Subscribe to Secularism is a Womens Issue

Secularism is a Women’s Issue

Accueil > impact on women / resistance > France : Dossier IVG - allongement du délai légal de 12 à 14 semaines

France : Dossier IVG - allongement du délai légal de 12 à 14 semaines

mercredi 23 février 2022, par siawi3

Table des matières :

1. Allongement du délai de l’IVG : l’Assemblée nationale approuve définitivement l’extension à quatorze semaines de grossesse
2. Le Parlement va adopter l’allongement de la durée de l’IVG
3. Allongement du délai légal de l’IVG : « Cela ne suffit pas, il faut mieux répartir les centres qui accueillent ces femmes »
4. Avortement : un long parcours législatif pour rallonger les délais
5. IVG : délai, consultations, efficacité... Tout ce qu’il faut savoir sur l’IVG
6. Une téléconsultation est désormais suffisante pour une IVG médicamenteuse

°°°

Source : https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/02/23/allongement-du-delai-de-l-ivg-l-assemblee-nationale-approuve-definitivement-l-extension-a-quatorze-semaines-de-grossesse_6114957_3224.html

Allongement du délai de l’IVG : l’Assemblée nationale approuve définitivement l’extension à quatorze semaines de grossesse

Le délai était jusqu’ici de 12 semaines de grossesse. Le texte, voté mercredi à l’Assemblée, prévoit aussi d’étendre la pratique de l’IVG instrumentale aux sages-femmes.

Le Monde avec AFP

Publié aujourd’hui 23.02.22 à 16h37, mis à jour à 18h36

En 2009, un nouveau centre de planification et d’éducation familiale était inauguré à l’Institut Alfred-Fournier, à Paris. La mairie de Paris commencait à mettre en place l’interruption volontaire de grossesse (IVG) par voie médicamenteuse dans les centres de planification de la ville, afin d’améliorer l’accès à l’avortement, « défaillant » dans la capitale.
En 2009, un nouveau centre de planification et d’éducation familiale était inauguré à l’Institut Alfred-Fournier, à Paris. La mairie de Paris commencait à mettre en place l’interruption volontaire de grossesse (IVG) par voie médicamenteuse dans les centres de planification de la ville, afin d’améliorer l’accès à l’avortement, « défaillant » dans la capitale. JACQUES DEMARTHON / AFP

L’Assemblée nationale a définitivement voté, mercredi 23 février, l’allongement du délai légal pour recourir à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), de douze à quatorze semaines de grossesse. Le texte, à l’initiative de la députée d’opposition Albane Gaillot mais soutenu par la majorité, vise à répondre à un manque de praticiens et à la fermeture progressive des centres pratiquant l’IVG. Les députés l’ont approuvé à 135 voix, contre 47 et 9 abstentions.

La proposition de loi a suscité une vive opposition d’une partie de la droite au Sénat et à l’Assemblée nationale. Dans un entretien au magazine Elle, la candidate Les Républicains à l’élection présidentielle, Valérie Pécresse, a déploré « une fuite en avant qui détourne le regard du vrai problème : l’accès aux centres d’IVG, l’absence de gynécologues et de sages-femmes (…) il faut garantir le libre choix des femmes ».

Lire aussi : « Il y a déjà des praticiens qui ne font pas les IVG jusqu’au terme actuellement prévu par la loi »

Rien n’était acquis pour ce texte et le choix, de la part de la majorité, de le soutenir a été présenté comme une rare marque d’indépendance du groupe La République en marche (LRM) vis-à-vis d’Emmanuel Macron, qui a plusieurs fois exprimé ses réticences sur le sujet. « Le parcours atypique de cette proposition de loi est une leçon à tirer sur le fonctionnement de nos institutions. Elle montre qu’il faut faire fi des étiquettes politiques. Quand une idée est bonne, elle n’est ni de droite ni de gauche », a affirmé Albane Gaillot, ancienne députée LRM, devenue écologiste, qui ne se représentera pas lors des prochaines législatives.

