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France : Séparatisme islamique dans le sport : les ambiguïtés de la majorité

Port du voile dans le sport : la manifestation des « Hijabeuses » interdite à Paris

mercredi 9 février 2022, par siawi3

Source :https://www.lefigaro.fr/actualite-france/separatisme-islamique-dans-le-sport-les-ambiguites-de-la-majorite-20220208


Séparatisme islamique dans le sport : les ambiguïtés de la majorité

Stéphane Kovacs

08/02/2022 à 19:12

CRYPTAGE - La droite insiste pour que la loi, débattue mercredi, interdise les signes religieux en compétition. Le gouvernement louvoie.

Le « match retour » aura donc lieu ce mercredi après-midi, sur l’esplanade des Invalides. « Juste à côté de l’Assemblée nationale », précisent sur Twitter les Hijabeuses, ce collectif de joueuses de foot qui milite pour l’autorisation du port du voile en compétition. Au moment où les députés seront en train d’examiner, en séance plénière, la proposition de loi visant à démocratiser le sport, elles ont convié « élu.e.s, allié.e.s, député.e.s, sénateur. ice.s et sportif. ve.s » à venir « avec (leurs) crampons ».

L’été dernier, la droite avait déjà tenté, une première fois, d’interdire « les signes religieux ostensibles » en compétition, lors des débats sur le projet de loi sur le séparatisme. Sans succès. Le 19 janvier, toujours contre l’avis du gouvernement, les sénateurs avaient, lors de l’examen de la proposition de loi sur le sport, adopté un amendement LR : « il s’agissait d’interdire le port de signes religieux ostensibles lors de compétitions sportives officielles organisées par les fédérations françaises délégataires d’un service public », relate Michel Savin, sénateur de l’Isère et rapporteur du texte.

Lire aussi : Les Français fustigent le bilan sécuritaire d’Emmanuel Macron : https://www.lefigaro.fr/actualite-france/les-francais-fustigent-le-bilan-securitaire-d-emmanuel-macron-20220206

Au Sénat, puis en commission à l’Assemblée la semaine dernière, la disposition est retoquée. « Nous ne souhaitons pas une interdiction générale pour les participants aux compétitions et événements sportifs, se justifie la députée LREM Céline Calvez dans son amendement de suppression. Outre qu’elle porterait une atteinte disproportionnée aux libertés publiques, cette interdiction aurait pour conséquence d’exclure certains publics de la pratique sportive. » La rapporteure met également en avant « les effets attendus du contrat d’engagement républicain prévu par la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République, alors que le décret paru le 1er janvier 2022 engage les associations sportives et les fédérations agréées à respecter et promouvoir les principes de la République, et notamment le principe de laïcité ». Dans le cadre du contrôle du respect de ce contrat d’engagement, précise-t-elle, « il peut être décidé de suspendre ou retirer l’agrément de l’association sportive. »

Deux amendements proposés

Chez les Républicains, on s’élève contre « cette duplicité et cette complaisance, à quelques semaines de la présidentielle, à l’égard des mouvances communautaristes ». Le groupe va proposer deux amendements sur le sujet, et une motion de procédure, défendue par Éric Ciotti, permettra de « voir qui prendra ses responsabilités lors du scrutin public ». « Il s’agit d’être toujours aussi rigoureux pour protéger les principes de laïcité et d’égalité entre les femmes et les hommes », martèle Constance Le Grip, députée des Hauts-de-Seine, qui défendra l’interdiction du « port de signes ou tenues par lesquels les personnes détentrices d’une licence manifestent ostensiblement une appartenance religieuse lors des compétitions sportives ». Au cabinet de la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, on fustige « cet amendement qui intervient dans un contexte de campagne, alors que ce sujet de la neutralité n’avait jamais été abordé en première lecture en mars 2021 ». « En sport, on a l’habitude de refaire le match mais bon… soupire-t-on. La ministre regrette que cette loi, très importante pour le monde sportif, soit prise en otage par ce sujet et que le Sénat ait tenté de retirer deux dispositions pourtant essentielles sur la parité dans les instances dirigeantes des fédérations sportives et la limitation des mandats des présidents de fédération. »

Lire aussi : Barbara Lefebvre : « Loi séparatismes, tout ça pour ça » : https://www.lefigaro.fr/vox/societe/loi-separatismes-tout-ca-pour-ca-20210222

