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Italie : Pas de passe sanitaire pour la messe de minuit

jeudi 30 décembre 2021, par siawi3

Source : https://www.marianne.net/monde/europe/covid-en-italie-pas-de-passe-sanitaire-pour-la-messe-de-minuit?utm_source=nl_quotidienne&utm_medium=email&utm_campaign=20211222&xtor=EPR-1&_ope=eyJndWlkIjoiZWU1YTU1MWQyNmQzMmYxMmE0MzMyZDY4NmJjYmFiMmUifQ%3D%3D

Covid : en Italie, pas de passe sanitaire pour la messe de minuit

Urbi et Orbi

Par Ariel F. Dumont

Publié le 22/12/2021 à 14:48

Alors que l’Europe commence à se blinder face à la progression rapide du variant Omicron, au Vatican, le pape François se prépare à célébrer la traditionnelle messe de Noël dans la Basilique Saint-Pierre de Rome selon la tradition. Le Saint Siège a dévoilé le programme du souverain pontife qui comprend cinq liturgies et prières spéciales entre la veille de Noël et la solennité de L’Épiphanie. Un marathon qui devrait rameuter bon nombre d’ouailles. Le tout sans passe obligatoire…

L’an dernier, l’Union européenne avait recommandé aux pays membres d’éviter les rassemblements à l’occasion des fêtes de fin d’année. Ce conseil concernait également les messes de Noël. Très attentif à l’évolution de la crise sanitaire depuis le début de la pandémie, le pape François avait décidé d’anticiper l’heure de la messe de minuit à 19 h 30 pour permettre aux fidèles de respecter le couvre-feu et d’introduire une jauge de 200 personnes. Cette année, l’organisation sera nettement plus souple – c’est-à-dire sans jauge – même si comme l’an passé, la messe commencera à 19 h 30.

Selon plusieurs sources en Italie, cette décision aurait été prise « par prudence » au début du mois de décembre. La situation sanitaire, loin d’être claire, évolue de jour en jour et personne ne sait ce qu’il se passera à la veille des fêtes de Noël, aurait estimé le Saint-Père. Sage réflexion car face à la remontée en flèche de la courbe épidémiologique avec le variant Omicron, le président du Conseil Mario Draghi a convoqué ses ministres le 23 décembre au matin. Objectif de la réunion : faire le point sur la situation et introduire des nouvelles restrictions.

Pas de passe à l’entrée des lieux de culture

Abolir toutefois le système de la jauge ne veut pas dire que le pape laissera venir à lui tous les Romains le soir du 24 décembre. Le nombre de places assises a été réduit pour respecter la distanciation selon le protocole sanitaire toujours en vigueur. Et pour éviter les rassemblements, très peu de participants peuvent également rester debout. Le port du masque est obligatoire. En revanche, le certificat sanitaire n’est pas exigé à l’entrée de la basilique et des autres églises.

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Une décision pour le moins surprenante affirment de nombreux prêtes comme Don Pietro qui a demandé des explications à ses supérieurs. « J’ai du mal à comprendre que l’on doive exhiber le passe sanitaire pour aller manger au restaurant mais pas pour prier ! J’ai interrogé plusieurs prélats mais je n’ai pas eu de réponse précise » confie ce religieux en conseillant de se retourner vers la Conférence épiscopale des évêques italiens (CEI).

La question qui taraude Don Pietro et de nombreux fidèles est d’autant plus légitime que le certificat sanitaire est exigé pour entrer dans la cité du Vatican depuis le 1er octobre dernier. C’est ce qu’a expliqué un communiqué officiel publié par la Commission Pontificale de l’État du Vatican qui spécifie toutefois que les personnes voulant participer à des célébrations religieuses ne sont pas concernées par cette mesure. Pour justifier la non-obligation du passe sanitaire, la CEI cite le protocole introduit l’an dernier par le gouvernement italien établissant que les lieux de culte ne sont pas concernés par le certificat sanitaire.

La vaccination « un acte d’amour » selon François

N’ayant pas été modifié, ce dispositif est encore en vigueur. Mais si les lieux de culte bénéficient d’une protection particulière, le Vatican et la CEI ne badinent pas avec la vaccination « un acte d’amour » comme l’a d’ailleurs souligné le pape François à plusieurs reprises en houspillant les prélats qui refusent de se faire piquer. Pour la CEI, toutes les soutanes et aussi les ouailles, doivent passer par la case vaccin car le « bien commun est aujourd’hui menacé ».

Une position ambiguë relève Roberto Castellito, un architecte plutôt croyant et assez pratiquant, très critique vis-à-vis de cette conception qu’il qualifie de deux poids et deux mesures. « Je ne vois pas ce qu’il y aurait de choquant à demander le passe sanitaire pour aller prier alors qu’il est exigé lorsque des concerts par exemple, sont organisés dans une église ! Je voudrais que quelqu’un m’explique la différence entre s’adresser à Dieu et écouter de la musique » murmure ce quinquagénaire qui va à la messe au moins une fois par mois.

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Pour Paolo Sapino, ingénieur de profession et membre d’une famille très pratiquante, le passe sanitaire non obligatoire dans les églises mais aussi dans les mosquées et les synagogues, est une décision surprenante mais pas pour autant choquante. « C’est tout le reste qui est absurde ! Dans les transports en commun par exemple, les gens sont agglutinés les uns contre les autres et on ne leur demande pas leur passe avant de les faire monter dans le métro sans parler des réunions de copropriétaires qui deviennent des vraies boîtes de sardine où tout le monde peut joyeusement s’infecter » s’agace ce sexagénaire tout en rondeur en remettant en cause, dans la foulée, la communication du gouvernement italien. « C’est tout et n’importe quoi ! Pour combattre la pandémie, on adopte certaines mesures dans le public mais pas dans le privé, c’est ridicule, le virus ne fait pas de différences entre les petits patrons et l’administration publique, il n’est pas capitaliste ! ».