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Iran : Une avocate iranienne jeà»ne pour les droits de sa fille âgée de 13 ans, en prison

samedi 15 décembre 2012, par siawi3

Source : http://www.thedailybeast.com/articles/2012/12/08/iranian-lawyer-fasts-for-her-13-year-old-daughter-s-rights-from-prison.html

Par Sarah Shourd Déc 8, 2012 4:45 AM EST

L’avocate iranienne emprisonnée, Nasrin Sotoudeh a jeà»né pendant 49 jours pour protester contre l’interdiction par l’Iran de laisser voyager sa fille âgée de 13 ans. Le monde a réagi, et l’Iran a reculé. Par Sarah Shourd.

Une petite femme dans la quarantaine se trouve derrière une forte vitre. Elle porte des vêtements sombres et volumineux et un foulard àfleurs sur la tête. Tapant sur la vitre, elle s’ébat simplement pour son mari et deux enfants de l’autre côté de la vitre. La fille s’empare du téléphone et le tient précieusement près de sa figure. La femme a un grand sourire et essaie de la divertir. La fille continue àpleurer.

Un groupe d’opposition iranien manifeste en solidarité pour la libération de Nasrin Sotoudeh àParis en octobre 2012. (Sipa Press)

La femme derrière la vitre est Nasrin Sotoudeh, une avocate iranienne des droits humains connue. La petite fille est sa fille Mehraveh maintenant âgée de 13 ans. Cette scène est d’une video (avec traduction française) prise pendant une visite de la famille àla prison Evin àTéhéran.

Bien avant son arrestation, Sotoudeh était la plaideuse vocale des droits des enfants, appelant en particulier àla fin de la pratique d’exécutions de mineurs par le gouvernement iranien. Elle a aussi été suffisamment hardie pour défendre les opposants du Mouvement vert arrêtés après les manifestations post-électorales de 2009. En 2010, Sotoudeh a été condamnée àsix ans de prison, inculpée de « répandre de la propagande  » et « d’abuser de sa profession d’avocate  ». Elle a récemment lancé une grève de la faim de 49 jours, en prison, qui a retenu l’attention internationale, réclamant que le pouvoir judiciaire iranien lève une interdiction de voyager contre sa fille de 13 ans et autorise des visites régulières.
« Aucune mère ne devrait avoir àrisquer sa vie pour voir sa fille adolescente,  » a dit Suzanne Nossel, directrice exécutive d’Amnistie International, USA. « C’est un soulagement que Nasrin ait mis fin àsa grève de la faim…mais demeure le fait épouvantable qu’elle reste emprisonnée injustement. L’Iran renverse le droit quand il place une avocate derrière les barreaux simplement parce qu’elle représente des gens que les autorités veulent réduire au silence.  »
En 2009-10, j’ai moi-même passé 410 jours en confinement solitaire comme otage politique en Iran après avoir été détenue avec celui qui est devenu mon mari et ami près de la frontière non marquée avec le Kurdistan nord-irakien. A ce moment, mon lien avec ma mère Nora était ma source principale d’énergie. Même s’ils ne nous ont permis que de parler deux fois en plus de 13 mois et que nous n’avons eu qu’une seule visite, je savais que ma mère ne renoncerait jamais àlutter pour ma libération àl’extérieur et elle savait que je ferais tout ce que je pouvais pour rester saine d’esprit et en bonne santé àl’intérieur de la prison.

