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France : Julian Assange : l’honneur perdu de l’Assemblée nationale

mercredi 9 février 2022, par siawi3

Source : https://www.marianne.net/agora/les-signatures-de-marianne/julian-assange-lhonneur-perdu-de-lassemblee-nationale

Julian Assange : l’honneur perdu de l’Assemblée nationale

La France continue de refuser d’accueillir le lanceur d’alerte Julian Assange.

Lanceurs d’alertes

Par Jack Dion

Publié le 05/02/2022 à 12:44

Une résolution proposant d’accorder l’asile au fondateur de Wikileaks a été refusée au Palais Bourbon. Symboliquement, cette décision constitue une véritable capitulation de la France, face à l’injustice subie par Julian Assange.

C’est ce qui s’appelle boire le calice du déshonneur jusqu’à la lie. L’Assemblée nationale a majoritairement rejeté (31 voix contre 17) une résolution transpartisane proposant au gouvernement d’accorder l’asile politique à Julian Assange, fondateur de Wikileaks, emprisonné à Londres, sous le coup d’une demande d’extradition vers les États-Unis, où il serait enfermé à vie.

Il s’agissait d’une résolution non contraignante, à l’initiative de députés issus de diverses familles politiques, dont quelques élus macronistes, soutenus par Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel, candidats à la présidentielle.


Un exemple symbolique

Ses auteurs rappelaient la formule utilisée par le Président de la République en 2019 : « Il faut protéger toutes les libertés, la liberté de la presse mais la liberté des individus aussi. » Ils notaient que Julian Assange est un exemple symbolique du sort réservé par certains pays aux lanceurs d’alerte, quelques heures après la décision du Parlement de voter une loi pour mieux les protéger.

Au passage, ils relevaient que Julian Assange avait mis à jour l’espionnage par les États-Unis de leurs alliés supposés, dont la France. À preuve ce qu’en disait l’actuel ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti en février 2020, à propos d’un homme vis-à-vis duquel la nation a une dette morale : « Il a permis de révéler en France que Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande avaient été espionnés par les Américains, ça n’est pas rien. Il a permis de révéler également que Pierre Moscovici et François Baroin, deux ministres français de l’économie, avaient fait l’objet d’une opération d’espionnage économique conduite par les États-Unis. »

Appels à la solidarité

On peut donc s’étonner du silence officiel concernant un combattant de la liberté qui croupit actuellement dans une geôle britannique, et qui est menacé d’une peine de 175 ans de prison outre-Atlantique pour avoir jeté une lumière crue sur l’ampleur des crimes commis par l’armada américaine en Irak et en Afghanistan. Dans le monde, plusieurs personnalités, à commencer par les représentants de l’ONU, ont lancé des appels à la solidarité.

À LIRE AUSSI  : « Julian Assange n’a rien à faire derrière les barreaux, car il n’y a rien à lui reprocher »

Il était donc temps, pour la patrie des droits de l’homme, de joindre le geste à la parole et de passer aux actes. Ce ne sera pas pour cette fois. En effet, quelques députés de la majorité n’ont pas hésité à expliquer que la résolution proposée posait des problèmes juridiques et diplomatiques, et qu’elle n’était pas acceptable en l’état.

La capitulation

Malgré cette claque, la députée Jennifer de Temmerman, ex LREM, aujourd’hui membre du groupe « Libertés et Territoires », qui défendait le texte, a eu cette formule : « Aujourd’hui est une victoire. Nous redonnons une voix à celui qui n’en a plus. » Certes, mais c’est aussi une défaite pour la France, ses valeurs, et son aura, surtout au moment où le Président de la République assure la présidence du Conseil de l’Union européenne.

On ne peut, à la fois, se réclamer des grands principes et les fouler aux pieds pour ne pas déplaire à l’Empire américain.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Julian Assange est traqué car il a dévoilé des comportements qui vaudraient condamnation immédiate et unilatérale s’ils étaient commis en d’autres contrées. En le pourchassant, les États-Unis entendent contraindre au silence tous ceux qui voudraient suivre son exemple, et tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ne s’associeraient pas à cette chasse à l’homme. En refusant d’accorder l’asile politique, la France a choisi son camp. Celui de la capitulation et de l’humiliation.

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Source : https://www.humanite.fr/monde/julian-assange/france-le-non-deshonorant-de-lassemblee-julian-assange-737292

France. Le « non » déshonorant de l’Assemblée à Julian Assange

Les députés français étaient invités à se prononcer sur un texte non contraignant visant à ouvrir les portes du pays au journaliste lanceur d’alerte. Une majorité a opposé une fin de non-recevoir.

Lundi 7 Février 2022

Pierre Barbancey

Photo : Manifestation, lundi 24 janvier, à Londres, contre l’extradition du journaliste vers les États-Unis. © Daniel Leal/AFP

L’Assemblée nationale française aurait pu se grandir vendredi. Les députés de la nation auraient en effet pu mettre leurs pas dans ceux de leurs lointains prédécesseurs qui, révolutionnaires, avaient voté la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. En fin de semaine dernière, il s’agissait d’examiner une proposition de résolution transpartisane invitant le gouvernement français à octroyer le statut de réfugié à Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, mais également à faciliter l’accès au statut de réfugié pour les lanceurs d’alerte étrangers.

Lire aussi : Bataille parlementaire pour accueillir Julian Assange

« La majorité ne serait pas crédible si elle refusait notre proposition. Elle a porté la loi sur la protection des lanceurs d’alerte, défendue par le député et vice-président de l’Assemblée Sylvain Waserman, expliquait à l’Humanité la députée Jennifer de Temmerman (Libertés et Territoires), qui portait le texte soutenu par une soixantaine de parlementaires, tous groupes confondus. Elle l’a approuvée

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