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Algérie : De nos frères blessés

Cinema

mercredi 23 mars 2022, par siawi3

Source : https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=268283.html

De nos frères blessés

23 mars 2022 en salle / 1h 35min / Drame

De Hélier Cisterne
Par Hélier Cisterne , Katell Quillévéré
Avec Vincent Lacoste , Vicky Krieps , Jules Langlade

Synopsis :

1954, Hélène et Fernand tombent amoureux. Avec lui elle part pour Alger, découvre sa beauté et l’attachement que Fernand porte à son pays. Alors que l’Algérie et la France se déchirent, leur vie bascule. L’histoire vraie du combat d’un couple pour la liberté.

Bande-annonce :

De nos frères blessés Bande-annonce VF 1:48 ici

De nos frères blessés Teaser VF 1:01

Naissance du projet :

De nos frères blessés est adapté du roman du même nom de Joseph Andras paru en mai 2016 aux éditions Actes Sud et lauréat du prix Goncourt du premier roman. C’est la compagne de Hélier Cisterne, Katell Quillévéré, qui lui a parlé du livre. Le metteur en scène se rappelle : « Katell Quillévéré me parle d’un mystérieux auteur, au pseudonyme de Joseph Andras, qui vient de refuser le prix Goncourt pour son 1er roman sur un militant indépendantiste, ’exécuté pour l’exemple’, une histoire oubliée de la guerre d’Algérie. La lecture du livre nous bouleverse. »

« Ce qui nous intéressait au départ, c’est le couple Iveton pris dans la tourmente de cette guerre sans nom. Quand nous abordons cette adaptation, le cœur battant du projet est celui de ces deux êtres exceptionnels, Fernand et Hélène, dans leurs trajectoires, leurs engagements, leur fidélité à eux-mêmes. »

« Ils sont amoureux mais pas dans une adhésion politique aveugle. En partant d’eux, les grands sujets politiques et philosophiques du livre rayonnaient et prenaient une dimension concrète : la déchirure entre Arabes et Européens, la justice militaire punitive, Mitterrand et la peine de mort, etc. »

Le choix Vincent Lacoste :

Pour le rôle de Fernand Iveton, Hélier Cisterne voulait un acteur qui incarne à la fois la jeunesse et la sincérité caractérisant ce personnage : « Pour moi Vincent est un acteur extraordinaire dans le corps d’un homme ordinaire, il est en évolution constante. C’est un vrai travailleur qui n’en donne pas l’impression. Et il a cette immense qualité d’être absolument là, dans son personnage, sans avoir besoin de souligner son implication. Il n’est pas dans la mégalomanie de son personnage. Il a un naturel, une ingénuité, une forme d’humilité qui fait qu’on croit totalement à ses personnages. »

Du beau monde à l’écriture :

Katell Quillévéré, à qui l’on doit Suzanne et Réparer les vivants, avait participé à l’écriture de Vandal, précédente réalisation de long métrage de Hélier Cisterne. C’est ici la première fois qu’elle co-écrit entièrement un film en tant que scénariste. A noter, toujours côté scénario, la participation d’Antoine Barraud, le réalisateur du récent thriller Madeleine Collins avec Virginie Efira.

Tournage en Algérie :

De nos frères blessés est co-produit avec l’Algérie et reçu le soutien du ministère de la culture de la ville d’Alger. Hélier Cisterne et son équipe ont tourné avant le Hirak de 2019, et ont conçu le film avec l’aide d’Algériens de tous bords. Le réalisateur se rappelle :

« Sans la volonté du pouvoir, on n’aurait rien pu faire, mais sans l’aide d’une jeune génération plus indépendante, non plus. Il faut savoir que là-bas, Iveton est considéré comme un moudjahid (un combattant révolutionnaire), il est très respecté par les intellectuels et les anciens combattants. »Ce qui est intéressant quand on arrive en Algérie avec un tel sujet de film, c’est que tout le monde était très bienveillant mais chez les plus jeunes la réaction c’était, « ah, encore un film sur la révolution » « encore un film d’ancien combattant » ...

« Il y a un fossé incroyable entre la sous-représentation de cette guerre chez nous jusqu’à maintenant, et son omniprésence là- bas. »

Retrouvailles à l’image

Hélier Cisterne a à nouveau collaboré avec le directeur de la photographie Hichame Alaouie, qui avait oeuvré sur Vandal (2013). Les deux hommes ont opté pour faire le film en 35 mm. Le réalisateur confie : « Les rushes imposaient cette évidence d’un grand réalisme dans la présence des personnages, des visages, mais avec cette douceur des photos argentiques, cette impression du souvenir que l’on garde de quelqu’un. Il fallait montrer comment la violence jaillit dans la douceur d’un pays baigné de lumière et de chaleur. Avec Hichame, notre question était comment faire une image qui soit souvent belle, douce, sans tomber dans l’esthétisation, le formalisme. On a recherché un équilibre entre la densité et la clarté. »

Vicky Krieps en Hélène :

Hélène, un personnage par lequel Hélier Cisterne voulait raconter la condition des femmes de cette époque tout en retranscrivant un engagement très fort, est jouée par Vicky Krieps. C’est la directrice de casting qui a proposé l’actrice au cinéaste, avant qu’elle ne devienne inaccessible avec son personnage dans Phantom Thread Paul Thomas Anderson. Il raconte :

« Vicky a une présence extrêmement forte, une droiture, et en même temps une très grande douceur. Elle n’a pas besoin de serrer la mâchoire ou de bomber le torse pour en imposer. Et puis elle a un grand-père qui est une figure de la Résistance et de la gauche luxembourgeoise, qui a fait abolir la peine de mort dans ce pays ! Ce qui n’a pas été étranger à son intérêt pour le film. »

Questions taboues :

Le film évoque les questions taboues de cette guerre, comme les arrestations arbitraires, la torture et la guillotine, qui dénotent une république se comportant comme une dictature. « Le film met en scène ou évoque une partie infime de toutes ces pratiques qui existent alors et se systématisent à partir de 1956, pour devenir courantes pendant tout ce conflit alors même que c’est une « république » qui mène cette guerre. Dirigée par la gauche modérée jusqu’en 1958 qui plus est. Convoquer ces éléments, c’est aussi refuser qu’on puisse les ignorer, mais la question cinématographique est celle de leurs représentation », confie Hélier Cisterne.