En 2009 Sotoudeh a essayé de stopper l’exécution de son client mineur Arash Rahmanipour. « Dans ce cas, afin de le forcer àsigner une fausse confession,  » a dit Hadi Ghaemi, directrice exécutive de la Campagne internationale pour les droits humains en Iran, « les autorités ont amené sa sÅ“ur enceinte àla prison et ont menacé de lui faire du mal s’il n’admettait pas les fausses inculpations. C’était le genre de cas que traitait Nasrin, les mêmes activités qui l’ont conduites en prison  ».
La semaine dernière, après 49 jours, les autorités judiciaires iraniennes ont été forcées d’accéder aux revendications de la grève de la faim de Sotoudeh et de lever l’interdiction de voyager placée sur sa fille. Sotoudeh avait gagné une autre victoire pour les droits des enfants, mais cette fois-ci c’était de l’intérieur d’une prison, pas au tribunal, et c’était pour son propre enfant.
« Ils ont peur d’une petite fille de 13 ans parlant en faveur de sa mère. C’est pour cela qu’ils ont décidé l’interdit de voyager, a dit Ghaemi. En Iran, régulièrement les autorités essaient d’intimider les familles des prisonniers afin d’extraire de fausses confessions ou forcer des militants àrenoncer publiquement àleur activité. Dans le cas de Soutedeh, cette tactique s’est retournée contre elles. « Les autorités iraniennes sont paranoïaques que sa famille quitte le pays pour plaider pour elle,  » a dit Ghaemi. Elles craignent Sotoudeh et c’est pourquoi elles craignent sa fille  ».
Le fait que les autorités iraniennes n’ont pas laissé mourir Sotoudeh ne doit pas être considéré comme une preuve d’humanité. Après tout, elles ont récemment laissé mourir le bloggeur Sattar Beheshti àla prison Evin, beaucoup pensent comme résultat de la torture, et l’an dernier, le prisonnier Hoda Saber est mort au cours d’une grève de la faim. Les autorités iraniennes ont finalement cédé àSotoudeh àcause d’une pression interne et externe immense, générée par ses actions.
Cette attention n’est pas venue de nulle part. C’est le résultat de la détermination d’une campagne globale de la base, utilisant tous les moyens àsa disposition, de rassemblements àdes déferlantes sur Tweeter, pour exercer une pression sur le gouvernement iranien. On a entendu des réponses de l’ONU, du Parlement européen et d’organisations des droits humains du monde entier.
Le 2 décembre, 50 militantes des droits des femmes se sont rassemblées devant le pouvoir judiciaire pour présenter une lettre au procureur général. Dans celle-ci, elles lui demandaient de la libérer pour raisons médicales et l’avertissait que « tout dommage irréversible de la santé de Nasrin Sotoudeh…jetterait son ombre sur lui  ».
« De toutes les actions dans le monde pour Nasrin, ceci est celle qui m’a touchée le plus, a dit la militante des droits des femmes, Elahe Amani. « Les femmes qui ont délivré cette lettre ont mis leur sécurité en jeu. Chacune d’elles a pris le risque de rejoindre Nasrin et tous les autres prisonniers politiques d’Iran ce jour là, elles savaient qu’elles pouvaient elles-mêmes être arrêtées. Deux jours après cette action, les autorités iraniennes ont levé l’interdiction.  »
« Ils n’ont jamais imaginé qu’elle atteindrait 49 jours,  » a dit Reza Khandan, le mari de Sotoudeh, qui est au centre de la campagne pour sa libération. « C’est la voix de la conscience publique dans le monde qui l’a sauvée, spécialement d’Iraniens ordinaires.  »
« Je l’ai vue jeudi dernier,  » a dit Mr. Khandan, « elle a terminé sa grève de la faim pendant notre visite. Nasrin a perdu beaucoup de poids mais elle a encore toujours un bon visage heureux. Elle a pu prendre les enfants sur les genoux mais elle était trop faible pour les soulever. Nasrin ne parle jamais de ses problèmes physiques devant les enfants, mais elle a mentionné un problème de digestion et s’est plaintes de vertiges.  »
Il existe une phrase en farsi —“Dardet be joonam†ou « Ta peine àmon âme  » - que les parents utilisent pour calmer leurs enfants quand ils pleurent. Elle capture le désir universel d’une mère de prendre sur soi la souffrance de son enfant. « Nasrin est comme les autres mères, elle s’inquiète beaucoup pour ses enfants et veut très fort être avec eux, mais elle veut aussi assurer que ses enfants vivent librement dans le monde. Elle est déterminée àleur assurer un meilleur avenir,  » a dit Khandan.
Dans une lettre àsa fille Mehraveh en 2011, Sotoudeh a écrit, « Tu as toujours été ma principale motivation pour lutter pour les droits des enfants. Je crois que la douleur que notre famille et les familles de mes clients ont enduré ces quelques dernières années n’est pas vaine. La justice arrive exactement au moment où la plupart on perdu espoir. Elle arrive quand on l’attend le moins. J’en suis certaine.  »