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France : Ophélie Meunier : condamnons sans appel les menaces

jeudi 3 février 2022, par siawi3

Source : https://www.liberation.fr/idees-et-debats/ophelie-meunier-condamnons-sans-appel-les-menaces-20220202_DTJCETFXGJB3XGBZF64K4O3C24/

Editorial
Ophélie Meunier : condamnons sans appel les menaces

Si certains aspects du reportage diffusé par M6 méritent sans doute d’être débattus, il faut avant tout rappeler que tout journaliste a le droit d’exercer son métier librement, sans faire l’objet de menaces.

Photo : Ophelie Meunier. (Alain ROBERT/SIPA/Alain ROBERT/SIPA)

par Dov Alfon

publié le 2 février 2022 à 21h42

Dimanche le 23 janvier, M6 a diffusé un reportage en partie consacré à l’islamisme dans la ville de Roubaix (Nord). Le reportage montrait notamment des images de poupées sans visage vendues dans un magasin du centre-ville au motif que le Coran interdirait les représentations figuratives. Il révèle aussi qu’une association d’aide aux devoirs, subventionnée par la mairie, abriterait en fait des enseignements coraniques.

Ce reportage a fait immédiatement l’objet de commentaires haineux et d’appels au boycott de la part de défenseurs autodéclarés de l’islam. Jusque-là, hélas, rien que de l’ordinaire.

Lundi 31 janvier, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, révélait que plusieurs protagonistes de l’émission, dont la présentatrice, Ophélie Meunier, et le juriste Amine Elbahi ont dû être placés sous protection policière à la suite de menaces. Là encore, hélas, rien que de l’ordinaire : à lui seul, le journal Libération a déposé cette dernière année huit plaintes pour menaces de mort contre ses journalistes, après des enquêtes portant sur des mouvances diverses, de l’islamisme à l’extrême droite.

Suivant cette déclaration, les sociétés de journalistes de la presse audiovisuelle ont naturellement manifesté leur soutien à leur consœur. Le Syndicat national des journalistes, l’organisme représentant la majorité de la profession, se réunissait le lendemain pour exprimer à son tour son soutien, suivi par beaucoup de sociétés de journalistes de quotidiens nationaux, y compris celle de Libération.

La situation devient moins consensuelle le lendemain, quand des doutes commencent à émerger sur la nature du reportage, devenu entre-temps la coqueluche d’islamophobes notoires et l’objet de récupérations politiques, à commencer par celle d’Eric Zemmour. Une enquête du média Arrêt sur images révélait que la société de production aurait utilisé des méthodes de dissimulation contraires à la déontologie prônée par les mêmes sociétés de journalistes.

Ces questions méritent sans doute d’être débattues, mais ne peuvent porter atteinte à l’affirmation renouvelée de la liberté de la presse. L’idée saugrenue selon laquelle un crime ne devrait être condamné que si sa victime était exemplaire rappelle le questionnement artistique sur certaines des caricatures de Charlie Hebdo après le massacre de sa rédaction. Arrêtons-nous là. Tout journaliste a le droit inconditionnel d’exercer son métier librement, sans faire l’objet d’intimidations, de messages haineux et certainement de menaces de mort.

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Source : https://www.liberation.fr/societe/menacee-apres-un-reportage-de-m6-sur-roubaix-ophelie-meunier-recoit-le-soutien-de-plusieurs-societes-de-journalistes-20220201_JC3JRS6ZZRCRPOW7ZAU7HLOVV4/

Solidarité
Menacée après un reportage de M6 sur Roubaix, Ophélie Meunier reçoit le soutien de plusieurs sociétés de journalistes

La journaliste de M6 et un témoin de l’émission « Zone interdite » ont été placés sous protection policière après avoir reçu des menaces de mort à la suite d’un reportage sur l’islamisme, tourné dans la ville du Nord.