Selon la députée socialiste Marie-Noëlle Battistel, 2 000 femmes seraient contraintes chaque année de se rendre à l’étranger pour pouvoir avorter car elles ont dépassé les délais légaux. Ce sont les « femmes les plus vulnérables », a-t-elle souligné.

La proposition de loi prévoit également d’étendre la pratique de l’IVG instrumentale aux sages-femmes. « Plus nombreuses que les médecins en France, elles peuvent déjà pratiquer les IVG par voie médicamenteuse depuis 2016 », explique Mme Gaillot.

Pas de suppression de la « clause de conscience »

Initialement, le texte prévoyait de supprimer la « clause de conscience spécifique » permettant aux médecins de refuser de pratiquer un avortement. Cette évolution a finalement été abandonnée pour permettre à la proposition de loi d’avancer dans son parcours parlementaire, débuté en octobre 2020. Le ministre de la santé, Olivier Véran, favorable à titre personnel à l’allongement du délai de l’IVG, en avait fait un préalable. C’est un texte « responsable », qui se « montre fidèle au combat pour l’émancipation des femmes », a salué M. Véran.

Lire aussi : Allongement du délai d’IVG : les députés de la majorité imposent le débat

Les prises de position sans équivoque du chef de l’Etat ont paru longtemps torpiller la réforme. Marquant son opposition dans une interview publiée en juillet 2021, M. Macron avait encore estimé à son retour d’une visite au pape François, cet automne, que « des délais supplémentaires ne sont pas neutres sur le traumatisme d’une femme ». Il avait ajouté cependant « respect[er] la liberté des parlementaires ».

Christophe Castaner, président des députés LRM, a finalement décidé de reprendre la proposition de loi au compte des « marcheurs ». Et ce, avant que le gouvernement fasse le dernier pas en l’inscrivant aussi à l’ordre du jour du Sénat. Un trophée pour les députés de la majorité, dont le centre de gravité politique à l’Assemblée nationale est réputé pencher à gauche, du moins sur les questions de société. Cet allongement de la durée de l’IVG est l’un des petits cailloux semés en fin de quinquennat pour donner une orientation plus progressiste au bilan macroniste.

Le Monde avec AFP

°°°

Source : https://www.lefigaro.fr/actualite-france/le-parlement-va-adopter-l-allongement-de-la-duree-de-l-ivg-20220223

Le Parlement va adopter l’allongement de la durée de l’IVG

Par Le Figaro avec AFP
Publié le 23.02.22, il y a 6 heures, Mis à jour il y a 2 heures

.
Photo : La loi sera votée définitivement mercredi après-midi, via un ultime vote de l’Assemblée, au bout d’un long parcours parlementaire entamé en octobre 2020. Le Figaro

Le projet de loi prévoit de rallonger de 12 à 14 semaines le délai légal, pour répondre à un manque de praticiens et à la fermeture des centres IVG.

Une dernière réforme de société, et un signal envoyé aux électeurs de gauche : le Parlement va voter mercredi 23 février l’allongement du délai de l’IVG, en adoptant un texte concocté par une députée d’opposition mais soutenu par la majorité. La proposition de loi prévoit de rallonger de 12 à 14 semaines le délai légal de l’interruption volontaire de grossesse (IVG), pour répondre à un manque de praticiens et à la fermeture progressive de centres IVG. Elle sera votée définitivement mercredi après-midi, via un ultime vote de l’Assemblée, au bout d’un long parcours parlementaire entamé en octobre 2020.

À lire aussi : Avortement : allonger le délai légal de l’IVG à 14 semaines permettrait-il de réduire les inégalités d’accès ?

Présenté par l’ex-députée LREM Albane Gaillot, devenue écologiste, le texte transpartisan a été poussé par le président des députés LREM Christophe Castaner. Rien n’était acquis et ce choix a pu être présenté comme une rare marque d’indépendance du groupe LREM vis-à-vis d’Emmanuel Macron, qui a plusieurs fois exprimé ses réticences sur le sujet. « Le parcours atypique de cette proposition de loi est une leçon à tirer sur le fonctionnement de nos institutions. Elle montre qu’il faut faire fi des étiquettes politiques. Quand une idée est bonne, elle n’est ni de droite, ni de gauche », a affirmé à l’AFP Albane Gaillot, qui ne se représentera pas lors des prochaines législatives.

