Subscribe to Secularism is a Womens Issue

Secularism is a Women’s Issue

Accueil > fundamentalism / shrinking secular space > France : Nomination : un idéologue conservateur à la tête du Conseil supérieur (...)

France : Nomination : un idéologue conservateur à la tête du Conseil supérieur des programmes

mercredi 16 février 2022, par siawi3

Source : https://ecoleetsociete.se-unsa.org/Nomination-un-ideologue-conservateur-a-la-tete-du-Conseil-superieur-des

Nomination : un idéologue conservateur à la tête du Conseil supérieur des programmes

11 février 2022

Créé en 2013, le Conseil supérieur des programmes (CSP) a été pensé comme une instance en charge de la construction des programmes scolaires. Il émet également des avis sur le contenu des examens nationaux et des concours de l’enseignement. Récemment, le ministre de l’Éducation nationale a nommé à ce poste une personnalité très conservatrice proche des milieux catholiques traditionnalistes et qui a montré, par le passé, une certaine aversion pour le dialogue social.

À la suite du départ de Souad Ayada, le ministre de l’Éducation nationale a nommé Mark Sherringham à la tête du CSP, un inspecteur général qui évolue depuis longtemps dans les cabinets ministériels, et qui était déjà à la manœuvre en 2008 à l’occasion de la suppression des IUFM.
Même si le SE-Unsa ne conteste aucunement le droit de M. Sherringham d’affirmer sa foi, notamment dans de nombreuses revues catholiques, la question de l’impartialité du nouveau président du CSP est posée.
En effet, en 2020, alors en charge de la réforme des Inspe, il s’est mobilisé pour former les établissements d’enseignement privé hors contrat à réussir leurs inspections. De plus, comme le précise Charlie Hebdo, « Mark Sherringham, a pesé de tout son poids pour que de chères têtes blondes scolarisées dans un lycée hors contrat traditionaliste obtiennent leur bac, contre l’avis du recteur de Rennes, qui estimait qu’ils n’avaient pas le niveau ».
Le SE-Unsa avait soulevé ce problème : lire l’article

Pour achever ce portrait inquiétant, rappelons que M. Sherringham a été une des chevilles ouvrières de la réécriture des programmes de primaire en mai 2008, réécriture très idéologique, imposée contre l’avis unanime des représentants des enseignants au Conseil supérieur de l’éducation. Ce qui en dit long sur sa conception du dialogue social.

Le SE-Unsa accueille donc très négativement cette annonce : la présidence du CSP demande des capacités de dialogue et d’impartialité qui ne sont pas réunies à travers cette nomination.

En savoir plus :
>> https://charliehebdo.fr/2021/09/societe/education-ces-ecoles-hors-de-la-republique/
>> http://www.touteduc.fr/fr/archives/id-18349-hors-contrat-des-formations-pour-reussir-l-inspection-avec-l-appui-de-mark-sherringham

°°°

Source : https://www.ouest-france.fr/education/enseignement/la-nomination-d-un-philosophe-chretien-a-la-tete-du-conseil-national-des-programmes-fait-debat-b3a14fc8-8d7b-11ec-a6c9-d7629bbac447

La nomination d’un philosophe chrétien à la tête du Conseil national des programmes fait débat

Ancien conseiller de Raymond Barre, François Fillon et Xavier Darcos, Mark Sherringham prône un retour au christianisme dans les questions éducatives. La FSU, principal syndicat de l’Éducation nationale, exprime sa « vive inquiétude ».

Illustration:Le Conseil supérieur des programmes est chargé de faire des propositions sur le contenu du « socle commun de connaissances et de compétences et de culture » ​que les élèves sont censés acquérir durant leur scolarité. | ARCHIVES PHILIPPE RENAULT, OUEST-FRANCE

Ouest-France

Arnaud BÉLIER.

Modifié le 14/02/2022 à 14h44 Publié le 14/02/2022 à 13h56

C’est une nomination qui provoque des remous. Par un arrêté du 9 février, le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Banquer a nommé le philosophe Mark Sherringham, président du Conseil supérieur des programmes. Cette instance créée en 2013 est chargée, notamment, de faire des propositions sur le contenu du « socle commun de connaissances et de compétences et de culture » ​que les élèves sont censés acquérir durant leur scolarité. À ce titre, elle oriente les programmes scolaires, en veillant à « leur cohérence »​.

Une instance politique

Indépendant sur le papier, le Conseil supérieur des programmes est en fait un organisme hautement politique. En septembre 2017, son président, le géographe Michel Lussault, ancien militant socialiste, avait démissionné avec fracas, quelques mois après la nomination de Jean-Michel Blanquer, estimant que celui-ci avait « franchi des limites » ​en remettant en cause « de façon brutale et unilatérale des évolutions qui avaient longuement été discutées pendant les années précédentes »​.

Lire aussi : Mark Sherringham est le nouveau président du Conseil supérieur des programmes. | DR

Son successeur, la philosophe Souâd Ayada était, elle, complètement en phase avec la ligne politique de Jean-Michel Blanquer basée sur le retour aux savoirs fondamentaux : lire, écrire, compter. Récemment nommée directrice du nouvel Institut français d’islamologie, elle a eu le temps de jeter un pavé dans la mare en remettant en cause l’enseignement moral et civique en classes de 5e, 4e et 3e, estimant notamment disproportionnée la place prise par l’étude des discriminations.

Philosophe chrétien

La nomination de Mark Sherringham annonce-t-elle une nouvelle inflexion, à droite ? Ancien conseiller de Raymond Barre, de François Fillon, puis de Xavier Darcos, Mark Sherringham a été doyen de l’inspection générale de philosophie (comme Souad Ayada), avant d’être détaché pendant huit ans au service culturel de l’ambassade de France aux États-Unis. Plus récemment, c’est lui qui a été à l’initiative des nouvelles classes préparatoires au professorat des écoles.

Sur le papier, le nouveau président du Conseil supérieur des programmes a le profil pour occuper le poste. Mais ses détracteurs rappellent ses prises de position passées en faveur d’un retour au christianisme dans les questions éducatives. « Si l’on devait un moment faire abstraction des principes, des contenus, des méthodes et des institutions que le christianisme a directement proposés et développés en France et en Europe, depuis deux mille ans, notre système éducatif actuel serait vidé d’une bonne partie de sa substance »​, écrivait-il en 2001 dans son livre Christianisme et éducation. « L’école laïque française est l’héritière de l’École chrétienne »​, disait-il encore en 2009 dans la revue Familles chrétienne.

La FSU exprime sa « vive inquiétude »

Dans L’école hors de la République, les journalistes Jacques Duplessy et Anna Erelle révèlent, de leur côté, comment Mark Sherringham est intervenu, en juillet 2020, pour que les élèves d’établissement privés bretons obtiennent le bac, alors que le rectorat estimait leur dossier incomplet, en raison du manque de notes obtenues en contrôle continu.

À l’annonce de sa nomination, la FSU a exprimé sa « vive inquiétude » : « Dans un contexte où associations et syndicats appellent au retour d’une instance indépendante, capable d’élaborer des programmes pérennes et de transcender les conflits idéologiques, le choix d’une personnalité si peu acquise aux valeurs essentielles de l’école publique et laïque relève d’un intolérable mépris et d’une ultime provocation. »