Subscribe to Secularism is a Womens Issue

Secularism is a Women’s Issue

Accueil > fundamentalism / shrinking secular space > La guerre des films est ouverte... entre l’Iran et l’Arabie saoudite

La guerre des films est ouverte... entre l’Iran et l’Arabie saoudite

jeudi 11 octobre 2012, par siawi3

• Cet article saoudien s’émeut du prochain lancement d’un film iranien sur Mahomet, soupçonné de vouloir propager l’islam chiite. La télévision du royaume diffuse pour sa part un feuilleton montrant les premiers temps de l’islam… d’un point de vue uniquement sunnite.

Al-Sharq , 20 Septembre 2012
Source : http://www.courrierinternational.com/article/2012/09/20/la-guerre-des-films-est-ouverte-entre-l-iran-et-l-arabie-saoudite.

Au moment où le monde musulman est en ébullition àcause de « l’Innocence des musulmans », l’Iran s’apprête àsortir le film « Mahomet, Prophète de Dieu ». Il constitue un nouvel épisode dans la série d’atteintes qu’on porte aux prophètes, que la prière de Dieu soit sur eux. Car ce film - c’est une première dans l’histoire du cinéma musulman - montre une incarnation du Prophète, que la prière et le salut de Dieu soient sur lui. Pourtant, les savants ès religion estiment que la représentation des prophètes est totalement interdite. [Cette interdiction est largement admise dans l’islam sunnite, notamment dans sa version wahhabite saoudienne. Elle est moins prégnante dans l’islam chiite, en vigueur en Iran.]

L’Iran avait déjàproduit des films représentant d’autres prophètes, par exemple Joseph, Jésus ou Salomon, que le salut soit sur eux tous. Il affirme que son but est de faire connaître l’islam, mais beaucoup d’analystes politiques estiment qu’en réalité, il s’agit d’un assaut lancé via les ondes satellitaires contre le monde musulman sunnite.

« Les Iraniens mêlent àla religion beaucoup de traditions persanes qui n’ont rien àvoir avec l’islam », explique Sidqa Fadhel, membre de la commission des Affaires étrangères saoudienne. « Ils le font àdes fins politiques, dirigées notamment contre les pays voisins. » « L’Iran veut exporter son chiisme », renchérit le chercheur Mihna Al-Hobail. C’est ainsi que Téhéran souhaite contrebalancer les critiques qu’il subit àcause de son soutien au régime de Bachar El-Assad et de son parti-pris confessionnel en Syrie.

D’un autre côté, rappelle-t-il, l’Iran avait sanctionné ceux qui avaient participé au tournage du feuilleton saoudien Omar, diffusé àla télévision saoudienne au cours du dernier ramadan. Ce feuilleton les avait irrités parce qu’il montrait qu’Omar entretenait de bonnes relations avec la famille du Prophète. [Omar est le deuxième calife, aux débuts de l’ère musulmane. Il est adulé par les sunnites, mais honni des chiites, qui le considèrent comme usurpateur du pouvoir. En revanche, les chiites vénèrent la famille de Mahomet, estimant que le pouvoir aurait dà» échoir àAli, cousin de celui-ci. Ce feuilleton avait provoqué une première anicroche entre l’Arabie sunnite et l’Iran chiite.]

Un tout autre projet est porté par Ahmed Al-Hachemi, producteur au Qatar. « Il y a eu confusion entre la vidéo insultante pour l’islam qui a été récemment diffusée sur Youtube et mon propre film », explique-t-il. Celui-ci consistera àmontrer la vérité sur le Prophète afin de répondre aux attaques et déformations dont il fait l’objet en Occident. Il ne montrera pas le Prophète, ni même ses compagnons. Il s’agira d’une superproduction hollywodienne, qui a le soutien de Barrie Osborne, le producteur du Seigneur des anneaux et de Matrix, affirme Al-Hachemi. Ce sera le deuxième film du genre après Le Message [tourné àHollywood en 1978, avec Anthony Quinn ; ce film a la particularité de ne jamais montrer le héros - c’est-à-dire Mahomet.]

Selon Al-Hachemi, les négociations avec des studios seraient en cours et le tournage doit commencer en 2013, avec des acteurs musulmans parlant l’anglais. D’un budget de deux cent millions de dollars, il s’adressera aux Musulmans et non-Musulmans afin de faire largement connaître l’islam.