Selon la députée socialiste Marie-Noëlle Battistel, 2.000 femmes seraient contraintes chaque année de se rendre à l’étranger pour pouvoir avorter car elles ont dépassé les délais légaux. Ce sont les « femmes les plus vulnérables, les très jeunes, les plus éloignées du système de soins, les femmes qui ont le moins accès à l’information sanitaire, celles qui n’ont pas de moyen de locomotion ou encore celles victimes de violences ». La proposition de loi prévoit en outre d’étendre la pratique de l’IVG instrumentale aux sages-femmes. « Plus nombreuses que les médecins en France, elles peuvent déjà pratiquer les IVG par voie médicamenteuse depuis 2016 », explique Albane Gaillot.

À VOIR AUSSI - Plusieurs milliers de manifestants défilent à Paris, contre l’allongement du délai légal de l’avortement (17/01/2022)

« Respecter la liberté des parlementaires »

Initialement, le texte prévoyait de supprimer la « clause de conscience spécifique » permettant à des médecins de refuser de pratiquer un avortement. Mais cette évolution a été rayée pour permettre à la proposition de loi d’avancer dans son parcours parlementaire. Le ministre de la Santé, favorable à titre personnel à l’allongement du délai de l’IVG, en avait fait un préalable.

Les prises de position sans équivoque du chef de l’Etat ont paru longtemps torpiller la réforme. Marquant son opposition dans une interview en juillet 2021, Emmanuel Macron avait encore estimé à son retour d’une visite au pape cet automne que « des délais supplémentaires ne sont pas neutres sur le traumatisme d’une femme ». Il avait ajouté cependant « respect(er) la liberté des parlementaires ». Ces propos lui avaient valu une volée de bois vert de la part des défenseurs des droits des femmes et c’est finalement Christophe Castaner qui décida de renverser la table, en reprenant la proposition de loi au compte des « marcheurs ». Et ce, avant que le gouvernement ne fasse le dernier pas en l’inscrivant aussi à l’ordre du jour du Sénat.

À lire aussi  : IVG : de la loi Veil à aujourd’hui, 40 ans de bataille juridique pour élargir l’accès à l’avortement

Un trophée pour les LREM dont le centre de gravité politique à l’Assemblée est réputé pencher à gauche, tout du moins sur les questions de société. Cet allongement de la durée de l’IVG est l’un des petits cailloux semés en fin de quinquennat pour donner une orientation plus progressiste au bilan macroniste. La proposition de loi hérisse les militants anti avortement de l’Alliance Vita et une partie de la droite au Sénat et à l’Assemblée nationale, qui a donné de la voix dans les hémicycles et s’est essayée à l’obstruction parlementaire.

Dans un entretien au magazine Elle, la candidate LR à l’Élysée Valérie Pécresse a déploré avec le délai à 14 semaines « une fuite en avant qui détourne le regard du vrai problème : l’accès au centre d’IVG, l’absence de gynécologues et de sages-femmes (...) il faut garantir le libre choix des femmes ». Sondage après sondage, les Français continuent à être très majoritairement en faveur de ce droit à l’IVG remis en cause ailleurs en Europe, notamment à l’Est. En France, aucun candidat n’a prévu d’y toucher.

