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Iran : Nazanin Zaghari-Ratcliffe, Irano-Britannique retenue en Iran depuis 2016, regagne le Royaume-Uni

Deux Irano-Britanniques retenus en Iran depuis des années retrouvent la liberté

dimanche 20 mars 2022, par siawi3

Source : https://www.lemonde.fr/international/article/2022/03/16/nazanin-zaghari-ratcliffe-l-irano-britannique-retenue-en-iran-depuis-2016-regagne-le-royaume-uni_6117747_3210.html

Iran

Nazanin Zaghari-Ratcliffe, Irano-Britannique retenue en Iran depuis 2016, regagne le Royaume-Uni

La libération de la cheffe de projet de la Fondation Thomson Reuters, ainsi que celle d’Anoosheh Ashoori, autre Irano-Britannique qui était détenu en République islamique d’Iran, survient au moment où le Royaume-Uni rembourse une dette de 476 millions d’euros au pays du Proche-Orient.

Le Monde avec AFP
Publié hier à 13h25, mis à jour hier à 22h15

Photo : Portrait de Nazanin Zaghari-Ratcliffe, non daté. NAZANIN ZAGHARI-RATCLIFFE / AP

L’Irano-Britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe, retenue depuis 2016 en Iran, où elle avait été condamnée pour sédition, ce qu’elle a toujours nié, est sur le chemin du retour pour le Royaume-Uni, a annoncé mercredi 16 mars une députée britannique. « Nazanin est maintenant dans les airs, quittant six ans d’enfer en Iran », a déclaré sur Twitter Tulip Siddiq, députée travailliste de la circonscription d’Hampstead et Kilburn (nord de Londres), où vit le mari de Nazanin Zaghari-Ratcliffe, Richard Ratcliffe.

A Téhéran, un média officiel iranien a confirmé que l’Irano-Britannique avait été « remise » au gouvernement britannique. Ce dernier a également annoncé mercredi la libération d’un second détenu. Anoosheh Ashoori, un ingénieur irano-britannique à la retraite arrêté en août 2017 alors qu’il rendait visite à sa mère et condamné à dix ans de prison pour espionnage en faveur d’Israël. « Je peux confirmer que Nazanin Zaghari-Ratcliffe et Anoosheh Ashoori retourneront au Royaume-Uni aujourd’hui » et « ils seront réunis avec leurs familles plus tard dans la journée », a affirmé sur Twitter la cheffe de la diplomatie Liz Truss.

« Ils ont fait face à des épreuves qu’aucune famille ne devrait jamais connaître, et c’est un moment de grand soulagement », a-t-elle ajouté dans un communiqué, saluant « le résultat d’une diplomatie britannique tenace et créative ».

Une dette soldée

Leur libération est survenue au moment où Londres a annoncé avoir soldé avec Téhéran une vieille dette de près de 400 millions de livres (476 millions d’euros), sans établir de lien entre les deux affaires. L’Iran confirme avoir reçu le règlement de la dette.

Cette dette « a été réglée dans le plein respect des sanctions britanniques et internationales (…) et ces fonds seront réservés uniquement à l’achat de biens humanitaires », a assuré Liz Truss. Le matin, la ministre des affaires étrangères britannique a déclaré à la BBC qu’elle s’était donné pour priorité « de s’assurer que nous remboursons la dette que nous devons légitimement aux autorités iraniennes ».

A plusieurs reprises, Richard Ratcliffe, mari de Nazanin Zaghari-Ratcliffe et père de leur petite fille, Gabriella, avait dénoncé que sa femme était l’« otage » d’un sinistre jeu politique portant sur cette dette contractée par le Royaume-Uni dans le cadre d’un contrat d’armement. Il avait également fait deux grèves de la faim pour alerter sur le sort de sa compagne. La dernière avait duré vingt et un jours, durant l’automne 2021.

