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USA : Des hôpitaux aux écoles, « l’identité de genre » efface actuellement le critère du sexe dans les institutions publiques.

vendredi 24 juin 2022, par siawi3

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Source : https://tradfem.wordpress.com/2022/06/22/des-hopitaux-aux-ecoles-lidentite-de-genre-efface-actuellement-le-critere-du-sexe-dans-les-institutions-publiques/

Des hôpitaux aux écoles, « l’identité de genre » efface actuellement le critère du sexe dans les institutions publiques.

Jun 22

La politique publique américaine est entièrement saturée par la notion d’identité de genre. Des populations vulnérables comme les étudiant.es et les patient.es en subissent les conséquences.

par Phyllis Chesler

Au début de l’année 2021, j’étais assise dans la salle d’attente d’un hôpital de la ville de New York, attendant ma première injection de vaccin contre la COVID-19 - un virus connu, déjà à l’époque, pour avoir des impacts différents sur les hommes et les femmes. Le préposé m’a remis un formulaire à remplir, qui demandait si j’étais une « trans-femme », un « trans-homme », « non-binaire », « bisexuel », « ne sais pas », ou si j’étais un « homme » ou une « femme ». Certaines des personnes plus âgées qui faisaient la queue avec moi, des gens d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud, dont l’anglais était légèrement compromis, m’ont demandé, inquiets, « Quelle est la bonne réponse ? »

J’ai ri et répondu : « Il n’y a pas de bonne réponse. »

Mais j’étais stupéfaite, mystifiée. Pourquoi et quand tous ces descripteurs d’identité de genre étaient-ils devenus la politique officielle du gouvernement ? Depuis combien de temps cela durait-il ? Qui ou quoi était derrière tout cela ? Tout cela s’était-il produit, en partie, de manière « furtive » comme le suggère Sheila Jeffreys, dans un livre puissant, encore sous presse : Penile Imperialism : The Male Sex Right and Women’s Subordination (L’impérialisme pénien : Le droit sexuel masculin et la subordination des femmes) ? Ou bien ai-je été tellement isolée par la pandémie que je n’ai pas reçu ce mémorandum ?

En fait, les descripteurs d’identité sexuelle sont en branle depuis longtemps. Je l’ai certainement remarqué lorsque les études sur les femmes, dont j’avais été une des pionnières, sont devenues des études sur le genre et la sexualité, (plus tard des études sur le genre/LGBTQIA), et lorsque les grandes universités étasuniennes ont commencé à offrir des cours dans leurs départements de genre/LGBTQIA sur les « expatriés transgenres noirs d’origine caribéenne » ou la « théologie transgenre postcoloniale ».

J’ai gémi, j’ai maugréé mais j’ai aussi pensé : Les jeunes ont toujours besoin de faire les choses à leur manière.

Mais maintenant, j’en sais un peu plus. En 2015, le Département de l’éducation de l’État de New York a publié un document de 12 pages sur la manière dont les écoles devraient aborder et protéger les « étudiants transgenres et non-conformes au genre » dont les besoins n’étaient jusqu’alors pas reconnus. Ce document a été rédigé par la New York Civil Liberties Union et l’Empire Pride Agenda.

« L’école n’a pas le droit d’informer les parents de l’enfant ce qui se passe ».

Il s’agit d’une directive pratique dans laquelle les enseignant.es et les administrateurs-trices scolaires ont pour obligation d’appeler chaque élève selon son choix d’identité de genre ; l’on admet les élèves en fonction de cette identité dans des espaces auparavant non mixtes, comme les salles de bains et les vestiaires. Si un.e enfant d’âge préscolaire préfère être traité comme s’il n’était pas du sexe qui lui a été « assigné » à la naissance, l’enseignant.e et l’école doivent tenir compte de ce choix, selon les directives. Si un.e élève du collège n’a pas révélé sa soi-disant identité de genre à la maison mais le fait à l’école, l’enseignant.e doit tenir le choix de l’élève confidentiel ou limité à l’école. L’école n’a pas le droit d’informer les parents de l’enfant de ce qui se passe.