À VOIR AUSSI - Environnement et IVG : Emmanuel Macron veut « actualiser » la charte des droits fondamentaux de l’UE

°°°

Source : https://www.francetvinfo.fr/societe/ivg/allongement-du-delai-de-l-ivg-cela-ne-suffit-pas-il-faut-mieux-repartir-les-centres-qui-accueillent-ces-femmes-estime-une-gynecologue-obstetricienne_4976820.html

Allongement du délai légal de l’IVG : « Cela ne suffit pas, il faut mieux répartir les centres qui accueillent ces femmes », estime une gynécologue-obstétricienne

La gynécologue Ghada Hatem rappelle que « beaucoup de femmes s’aperçoivent qu’elles sont enceintes à la limite du délai, voire le délai à peine dépassé. »

Article rédigé par
franceinfo
Radio France

Publié le 23/02/2022 07:26 Mis à jour le 23/02/2022 08:19

Photo : Une banderole tenue par les participants à une manifestation organisée par le collectif « Avortement en Europe, Les femmes décident » à Paris le 25 septembre 2021. (SOPHIE LIBERMANN / HANS LUCAS)

L’allongement du délai légal de l’IVG « ne suffit pas, il faut mieux répartir les centres qui accueillent ces femmes », a expliqué mercredi 23 février sur franceinfo Ghada Hatem, gynécologue-obstétricienne et fondatrice de la Maison des femmes de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). L’Assemblée nationale doit adopter définitivement aujourd’hui la proposition de loi sur l’allongement du délai de l’IVG de 12 à 14 semaines.

franceinfo : Est-ce que cela va permettre de répondre au manque de praticiens ?

Ghada Hatem : Cela ne suffit pas, il faut mieux répartir les centres qui accueillent ces femmes et qui réalisent les IVG. Les gens qui sont sur le terrain le savent très bien, beaucoup de femmes s’aperçoivent qu’elles sont enceintes à la limite du délai, voire le délai à peine dépassé. Le temps de trouver quelqu’un, le délai est dépassé. Cette loi va leur permettre d’être accueillies immédiatement et de bénéficier immédiatement de l’IVG.

Rencontrez-vous souvent des femmes dans cette situation ?

Oui. Hebdomadairement, elles sont jeunes ou moins jeunes. Cela peut arriver à tout le monde de prendre une pilule régulièrement, de saigner régulièrement, de ne pas avoir de symptômes et de faire un test parce qu’on se sent patraque, une échographie et on est déjà au-delà du délai. C’est un enfant qui n’est pas attendu, désiré et qui vient bouleverser le cours d’une vie. Est-ce qu’on a le droit de dire à cette femme, tant pis pour toi ?

Que répondez-vous à ceux qui disent que cette intervention peut être insoutenable pour certains professionnels ?

Elle est peut-être insoutenable dans l’esprit des sénateurs mais elle ne l’est pas dans celui des médecins qui réalisent déjà des avortements à 12 semaines de grossesse. Là, on augmente un tout petit peu et cela ne va pas être insoutenable du tout. C’est un argument qu’on agite pour faire peur. Il y a déjà beaucoup de médecins qui refusent de faire des IVG. Il y a des anesthésistes qui refusent d’endormir les IVG. C’est un sujet très sensible. Je pense qu’il faut que les médecins qui veulent accompagner les femmes et faire ce geste se signalent. Cela évitera aux femmes d’errer de médecin en médecin et de s’entendre dire : « Revenez la semaine prochaine ». Elles iront droit au but et ce sera plus simple pour tout le monde.

°°°

Source : https://www.objectifgard.com/2022/02/23/editorial-avortement-un-long-parcours-legislatif-pour-rallonger-les-delais/

ÉDITORIAL

Avortement : un long parcours législatif pour rallonger les délais

Abdel Samari

Le 26 novembre 1974, à la tribune d’une l’Assemblée nationale composée principalement d’hommes, Simone Veil, ministre de la Santé, demande l’adoption d’une loi donnant droit aux femmes d’avorter. Elle obtiendra gain de cause.
Presque 50 ans plus tard, les députés devraient adopter définitivement ce mercredi la proposition de loi allongeant le délai légal de recours à l’avortement. Il passerait ainsi de 12 à 14 semaines de grossesse.