Ancien gendarme, chercheur en sciences sociales, spécialiste de la radicalisation dans le sport, Médéric Chapitaux est « en colère ». « Alors qu’on considère le sport comme un levier d’éducation, on n’a pas eu le courage d’étendre la loi de 2004 sur la neutralité à l’école dans le champ du sport, s’indigne-t-il. Aujourd’hui, je suis confronté à de nombreux cas d’entrisme islamiste dans des clubs. Dans un dossier d’inscription, par exemple, on peut lire que les douches doivent être prises habillé, que les prières collectives dans les vestiaires sont autorisées, que l’alcool est interdit, etc. Très récemment, lors d’une compétition de foot, un téléphone a sonné l’appel à la prière dans les tribunes, et des joueurs se sont arrêtés sur le terrain… Il y a aussi ces pseudo-médecins qui pratiquent la hijama (une médecine prophétique qui consiste à appliquer des ventouses sur le corps et parfois à réaliser des saignées, NDLR) y compris sur des mineurs, dans les clubs sportifs… »

Dans le cadre d’une audition à l’Assemblée nationale, rappelle Médéric Chapitaux, la ministre des Sports avait précisé que, fin 2020, 127 associations sportives étaient identifiées comme « ayant une relation avec une mouvance séparatiste », une part relativement faible des 360.000 structures déclarées. Alors que le ministère fait valoir que depuis la création des Clir (cellules départementales de lutte contre l’islamisme et le repli communautaire), en février 2018, 16 établissements sportifs ont été fermés, ce membre du Conseil des sages de la laïcité, placé sous l’autorité du ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sport, fait le calcul : « Si on multiplie les 111 associations restantes par 93, le nombre d’adhérents moyen par club, explique-t-il, cela fait plus de 10.000 sportifs qui s’entraînent dans un environnement séparatiste en France. C’est loin d’être un épiphénomène ! »

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Source : https://www.lemonde.fr/sport/article/2022/02/08/port-du-voile-dans-le-sport-la-manifestation-des-hijabeuses-interdite-a-paris_6112864_3242.html

Sport
Laïcité

Port du voile dans le sport : la manifestation des « Hijabeuses » interdite à Paris

Ce collectif, créé en mai 2020, se dresse contre la Fédération française de football (FFF), qui leur interdit de jouer voilées en compétition.

Le Monde avec AFP

Publié hier 8.02.22 à 22h52, mis à jour hier à 23h29

La Préfecture de police de Paris a annoncé, mardi 8 février au soir, interdire la manifestation prévue mercredi sur l’esplanade des Invalides à l’appel des « Hijabeuses », un collectif de footballeuses qui militent pour le droit de porter le voile lors des compétitions sportives.

« Il est à craindre que cette manifestation n’attire, outre les personnes qui la soutiennent, des personnes hostiles à la cause défendue et susceptibles d’en découdre avec les premi[ères] », argumente la Préfecture dans un communiqué. L’interdiction du rassemblement est justifiée « aussi bien pour la sécurité des manifestants eux-mêmes que pour le maintien de l’ordre public », ajoute-t-elle.

Ce collectif, créé en mai 2020, se dresse contre la Fédération française de football (FFF), qui interdit de jouer voilée en compétition. Les jeunes femmes avaient donné « rendez-vous à 16 h 30, pour le match retour sur l’esplanade des Invalides, juste à côté de l’Assemblée nationale », selon leur compte Twitter. Au programme : des « matchs de foot avec les Hijabeuses, les allié.e.s et les élu.e.s + prises de parole ».

Le tribunal saisi pour contester l’interdiction

« Nous avons évidemment saisi le tribunal pour contester cette décision arbitraire, injuste et complètement disproportionnée », a réagi le collectif sur Twitter après l’annonce faite par la Préfecture de police. « Une audience aura lieu demain matin, et on espère que la Préfecture sera amenée à revenir sur cette interdiction. De notre côté, nous jouerons quoi qu’il arrive. Sûrement ailleurs… mais nous jouerons », précise le collectif sur le réseau social.

Lire aussi : « Le hidjab sportif doit-il constituer une nouvelle ligne de front pour la défense de la laïcité ? »

Les Hijabeuses s’étaient déjà invitées brièvement, le 26 janvier, dans le jardin du Luxembourg, au pied du Sénat, pour échanger quelques passes, munies d’une banderole portant le slogan « Le football pour toutes », avant d’être invitées à partir par les gendarmes.

Ce nouvel appel à manifester coïncide avec le retour au Palais Bourbon d’une proposition de loi de La République en marche (LRM) relative au sport, qui voit députés et sénateurs s’opposer sur la question de l’interdiction du port du voile en compétition.

Lire aussi : Le port du voile lors d’une compétition sportive interdit de nouveau par les sénateurs

Les sénateurs avaient voté le 19 janvier un amendement interdisant le port « de signes religieux ostensibles » lors d’une compétition sportive, aussitôt gommé par les députés. Les deux chambres n’ayant pu s’entendre autour d’un texte commun, une nouvelle lecture est prévue mercredi à l’Assemblée nationale. Les débats doivent ensuite repasser par le Sénat le 16 février avant que les députés donnent leur dernier mot.

Le Monde avec AFP