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Syrie.Les Kurdes reprennent une prison à Daech avec l’aide décisive de l’armée américaine

mercredi 2 février 2022, par siawi3

Source : https://actu.orange.fr/monde/en-syrie-des-jihadistes-retranches-dans-une-prison-et-traques-par-les-kurdes-CNT000001JcvPG/photos/des-membres-des-forces-democratiques-syriennes-fds-se-deploient-a-l-exterieur-de-la-prison-de-ghwayran-a-hassake-dans-le-nord-est-de-la-syrie-le-26-janvier-2022-127ec44cc4ca92b81323f651669380ef.html

En Syrie, des jihadistes retranchés dans une prison et traqués par les Kurdes

Photo : Des membres des Forces démocratiques syriennes (FDS) se déploient à l’extérieur de la prison de Ghwayran, à Hassaké, dans le nord-est de la Syrie, le 26 janvier 2022

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AFP, publié le jeudi 27 janvier 2022 à 22h24

Des dizaines de jihadistes sont encore retranchés jeudi dans une prison en Syrie, dont les forces kurdes ont annoncé avoir repris le contrôle la veille, près d’une semaine après une attaque du groupe Etat islamique (EI) ayant fait plus de 235 morts.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes et fer de lance de la lutte contre l’EI en Syrie, avaient déclaré mercredi avoir repris le contrôle total de la prison de Ghwayran à Hassaké, une ville du nord-est, mettant fin à six jours d’intenses combats.

Mais jeudi, de nouveaux affrontements sporadiques au sein de la prison ont émaillé les opérations de ratissage toujours en cours, effectuées par les FDS, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), une ONG dont le siège est au Royaume-Uni et au vaste réseau de sources en Syrie.

Douze combattants de l’EI ont été tués dans ces combats, d’après l’OSDH. Les corps de cinq autres jihadistes ont également été retrouvés, selon l’ONG.

Les opérations de ratissage ont permis de débusquer 60 à 90 jihadistes encore dissimulés dans une aile de la prison, ont expliqué les FDS, annonçant la reddition d’environ « 3.500 membres de l’EI ».

Pas moins de 173 jihadistes, 55 combattants kurdes et sept civils ont été tués dans les violences à Hassaké depuis le début de l’attaque contre la prison le 20 janvier, a affirmé l’OSDH.

Un couvre-feu est en vigueur dans cette ville depuis quatre jours, les forces kurdes -soutenues par une coalition emmenée par les Etats-Unis- en bloquant tous les accès pour empêcher les jihadistes en fuite de se rendre vers d’autres régions.

- 120 blessés -

Selon l’OSDH, 25 à 40 jihadistes étaient terrés dans les sous-sols de la prison, sans nourriture depuis près d’une semaine. « Une partie d’entre eux ont été tués au cours du raid aérien (mercredi) soir pendant qu’ils tentaient de fuir », a raconté l’ONG.

Le bilan des combats risque encore de s’alourdir car « le sort de dizaines de personnes est toujours inconnu », avertit-elle, ajoutant que « 120 combattants des FDS et membres de la police ont été transportés à l’hôpital, certains grièvement blessés. »

L’EI a de son côté, dans un communiqué diffusé sur ses chaînes Telegram, affirmé avoir tué ou blessé huit membres des forces kurdes « malgré l’annonce des apostats de leur contrôle de la prison ».

L’attaque déclenchée le 20 janvier par l’EI contre cette prison où étaient détenus des milliers de jihadistes est la plus importante offensive de l’EI depuis sa défaite territoriale en Syrie en 2019 face aux forces kurdes. L’administration autonome kurde contrôle de vastes régions du nord et nord-est de la Syrie.

La coalition antijihadiste menée par les Etats-Unis effectue des raids aériens visant des membres de l’EI, en soutien aux forces kurdes.

Depuis jeudi dernier, les affrontements ont poussé à la fuite par un temps glacial environ 45.000 personnes qui vivaient dans les secteurs proches de la prison, d’après l’ONU.

- Centaines de mineurs -

L’ONU et des organisations de défense des droits de l’Homme ont alerté sur la présence de centaines de mineurs enfermés dans cette ancienne école reconvertie en centre de détention.

« Nous sommes extrêmement préoccupés par les centaines d’enfants piégés dans un terrifiant siège » de cette prison, a ainsi déclaré jeudi le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les Affaires humanitaires, Martin Griffiths . « Il est d’une importance cruciale que tous les enfants soient évacués pour être placés en sécurité et aidés », a-t-il ajouté au cours d’une session du Conseil de sécurité consacrée au volet humanitaire du dossier syrien.