Un texte qui fait écho à deux actualités dans le monde. D’abord en Colombie où, dans un arrêt rendu lundi 21 février, la Cour constitutionnelle colombienne a autorisé les femmes à avoir recours à l’avortement pour n’importe quel motif jusqu’au sixième mois de gestation.
Et en Chine où, au contraire, l’association pour le planning familial a annoncé son intention « d’intervenir » afin de contribuer à réduire le nombre d’avortements auprès des femmes non mariées et des adolescentes.

En France, en 2022, cette avancée sociale pour la protection des femmes s’est étonnamment heurtée à un long parcours législatif. Pourtant, cet allongement a pour but de répondre aux difficultés rencontrées par quelques milliers de femmes qui, chaque année, veulent avorter mais ne le peuvent pas parce qu’elles ont dépassé le délai légal des 12 semaines de grossesse. Quelques-unes renoncent ou traversent les frontières françaises. Pour se rendre notamment au Pays-Bas où l’IVG est autorisé jusqu’à 22 semaines.

Alors qu’il avait été adopté en première lecture à l’Assemblée nationale en octobre 2020, le Sénat dominé par la Droite avait rejeté le texte. En février 2021, rebelote : une flopée d’amendements de plusieurs députés Les Républicains, hostiles, n’avait pas permis un débat serein. Finalement, et malgré les réserves du président de la République, Emmanuel Macron, et de son ministre de la Santé, Olivier Véran, peu enclin à une modification des dispositions légales, Christophe Castaner, patron des députés La République en marche à l’Assemblée nationale, a assumé. Loin des fantasmes. Et des pressions. Le représentant des parlementaires s’attache à répondre simplement à une réalité quotidienne. Point.

Par son adoption définitive, cette loi repose le cadre : l’avortement est un droit, ce n’est pas un gadget comme certains veulent le faire croire. C’est avant tout une souffrance… Pour de nombreuses femmes qui n’ont pas vraiment le choix.

Abdel Samari

°°°

Source : https://www.topsante.com/medecine/gyneco/ivg/ivg-delai-2022-medicamenteuse-chirurgicale-648777

IVG : délai, consultations, efficacité... Tout ce qu’il faut savoir sur l’IVG.

Par Louise Ginies

Le 23 fév 2022 à 09h47 mis à jour 23 fév 2022 à 10h24

Vers une augmentation des délais de l’IVG ? Ce 23 février 2022, la proposition de loi visant à renforcer le droit à l’avortement sera débattue et devrait être votée définitivement à l’Assemblée nationale. Sa mesure phare : l’allongement de 12 à 14 semaines de grossesse du délai de recours à l’interruption volontaire de grossesse.

Renforcer le droit à l’avortement et en faire un droit effectif, tel est l’objectif du nouveau projet de loi qui devrait être voté ce mardi 23 février 2022 à l’Assemblée nationale. Discuté depuis octobre 2020, le texte prévoit notamment d’allonger de deux semaines le délai légal pour avoir recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), passant ainsi de 12 à 14 semaines.

Sur le même sujet : avortement -6 idées reçues sur l’avortement (complètement fausses) à oublier

Il prévoit également :

D’étendre la compétence de la pratique des IVG chirurgicales aux sages-femmes dans les hôpitaux ;
De supprimer le délai de réflexion de deux jours, imposé afin de confirmer une demande d’avortement après un entretien psychosocial ;
De préciser dans le code de la santé publique que le pharmacien refusant la délivrance d’un contraceptif en urgence sera en méconnaissance de ses obligations professionnelles ;
De pérenniser l’allongement du délai de recours à l’IVG médicamenteuse en ville à sept semaines de grossesse (contre cinq avant la pandémie), comme c’est le cas depuis avril 2020, à la suite du confinement et de la crise sanitaire.

Depuis le 19 février 2022, selon un décret inscrit au Journal officiel, les femmes souhaitant avoir recours à une interruption volontaire de grossesse n’auront plus l’obligation de se rendre à plusieurs reprises chez le médecin et pourront se faire prescrire les médicaments abortifs par une simple téléconsultation et aller les chercher en pharmacie.