Accusée de complot

Agée de 43 ans, Nazanin Zaghari-Ratcliffe avait récupéré son passeport mardi, soulevant l’espoir d’une libération proche. Cheffe de projet pour la Fondation Thomson Reuters, branche philanthropique de l’agence de presse du même nom, elle avait été arrêtée en 2016 à Téhéran, où elle venait rendre visite à sa famille. Elle avait été accusée de complot pour renverser la République islamique d’Iran, ce qu’elle nie farouchement, et condamnée à cinq ans de prison.

Après avoir purgé sa peine, elle a été de nouveau condamnée, à la fin d’avril 2021, à un an de prison pour avoir participé à un rassemblement devant l’ambassade d’Iran à Londres en 2009. En octobre 2021, elle avait perdu son appel, faisant craindre à ses proches un retour imminent en prison, d’où elle avait été autorisée à sortir avec un bracelet électronique en mars 2020, à cause de la pandémie de Covid-19.

Une douzaine d’Occidentaux détenus

Alors que la République islamique d’Iran retient plus d’une douzaine de détenteurs de passeports occidentaux, Liz Truss a annoncé que Londres continuerait à œuvrer au départ d’Iran de Morad Tahbaz, un Irano-Américain ayant également la nationalité britannique, condamné à dix ans de prison pour « conspiration avec l’Amérique » et qui a bénéficié d’une libération conditionnelle.

Le premier ministre britannique, Boris Johnson, avait confirmé qu’une équipe de négociateurs du Royaume-Uni travaillait à Téhéran pour obtenir la libération de plusieurs binationaux.

Lire aussi : Les binationaux ou étrangers, des « pions » iraniens pour négocier avec l’Occident

Le Monde avec AFP

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Source : https://actu.orange.fr/monde/deux-irano-britanniques-retenus-en-iran-depuis-des-annees-retrouvent-la-liberte-CNT000001KJ2i6/photos/photo-diffusee-par-la-free-nazanin-campaign-le-23-aout-2018-montrant-nazanin-zaghari-ratcliffe-d-tenant-dans-ses-bras-sa-fille-gabriella-a-damavand-en-iran-lors-d-une-autorisation-de-sortie-de-prison-pour-trois-jours-af36a112764c7a283567615fe99c0391.html

Deux Irano-Britanniques retenus en Iran depuis des années retrouvent la liberté

Photo diffusée par la Free Nazanin campaign le 23 août 2018 montrant Nazanin Zaghari-Ratcliffe (D) tenant dans ses bras sa fille Gabriella à Damavand en Iran lors d’une autorisation de sortie de prison pour trois jours . © AFP, -, Free Nazanin campaign

AFP,

publié le mercredi 16 mars 2022 à 15h43

Retenus depuis plusieurs années en Iran, deux Irano-Britanniques condamnés pour des accusations qu’ils nient ont recouvré la liberté mercredi et vont retrouver leurs proches au Royaume-Uni, épilogue heureux d’une longue et douloureuse saga.

Leur libération est intervenue au moment où Londres a annoncé avoir soldé avec Téhéran une vieille dette de près de 400 millions de livres (476 millions d’euros), sans établir de lien entre les deux affaires.

« Après des années de détention par le gouvernement iranien, les ressortissants britanniques Nazanin Zaghari-Ratcliffe et Anoosheh Ashoori retourneront d’Iran aujourd’hui » et « ils seront réunis avec leurs familles », a indiqué la cheffe de la diplomatie Liz Truss.

« Ils ont fait face à des épreuves qu’aucune famille ne devrait jamais connaître, et c’est un moment de grand soulagement », a-t-elle ajouté dans un communiqué, saluant « le résultat d’une diplomatie britannique tenace et créative ».

Le cas de Nazanin Zaghari-Ratcliffe, 43 ans, avait vivement ému au Royaume-Uni. Cette employée de la Fondation Thomson Reuters, bras philanthropique de l’agence de presse éponyme, avait été arrêtée en avril 2016 après avoir rendu visite à sa famille avec sa fille de 22 mois. Accusée de complot pour renverser la République islamique, elle avait été condamnée à cinq ans de prison.

