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Canada : Obsession de « la race » : une journaliste de Radio-Canada claque la porte

vendredi 7 janvier 2022, par siawi3

Source : https://www.marianne.net/societe/medias/obsession-de-la-race-une-journaliste-de-radio-canada-claque-la-porte?utm_source=nl_quotidienne&utm_medium=email&utm_campaign=20220104&xtor=EPR-1&_ope=eyJndWlkIjoiZWU1YTU1MWQyNmQzMmYxMmE0MzMyZDY4NmJjYmFiMmUifQ%3D%3D

Obsession de « la race » : une journaliste de Radio-Canada claque la porte

Wokisme médiatique

Par Emilien Hertement

Publié le 04/01/2022 à 15:01

La journaliste canadienne Tara Henley revient dans un article publié le 3 janvier sur les profonds désaccords qui l’ont poussé à démissionner du premier radiodiffuseur public du Canada. Un nouvel épisode dans la controverse sur l’influence du « wokisme » sur les médias nord-américains.

C’est un départ qui fait du bruit dans le monde des médias canadiens. La journaliste Tara Henley a claqué la porte de Radio-Canada, la plus importante radio publique canadienne, manifestement en désaccord avec la ligne « woke » de son employeur, plus précisément dans son traitement des questions liées aux « minorités ».

Dans une publication visible sur la plateforme en ligne Substack le 3 janvier 2021, elle s’explique. « Les gens veulent savoir pourquoi, par exemple, les Philippins non-binaires préoccupés par le manque d’expression LGBT dans la langue tagalog sont une priorité éditoriale pour la CBC (Canadian Broadcasting Corporation), alors que les problèmes locaux d’intérêt général ne sont pas couverts. »

« Parodie de la presse étudiante. »

Le texte incendiaire débute par les raisons qui l’ont poussé à prendre la parole : « Depuis des mois maintenant, je reçois des plaintes au sujet de la SRC (Société Radio-Canada, N.D.L.R.) où j’ai travaillé comme productrice de télévision et de radio, et chroniqueuse occasionnelle à l’antenne, pendant une grande partie de la dernière décennie. » Tara Henley avait donné sa démission en décembre 2021. Selon elle, un changement radical a eu lieu au cours des 18 derniers mois au sein du plus ancien service de diffusion du pays. « Travailler à Radio-Canada dans le climat actuel, c’est embrasser la dissonance cognitive et abandonner l’intégrité journalistique », explique-t-elle.

La journaliste avait rejoint en 2013 la prestigieuse rédaction. Elle dénonce le fait qu’en peu de temps, la radio « est passée d’une source d’information fiable à une production d’appâts à clics ressemblant à une parodie de la presse étudiante. »

« Profil racial »

Travailler à Radio-Canada aujourd’hui revient pour Tara Henley à « prétendre que la vision du monde « éveillée » est presque universelle – même si elle est loin d’être populaire auprès de ceux que vous connaissez, à qui vous parlez, interviewez et lisez. » C’est aussi « accepter l’idée que la race est la chose la plus importante chez une personne et que certaines races sont plus pertinentes que d’autres dans la conversation publique. » Une critique directe de l’influence de l’idéologie woke et de ce nouvel antiracisme sur la ligne éditoriale.

La journaliste critique en particulier le fait qu’on demande dans les salles de rédaction : « de remplir des formulaires de profil racial pour chaque personne que vous invitez » mais aussi « faire venir plus de personnes de certaines races et moins d’autres. »

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Tara Henley fait également une analogie entre l’approche actuelle de Radio-Canada et « l’agenda politique radical qui a pris naissance sur les campus de l’Ivy League aux États-Unis et s’est propagé sur les plateformes de médias sociaux américaines qui monétisent l’indignation et attisent la division sociétale »

Elle ajoute que travailler à Radio-Canada aujourd’hui : « c’est devenir moins hostile au gouvernement et aux entreprises et plus hostile aux gens ordinaires avec des idées que Twitter n’aime pas. »

Climat délétère

En juin 2021, la société de radio-diffusion avait notamment annoncé qu’au moins 30 % des postes clés de ses programmes devront être occupés par « des groupes de la diversité actuellement sous-représentés : les personnes noires, autochtones, appartenant à des minorités visibles ou ayant un handicap. » Cette décision faisait suite à la polémique qu’avait suscitée la disparition de la série à succès « Kim’s Convenence », diffusé sur CBC Television. Plusieurs membres de la distribution avaient critiqué le manque de diversité ethnique et de genre au sein de la production.

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Le départ de certains journalistes critiques de la montée en puissance du courant woke dans les médias n’est pas une première. La chroniqueuse et rédactrice en chef Bari Weiss avait notamment démissionné avec fracas du New York Times le 14 juillet 2020, en dénonçant les brimades constantes de la part de ses collègues qui ne partageaient pas ses opinions et le manque de tolérance intellectuelle à l’intérieur de la rédaction.

Dans son long billet, Tara Henley écrit que cette situation « soulève des questions plus vastes quant à la direction que prend l’Amérique du Nord. Des questions sur ce nouveau moment que nous vivons — et son impact sur le corps politique. Sur les divisions de classe et les inégalités économiques. Sur l’éducation. Sur la santé mentale. Sur la littérature et la comédie. Sur la science. Sur le libéralisme et la démocratie. »