Photo : La présentatrice de Zone Interdite Ophélie Meunier est la cible de menaces après la diffusion d’un reportage sur Roubaix. (Domine Jerome/Abaca)

par LIBERATION et AFP

publié le 1er février 2022 à 13h10

Plusieurs sociétés de journalistes (SDJ) ont exprimé leur soutien à l’animatrice de l’émission « Zone Interdite » Ophélie Meunier, placée sous protection policière après avoir reçu des menaces à la suite d’un reportage sur l’islamisme. « Nous, SDJ des JT de M6 et SDJ de RTL apportons notre plein soutien à toute l’équipe de Zone Interdite et en particulier à Ophélie Meunier, ainsi qu’à tous les intervenants qui ont accepté de témoigner », a écrit lundi la SDJ de M6 sur son compte Twitter. Un jeune homme originaire de Roubaix, qui témoigne dans le reportage, a également été placé sous protection policière.

« Il est inadmissible de s’en prendre ainsi à qui que ce soit. Rien ne justifie les menaces ou la violence, et l’information et la liberté de la presse doivent rester une priorité si l’on veut préserver notre démocratie », a ajouté la SDJ.
Des réactions politiques

Les SDJ de BFM TV, France 2, LCI, RMC, du Parisien et du Figaro ont également fait bloc avec l’équipe de Zone Interdite. « Rien ne justifie des menaces à l’encontre de journalistes exerçant leur métier », a réagi la SDJ de France 2. Le Syndicat national des journalistes (SNJ), la première organisation de la profession, ainsi que l’association Reporters sans frontières (RSF) ont apporté leur soutien.

Dimanche 23 janvier, M6 a diffusé un reportage en partie consacré à l’islamisme dans la ville de Roubaix (Nord). Le reportage montrait notamment des images de poupées sans visage vendues dans un magasin du centre-ville ou encore une association de soutien scolaire donnant des cours de Coran. Une commerçante dénonçait également le communautarisme dans la ville.

La polémique n’a pas tardé à enfler sur les réseaux sociaux et les chaînes d’information en continu. Un témoin de l’émission ainsi que la journaliste Ophélie Meunier ont, dans la foulée, reçu des menaces de mort. « Les journalistes et les personnes qui ont témoigné dans ce reportage ont été soutenus, leurs plaintes sont instruites », a déclaré après l’émission le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, qui a été maire de la ville voisine de Tourcoing.

Plusieurs candidats à la présidentielle ont réagi après la diffusion du reportage, utilisant la polémique pour faire avancer leur agenda de campagne. La droite criant à l’islamisation, la gauche dénonçant une enquête à charge. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé jeudi dernier, soit avant les menaces de mort, une « émission particulièrement malhonnête » tout en reconnaissant qu’il... ne l’avait pas vue. Lors de leur face-à-face orchestré par Cyril Hanouna, Eric Zemmour en a fait des tonnes sur le sujet comparant Roubaix à l’Afghanistan. « Ophélie Meunier est en danger de mort : voilà ce qui arrive quand on montre aux Français l’islamisation de notre pays. Des millions de patriotes la remercient pour son courage », a rajouté le candidat d’extrême-droite sur les réseaux sociaux samedi. « Soutien total à ⁦Ophélie Meunier menacée et placée sous protection après la courageuse enquête de Zone interdite sur l’islamisme », a noté de son côté la candidate des Républicains.

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Source : https://www.lexpress.fr/actualite/societe/ophelie-meunier-et-amine-elbahi-menaces-de-mort-non-nous-ne-ferons-pas-silence_2167222.html

Edito
Ophélie Meunier et Amine Elbahi menacés de mort : Non, nous ne ferons pas silence !

La présentatrice de « Zone Interdite » est sous protection policière après avoir reçu des menaces de mort à la suite d’une enquête autour de l’islamisme à Roubaix. Tout comme le juriste qui intervenait dans le reportage. La rédaction de L’Express leur apporte son vif soutien.