« Nazanin est maintenant dans les airs, quittant six ans d’enfer en Iran », a tweeté Tulip Siddiq, la députée travailliste de la circonscription londonienne où vit son mari Richard Ratcliffe, publiant une photo de la quadragénaire prise dans un avion.

Anoosheh Ashoori, ingénieur à la retraite, avait lui été arrêté en août 2017 alors qu’il rendait visite à sa mère et condamné à 10 ans de prison pour espionnage en faveur d’Israël.

- « Torture » -

Alors que la République islamique d’Iran retient plus d’une douzaine de détenteurs de passeports occidentaux, Liz Truss a indiqué que Londres continuerait à oeuvrer au départ d’Iran de Morad Tahbaz, un Irano-Américain ayant également la nationalité britannique, condamné à 10 ans de prison pour « conspiration avec l’Amérique » et qui a bénéficié d’une libération conditionnelle.

Le Premier ministre Boris Johnson avait plus tôt dans la journée exprimé l’espoir d’une issue positive, confirmant qu’une équipe de négociateurs britanniques travaillait à Téhéran pour obtenir la libération de plusieurs binationaux.

La Fondation Thomson Reuters s’est déclarée « folle de joie » après la libération de Nazanin Zaghari-Ratcliffe. « Victime innocente d’un différend international, Nazanin a été utilisée comme tant d’autres comme pion politique. Son traitement a été totalement inhumain », a commenté son directeur, Antonio Zappulla.

« Nazanin a subi une souffrance inimaginable », a déclaré Rupert Skilbeck, directeur de l’ONG Redress qui suivait son cas. « Sa détention en Iran a toujours été illégale et son traitement équivaut à de la torture ».

Son mari Richard Ratcliffe, qui depuis 2016 s’était battu sans relâche pour obtenir la libération de son épouse, avait affirmé à plusieurs reprises que sa femme était l’« otage » d’un sinistre jeu politique portant sur une vieille dette contractée par le Royaume-Uni dans le cadre d’un contrat d’armement et datant de l’époque du Chah d’Iran.

Mme Truss a indiqué que le gouvernement britannique avait soldé avec Téhéran cette dette de près de 400 millions de livres (476 millions d’euros), sans établir de lien entre les deux affaires.

Cette dette « a été réglée dans le plein respect des sanctions britanniques et internationales (...) et ces fonds seront réservés uniquement à l’achat de biens humanitaires », a assuré Liz Truss.

La libération des deux Irano-Britanniques intervient alors que les négociations en cours à Vienne entre les Européens, dont le Royaume-Uni, la Chine et la Russie avec l’Iran pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien semblent sur le point d’aboutir.

Pour Amnesty International, « Nazanin et Anoosheh n’auraient jamais dû être détenus en premier lieu - ils ont tous deux été emprisonnés sur la base d’accusations de sécurité nationale fabriquées de toutes pièces, une tactique habituelle en Iran ».

Nazanin Zaghari-Ratcliffe avait récupéré son passeport mardi, soulevant l’espoir d’une libération proche.

Quatre ans après son arrestation, elle avait obtenu en mars 2020 une permission de sortie temporaire en raison de la pandémie de Covid-19 et été placée en résidence surveillée chez ses parents.

Mais arrivée en bout de peine, elle avait été de nouveau condamnée fin avril 2021 à un an de prison pour avoir participé à un rassemblement devant l’ambassade d’Iran à Londres en 2009. En octobre dernier, elle avait perdu son appel, faisant craindre à ses proches un retour en prison.

Richard Ratcliffe, père de leur petite fille Gabriella, aujourd’hui âgée de 7 ans, avait fait deux grèves de la faim pour alerter sur son sort.