Quels sont les deux méthodes d’IVG possibles ?

Aujourd’hui, deux types d’IVG sont réalisables en fonction de votre situation :

L’IVG médicamenteuse, possible jusqu’à cinq semaines de grossesse (soit sept semaines depuis les dernières règles). Cette IVG peut se pratiquer à domicile, et nécessite la prise de deux médicaments entre 36 et 48 heures d’intervalle qui arrêtent la grossesse et expulsent l’embryon. En établissement de santé, le délai est rallongé à sept semaines de grossesse (soit neuf semaines depuis les dernières règles).
L’IVG chirurgicale ou instrumentale, possible jusqu’à 12 semaines de grossesse (soit 14 semaines depuis les dernières règles). Ce type d’IVG a obligatoirement lieu dans un établissement de santé. Après une anesthésie locale ou générale (plus rare), le médecin aspire le contenu de l’utérus après dilatation du col. L’opération dure une dizaine de minute et l’hospitalisation n’a lieu que sur une seule journée.

Les deux méthodes sont fiables. Le taux de réussite de l’IVG médicamenteuse est de 95%.

Quels sont les délais en France en 2022 ?

En 2022, il est possible de réaliser une IVG médicamenteuse en ville jusqu’à cinq semaines de grossesse, soit sept semaines après les dernières règles. En centre hospitalier, l’interruption volontaire de grossesse peut être décalée de deux semaines, soit à sept semaines de grossesse (neuf semaines après les dernières règles). En avril 2020, un allongement du délai en ville avait été décidé, afin de faire face aux mesures sanitaires, le faisant ainsi passer de cinq à sept semaines de grossesse. La Haute autorité de santé souhaite même pérenniser ce délai au delà de la pandémie.

L’IVG chirurgicale, elle, peut être réalisée jusqu’à 12 semaines de grossesse, soir 14 semaines après les dernières règles.

Quelles sont les étapes préalables à l’IVG ?

Deux consultations médicales sont nécessaires avant d’avorter. Depuis le 19 février, dans le cadre de l’IVG médicamenteuse seulement, ces consultations peuvent se faire à distance, avec l’accord de la patiente et si le professionnel de santé estime que son état le permet.

Lors de la première consultation, la patiente formule une demande d’IVG à un médecin ou à une sage-femme (qui peut prendre en charge les IVG depuis 2016). Le professionnel de santé lui fournit alors toutes les informations à propos des différentes méthodes d’IVG, des effets secondaires ou du prix et lui propose un entretien psychosocial (obligatoire pour les mineures seulement). Il va également procéder à un examen gynécologique et une échographie, afin de confirmer la grossesse et de la dater.
Lors de la deuxième consultation, la patiente doit confirmer sa demande d’IVG par écrit, remettre son consentement au professionnel de santé et choisir la méthode d’intervention qui convient le mieux à sa situation. En cas d’IVG médicamenteuse, le professionnel de santé fait prendre le premier cachet abortif (le mifépristone). Le deuxième cachet (le misoprostol) est à prendre 24 à 48 heures plus tard.

Si le professionnel de santé refuse de prendre en charge l’IVG, il est dans l’obligation de rediriger la patiente vers un autre médecin ou sage-femme. Dans ce cas, il remet une attestation prouvant que la patiente s’est conformée aux étapes préalables de l’IVG ainsi qu’une fiche de liaison avec les éléments essentiels à lui remettre. Le délit d’entrave à l’IVG est puni de 2 ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.

Une consultation de contrôle aura finalement lieu, 14 à 21 jours après l’intervention (qu’elle ait été médicamenteuse ou instrumentale) pour vérifier que la grossesse ait bien été interrompue et pour s’assurer que la patiente ne présente aucune complication.

Combien coûte une IVG ?

Le prix d’une IVG dépend de la méthode utilisée. Dans les deux cas, les prix de l’IVG chirurgicale et médicamenteuse sont pris en charge par l’Assurance maladie à 100%.

