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France : costume dit ’islamique’ sur les terrains de football

mardi 3 janvier 2012, par siawi3

Sport : la FIFA bafoue ses propres règlements cédant aux pressions de Téhéran - LDIF, pour Femix’Sports pour la CLEF

Le Comité Directeur de la FIFA opte pour l’acceptation du port du costume islamique par les footballeuses de confession musulmane. Ce costume recouvre la totalité de leur corps. et marque leur appartenance religieuse. Il reste un seul espoir de voir remise en cause cette position : la décision que devra prendre l’IFAB (International Football Association Board) seul organe habilité àse prononcer sur l’application de la règlementation (prochaine réunion de l’IFAB les 2-4 mars 2012).



Dans une lettre ouverte adressée àla FIFA, la Ligue du Droit International des Femmes, La Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes et Femix’Sport, font connaitre leur indignation au Président Blatter. Accepter un code vestimentaire particulier pour les athlètes musulmanes, non seulement introduit une discrimination entre les athlètes mais est contraire aux règles du mouvement sportif définissant un costume unique pour les différentes disciplines, sans distinction d’origine ou de croyance. Il n’y a en effet aucune ambigüité sur ce point dans le règlement de la FIFA : « L’équipement de base obligatoire ne doit présenter aucune inscription politique, religieuse ou personnelle  » Loi 4, décision 1  » ; pas plus que dans la Charte Olympique : « Aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique  »règle 51  ». La raison avancée pour justifier ce revirement est irrecevable : le port du hijab ne contreviendrait pas aux règlements sportifs puisqu’il s’agirait d’un « signe culturel et non religieux  » !

Lettre ouverte àla FIFA

A Monsieur Joseph S. Blatter, Président de la FIFA, le 21 décembre 2011.

Objet : port du costume islamique sur les terrains de foot.

Monsieur le Président,

nous venons d’apprendre que le Comité Directeur de la FIFA, réuni àTokyo les 16 et 17 décembre, a opté pour la levée de l’interdiction du hijab prononcée en Jordanie lors des épreuves qualificatives des équipes de foot féminines en vue des JO de Londres (1). Nous tenons àvous faire part de notre stupéfaction et de notre profonde préoccupation face àce revirement. Accepter un code vestimentaire particulier pour les athlètes musulmanes, non seulement introduit une discrimination entre les athlètes, mais est contraire aux règles du mouvement sportif définissant un costume unique pour les différentes disciplines, sans distinction d’origine ou de croyance. Il n’y a aucune ambigüité sur ce point dans le règlement de la FIFA : Loi 4, décision 1 : « L’équipement de base obligatoire ne doit présenter aucune inscription politique, religieuse ou personnelle  » ; pas plus que dans la Charte Olympique : règle 51 : « Aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique  ». La raison avancée pour justifier ce revirement est irrecevable : le port du hijab ne contreviendrait pas aux règlements sportifs puisqu’il s’agirait d’un « signe culturel et non religieux  » ! Ainsi, le Comité Exécutif de la FIFA a décidé de suivre les recommandations du « workshop  » organisé en octobre dernier àAmman, àl’initiative du vice-président de la FIFA, le prince Ali Bin Al Hussein, frère du Roi de Jordanie, dont l’objectif affiché était de sortir de la crise en évitant de mécontenter les régimes les plus conservateurs du monde musulman. Qualifier le hijab de signe culturel et non de signe religieux est, àl’évidence, un tour de passe-passe contraire àla vérité. La photo que vous trouverez àla fin de cette lettre est tout àfait explicite àcet égard. Vous ne pouvez ignorer que l’épreuve de force opposant depuis plus d’un an les dirigeants sportifs iraniens aux représentants de votre Fédération résulte de la volonté de Téhéran d’imposer sa propre loi interne fondée sur des exigences religieuses, au détriment de la loi internationale sportive dès lors qu’il s’agit du costume des femmes. Vous noterez d’ailleurs que Faride Shojaee, vice-présidente du département femme de la Fédération Iranienne de Football, qui aujourd’hui défend l’idée d’un hijab « culturel », avait précédemment affirmé : « les officiels de la FIFA ont confondu le hijab religieux avec un costume national, déclarant que, si on autorisait la participation avec un hijab islamique, d’autres pourraient demander de se présenter avec leurs costumes traditionnels respectifs  ». Enfin, vous aurez remarqué l’utilisation du mot « islamique » dans la déclaration « Accepter et Respecter  » élaborée et signée par des réseaux militant pour une application des règlements sportifs dite « inclusive àl’égard des musulmanes  » : « Nous exhortons les fédérations sportives internationales àmanifester leur attachement àl’intégration en veillant àce que leur code vestimentaire pour les compétitions satisfasse aux exigences islamiques, en tenant compte des principes de convenance, de sécurité et d’intégrité  ». Devons-nous comprendre que vous ne voulez pas voir la stratégie proclamée en toute transparence par l’Iran et qui consiste à« apporter sa contribution àla question des femmes par la promotion de la culture de la modestie et du port du hijab àl’échelle du monde  » ?

 Il faut avouer que le mot « culture » n’est pas utilisé ici dans le sens que vous lui supposiez ! Il s’agit bien d’exporter un modèle politico-religieux consistant àcouvrir intégralement le corps des femmes. C’était d’ailleurs ce qu’annonçait en 1993 àTéhéran la Présidente des Premiers Jeux de la Solidarité Islamiques, Madame Faezeh Hashemi, revêtue du tchador noir, lors de son discours inaugural : « J’espère que ces Jeux serviront de modèle pour les femmes libres du monde  ».
 Le sport doit rester en dehors des influences politiques et religieuses. Il se doit aussi de lutter contre toutes les formes de discrimination. Avec la décision du Comité Exécutif, c’est le contraire qui se produit. Faut-il conclure de cette situation que vous avez décidé de renier ce que vous défendiez encore récemment lorsque vous affirmiez : « La première des spécificités du sport concerne ses structures pyramidales avec le Comité International Olympique et les Fédérations Internationales Olympiques au sommet et son universalité qui découle des règles mondiales applicables àtous, aux niveaux continental et national. La force du sport en tant que véhicule du rapprochement entre les peuples vient de cela  » (Sport et Citoyenneté, décembre janvier 2010) ? Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre profonde consternation

Pour la LDIF, pour Femix’Sports pour la CLEF, Annie Sugier, Danièle Salva, Olga Trostiansky.