« La reprise de la prison par les forces dirigées par les Kurdes met fin à cette épreuve meurtrière, mais la crise plus large impliquant ces prisonniers est loin d’être terminée », a de son côté rappelé mercredi l’ONG Human Rights Watch.

Les prisonniers qui se sont rendus ont été transférés vers des installations plus sûres, ont assuré les FDS. Les Kurdes réclament en vain depuis des années le rapatriement de quelque 12.000 jihadistes de plus de 50 nationalités -de pays européens entre autres- détenus sur leur sol.

Mais la plupart des gouvernements occidentaux refusent de rapatrier l’ensemble de leurs citoyens détenus dans les prisons et les camps sous contrôle des Kurdes, se contentant de rapatriements au compte-gouttes.

Des experts voient dans l’assaut jihadiste une étape vers la résurgence de l’EI, qui s’est replié dans le désert de Syrie après sa défaite dans ce pays.

Les civils payent le prix des violences dans un pays où la guerre complexe aux multiples protagonistes a fait environ 500.000 morts depuis 2011.

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Source : https://www.courrierinternational.com/article/syrie-les-kurdes-reprennent-une-prison-daech-avec-laide-decisive-de-larmee-americaine

Syrie.Les Kurdes reprennent une prison à Daech avec l’aide décisive de l’armée américaine

Publié le 27/01/2022 - 14:41

Des soldats américains présents dans le secteur de la prison de Ghwayran, dans la ville de Hassaké, dans le nord-est de la Syrie, le 24 janvier 2022. (Photo by Gihad DARWISH / AFPTV / AFP) Photo / Gihad DARWISH / AFPTV / AFP

Mercredi 26 janvier, les forces kurdes ont annoncé avoir repris le contrôle de la prison de Ghwayran, dans le Nord-Est syrien, prise d’assaut six jours plus tôt par le groupe djihadiste État islamique. Le contingent militaire américain aura été extrêmement actif durant les combats, explique The Wall Street Journal.

Après six jours d’affrontements meurtriers, les forces kurdes, soutenues par la coalition internationale contre l’État islamique (EI, ou Daech), ont annoncé avoir repris mercredi 26 janvier au groupe djihadiste le contrôle de la prison de Ghwayran, à Hassaké, dans le nord-est de la Syrie. Daech y avait mené, le 20 janvier dernier, sa plus grosse opération dans le pays depuis trois ans.

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“Environ 200 soldats américains ont participé aux combats” aux côtés des Forces démocratiques syriennes (FDS), l’aile militaire de l’administration semi-autonome kurde qui gère la région, souligne The Wall Street Journal (WSJ). Pour le quotidien américain, l’épisode a constitué “le plus gros défi depuis des années” pour le contingent américain stationné en Syrie, qui compte environ 900 hommes.

Ces intenses combats ont entraîné le plus gros déploiement de combat américain en Syrie depuis des années.”

En plus des troupes au sol, explique le journal américain, des bombardements aériens et des opérations de surveillance ont été menés.

Lors de ces combats, des blindés Bradley, “les plus gros véhicules à disposition des forces américaines en Syrie”, ont également été déployés, rapporte The Wall Street Journal. Ces blindés ont servi à “créer des voies de passage” à travers Hassaké et “ont ouvert le feu”.

”Terreau fertile”

En tout,156 djihadistes, 55 combattants kurdes et sept civils ont été tués au cours de ces six jours de combat dans et autour de la prison de Ghwayran, indique le dernier décompte de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Selon les FDS, 3 500 djihadistes se sont rendus durant les combats, mais d’après l’OSDH, certains ont réussi à s’échapper.

Depuis la reprise de l’établissement pénitentiaire, qui abritait quelque 3 500 djihadistes dont des centaines de mineurs, certains retenus comme boucliers humains, les forces armées kurdes ont lancé des opérations de ratissage à l’intérieur de la prison et dans les quartiers environnants pour débusquer les derniers insurgés retranchés. Elles ont permis de découvrir 60 à 90 djihadistes.

Pour de nombreux observateurs, l’épisode pose la question des prisons du nord-est syrien, où sont détenus des milliers de prisonniers de Daech, notamment 12 000 étrangers dont les Kurdes réclament le rapatriement mais que les pays occidentaux rechignent à ramener. “Les prisons de fortune à travers la Syrie sont un terreau fertile pour l’idéologie destructrice de Daech”, a déclaré le général américain John Brennan, qui commande les forces américaines en Irak et en Syrie, dont le WSJ rapporte les propos.