Ces « droits » des trans et à l’identité de genre se greffent sur les droits (très) difficilement gagnés des filles et des femmes à la non-discrimination en vertu du règlement anti-discrimination Titre IX - mais ils font également disparaître le sexe comme distinction cruciale. En Amérique, les femmes n’ont même pas encore d’amendement à l’égalité des droits fondé sur le sexe - et pourtant, le gouvernement actuel veut étendre les droits du Titre IX pour y inclure les droits à l’identité de genre ; il veut même préciser quelles sont les sanctions pour toute discrimination ou intimidation de celles et ceux qui revendiquent de telles identités.

Lorsque les « transfemmes » (garçons et hommes qui s’identifient comme des filles et des femmes) entrent dans les salles de bain des écoles, sans parler des refuges ou des prisons réservés aux femmes, il leur arrive de reluquer, de tâtonner, de menacer, voire d’agresser les filles et les femmes « cisgenres » - comme le fait une partie de n’importe quel groupe d’hommes. Je méprise ce descripteur : « cisgenre », mais il représente le même mode de pensée qui a conduit à privilégier l’identité de genre contre le sexe. Ce même état d’esprit a inventé des expressions telles que : « personne enceinte », « personne qui nourrit de la poitrine », « corps doté d’un vagin », autant de phrases positionnées pour éradiquer entièrement les références aux femmes.

En 2021, le Ministère américain de l’Éducation a publié un document intitulé : Federal Register Notice of Interpretation : Enforcement of Title IX of the Education Amendments of 1972 with Respect to Discrimination Based on Sexual Orientation and Gender Identity. Il a été signé par Suzanne B. Goldberg, Secrétaire adjointe par intérim pour les droits civils.

L’avis du Federal Register s’appuie essentiellement sur le Titre IX, mais l’élargit pour y inclure « l’orientation sexuelle et l’identité de genre ». L’impulsion pour cette expansion est venue d’étudiants « lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres » dont les besoins ne sont pas couverts par « l’interdiction de la discrimination sexuelle aux termes du Titre IX. »

« La plupart des gens comprennent-ils que les identités que nous avons pour mandat de respecter incluent la mutilation chirurgicale de préadolescent.es ? »

Il est intéressant de noter que le National Center for Transgender Equality, dans une fiche d’information non datée sur la politique du Ministère américain de l’Éducation, énonce tous ces « droits » qui concernent spécifiquement « les toilettes et les vestiaires », « les noms, les pronoms et les dossiers des élèves », « les codes vestimentaires », « le respect des identités de genre des élèves », « la confidentialité des informations personnelles » et « les plans de santé des élèves ». Il indique que « les écoles qui refusent de se conformer à cette interprétation du Titre IX peuvent faire face à de graves conséquences de la part du gouvernement fédéral, même si elles s’appuient sur une loi d’État contraire », et que le Bureau des droits civils (ministère de l’Éducation), peut « poursuivre les écoles qui pratiquent la discrimination à l’égard des étudiants transgenres et peut chercher à leur refuser le financement fédéral. »

En 2017, les enseignants de la ville de New York ont été « enjoints d’appeler les élèves par leurs pronoms préférés » et ainsi de suite, tel qu’expliqué ci-dessus.

Encore une fois, en 2021, le Ministère américain de l’Éducation a publié un avis d’interprétation expliquant qu’il « appliquera l’interdiction de la discrimination fondée sur le sexe du Titre IX pour inclure 1) la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle ; et 2) la discrimination fondée sur l’identité de genre. » D’autres États, dont le New Jersey et la Californie, ont suivi cet exemple.

Enfin, dans une directive non datée de quinze pages publiée par le Conseil de l’éducation de la ville de New York, les éducateurs ont pour instruction de « soutenir les élèves » en utilisant les « noms et pronoms » qu’ils souhaitent, de mettre à jour les marqueurs de genre, les dossiers autres que les dossiers permanents, les cartes d’identité scolaires et les dossiers médicaux, et de garantir l’inclusion fondée sur le genre dans « l’éducation sportive et physique » et « les toilettes et les vestiaires ». Toute question, nous dit-on, peut être adressée à lgbtq schools.nyc.gov.

Tout ce que je peux demander, c’est : « Qu’est-ce qu’Orwell aurait à nous dire de tout cela ? ».

La plupart des gens comprennent-ils que les « identités » que nous ordonnons de « respecter » incluent la mutilation chirurgicale de pré-adolescents, l’administration d’hormones qui peuvent leur nuire ou même les tuer ?