Le coût de l’avortement médicamenteux va dépendre de s’il est fait en cabinet de ville (médecin libéral, sage-femme libérale, centre de santé, centre de planification et d’éducation familiale) ou en centre de santé. En cabinet de ville, le forfait s’élève entre 187,92 et 193,16 euros. En établissement de santé, une IVG coûte 282,91 euros.

Le coût d’une IVG chirurgicale varie entre 463,25 et 664,05 euros en fonction de l’établissement choisi (hôpital public ou clinique privée), du type d’anesthésie (locale ou générale) et de la durée de l’hospitalisation.

L’IVG est-elle douloureuse ?

Si la douleur dépend des femmes, elle peut être très forte et s’accompagner de saignements et de contractions, rappelant les douleurs de règles. Selon une étude menée en 2014 par une équipe de recherche de l’Inserm pour la Fondation pour l’avenir, 27% des femmes ayant réalisé une IVG médicamenteuse ont ressenti de vives douleurs après la prise de leur deuxième cachet. 83% des femmes ont également avoué avoir pris des antidouleurs lors des cinq jours de traitement.

Pour faire face à ces douleurs, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) recommande l’utilisation d’antalgiques, l’ibuprofène étant plus efficace que le paracétamol contre la douleur.

Enfin, les médicaments pris lors d’une IVG peuvent provoquer des effets indésirables : de la fatigue (88% des cas), des nausées (70%), des vertiges (42%), des maux de tête (42%), des diarrhées (37%) et des vomissements (28%).

Quelle efficacité pour l’IVG ?

Les deux types d’IVG ont prouvé leur efficacité. L’IVG médicamenteuse est fiable dans 95% des cas. Un taux d’échec existe, c’est pourquoi il est nécessaire de toujours effectuer une visite de contrôle 14 à 21 jours après l’intervention.

Pour l’IVG par aspiration (chirurgicale), le risque d’échec est très faible, avec un taux de réussite d’environ 99,7%.

Comment se passe l’IVG quand on est mineure ?

Même une personne mineure a le droit de recourir à l’interruption volontaire de grossesse. Une jeune femme mineure peut demander l’intervention elle-même, sans avoir l’autorisation de ses parents. La seule consigne est d’être accompagné d’une personne majeure de son choix lors de l’intervention.

Pour les mineures, l’IVG est gratuite : elles peuvent bénéficier de la couverture santé de leurs parents si elles ont leur consentement, sinon l’IVG est prise en charge sans avance de frais.

Une consultation psychosociale est également obligatoire pour toute personne mineure. Cette consultation est confidentielle et permet d’obtenir un soutien psychologique ainsi que des conseils appropriés à la situation.

Que faire si la limite des 12 semaines de grossesse est passée ?

Dans un premier temps, il convient de vérifier que l’échographie de datation indique que la patiente est à plus de 14 semaines d’aménorrhée. Si ce n’est pas clair, il est possible de contacter le numéro vert gratuit et anonyme « Sexualité contraception IVG » joignable au 0 800 08 11 11. Pour commencer à envisager l’après-grossesse, il est possible de se rapprocher des services d’adoption de son conseil départemental ou demander une délégation volontaire de l’autorité parentale : l’exercice de l’autorité parentale peut alors être déléguée à un tiers ou à un organisme spécialisé.

Enfin, le Planning familial informe qu’il est possible d’avorter à l’étranger, mais que cela a un coût. « Aux Pays-Bas, en Espagne, en Angleterre et aux États-Unis, la loi autorise les personnes qui le demandent à réaliser un avortement au-delà de 14 semaines d’aménorrhée », peut-on lire sur leur site.

L’IVG en chiffres

En 2020, 222 000 interruptions volontaires de grossesse ont été enregistrées en France contre 232 000 en 2019, soit un volume annuel en baisse de 4%. « La pandémie de Covid-19 et les mesures prises pour limiter sa diffusion ont eu un impact sur les conceptions durant le premier confinement, entraînant la diminution des naissances, et aussi celle des IVG », indique le rapport de la Drees de septembre 2021.

