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Belgique : Championne du monde de taekwondo et voilée : « On peut féliciter un parcours sportif tout en regrettant son choix »

mercredi 30 novembre 2022, par siawi3

Source : https://www.marianne.net/agora/humeurs/championne-du-monde-et-voilee-on-peut-feliciter-un-parcours-sportif-tout-en-regrettant-son-choix

Championne du monde et voilée : « On peut féliciter un parcours sportif tout en regrettant son choix »

L’œil de Marianneke

Par Nadia Geerts

Publié le 28/11/2022 à 11:27

Championne du monde de taekwondo, Sarah Chaari ne comprend pas que, quelles que soient les raisons pour lesquelles elle a choisi de porter le voile, il ne peut être interprété par les Frères musulmans que comme une avancée de leur projet théocratique. Un projet qui, s’il aboutit, la contraindrait à faire une croix sur sa carrière.

Y a pas que le foot, dans la vie… Il y a aussi le taekwondo, même si on en parle moins. Et ça tombe bien, la championne du monde est belge ! Elle s’appelle Sarah, elle est carolo – c’est l’abréviation de « carolorégienne », et ça veut dire qu’elle vient de Charleroi – et elle vient d’entamer des études de médecine. Comment ne pas être fiers d’un parcours, tant sportif que scolaire, aussi prometteur ? Et comment ne pas comprendre la fierté de Paul Magnette, bourgmestre de Charleroi et président du Parti socialiste, qui se réjouissait ainsi sur les réseaux sociaux : « Une jeune carolo sur le toit du monde ! Bravo à toi Sarah Chaari, championne du monde de taekwondo à seulement 18 ans ! Tu portes haut les couleurs de notre ville et de notre pays. »

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Sauf que Sarah ne porte pas haut que ces couleurs-là : elle porte aussi un voile islamique. Et le journal Le Soir nous apprend qu’elle le porte depuis 2020 « à la suite d’une réflexion personnelle. Ce foulard, c’est moi, c’est ma religion ». On n’en saura pas plus sur ses motivations, et évidemment, il est de bon ton de dire que peu importe, car c’est son choix, que ce choix ne regarde qu’elle et que s’en émouvoir peu ou prou, c’est être « islamophobe », donc raciste. Et il faut bien reconnaître aussi que parmi ceux qui trouvent que non, on ne s’en fiche pas de ce voile, il y a une proportion non négligeable de gens qui semblent penser qu’une jeune femme portant un patronyme aux consonances maghrébines ne peut pas être « vraiment belge », et qui l’expriment parfois d’une manière odieuse.
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Pourtant, il doit être possible de se féliciter du parcours sportif exceptionnel de cette jeune femme, et de saluer l’exploit qui consiste à, dans le même temps, passer avec succès l’examen d’entrée en médecine que seuls 6 % des candidats réussissent, tout en regrettant qu’elle ait choisi de porter ce qui, quoi qu’elle en dise, reste plus que jamais le symbole de l’islam politique. En 2021, la sûreté de l’État belge notait ainsi qu’« en Europe et en Belgique, les Frères musulmans visent sur le long terme l’islamisation progressive de la société européenne dans toutes ses composantes » et que « le droit de porter un foulard en toutes circonstances est l’un des combats classiques des Frères musulmans ».

Tout comme il devrait être possible qu’un quotidien comme Le Soir questionne notre jeune championne sur le regard qu’elle porte sur la révolte des femmes iraniennes, révolte qui a déjà causé la mort de plus de 400 personnes, et mené toutes les femmes d’une équipe féminine iranienne de basket à poser sans voile, probablement au péril de leur vie.

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Sarah est manifestement une jeune femme intelligente et désireuse de poursuivre une carrière sportive et professionnelle prestigieuse, et très sincèrement, je m’en réjouis. Mais quel dommage que ces qualités indéniables ne l’amènent pas à comprendre que, quelles que soient les raisons pour lesquelles elle a choisi, individuellement, de porter ce voile, il ne peut être interprété autrement, par les Frères musulmans et leurs petits copains mollahs d’ici et d’ailleurs, que comme une avancée de leur projet théocratique ? Un projet qui, s’il aboutit, contraindrait la jeune Sarah à faire une croix sur sa carrière et, plus largement, sur sa possibilité de choix. Est-ce vraiment ce qu’elle veut ?