Savent-ils que certains médecins transgenristes qualifient déjà de « remords de l’acheteur » les requêtes de personnes qui souhaitent « détransitionner » ? Par exemple, la Dre Erica Anderson, qui s’identifie comme « transgenre », craint que nous soyons allés « trop loin » et que de nombreux adolescents « prennent des décisions qui changent leur vie » parce que c’est « tendance », « promu sur les médias sociaux » ou à cause de la « pression de leurs pair.es ». Sommes-nous en présence d’une secte ? Ou à un véritable phénomène profondément enraciné biologiquement ?

« Faire son coming out en tant que trans permet à un adolescent en difficulté d’avoir une identité, une communauté et la promesse d’une solution unique à de multiples problèmes. »

À mon avis, tant d’adolescents sont mal à l’aise avec leur corps qui ne cesse de changer. Leur corps et leur esprit ne sont pas assez mûrs pour prendre de tels risques sans conséquences inconnues. Cependant, le « coming out » en tant que trans offre à un adolescent en difficulté une identité, une communauté et la promesse d’une « solution » unique de multiples problèmes.

De nombreux cliniciens et parents sont sincèrement déchirés. Face à des adolescents aux idées suicidaires qui insistent sur le fait qu’ils sont « nés dans le mauvais corps », il y a un désir compréhensible de vouloir soulager leur souffrance. Certains transactivistes sont « bruyants », très sûrs d’eux et incroyablement exigeants (ils harcèlent et censurent les médecins qui ne voient pas les choses de la même façon qu’eux) - mais il en va de même pour les conservateurs qui sont occupés à interdire ces opérations chirurgicales et ces traitements hormonaux pour les non-adultes.

La journaliste d’enquête Jennifer Bilek a dévoilé l’énorme et profitable industrie impliquée dans le mouvement transgenriste, à savoir les profits réalisés par les sociétés pharmaceutiques, les chirurgiens et les cliniques de santé mentale. Selon un article récent d’Emily Bazelon paru dans le NY Times, « il existe aujourd’hui 60 cliniques de traitements complets sur le genre aux États-Unis » et peut-être « 300 000 jeunes qui s’identifient comme transgenres. » Bazelon nous rappelle que « Planned Parenthood est l’un des plus grands fournisseurs d’hormones d’affirmation du genre au pays ».

Selon certains cliniciens, deux tiers des enfants qui cherchent une solution transgenriste à leur malaise sont des filles qui ne veulent pas devenir des « garçons manqués » (tomboys) ou des lesbiennes mais qui disent qu’elles sont réellement des garçons ou des hommes.

C’est une façon réellement désespérée de tenter d’échapper au patriarcat.

En tant qu’ancienne thérapeute et psychologue de formation, je sais que l’on ne peut ou ne doit pas généraliser, que chaque personne doit être considérée comme un individu et que les exceptions à une règle existent toujours. Et pourtant, j’opterais pour la prudence dans cette affaire. Une évaluation psychologique à long terme, peut-être une médication psychiatrique, certainement une thérapie individuelle et de groupe - pas une « solution » instantanée qui ne peut être remise en question.

Des clinicien.nes ont été chassé.es de la place publique pour avoir dit de telles choses.

La semaine dernière, j’ai rendu visite à l’un de mes médecins dans son bureau à l’hôpital. Elle a fermé la porte, regardé des deux côtés et m’a dit que le personnel avait maintenant reçu l’ordre de changer son langage d’une manière « sensible » et « inclusive » en termes d’« identités de genre » des patients et du personnel. En fait, a-t-elle dit, « une unité spéciale de médecins transgenres était en cours de création afin de travailler avec les patients transgenres. »

J’ai ri et lui ai fait signe de sortir dans le couloir où les toilettes pour personnes seules portaient désormais des panneaux : « Toilettes inclusives de genre ».

Comme Dorothy l’a remarqué une fois avec justesse dans Le Sorcier d’Oz : « Toto, nous ne sommes plus au Kansas. »

Phyllis Chesler est professeure émérite de psychologie, autrice de 20 livres, dont Les femmes et la folie (1972), et Lettres aux jeunes féministes (2022). Son site Web est au https://phyllis-chesler.com/

Version originale : https://4w.pub/from-hospitals-to-schools-gender-identity-is-erasing-sex/

Traduction : TRADFEM