La majorité des IVG ont également été réalisées de façon médicamenteuse, le confinement ayant accentué le recul des IVG chirurgicales. 72% d’IVG médicamenteuses ont été pratiquées en 2020, contre 68% en 2019 et 31% en 2000.

Les taux de recours à l’avortement ont diminué pour toutes les femmes âgées de moins de 40 ans. « C’est parmi les femmes âgées de 20 à 29 ans que les IVG restent les plus fréquentes », précise le rapport de la Drees.

Enfin, selon le Planning familial, 35% des femmes avortent au moins une fois dans leur vie.

Sources  :

Proposition de loi visant à renforcer le droit à l’avortement, Vie publique
Tout savoir sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG), Question Sexualité
Décret n°2022-212 du 19 février 2022 relatif aux conditions de réalisation des interruptions volontaires de grossesse par voie médicamenteuse hors établissement de santé, Légifrance, 19 février 2022
Ameli.fr
Service-Public.fr, vérifié le 19 avril 2021
Planning Familial
Interruptions volontaires de grossesse : une légère baisse du taux de recours en 2020, Drees, septembre 2021
Douleurs lors d’une interruption volontaire de grossesse médicamenteuse, Inserm et la Fondation pour l’avenir, 2014

Lire aussi  :

Témoignages : comment j’ai vécu mon IVG
Les sages-femmes autorisées à réaliser des IVG médicamenteuses

°°°

Source :https://fr.aleteia.org/2022/02/21/une-teleconsultation-est-desormais-suffisante-pour-une-ivg-medicamenteuse/

Une téléconsultation est désormais suffisante pour une IVG médicamenteuse

Agnès Pinard Legry

publié le 21/02/22 - mis à jour le 21/02/22

Un décret publié le 19 février pérennise la possibilité d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse sur simple téléconsultation. Ce dispositif avait été initialement mis en place à titre exceptionnel pour la durée du régime de sortie de crise sanitaire uniquement.

Ce qui était censé être une exception est devenu ce samedi 19 février, en toute discrétion, la règle. Un décret pérennisant la téléconsultation médicale pour une interruption volontaire de grossesse (IVG) a été publié au Journal officiel. Cette mesure avait été décidée lors du premier confinement par Olivier Véran, le ministre de la Santé, au prétexte que « ce contexte exceptionnel ne d[evait] toutefois pas remettre en question nos valeurs les plus fondamentales : celles de l’émancipation des femmes et de leur droit à disposer de leur corps ». Soit. Cette mesure a ensuite été prolongée pendant toute la durée du régime de sortie de crise sanitaire, c’est-à-dire jusqu’au 31 juillet 2022.

Jusqu’à 7 semaines de grossesse

Mais loin de se limiter à une période déterminée, le décret publié le 19 février pérennise tout simplement le dispositif. « Le texte modifie les conditions de réalisation des interruptions volontaires de grossesse par voie médicamenteuse réalisées en dehors des établissements de santé, en permettant que ces interruptions volontaires de grossesse puissent avoir lieu jusqu’à sept semaines de grossesse contre cinq actuellement et en téléconsultation, avec délivrance des médicaments en pharmacie d’officine et en supprimant la première prise obligatoire de médicament devant le professionnel de santé », peut-on lire.

Là où il fallait normalement se rendre trois fois en cabinet ou à l’hôpital (pour examen médical, pour la prescription du médicament abortif, puis pour un contrôle post-IVG), il n’est désormais plus du tout obligatoire de se rendre chez le médecin. L’ordonnance sera désormais délivrée par téléconsultation et les médicaments abortifs disponibles en pharmacie de ville.

Un autre changement notable en matière d’IVG devrait intervenir ce mercredi 23 février avec le vote définitif par les députés, de la proposition de loi visant à « renforcer le droit à l’avortement » et qui prolonge le délai pour avorter de douze à quatorze semaines, c’est-à-dire au-delà des fameux trois mois, date de la première échographie obligatoire.