet, froidement assassiné par l’un des frères Kouachi en janvier 2015, a été dégradé à Paris. Le préfet de police avait porté plainte après que l’insulte raciste « bicot » a été retrouvée inscrite sur ce portrait.

Pour la première fois cette année, la présidence française a reconnu que « plusieurs dizaines » de manifestants algériens « furent tués, leurs corps jetés dans la Seine » le 17 octobre 1961. Le bilan officiel ne dénombrait jusqu’à présent que trois victimes.

Lire aussi : Le « demi-pas » mémoriel de Macron sur le massacre du 17 octobre 1961

« Nous condamnons la dégradation dont a été l’objet C215, dont le travail est connu et reconnu en région parisienne et par les Ivryens », a réagi la mairie d’Ivry. Dimanche, C215 a annoncé sur les réseaux sociaux que la mairie avait décidé « de refaire ce portrait en grand, de manière définitive et solennelle dans la future rue du 17/10/61 à Ivry ».

Le Monde avec AFP