Par la rédaction de L’Express

Publié le 01/02/2022 à 10:49, mis à jour à 18:06

Dans l’hebdo du 03 février

Ceux qui veulent imposer la trouille dans toutes les salles de rédaction ne nous détourneront pas de notre mission. Ceux qui insultent et menacent de mort sur les réseaux sociaux pour que nous fassions silence sur les affres de l’islamisme ne gagneront pas. Non que nous restions insensibles à cette terreur. La peur existe, elle est humaine. Cette peur de se retrouver un jour, comme la journaliste de M6 Ophélie Meunier, dans l’obligation de recourir à une protection policière pour avoir présenté une enquête sur l’islam radical dans l’émission Zone interdite, et faire depuis l’objet de menaces de mort. Tout comme le juriste Amine Elbahi, qui intervenait dans ce reportage pour dénoncer les agissements d’une minorité virulente et intolérante au sein d’une majorité intimidée.

Nous leur apportons à tous deux notre vif soutien. Le rôle des médias est d’informer. Et nous entendons continuer d’exercer cette fonction, cette mission. A Roubaix comme à Paris. A Marseille comme à Strasbourg. Car « nous finissons toujours par avoir le visage de nos vérités », disait Camus. Nous espérons que toute la profession contribuera à cet esprit de défense. C’est en faisant bloc, quelles que soient nos sensibilités, nos lignes éditoriales, que nous pourrons diluer la menace ; l’étouffer de notre réaction commune. Informer et débattre sans être menacés de mort, voilà qui devrait survivre à tous nos accommodements.

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Source : https://www.programme-television.org/news-tv/Ophelie-Meunier-menacee-de-mort-l-appel-de-l-avocat-Richard-Malka-aux-chaines-de-tele-4682672

Ophélie Meunier menacée de mort : l’appel de l’avocat Richard Malka aux chaînes de télé !

01/02/2022 - 10h47

Au lendemain de la diffusion d’un reportage sur l’islam radical dans Zone Interdite, sur M6, Ophélie Meunier a été placée sous protection policière. Dans une tribune, Richard Malka a lancé un appel à la profession.
© M6

Il est l’avocat de Charlie Hebdo et de la jeune Mila, Richard Malka a apporté son soutien à l’animatrice Ophélie Meunier ce 29 janvier dans une tribune publiée par Le Point. Après la diffusion d’un numéro spécial de Zone interdite sur l’islam radical, elle est menacée de mort, et sous protection policière, tout comme un témoin de l’émission, Amine Elbahi.

Dans son texte engagé, l’auteur du livre « Le droit d’emmerder Dieu » salue le « courage » des auteurs du reportage diffusé sur M6. En signe de « solidarité », il demande à la « profession » et à « toutes les chaînes » de diffuser cette même enquête (comme l’avait proposé Jean-Marc Morandini, il y a quelques jours pour CNews) pour ne pas « laisser » les cibles seules « face aux menaces ».

Il estime d’ailleurs que c’est ce qui aurait dû être fait en 2007, après l’affaire des caricatures de Charlie Hebdo : « tous les journaux auraient dû les reprendre et les publier dans leurs colonnes ». Si aujourd’hui, Richard Malka prend la parole, c’est parce qu’il craint que « le règne de la terreur » ne s’étende et qu’on ne montre « plus cette réalité ».

À lire également : Ophélie Meunier sous protection policière : l’animatrice de Zone Interdite a reçu des menaces

En effet, il précise : « En l’absence de réaction, il n’y aura plus aucun reportage ni enquête sur l’islam et, en particulier, l’islam radical. On se dira que c’est trop de problèmes – on se le dit déjà, d’ailleurs... Et le ’pas-de-vaguisme’ l’emportera définitivement. Ne rien faire, c’est accepter de ne plus être informé, c’est laisser prospérer la radicalité ».

S’il demande aux médias de soutenir Ophélie Meunier, c’est parce que Richard Malka s’interroge : « Sans soutien, quel animateur, quelle chaîne acceptera, demain, de revenir sur ces sujets ? Quel témoin courageux osera parler à visage découvert, comme l’a fait M. Elbahi dans ce reportage ? »

F.A